LES FIANÇAILLES DE M. HIRE de GEORGES SIMENON – Une lecture de Daniel Charneux

 

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Daniel CHARNEUX

Le sacrifice de l’innocent

Un des premiers « romans-romans » de Simenon (1930) et déjà un chef-d’oeuvre!
En ces temps d’idolâtrie et de médiatisation, il faut relire Simenon pour ce qu’il est, pour ce qu’il a toujours voulu être : un romancier. Un artisan du roman. Un raconteur d’histoires.

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Monsieur Hire. Hirovitch. Un Juif russe ou polonais. L’un de ces errants rencontrés par Georges grâce à une mère qui, par peur de « manquer », louait des chambres à des étudiants étrangers.
Monsieur Hire. Sa chair trop grasse, sa peau trop blanche, cette ridicule façon de courir en canard, à petits pas, pour attraper son tramway.
Monsieur Hire et Alice, la servante aux gros seins, aux aisselles rousses, qui se déshabille avec impudeur, à la fenête d’en face.
Et la concierge qui pleure, qui crie, qui gifle ses enfants.
Et cette femme qu’on a retrouvée morte. Saignée comme une bête, dans le terrain vague d’à côté.
Il suffit d’une serviette tachée de sang, aperçue par l’entrebâillement d’une porte, pour que la concierge soupçonne Monsieur Hire. Et, de soupçon en dénonciation, qu’elle remette en scène le sacrifice de l’innocent, avec trahison, foule écoeurante de méchanceté antisémite, mains lavées du sang du juste, mains du juste, enfin, ouvertes sur des traces de sang rouge…
Monsieur Hire qui avait écrit une lettre à Alice où il lui disait « Je vous aime ». Monsieur Hire qui lui avait acheté une bague de fiançailles. Monsieur Hire qui y avait cru. Qui avait eu le tort d’y croire.
Et ce langage degré zéro où ressortent sur le tissu banal quelques phrases à faire rêver les amoureux du « beau style » : « Pendant qu’elle se déshabillait en quelques mouvements que l’habitude rendait hiératiques et qui la sculptaient peu à peu jusqu’au moment où s’abattait sur elle la chemise de nuit blanche, la servante évitait d’exposer son visage au regard invisible des trois papiers gris. »
Un livre coup de poing en forme de prophétie. Le nazisme n’est pas loin. 1930. De tristes fiançailles…

Tout Simenon, un site consacré à Georges Simenon

Le blog de Daniel Charneux

Deux adaptations cinématographiques

Panique de Julien Duvivier (1946)

Monsieur Hire de Patrice Leconte (1989)

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