ASYMÉTRIE de LISA HALLIDAY (Gallimard)

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Lisa Halliday a attiré l’œil de la critique, lors de la rentrée littéraire dernière, par son premier roman qui rapporte de manière romancée la liaison qu’elle a entretenue dans les années 2000 avec Philip Roth. Le livre est sorti aux Etats Unis trois mois avant le décès du grand écrivain.

Cela constitue la première section du livre, et la plus longue, titrée Folie, et qui décrit de façon assez sage une liaison entre un auteur nobélisable, Ezra Blazer, en proie à des ennuis de santé dus à son âge, qui se félicite journellement d’un certain nombre de pages écrites, l’appelle en numéro masqué, la convie à faire ses emplettes et d’une jeune femme prénommée Alice (clin d’œil à l’œuvre de Lewis Carroll) travaillant dans le milieu de l’édition… Cette première section qui débute comme un conte et qui se nourrit de détails, selon le conseil de l’écrivain, finit toutefois par ennuyer.

La deuxième partie, écrite à la première personne, paradoxalement plus intériorisé et intitulé Furie, fait le grand écart avec la première car elle raconte le périple d’un ingénieur Irakien vivant aux USA depuis longtemps et bloqué à l’aéroport d’Heathrow dans des tracasseries sans fin. Il veut rejoindre son frère dans l’Irak déstabilisé par l’invasion américaine du début des années 2000…

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Lisa Halliday 

Le contraste avec l’insouciance revendiquée de la première partie est flagrant mais rien ne relie en apparence les deux premières parties comme arrêtées, fixées dans le temps. Virginie Bloch-Lainé sur le site de Libération parle d’échec à propos de cette seconde partie qui donne pourtant tout son poids et son mystère au roman.

La troisième rapportant l’interview à la BBC du grantécrivain quelques années après sa liaison à la BBC et l’épisode irakien dans une émission consacrée aux préférences musicales de l’invité. C’est un modèle d’entretien fictif (qui peut se lire indifféremment de la première section) dans lequel l’invité peu à peu se confie tout en essayant, comme Roth était coutumier du fait, de séduire la journaliste et l’occasion d’un passage en revue de choix de morceaux musique classique d’excellente tenue.

Pour conclure, un livre qui, par sa construction forcément asymétrique, fait se poser des questions sur la nature des choses, du monde et du statut de l’écrivain et qui démontre les facultés de Lisa Halliday d’écrire dans des genres différents en faisant résonner des modes de récit divers n’est pas sans rappeler le meilleur Roth qu’elle a connu intimement et qui, après leur liaison, confie-t-elle dans une interview ou l’autre, est devenu un de ses plus fidèles amis.

Éric Allard 

Le livre, traduit de l’anglais par Hélène Cohen, sur le site de Gallimard

 

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