2019 – LECTURES D’HIVER : À CHACUN SES VERS – Une chronique de Denis Billamboz

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Denis BILLAMBOZ

Pas une saison littéraire sans ses poésies, en ce début d’année, j’ai essayé de ne pas faire mentir cet adage que je voudrais m’imposer. Dans cette chronique, j’ai donc réuni deux poètes même s’ils sont très différents dans leur inspiration et dans leur expression : Iocasta HUPPEN une spécialiste des haïkus originaire de Roumanie qui excelle aussi dans la poésie plus traditionnelle et Éric DEJAEGER, un héritier littéraire des fameux surréalistes belges, qui se plaît à jongler avec les mots pour en tirer tout ce qu’ils cachent. La poésie est protéiforme, chaque poète choisit son mode d’expression, il reste toujours des vers et des poèmes que chacun apprécie en fonction de ses goûts.

 

États d’âme

Poèmes et phrases poétiques

Iocasta HUPPEN

L’Harmattan

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Iocasta Huppen s’est, jusqu’à présent, surtout fait connaître comme haijin, auteure de haïkus, art où elle excelle particulièrement, j’ai eu l’occasion de lire son dernier recueil, 130 haïkus à entendre, sentir et goûter, édité chez Bleu d’encre, il est tout à fait remarquable. Il a été écrit, d’après ce que je crois, après le présent recueil qui comporte surtout de la poésie et quelques phrases poétiques. L’inspiration ne semble pas avoir beaucoup changé d’un recueil à l’autre, on y trouve la même fraîcheur, la même délicatesse, la même sensibilité, la même spontanéité et le même optimisme.

« Ne sois pas triste

Sinon je le saurai

Et je le deviendrai aussi ! »

Iocasta est née en Roumanie, je ne sais pas si elle a connu l’ère communiste mais elle semble avoir conservé un bon souvenir de son enfance du côté de la fameuse Iasi si bien connue des cruciverbistes.

« Dans mes souvenirs

de la Roumanie communiste

il y a la liberté

d’une enfance heureuse. »

Elle a structuré son recueil comme sa vie en commençant par l’enfance là-bas au pays, elle évoque ensuite l’amour qui l’a amarrée en Belgique où elle a atteint la maturité et l’âge de se poser des questions sur l’existence, sur l’engagement et sur ce qui s’est passé avant en Roumanie.

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Iocasta HUPPEN

Elle cherche souvent l’inspiration dans la nature qui semble être le refuge où elle aime se ressourcer, trouver la paix, en regardant les arbres, les fleurs, les paysages, …, en écoutant les oiseaux, les insectes, …, en s’enivrant des odeurs qui l’envahissent à chaque changement de saison. La nature qui lui a enseigné la sagesse qu’elle traduit dans ses vers aussi libres que la vie qu’elle cherche à mener.

« ne marcher pas trop lourdement

sur les maisons, les arbres,

les soleils et les princesses

 que vos enfants ont dessinés dans la rue. »

Dans l’excellent poème Nommer le monde, elle donne une véritable leçon de sagesse et d’optimisme dont je ne peux révéler que la dernière strophe vous laissant le soin de découvrir le reste lors de votre prochaine lecture.

« Alors, optimiste comme pessimiste,

essayons de ne pas voler le jeu des enfants,

essayons de ne pas voler les saisons

essayons de nommer le monde, monde. »

Et, pour conclure, j’aimerais vous laisser cette dernière strophe qui me concerne un peu, merci Iocasta :

« Les vieux arbres sont fragiles

Approchez-vous d’eux avec amour,

Ils savent si bien raconter des histoires. »

Je n’ajouterai rien si ce n’est que j’aimerais tellement savoir raconter de belles histoires.

Le livre sur le site de l’éditeur

Le site de Iocasta HUPPEN

+

Le Musée de la girouette et du ventilateur

(Poèmes cocasses)

Éric DEJAEGER

Gros Textes

« Au musée de la girouette

et du ventilateur

les visiteurs se voient offrir un cache-nez

à l’entrée

 

Le conservateur avait remarqué

que de nombreuses personnes

s’enrhumaient durant la visite.

… »

Le Barde du Pays noir qui hante les lieux, aurait-il, tel un M’Bappé des espaces d’exposition, enrhumé tous les visiteurs avec ses poèmes tous plus cocasses les uns que les autres ?

Dans ce recueil de poche, il a rassemblé des textes incongrus, insolites, hilarants, drôles, ironiques, moqueurs, un poil insolents, parfois emplis de dérision, frisant même pour certains le pamphlet ou la satire. Derrière tous ces textes destinés, a priori, à faire rire se cache une réelle volonté de mettre en évidence toute la sottise qui pollue la société actuelle, la bêtise humaine mais aussi toutes les ressources qu’offrent la langue française pour créer le quiproquo, l’ambiguïté, l’effet comique.

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Éric DEJAEGER

Digne héritier des surréalistes belges, il connaît sur le bout de sa plume tout ce qui fait caracoler les mots pour le plus grand plaisir des lecteurs : formules de style, jeux de mots, calembours, variations sur les assonances… Dans ce petit recueil, il utilise surtout la confection de listes improbables toutes plus hilarantes les unes que les autres. Je n’en donnerai qu’un court exemple pour ne pas allonger inutilement cette chronique au risque de la rendre plus longue que le recueil. J’ai choisi ce petit poème qui évoque les arcanes de langue française et détourne les expressions généralement consacrées :

Des peurs bleu anthracite.

Des teints jaune de Prusse.

Des votes blancs citron.

Des feux vert cassé.

Des robes rose émeraude.

Des regards noir bonbon.

Des nez rouge ébène.

Des nuages gris sang.

Ce recueil comporte d’autres listes tout aussi hilarantes et insolites et des poèmes plus ou moins cocasses où les mots dansent une folle farandole.

Le livre sur le blog de l’éditeur

COURT, TOUJOURS!, le blog d’Éric DEJAEGER 

 

 

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