VIVRE de JEAN-JACQUES RICHARD (Acrodacrolivres) – Une lecture d’Éric Allard

Un beau mais grave petit (par le format) livre qui rend compte, il semble, d’une expérience personnelle de l’auteur, Jean-Jacques Richard, photographe et poète sensibles, être pétri d’humanité et au sourire désarmant.

Dans Vivre, le narrateur apprend la récidive de son cancer de la prostate et la nécessité d’une délicate opération qui, étant donné qu’il est cardiaque, ne lui donne que peu de chance de survivre à l’anesthésie.

Si l’opération – qui aura duré cinq heures – est un succès, elle va générer chez lui toute une année de douleurs, de complications et d’un rétablissement progressif pour pouvoir revenir à une vie normale.

Au plus fort de l’épreuve, le narrateur tire cette leçon de ce que peut un corps, comme l’écrivait Spinoza.

Pendant toute une période, j’avais été dans l’impossibilité de me concentrer sur quoi que ce soit. Je vivotais plus que je ne vivais réellement. En cas de danger, le corps a cette faculté incroyable de préserver l’essentiel de notre énergie pour les fonctions vitales majeures. Il sélectionne les plus importantes et met le reste en veilleuse. Mon corps a concentré tous ses efforts pour me permettre d’endurer la douleur.  

L’homme prend dès avant l’opération le parti de régler ses affaires et d’en aviser ses proches comme on tire un trait au-dessous d’un travail bien fait, puis de ne vivre que le moment présent sans s’embarrasser de regrets ni remords car il est inutile de s’en faire pour les choses sur lesquelles on n’a pas d’emprise.

Résultat de recherche d'images pour "jean jacques richard poète"
Jean-Jacques RICHARD

La relation la plus touchante du livre est celle qu’entretient le narrateur avec ses petits-enfants auxquels il démontre qu’il sera toujours vivant pour eux tant qu’ils auront des souvenirs de moments heureux vécus ensemble. Il suffira qu’ils ferment les yeux pour se rappeler…

C’est pour finir ceux qu’on voudrait le plus protéger  qui sont les plus perspicaces.  Je veux parler des enfants bien sûr.  Dès qu’on essaie de leur cacher quelque  chose, ils ont comme un radar (…)

Mais c’est d’eux aussi qu’on retire le meilleur soutien. D’un geste, d’une parole, d’un sourire, ils nous réconfortent de la manière la plus juste et la plus chaude qui soit. Un câlin, un bisou, une présence..

Un livre à lire pour quand la vie se réduit à un fil d’existence. Un livre fort dans le sens où il peut apporter soutien et réconfort dans ces périodes où vivre s’éprouve comme un cadeau, un bonheur de chaque instant.

Mais laissons à Jean-Jacques Richard le mot de la fin de son ouvrage qui est un message d’espoir.

Vivre avec l’insouciance d’un enfant, l’insolence d’un adolescent et le savoir d’un adulte. Et même si le physique ne suit plus, c’est avec la tête qu’on voyage.

C’est paru dans la collection Livre au carré de chez Acrodacrolivres.

Le livre sur le site de Jean-Jacques RICHARD

La collection Livres au carré chez Acrodacrolivres

Le site de Jean-Jacques RICHARD

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s