DEUX LECTURES INÉDITES de PHILIPPE LEUCKX

par PHILIPPE LEUCKX

 

UN PAS À TOI de MARIE HELLEWAUT (Bleu d’Encre)

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Professeur de français et de théâtre, Marie Helewaut propose ici un premier volume de poèmes.

Le thème – une histoire d’amour qui se délite – pour être souvent traité, donne lieu à des textes entre vers et saynètes théâtrales, assez inégaux.

Comme c’est un premier opus, on laissera le lecteur découvrir – ça se lit vite, peut-être trop vite.

Il sera peut-être sensible, s’il n’a pas peur d’y puiser des clichés (« souffles haletants » ou autre « intensité de son regard ») à cette « joute théâtro-sentimentale », trop sentimentale à mon goût.

Tout est trop dit. Peut-on suggérer à l’auteur de veiller à resserrer son propos, à donner des vers comme :

Les rires et les mots n’étaient rien

Juste une duperie au monde (p.10)

ou

« – Pourquoi cette mélancolie ?

 – Pourquoi pas ?

 – Parce qu’elle étrangle ta vie… »

Sinon, l’expression de la blessure, de la douleur et de l’absence trouvera, j’en suis sûr, sa voie.

Marie HELEWAUT, Un pas à toi, Bleu d’encre, 2018, 72p., 12€.

Le site de BLEU D’ENCRE

+

L’ÂME DE LA MAIN de MICHEL DUCOBU (Le Coudrier)

Jouant de l’anaphore – L’âme de la main – comme matrice de textes, le poète confirmé , propose en 28 pages de poèmes une intime variation sur le thème de la main en accord avec la musique, la danse, les autres arts (poterie), la philosophie.

Il y va de la main comme du cœur : elle est « source », elle se hisse (« élévation de la lune »), elle préside à ôter « le voile de guenille », elle est sens et donne « l’immensité du sens ».

En tercets qui allègent le propos, le poète dévide tout ce que son thème peut offrir au lecteur en considérations poétiques et artistiques. Prévert veille, et les allitérations rappellent celles de « Paroles » :

L’âme de la main

éclatante clarté du clavier

au bout des doigts d’ébène.

L’âme invisible laisse trace pour que le lecteur élise ces vers :

L’âme de la main

la force fine du fer forgé garde

l’adroite brûlure de la soudure.

Un petit bémol : fallait-il autant jouer de l’anaphore du titre ? à soixante-douze reprises, sur 28 pages ?

 

Michel DUCOBU, L’âme de la main, Le Coudrier, 2018, 44p., 16€. Une belle illustration de Costa LEFKOCHIR. Préface un peu longue (six pages serrées) de Myriam Watthée-Delmotte.

Le recueil sur le site du COUDRIER

 

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