2019 – LECTURES D’HIVER : UN OUVRAGE UNIQUE, une lecture de Denis Billamboz

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Denis BILLAMBOZ

Aujourd’hui, je vous propose un ouvrage réellement unique, unique dans sa conception : CENT SONNETS (qui n’ont rien à voir avec les sansonnets) avec chacun une illustration en regard : un magnifique dessin en noir et blanc, unique dans son exigence : chaque sonnet compose un acrostiche, unique dans son ton : les deux compères n’ont reculé devant aucune audace langagière pour exprimer leur humeur et leurs opinions dans la paillardise la plus rabelaisienne, la gauloiserie la plus belge et sans éviter la pornographie pas plus que la scatologie. Le tout servi par un éditeur qui a réalisé un très bel objet de bibliographie.

 

SORNETS

André STAS – Éric DEJAEGER

Illustrations : Jean-Paul VERSTRAETEN

R.A. Editions

Couverture soRnets complète.jpg

Grand format, jaquette, papier glacé, sur les pages de gauche : cent sonnets, cent sonnets formant chacun un acrostiche, sur les pages de droite : cent superbes illustrations en noir et blanc de Jean-Paul Verstraeten, le tout constituant un très bel objet d’édition qui sera un jour un ouvrage de collection recherché par les bibliophiles. Il y a déjà aujourd’hui de nombreux fans : groupies de cent « sornets ». Mais au-delà de la forme de ces poèmes qui constitue déjà une performance littéraire, il y a le fond où les deux auteurs ont donné libre court à leur talent et surtout à leur humeur et à leur vision transgressive de notre société cadenassée. Ils ont sans vergogne aucune convoqué paillardise, gauloiserie (la Gaule Belgique a bien existé, instituée par Auguste après les conquêtes de César, elle était beaucoup plus vaste que la Belgique d’aujourd’hui) et toute une liste de vocables gras, sales, pornographiques, scatologiques, libidineux, scandaleux, pervers…

Dans un préambule André Stas explique comment le duo a travaillé, qu’elles ont été les contraintes qui ont été respectées, outre celles imposées par la forme du sonnet, et l’esprit qui a présidé à cet exercice d’écriture à quatre mains.

« Quand il veut s’amuser à pondre un vrai sornet,

Un poète, en premier, choisit un fol comparse

Avec qui dérocher des coups de métatarse,

Titillant le hasard, tels les dés d’un cornet. »

Respectant leur immuable règle de base, « Poétiquement correct et politiquement nettement moins », les joyeux lurons s’en sont donné à cœur joie, s’attaquant à tout ce qui contrarie leur joie de vivre et celle de tous ceux qui sont épris de liberté et adeptes des fêtes les plus folles. Ils s’en prennent ainsi à tous les pouvoirs : religieux, politiques, économiques, militaires, et à toutes les normes morales et autres. La bêtise humaine est aussi une de leurs sources d’inspiration préférées avec tout ce qu’elle engendre comme la malbouffe par exemple. Ils ont aussi quelques têtes de turc bien ciblées : Trump en chef de ligne, Macron pour son actualité, Johnny pour son testament, Nothomb pour l’ensemble de son œuvre, … Mais ils ont aussi quelque tendresse pour certains amis comme André Breton, Tristan et Yseult… et leurs concitoyens belges.

« Ebouriffants bouffons, deux powètes se tordent,

Ridiculisent tout, sans fin de bonne humeur.

Ils s’amusent d’un rien, d’un bruit, d’une rumeur.

Casser du trou du cul jamais ils n’en démordent. »

Donneurs de sanctions littéraires éventuellement mais jamais donneurs de leçons, même s’ils ont quelques idées sur l’art d’écrire, ils sont surtout experts ès débauche, fête en tout genre, joie de vivre et transgression indispensable… Ils peuvent tout se permettre car ils savent surtout rire d’eux-mêmes.

« Des sujets épineux sans trembler ils abordent

Ecrasent le magnat, éteignent l’allumeur,

Détroussent les nantis, tels des mers l’écumeur,

Enervent les gnangnans, les culs gercés sabordent. »

Certains objecteront qu’il y a débordement, qu’il faut savoir mesure garder, certainement qu’ils n’auront pas compris que derrière tous ces vers, il y a beaucoup de sagesse et d’empathie pour les gens, les vrais, ceux se contentent souvent de subir les excès de ceux qui détiennent les divers pouvoirs. Alors, excluons ceux que Rabelais définissait comme « agelastes » et autres « caphards », « cagots » et « malagots » de profession ». Ainsi entre gens de bonne société, faisant un clin d’œil à Maigros, nous pourrons rire et ripailler jusqu’à plus soif !

 

COURTS, TOUJOURS – le blog d’Éric DEJAEGER 

Un portrait en collages/décollages d’André STAS 

 

 

 

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