VU AU CINÉ DE MA RUE : LE GRAND BAIN de GILLES LELLOUCHE – une critique de Philippe Leuckx

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Philippe LEUCKX

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L’un des interprètes de ce film qui donne sa pinte de bonheur – sans tire-larmes, sans injonction sentimentale – vient d’obtenir un César mérité : que dire de la prestation sensible, cocasse, tendre, humaine, engagée de Philippe Katerine, par ailleurs chanteur comique et décalé ?

L’argument, qui n’est pas sans faire penser à « The full monty » par l’ascenseur social que peut fournir une prestation collective, au départ infaisable ou périlleuse, qu’elle soit artistico-sportive ou sportivement artistique par les enjeux, révèle la vie gâchée, vaine ou franchement entaillée de huit hommes qui ont pris le pli de s’adonner à la natation artistique synchronisée, quitte à enflammer le mépris ou la moquerie des entourages. Grâce à deux coaches – l’une jouée par Virginie Efira, superbe de fragilité -, les huit s’assignent à des efforts inimaginables : tous les huit ont des kilos de trop ou d’incorrigibles revers voire travers. Poelvoorde, Canet, Amalric, interprètes impeccables, endossent les rôles de ces amateurs de natation qui sont amenés à participer à une compétition internationale de très haut niveau en Norvège.

Un gars mutique, qui ne travaille plus depuis deux ans, quitte à amuser le cruel beau-frère : Amalric, époustouflant, un patron d’entreprise en mal de gestion (Poelvoorde), un gars qui cherche l’âme sœur (Katerine) sous la risée de ses potes, un père séparé de son épouse et dont le fils est soigné pour bégaiement (Canet), une ancienne alcoolique anonyme et ancienne sportive de haut niveau recyclée en coach natation artistique (Efira) : les personnages attachants par leur fragilité donnent du poids à cette fiction (feel good movie) qui offre du bonheur aux spectateurs, sans forcer sur les codes.

Le rythme, la musique, la photographie soignée, le « grand bain » d’une piscine – huis clos étouffant puis aéré -, tout sert un film de pure comédie qui glisse subtilement vers une analyse plus psychologique de personnages que la vie a altérés sinon démolis.

La chute ravit, on peut contempler à l’aise les fruits d’un travail collectif.

LE GRAND BAIN (France, 2018) de Gilles Lellouche

Philippe Katerine, César du Meilleur second rôle pour Le Grand Bain

Un commentaire sur “VU AU CINÉ DE MA RUE : LE GRAND BAIN de GILLES LELLOUCHE – une critique de Philippe Leuckx

  1. J’ai beaucoup aimé aussi, et particulièrement qu’il n’y avait la fin « à l’américaine », miraculeuse, tout le monde trouve un boulot, l’amour, la solution. Pas du tout… mais il y a eu un instant de grâce dans leurs vies qui peut tout changer – ou pas.

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