DEUX NOUVEAUTÉS DES CARNETS DU DESSERT DE LUNE, par Philippe Leuckx

Résultat de recherche d'images pour "philippe leuckx"
Philippe LEUCKX

DANS L’ODEUR DES LIVRES ET LE PARFUM DU PAPIER D’ARMÉNIE, des Entretiens avec JEAN-PIERRE CANON, libraire de « La Borgne Agasse » 

Serge Meurant, poète, et Frédérique Bianchi se sont entretenus avec ce libraire-bouquiniste vraiment pas comme les autres, à l’expérience quasi mythique. N’a-t-il pas correspondu avec Henry Poulaille, préfacé Neel Doff, conservé dans ses caves nombre de correspondances d’écrivains, reçu poètes et romanciers à son enseigne, Pirotte, Dhôtel… ?

Le petit volume de 48 pages, au-delà des photos (e.a.d’André Dhôtel), est édité dans une très belle typographie (American Typewriter) qui donne à la lecture ce surcroît d’intérêt et d’esthétique.

On plonge dans ces entretiens comme on fouille dans les caisses de livres à la quête du volume rare, ou précieux, ou introuvable ailleurs.

L’Agasse, du wallon, est une pie et, l’auteur ne le précise pas, aussi un morceau de terrain agricole mal hersé (laisser des agasses).

La boutique, chère à Perec, la boutique d’envol des mots, la boutique pourvoyeuse de merveilles (de Twain à Pirotte, en passant par la littérature prolétarienne – fer de lance de la bouquinerie, qui en est à sa quatrième adresse bruxelloise) recèle des trésors.

Le livret le rappelle, avec une dose de fraîcheur, d’histoire littéraire et de convivialité. Car notre libraire est un hôte évident.

Feuilleter les premières pages du livre

Bouquinerie La Borgne Agasse

***

LA QUINCAILLE DES JOURS de FRANCESCO PITTAU paraît dans une belle collection presque carrée, Pleine Lune, postfacée par l’écrivain Gil Jouanard.

99 poèmes sont proposés à la lecture, textes brefs, très simples, jouant des sens (le tactile et le visuel réservant nombre de vers).

L’été, la méridienne, l’observation de fourmis et de mouches, le lever, l’empan des choses banales et quotidiennes : voilà ce dont l’auteur fait son marché pour le meilleur (la poésie affleure : « le jour te va comme un gant ») ou pour le répétitif (que d’anaphores) ou la simple banalité (« Je me suis levé/ réveillé par le soleil/ la sieste est terminée » ou « c’est un peu toi/ c’est un peu moi/ c’est un peu nous » ou « Ton odeur / de lilas/ me suit/ où que j’aille »). L’auteur céderait-il à la parodie ?

En tout cas, ces petits textes, dont la simplicité flirte parfois avec la facilité, voire le cliché (« flamme dansante de la bougie » ou « couché dans l’herbe/ je regarde passer les nuages » ou « champs accablés par la chaleur ») selon moi tournent court assez souvent, ils manquent du mordant que l’auteur privilégie ailleurs, sauf quand un haïku plus dense montre sa cruauté : « J’ai tué la tristesse/ d’une balle en plein/ cœur » ou quand mimant Giono « La nuit est entrée dans la maison », ou à l’occasion d’une insertion un peu misanthropique, quoique (« J’aime les terrasses d’où je vous vois disparaître/ en me laissant/ un tout petit bout de votre vie »).

Le danger, en poésie, est parfois de ne point pouvoir éviter le banal constat.

Pittau nous doit une revanche.

Feuilleter les premières pages du recueil

FRANCESCO PITTAU aux Carnets du Dessert de Lune

Les nouveautés des CARNETS DU DESSERT DE LUNE

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s