LES LECTURES D’EDI-PHIL #3 (août 2018): COUP DE PROJO SUR LE MONDE DES LETTRES BELGES FRANCOPHONES

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Philippe REMY-WILKIN

Les Lectures d’Edi-Phil

Numéro 3 (août 2018)

Coup de projo sur le monde des Lettres belges francophones

sans tabou ni totem, bienveillant mais piquant…

A l’affiche : trois romans (Bernard Antoine, Vincent Engel et Eric Russon) mais aussi un recueil de poésies (Marie-Clotilde Roose) et une revue sportive culturalisée ; les maisons d’édition Murmure des Soirs, Ker, Robert Laffont et Brandes.

 

(1)

Bernard Antoine, Pur et nu, roman, Murmure des Soirs, 2018, 432 pages.

Il se passe quelque chose chez Murmure, c’est-à-dire chez Françoise Salmon. Comme je l’évoquais dans le numéro 2 de cette mini-revue, j’ai eu le privilège de recevoir en pré-lecture (en ligne) un roman à paraître, puissant et captivant, de Jean-Marc Rigaux. Mais… résonnez, trompettes !… celui Bernard Antoine sidère lui aussi. Au premier contact, de par son épaisseur. Au deuxième, de par sa valeur intrinsèque. Et, d’un coup, à 62 ans, avec un premier roman, ce nouvel auteur laisse sur place, dans la montée vers l’Olympe de nos Lettres, une majorité de ses collègues, certains appuyant pourtant sur les pédales de l’inspiration depuis des décennies.

Il ne m’a fallu que quelques pages. Je me suis arrêté. « Mais… c’est vraiment très bon ! » Bien ou très bien écrit, et ce dans tous les registres (narration animée, dialogues, sentences philosophiques), sans AUCUNE faiblesse, je veux dire un passage mal syntaxé, un peu lourd, un peu naïf, un peu mou ou lent… Non, c’est impec, hyper pro… Bref, bluffant !

Le pitch ? Un homme meurt, Egide, en faisant l’amour à une call girl de haute volée, Ana, qui est aussi une amie. Le fils, Thomas, accourt, un type à la dérive, qui ne sait plus trop où situer sa vie, ses relations, ses sentiments, il rencontre la dame, classieuse, troublante. Ca pourrait impasser en roman de mœurs à la française mais non, Ana a reçu trois lettres d’Egide, l’une pour elle, la deuxième pour son fils, la troisième pour une énigmatique Alessia. Qu’il s’agirait de retrouver. Et là… on bascule dans le suspense, un soupçon de thriller mais très vite aussi dans un roman historique et un road movie.

Thomas et Ana vont décider de se rendre en Italie, y entamer une quête qui conjugue mystères et existentiel. Mais d’autres fils se déroulent, un arrière-plan, qui ramènera au premier, on s’en doute. Direction les années 70 et le sillage de… la Bande à Baader/Meinhoff, de sinistre mémoire, une jeunesse d’extrême-gauche, en révolte contre le système, qui finit par élire la violence comme outil de réalisation. S’entrouvre un tout autre horizon, avec Birgit et Mattias, deux jeunes intellectuels norvégiens attirés par ce qui se passe en Allemagne, des considérations sur l’engagement et ses impostures, ses nuances, des amours contrariées, des drames, des secrets politiques, en clair un sillon mêlant histoire et sociologie, qui va mener jusqu’en Israël, en Bulgarie, etc.

Epatant !

A mettre en exergue, de longs passages d’action pure, dans la grande tradition du thriller à l’anglo-saxonne, passionnants, haletants :

« – Tu fermes ta gueule ou je t’étrangle, souffla-t-il. Je te jure qu’au moindre cri je te tue et je te balance par la fenêtre…

Elle ne bougea pas. De toute façon, elle n’aurait pas pu émettre le moindre son. Ses poumons brûlaient. Elle ne voyait que le visage de Sumorov, ses pupilles dilatées, ses narines pincées, son front luisant. Sa main quitta sa bouche, lui laissant un goût de nicotine salée sur les lèvres, puis elle glissa vers son cou qu’elle comprima, lentement. Il la regardait étouffer avec volupté (…) »

Avec le contrepoint de tirades dignes d’essais, comme dans ce bref extrait d’une analyse détonante courant sur plusieurs pages :

« Nous ne parvenons plus à produire ni sens ni signification. Notre aliénation n’a cessé de progresser jusqu’à l’emballement, les forces naturelles du marché ont expulsé l’Homme de lui-même, elles se sont substituées à sa capacité à se représenter comme sujet de l’Histoire. »

Très léger bémol : le roman est si riche qu’on peine à assimiler le rapport à des considérations mystico-philosophiques autour d’Hadewych d’Anvers, qu’on évacue allègrement en cours de lecture.

Bernard Antoine

Enthousiaste, j’ai écrit à l’auteur pour en savoir plus long sur son rapport à l’écriture, comment il en était arrivé à ce premier roman.

Sa réponse :

« Envisager mon rapport à l’écriture implique d’abord de considérer mon rapport à la lecture. Je suis un grand lecteur notamment de littérature américaine. Je tiens Philip Roth pour un des cinq grands écrivains du siècle. J’aime la fiction, les romans qui racontent et qui emportent le lecteur, les romans qui osent le souffle, qui nous arrachent à nos routines et à nos obsessions nombrilistes.

Dans Pur et nu, j’ai eu envie de raconter une histoire de femmes, de trois femmes qui se relèvent… J’ai voulu écrire sur la violence et sur les choix qui déterminent nos existences et qui impactent d’autres vies. J’ai tenté de poser la question de la rédemption en même temps que celle du temps qui efface ou non.

Ecrire m’est venu assez naturellement même si je publie mon premier roman relativement tard. Sans doute le temps a-t-il eu quelque influence d’ailleurs sur mes choix stylistiques, sur la construction du récit dont il arrive qu’on souligne la complexité… Mais j’ai aimé faire dialoguer deux époques et relever les synchronies, les coïncidences, les concordances, jouer avec les effets du hasard, avec les identités concomitantes, les échos du temps qui passe. J’ai également construit une sorte de jeu très conscient entre le lecteur et moi-même : qu’est-ce qui relève de la fiction, de mon imagination et qu’est-ce qui relève de la vérité factuelle ? Je sais maintenant que ce pari est gagné car la plupart des lecteurs qui m’écrivent m’avouent avoir passé beaucoup de temps sur le net dans le but de faire la part des choses, la part entre fiction et Histoire. »

Une (grosse) découverte !

Le roman sur le site du MURMURE DES SOIRS

 

(2)

Vincent Engel, Alma Viva, roman, Ker, 2018, 194 pages.

Alma Viva

En fait… 164 pages pour le roman, qui est suivi d’un monologue, Viva, en onze scènes, créé par Pietro Pizzuti en novembre 2017.

Les premières pages m’ont ramené à une lecture récente, le dernier Claude Raucy, publié chez MEO et évoqué dans mon numéro 2. Deux romans historiques assez courts et enjoués qui projettent dans la Venise des doges (à deux siècles d’intervalle… qui ne se sentent pas) tout en étant centrés sur une grande figure musicale (Willaert pour Raucy, Vivaldi pour Engel) embourbée dans des intrigues entravant la bonne marche du génie.

Nous voilà en 1740. Un Vivaldi vieilli et tourmenté n’en peut plus de devoir en découdre avec de médiocres Governatori, les contingences mesquines des politiques et des administratifs quand il ne lui importe que de créer. D’autant qu’il se trouve à un moment clé de sa vie, lacéré par un échec récent, la sensation qu’on le juge dépassé, blessé par les rumeurs qui courent à son endroit (un prêtre qui ne prononce jamais la messe et préfère cueillir les faveurs de ses jeunes élèves de la Pieta), s’arcboutant à un projet d’opéra qui devrait remettre son talent au frontispice de l’actualité et de la gloire. Que doit-il faire ? Quitter sa Venise adorée mais ingrate pour aller au loin humer le vent de la reconnaissance ? Mais ses protégées, leur avenir, quand l’une veut intégrer les ordres, une autre embrasser à tout prix la carrière de chanteuse plutôt qu’un mari ?

L’écriture est fluide, agréable, la narration gouleyante :

« Don Antonio passe ses journées en somnambule. Il a essayé le vin puis l’abstinence. Il a convaincu Anzoletta, une jeune violoniste, de le rejoindre à la nuit tombée, mais en a éprouvé un tel dégoût qu’il l’a renvoyée dans son alcôve à peine s’était-il étendu à côté de la jeune fille dénudée. »

Le tout a des allures de musique… vivaldienne. Ce qui me décontenance, admirant Vincent Engel comme l’un des plus beaux intellectuels de notre pays, ayant lu de lui, chez Ker encore, un livre nettement plus vénéneux et tendu, Les Diaboliques. Mais je m’adapte au ton différent, doux-amer, lève la tête vers les deux Canaletto qui phagocytent les espaces libres de mon bureau… quand, soudain, je retrouve un auteur plus conforme à mes attentes, un moraliste philosophant avec bonheur :

« (…) on n’est jamais trahi que par soi-même. La déception est le reflet de la confiance excessive que l’on accorde aux autres. (…) Ne s’attendre à rien, et prendre tout ce qui se présente comme un cadeau inespéré. »

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Vincent Engel

In fine, Engel rame à contre-courant des modes, des facilités égocentrées et des outrances racoleuses, ses plongées dans le passé échappent aux pesanteurs d’hier et d’aujourd’hui pour ciseler des pages atemporelles. Où il est question de rêverie exotique et érotique, des solitudes, aveuglements et courages des créateurs, de la difficulté du vieillissement et de l’oubli, du point final.

Du coup, je tends la main vers ma CDthèque, exhume le Nisi Dominus et le Stabat mater, parcours leur livret, imagine Rousseau se pâmant devant les concerts donnés par les Scuole, ces maisons de charité où on éduquait des jeunes filles pauvres, qui jouaient et chantaient derrière des grilles. Le décor de notre roman !

Dans la foulée, je m’attaque à la pièce qui suit le roman, un monologue qui réécrit brillamment celui-ci. Le niveau de langue, déjà élevé précédemment, monte encore d’un cran mais le dit se relève aussi plus intense :

« Dieu, ce passage… Je l’attendais la gorge serrée. J’ai composé sans chercher à entendre, je voulais découvrir ce chant par la grâce de ton instrument, de ton souffle, du ballet de ton corps qui danse, insouciant, tandis que tes doigts et ta bouche enfantent… Ces notes, imperceptiblement peut-être, ont déjà modifié la couleur du ciel de Venise. Ce matin, un peintre au bord du canal s’étonnera d’un éclat insoupçonné la veille, et il sourira. T’entendra-t-il ? »

Mise en abyme ?

Voir les réflexions de l’auteur sur la recherche d’une écriture musicale, ce qu’il a voulu réaliser ou éviter : https://www.vincent-engel.com/alma-viva

Le roman sur le site des Editions KER

 

(3)

Eric Russon, Bissextile, roman, Robert Laffont, Paris, 2018, 354 pages.

Bissextile

Après Sébastien Ministru et en attendant Jérôme Colin ou Myriam Leroy, je poursuis ma lecture de ces journalistes (culturels) belges croisés à la télé, à la radio qui se retrouvent publiés en France. Histoire d’y décrypter d’éventuelles convergences, un phénomène en amont et en aval. Leurs travaux présentent-ils des points communs ? Leur impact médiatique cèle-t-il des lacunes qui seraient pour d’autres (non médiatisés) rédhibitoires ? La curiosité pure me guide, si, si, loin de toute volonté de passer la brosse à reluire ou de céder, a contrario, au lynchage orchestré par certains puristes/jaloux.

Il m’a fallu quelques pages pour digérer un style amenuisant les envolées ou, réglant la mire des paramètres à l’aune du genre entrevu (le thriller), un rythme narratif cabotant loin du grand large et des ouragans d’un Ellroy mais tout autant des rebondissements et tarabiscotages trop construits d’une Higgins-Clark ou d’une Agatha.

Pourtant, une évidence retourne vite cette esquisse très partielle et partiale : je me réfugie chaque soir sous ma pergola pour retrouver Sarah, son mari Nicolas et leur fils Jérôme, me demandant ce qui les attend. C’est qu’à dire le vrai… si l’intrigue s’installe confortablement et sans secousse sismique, elle ne connaît aucun temps mort et progresse sans cesse, et on lit toujours agréablement un récit fluide, où les différents fils convergent habilement.

Mais de quoi parle-t-on, me direz-vous ? Le pitch !

On est dans un futur assez proche, après la promulgation d’une loi, La Loi, qui interdit d’avoir plus d’un enfant, dans une société assez pareille à la nôtre, où les boucs-émissaires du jour sont les Déviants, que la police traque, soutenue par un espionnage organisé, la délation, envoyant les nouveau-nés excédentaires dans des familles d’accueil et emprisonnant les rebelles.

Sarah, l’héroïne, bientôt quarante-ans (née un 29 février !) ; travaille comme médecin dans un hôpital et mène une vie rangée, délavée par le quotidien, l’ambition du mari. Quand sa mère agonise. Quand une domestique très étrange de celle-ci, trop dévouée et trop discrète, Elise, la prévient, tentant de les rapprocher in extremis. C’est que Sarah a une faille. Elle n’a pas eu d’enfance ou une enfance atroce, elle s’est enfuie vers seize ans loin de cette mère haïe, qu’elle n’a jamais revue, une gloire mondiale pourtant, une violoncelliste.

Ebauche d’un roman de mœurs qui se colorie rapidement d’accents policiers avant de tendre vers le thriller.

Car il y a un Plan, orchestré par Elise, pour une autre personne, plus inquiétante encore. Un Plan pour la ramener vers sa mère puis vers la maison dont elle hérite. Pourquoi ? D’autres fils apportent leurs contrepoints à l’intrigue : un mystérieux correspondant envoie des photos à Sarah, comme des pièces de puzzle, Aline, sa meilleure amie, lui demande son aide pour contourner la Loi et mettre au monde un deuxième enfant.

A partir du moment où le trio familial Sarah-Nicolas-Jérôme s’installe dans l’immense propriété littorale de la grande Lucie Beaumont, l’étau se resserre. Jusqu’à…

N’en disons pas plus sur l’intrigue. Sinon pour la saupoudrer de réminiscences gothiques (de grands romans anglo-saxons comme Rebecca ou Jane Eyre !). Le suspense ne retombera pas avant la dernière page. Autant en profiter !

J’ai lu avec plaisir, je me suis posé quelques questions sur des points de morale (soumission et résistance, difficulté ou ambigüité des choix, limites de la réalisation, de l’organisation, etc.), je ne me suis pas ennuyé une minute… et j’ai même été troublé/questionné quant à mes rapports avec ma propre histoire familiale.

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Éric Russon

Le deuxième roman d’Eric Russon est donc une réussite. Et on admirera que cet homme, habitué à côtoyer les plus grands créateurs, ne sur-joue jamais. Non, il s’échine à bien écrire comme on arbitre bien, c’est-à-dire via la voie de la discrétion, de l’effacement de l’outil au service du récit :

« La meute doit avancer. Elle ne dispose que de quelques minutes pour se rendre maîtresse des lieux, s’assurer que chaque mètre carré soit sécurisé. L’opération est retransmise en direct par la chaîne fédérale d’informations continue, qui la diffuse sur des milliers d’écrans, dans la plupart des lieux publics. L’hallali est un spectacle qui rencontre toujours une belle audience. »

Une piste pour notre analyse collective ? Ministru aussi se montrait simple mais fluide (voir notre numéro 1), tout entier à son contenu. Un trait de personnalité ou l’influence d’un métier de communication ? Et les relations des héros des deux livres avec un géniteur point de référence… non revendiqué ? Ce qui était le cas, aussi, de l’excellent Rosa du bloggeur/journaliste Marcel Sel… Hasard ? Air du temps ? Ou… ?

Le roman sur le site des Editions Robert Laffont

 

(4)

Marie-Clotilde Roose, Les Chemins de Patience, recueil de poésies, Brandes, 2004.

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Marie-Clotilde Roose

Je lâche l’actualité, soit, avec ce petit livre… sans numéros de pages mais bel objet, qu’un déménagement/rangement a libéré d’une oubliette creusée dans notre bibliothèque.

Des pages d’une grande délicatesse, où les sens, la syntaxe et les mots, la mise en lignes (hélas intraduisible ici) décapent et élèvent. Il me semble saisir la destination de la poésie, en goûter la saveur :

« Ponctuée de quelques

feuilles sombres

une page où inscrire

avec une encre blanche

l’indicible parole. »

Ou :

« Cet éclat particulier

de la lumière

quand le soleil traverse

un vitrail.

Vieil or, ténu

poudroyant l’espace. »

Ou :

« Ecrire pour fixer l’instant

de la rose

(Peux-tu encore parler

de la rose ?)

qui de l’éclosion

au déclin

offre l’image tremblante

et tremblée

du désir. »

Je connais l’autrice (NDA : je parle féministe !) comme philosophe, intellectuelle, animatrice et modératrice. Mais il faut se défier de toute étiquette, de tout amenuisement d’une personnalité, oser découvrir cette inclination pour la nature, le soleil, le ciel, la sensation pure :

« Mon corps gît sur la dune.

Coule en cette blondeur

en sa combe profonde.

Poids d’or sous le soleil. »

Ou :

« Se sentir le fruit dernier

d’une si lourde branche.

N’avoir à soi que la pulpe

assoiffant les langues.

Refusant la promesse

des semences

Pour la jouissance d’être

chair en bouche.

Jamais

en terre. »

Une aspiration à s’arracher au médiocre, à la mort qui nous embourbe dès la vie pour pleinement exister, essayer, ne serait-ce qu’un instant, s’il est sublime ?

Certains passages effleurent la perfection, et flotte une note de Mallarmé ou Baudelaire, une quête absolue de l’Idéal :

« L’œil sombre de la montagne

Fixe une dernière fois

La neige qui meurt.

On dirait qu’elle pleure

ombrageuse

sa beauté pure enfuie. »

Jusqu’à toucher au secret de la vie, du bonheur ?

« Je suis venue secrètement

m’agenouiller dans ton regard.

Les mains pleines d’offrandes

que sont ces fragments d’existence.

Certains ne valent qu’un sourire,

d’autres encore moins.

Toi seul peux les transmuer

En or, myrrhe et encens. »

Il va sans dire qu’après avoir lu des Lison-Leroy, Leuckx et Roose, j’ai écarté plusieurs recueils de poésies, je ne prise guère aller à rebours.

Le site des Editions Brandes

 

(5)

Courts, numéro 1, printemps 2018, 112 pages.

Et si j’osais ? Livrer quelques lignes sur une… revue de tennis ? J’ose car je le désire. Pourquoi ? Parce qu’un Bruxellois a eu la percutante idée d’être très ambitieux et ce doublement : en allant à l’assaut du marché français (la revue se vend lors des tournois de Monaco ou Roland-Garros) mais aussi en choisissant la carte du haut de gamme, avec une mise en page soignée (Mona Habibizadeh), un accompagnement rédactionnel (Lorent Corbeel, philologue, boss de la plateforme Karoo) issu du domaine culturel.

Au fond, tout est dit dès la couverture : la photo est superbe, artistique, décalée ; le sous-titre La revue qui prolonge l’échange ouvre l’horizon tout autant… que la savane africaine où se dresse un… court. La suite est à l’avenant, le sportif, une fois n’est pas coutume, laisse filtrer des allusions à la littérature ou la philosophie mais, surtout, s’arcboute sur des livres scientifiques qui ne se limitent pas à l’univers francophone.

L’édito (du fondateur Laurent Van Reepinghen) est remarquable, tout comme le texte/hommage consacré à Federer, les articles ont un parfum de journalisme d’investigation et s’avèrent tous (très)

intéressants, qu’il s’agisse d’évoquer le flow, les dessous historiques des marques, l’avènement du circuit pro ou les polémiques sur le tennis féminin. Plus traditionnel mais imparable : la présentation d’un des plus grands espoirs du tennis mondial, Shapovalov.

Bref, un très bel objet qu’on rangera dans la bibliothèque. Ou qu’on offrira !

Le numéro 2 de ce trimestriel sortira en été.

Voir : https://www.facebook.com/profile.php?id=166935993929734&ref=br_rs ou www.courts-mag.com

Edi-Phil RW

Le site de Philippe REMY-WILKIN 

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