JUSTE UN DOIGT DE LIBERTÉ de MAX ZOUIC (Le Chat polaire) – Une lecture de Paul Guiot

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Paul GUIOT

Le Chat Polaire se lance sur les chemins de l’édition poétique en publiant une auteure Lyonnaise qui répond au surnom pétillant de Max Zouic.

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Son âge ne nous apprendra rien, le tout étant de constater l’évidence frappante de la verdeur de cet esprit mature. Le seul ordre qui semble régir l’envie de Max est liberté : liberté de ton, ton au naturel, ton à l’huile de massage, ton… onguent de message… liberté qui n’est ni grande, ni petite – liberté étant un concept difficilement mesurable à l’aune d’un système (m)étriqué. En un mot, disons que la liberté dont il est question pour Max est juste… immense.

Avec « Un doigt de liberté » – un seul suffit – Max Zouic illustre probablement le désir de ses éditeurs (tiens, au fait, as-tu remarqué, lecteur, qu’« éditeurs » est l’anagramme de « tu désires » ? ) : offrir une poésie allégée des normes et des dogmes, une poésie qui met des mots sur… oui, les désirs –quels qu’ils soient ! – et sur les choses de la vie, cette putain de vie telle qu’on la rêve, telle qu’on la cauchemarde, telle qu’on la vit avec ses hauts si hauts et ses bas qui filent.

L’affaire aurait un goût de déjà-vu se elle n’était écrite avec un style décomplexé, ou si cette liberté n’était entachée d’événements douloureux, de doux leurres qui alternent avec l’indispensable exultation des corps.

Ce poème commence le recueil et annonce bien la suite :

Tu reluques mes courbes écrites au stylo
et t’offusques qu’elles t’émeuvent et soulignent le beau
Et je m’offre
à ton trouble
à ta gêne
Tu devines la scène
l’effleures à peine
et tu me trouves obscène
Mais tu n’as rien vu et c’est de ton désir dont tu rougis
Tu m’intimes la pudeur de mes heures intimes
Tu estimes mes erreurs et me mésestimes
Sais-tu où je situe l’indécence

Où tu montres toute crue la vulgarité

Où elle n’est plus évoquée

Où le malheur des autres te conforte dans le bonheur des tiens

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Max ZOUIC

L’amour a la part belle, a sa part d’ailes, part d’elles, revient à elles dans ces mouvements d’elles sans cesse recommencés, car Max écrit le mot « femme » au féminin et au grand jour de son amour pour celle qui partage ses jouir et ses nuits :

Avec ou sans filtre
elle s’inspire
de nos volutes lascives
et s’enlace en corps
et s’infiltre le manque
à l’envie d’encore
Consume-moi
jusqu’à te brûler les doigts
et puis souffle-moi
souffle l’émo
souffle-moi les mots
Plus le choix
Tu m’écrases
Tu m’oppresses
quand tu me laisses sans toi
Reconsume-moi
encore et en corps
sans voix et sans cesse
à retenir les maux

 

Max conte aussi ses erreurs ; elle les regarde droit dans les yeux avant de les achever d’un coup sec :

On ne s’abîme plus
On fait super gaffe à ne plus prendre de jus
On signe l’épitaphe des écueils qu’on ne veut plus

On décline les combats sordides

Max s’envoie en l’air, oui… au propre et au figuratif, et toujours avec ce style décomplexé.

Juste fumer une cigarette et disparaître en volutes

Consumée en même temps qu’elle
Dans la virevolte et sans vos luttes

Cette petite finaude garde la ligne, quand elle vous avoue en toute sincérité avoir besoin vital de ses proches, « liberté » n’étant pas compatible avec « solitude ».

Faut pas m’laisser seule
Vous êtes mon sol
Toute seule je tombe

Alone
je creuse mes blessures
Alone je suis mes fêlures
et j’avale le gouffre
jusqu’à c’que j’métouffe
Alors alone
j’me jette à l’eau

Elle aime les femmes, oui, mais pas toutes :

Oui elles sont jeunes et jolies
mais vides aussi
moi j’aime les femmes
pas les gamines
J’aime qu’elles aient les ailes des années assumées
j’aime leur peau fanée

Et, suivant les traces d’un vieux grand frère dont le conseil reste d’une actualité toute printanière, elle va voir si la rose…

J’irai te déflorer la lune
Toucher du doigt ton entrechat
Ta matière en cupule

Une chose est sûre, Max, la voix que tu nous traces n’est ni fanée, ni éraillée… et le seul mot qui me vienne à l’esprit pour clore cette note est… encore !

Max Zouic, « Un doigt de liberté », aux éditions Le Chat Polaire, couverture et illustrations par Pétula Rocher.

La page Facebook du Chat Polaire

MAX ZOUIC poète

 

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