GHETTOS de QUENTIN VOLVERT (Le Taillis Pré) – Une lecture de Philippe Leuckx

Résultat de recherche d'images pour "philippe leuckx"
Philippe LEUCKX 

 

Né en 1997, Quentin Volvert est à ce jour le plus jeune poète belge francophone. Ses « Ghettos », primés par l’Académie Royale de Langue et de Littérature françaises de Belgique en 2016, sentent le cri primal d’une révolte devant l’incompréhensible foutoir des zones abandonnées à leurs peines et misères.

Il y a, dans la texture de ce cri, l’irrépressible force d’une jeunesse partageuse des aspirations et des tourments du monde.

La langue, pour énoncer et faire vibrer ces matières sociales, existentielles, a besoin de souffle et d’espace : les litanies de longs poèmes décrivent « les petites frappes des hauts quartiers » et « les gendarmes (qui) arrosent les petites têtes/qu’ont pas eu la nuit pour se fermer », les « buildings ballants », « la sirène fend ton visage », « pour ne plus trembler/ sur la gâchette », « plainte aux tréfonds/ de nos gorges profondes » : le constat est hallucinant, autant « aller chercher/ au fond de moi-même/ la plaie la plus écarlate/ quand ici rien ne brûle? »

Quentin Volvert
Quentin VOLVERT

Le poète, « balayeur des nuits noires du petit-matin », prend « les rues en cul-de-sac », « commande/ un verre aux murs ».

Réaliste, naturaliste même, aux accents céliniens, cette poésie multiplie les images-chocs : « de quelle cendre je me consume » ou « un angle de vision au coin du bûcher où l’on finira tous ».

Le monde masque les visages sinon les âmes et les interrogations prennent très vite l’allure d’une quête sans fin, âpre, inquiétante :

« Qui est celui qui marche dans ces rues sans peau ni drame, ni/ horizon à raconter? »

La mort d’un proche, frère ou ami, a laminé l’âme du poète et sa mort signe la fin d’un monde, où « fêler nos gorges » aux incertitudes et aux violences.

Aux enfances volées, aux ghettos qui plombent l’air, il n’est réponse que poésie, même exaltée, ou exhalée des ténèbres d’une pensée acide, lucide.

Un vrai livre de poésie aux éditions du Taillis Pré, celui-là.

Quentin VOLVERT, Ghettos, Le Taillis Pré, mars 2018, 88p., 10€.

Le recueil sur Espace Livres & Création 

Le Taillis Pré sur Espace Livres & Création

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s