L’AMPLEUR DES ASTRES de Thierry ROQUET

couverture-l-ampleur-des-astres.jpg?fx=r_550_550Thierry Roquet, le cosmos et la chasse au court

Avec la collection des P’tit Cactus de Jean-Philippe Querton qui s’est imposée dans le monde de l’édition francophone belge et au-delà, on sait maintenant que les aphorismes se déclinent suivant différents genres, diverses sensibilités…

Les dernières livraisons mettent davantage l’accent sur des aphorismes qui disent aussi le quotidien des auteurs, leurs humeurs, à la façon d’un journal intime. Des aphorismes qui ne jouent pas seulement sur les mots mais qui sont aussi l’expression d’une vision du monde, d’une sensibilité unique.

C’est le cas avec cette dense livraison de Thierry Roquet dont on connaît déjà l’univers poétique singulier et dont on reconnaît ici l’esprit.

Une partie d’entre ces aphorismes (que l’auteur définit comme une chasse au court) sont d’ailleurs écrits à la première personne et décrivent son quotidien, sa vie de couple et de salarié; ce sont ceux qui m’ont touché le plus tant ils  sont vrais et justes. Sans apprêt et sans illusion mais avec un fond de tendresse pour l’humanité qui caractérise l’auteur.467795819.2.jpg

Même si ceux où il se joue des mots et de ses maux n’ont rien à envier aux maîtres du genre (Quand un chômeur, il refroidit vite – Douche froide)

Si les apophtegmes flirtent avec la déprime, la dépréciation de soi, ils sont plus vivifiants que bien des ouvrages de développement personnel et le recueil délivre des sentences définitives sur l’homme (a)social,  comme, entre autres, celle-ci : être soi-même jusqu’au bout, parmi les autres, équivaut à un suicide social (Philosophiquement vôtre).

Tous se particularisent par le jeu subtil entre le titre dont ils sont affublés (avec l’aide d’Éric Dejaeger, souligne Roquet, auquel le recueil est en quelque sorte dédié) et le (mini)corps de l’aphorisme. Il arrive même que le titre le dépasse…

Thierry égrène aussi plusieurs rencontres de qualité (entre un reflet et un aveugle de naissance, entre un pervers narcissique et une victime expiatoire…) et quelques promenades nocturnes où le gaillard part promener… sa bite (et qui valent par les remarques savoureuses que lui rétorquent sa chérie).

Le souci du temps qui passe, la vaine quête de l’identité et autres questions existentielles irriguent ce recueil qui ne s’intitule pas par hasard L’ampleur des astres car tout est par cela mis en perspective avec le vide immense du cosmos.

Idéal donc pour entrer dans l’univers roquettien par la belle porte des phrases vives et nécessaire pour ceux auxquels manqueraient encore à leur collier de publications du Cow-boy de Malakoff* cette nouvelle perle.

Un recueil à lire, puis à partager !

Le chouette dessin de couverture est signé Emelyne Duval

Éric Allard

 

Quelques extraits  

Piqûres & rides

Fais gaffe, le taon passe.

 

J’en salive déjà

Après mon entretien dent-bouche, je vais demander une augmentation de molaire.

 

Pessimiste-optimiste

Ca fait un bon moment que je n’ai plus ressenti de coup de déprime et ça m’inquiète un peu.

 

Origine

N’oublions jamais d’où nous venons : du trou du cul de la galaxie. Ça dégaze sec ! Et ça vous met des parfums d’étoiles dans les narines!

 

Vive la Bretagne !

Lorient est à la pointe de l’Occident.

 

Fort comme un chêne

Glander, c’est résister à l’occupation.

 

Sur les conseils de mon médecin

J’ai engagé un détective privé pour surveiller ma tension.

 

Bio ou rien

Celui qui se cultive tout seul pousse sans doute un peu de travers.

 

Fauché

Je n’ai pas les moyens de m’acheter un être cher.

 

Le livre sur le site des Cactus Inébranlable éditions

Le BLOG de THIERRY ROQUET

*Le Cow-boy de Malakoff de Thierry Roquet

 

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