RETOUR SUR LA FABRICATION DU RAOUL HEDEBOUW : Les RÉVÉLATIONS de MICHEL EINSTEIN !

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Le 1er Mai 1996, l’équipe de recherche et de techniciens du Centre d’étude et de nouvelles technologies du PTB situé à Anvers dans un ancien bunker de l’armée allemande, inaugure le premier porte-parole officiel du Parti. Peter Mertens félicite les chercheurs et techniciens responsables d’un exploit sans précédent dans l’histoire du communisme belge.


Michel Einstein
, un des concepteurs de la machine, parle avec émotion de ce jour :

« Après des mois de labeur, on était parvenu à composer le parfait militant de vingt-ans et ce pour pallier le militant de base dans lequel de nombreux travailleurs et chômeurs, parfois rebutés par l’aspect austère des anciens militants communistes, qui ne donnaient pas envie de leur ressembler, employant un jargon peu compréhensible, formaté et daté.

En ce 1er Mai doublement festif, le R.H. (comme relations humaines) était né : jovial, l’œil pétillant, buveur de bière et dispensateur de bons mots, chaussé de lunettes approximatives, sans signe sexuel apparent, la réplique cinglante mais sans malveillance à l’égard de son interlocuteur. Mais avec un défaut de fabrication, un accent qui s’apparentait à l’accent liégeois et qui allait être son meilleur atout. De commun accord, alors qu’il était destiné pour la Flandre profonde, on a décidé de l’implanter à Liège avec un CV ad hoc…

Peter Mertens était aux anges. Il n’avait jamais été aussi heureux depuis l’invasion de l’Afghanistan par les forces soviétiques, dix-sept ans plus tôt. Faut dire que tout l’argent des militants y était passé et que certains avaient dû se saigner aux quatre veines. »

Michel Einstein écrase une larme de joie à la pensée de cette époque heureuse pour la science politique.

« Dès le début, poursuit-il, on a choisi de l’appeler d’un prénom sympa, limite plouc, Raoul, qui le soleil levant sur l’Île de la révolte anti-impérialiste, couplé à un nom de consonance flamande, dont on pensait qu’il mettrait la puce à l’oreille de l’opposition (hedebouw = construction contemporaine) mais non, les commentateurs sont sourds et aveugles, pris dans leur interprétation basique du monde… Parfait bilingue voire quadrilingue (anglais et wallon compris), et forcément infatigable, il allait être sur tous les fronts, on l’avait même affublé d’un passé d’étudiant en biologie, pour s’allier les brebis égarées du troupeau écolo, avec une peau résistant aux lames les plus affûtées avec le sourire, pour servir la cause tant au nord qu’au sud du pays.

Mais depuis, il a été impossible de réitérer un tel exploit scientifique, une telle perfection technologique. On avait certes atteint des sommets !  »  

Ecoutons encore Michel Einstein.

 » A la suite de cela, les subsides du Parti ont baissé, il a fallu s’occuper du sort des militants au bord de la misère et on a fini par fermer le centre d’études et de recherche, et je suis retourner travailler en usine, comme manutentionnaire.

Dans les années 2010, on l’a réouvert sous la pression des dirigeants historiques qui voulaient redorer leur blason au sein du parti mais sans plus faire appel à moi. C’est mon collègue Stéphane Hawking, une personne extraordinaire à plus d’un titre auquel on a fait appel. Mais il ne sait rien faire de ses mains et tout seul, sans aide extérieure, ce n’est pas facile même pour un pur esprit de son niveau. Résultat, on n’a jamais pu fabriquer un modèle aussi parfait que le Hedebouw premier. Voilà ce qu’il advient des cerveaux du Parti comme moi ; on les rééduque par le travail, conclut Michel Einstein en écrasant une larme de haine.

Avant qu’on prenne congé de lui, Michel Einstein nous glisse un flyer de sa candidature aux élections prochaines et nous prie d’en parler. Il est dernier suppléant sur la liste du MR au Parlement et a bon espoir de décrocher un job en politique. Il espère qu’on le citera dans cet article, voilà qui est fait.

Il nous a aussi confié avoir oeuvré au sein de la cellule scientifique du MR à la confection du GeorgesLouis Bouchez première génération mais, de son avis d’expert, il n’est pas aussi parfait que le Hedebouw:  il prête trop le flanc à la critique, il est trop cassant, pas assez ductile, lançant des anathèmes à tout bout de champ. Un échec de la technologie politique moderne ! Des Hedebouw, on n’en refera pas de sitôt, a-t-il lancé, l’œil trouble, un peu rouge…

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