MADAME DE, le film de MAX OPHÜLS vu par Philippe LEUCKX

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Philippe LEUCKX

Revu, pour la énième fois, le très subtil « Madame de  » de Max Ophüls.

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Avec un doigté et une fluidité extraordinaires, la mise en scène d’Ophüls donne à cette oeuvre tirée du roman éponyme de Louise de Vilmorin une chair de réalisme peu courante.

Louise, Madame de…, son général de mari, son amant, le baron Donati forment un trio sur fond de société, très Belle Epoque, avec sorties à l’Opéra, longues préparations à la coiffeuse pour choisir tel bijou.

Et le bijou – des pendentifs en l’occurrence – sert de fil rouge à cette intrigue qu’une souplesse de mise en scène réussit à ôter d’une quelconque servitude théâtrale comme des poncifs d’un certain type de roman à l’eau de rose !  Le passage des séquences se fond dans une atmosphère intimiste, restituée, comme souvent chez Ophüls, à coups de salons, de cloisons, d’échappées vers des escaliers. La caméra, en travellings époustouflants de description et de subtilité, révèle cet univers très fin XIXe, avec un souci des décors, des costumes, comme chez Becker, pour reprendre une oeuvre de la même époque (Casque d’or précède d’un an Madame de, réalisé en 1953).

Danielle Darrieux, d’une féminité éblouissante, domine une distribution en tous points remarquable, par son élégance, ses minauderies, ses pertes de connaissance et/ou évanouissements calculés au cordeau. Comme un poisson dans l’eau de cette société aristocratique, la belle, au sommet de ses atouts – elle a 36 ans -, chantonne tout en caressant un bijou, tout en choisissant une fourrure.

Charles Boyer joue de la lucidité et tranche les conventions sociales d’un duel avec l’amant. Vittorio De Sica, séduisant séducteur, ambassadeur, forme avec Louise un bien beau couple promis au désastre.

Un joaillier tire les marrons du feu d’une intrigue qui le pousse à revendre un même bijou…dans le rôle, Debucourt est extraordinaire de componction et de cupidité.

Ophüls, qu’on aima pour « La Ronde« , « Lola Montès » ou « Le plaisir« , signe ici l’un des plus beaux films français de l’après-guerre. Cette oeuvre est un excellent moyen de démontrer ce qu’est une mise en scène de cinéma ou encore une direction d’acteurs.

Cet avant-dernier film de son auteur, décédé en 1957 après le naufrage public et critique de « Lola Montès », est une perle.

 

 

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