LES MOIGNONS (III): LA FEMME-TRONC et autres textes démembrés

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La femme-tronc 

La femme-tronc a ses adeptes. Rien de plus logique, si on y pense. Quand on fait l’amour à une femme pleine de branches, celles-ci nous ennuient plus qu’autre chose. Le houppier, le feuillage, ce n’est pas ce qu’on vise dans la femme. La ramure empêche plus qu’elle ne favorise l’accession à l’essence de la femme, à son fût. Puis la femme-tronc est moins lourde même si elle vaut son pesant d’organes. La femme-tronc est l’avenir de l’homme des bois.

 

 

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Le bouquet 

Je t’ai acheté un bouquet de têtes pressées. Décapitées du matin. Après son travail à l’aube, le bourreau compose des arrangements délicats très appréciés des amoureux fous.

 

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Fous-moi, fouette-moi !

Fous-moi, fouette-moi tant que tu peux, je te veux tout en moi!, lui serinait le roi, nu, à quatre pattes, devant son majordome qui peinait à enfoncer à l’intérieur du royal postérieur quoi que ce fût.
Je ne te plais donc point, lui repartit le roi, l’anus en larme, l’œil injecté d’une vilaine goutte de sang.
Le fion du Petit Prince m’inspire davantage, reconnut le majordome qui toutefois ne désespérait pas de combler pleinement de même son vieux roi ventripotent.

 

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L’attente 

Cet homme attendait le temps à l’abribus depuis une éternité quand un aimable gnome vint lui annoncer que le temps était en grève.

 

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Flûte ! 

Flûte j’ai oublié mon pipeau chez le marchand d’instruments à vent, et maintenant le vent est passé !

 

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Le pélican (à Roland Jaccard) 

J’ai un bec de pélican, je plonge dans les eaux de la Seine et je rapporte sur les berges des corps de jeunes filles se baignant que j’emporte tel le Roland Jaccard de la Piscine Deligny. Mais elles crient, se débattent, me repoussent et finissent par sauter à l’eau en hurlant que je ne serai jamais Roland Jaccard. On m’enlève mon bec de pélican et on me rejette à ma vie de rat musqué dans les égouts de Paris (qui ne valent pas les palaces de Lausanne) d’où je n’aurais jamais dû sortir.

 

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Je plais 

Je plais à mon pharmacien comme j’ai plu à ma nourrice. Je plais à ma femme comme j’ai plu à son amant. Je plais à mon père comme j’ai plu à mon prof de gym. Je plais à mon gendre comme j’ai plu à mon banquier. Je plais au temps présent comme j’ai plu au temps jadis. Je plais au ciel comme j’ai plu à la terre entière. Je plais au sang comme j’ai plu à la bière. Je plais au centre comme j’ai plu à la périphérie. Je plais au hasch comme j’ai plu à l’héro. Je plais aux lignes comme j’ai plu aux plans. Je plais aux plantes comme j’ai plu aux pierres. Je plais au soleil comme j’ai plu à la pluie… On ne plaît jamais assez !

 

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Le volcan 

Le volcan s’est éteint et ma lave est tombée en poussière. C’était une lave artificielle et un volcan de pacotille. Comme toutes mes éruptions.

 

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L’armoire 

J’ai une armoire remplie d’éléphants. Que je n’ai jamais ouverte car je ne saurais quoi en faire. J’ai une peur bleue des trompes grises.

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Le clou

Ce sculpteur de clous qui voyait grand en sculpta, une nuit, un qui atteignit la lune. Ensuite, d’un petit coup de marteau, il la cloua au ciel.

 

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La Femme tronc, peinture à l’huile (30 x 40) de Daniel Wuilmet, 2012

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