2019 – LECTURES FRAÎCHEUR : BRÈVES DE BELGIQUE / Une chronique de Denis Billamboz

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Denis BILLLAMBOZ

Vous n’avez que quelques dizaines de minutes à patienter dans le hall d’une gare, dans une quelconque salle d’attente, à la terrasse d’un café, n’importe où, peu importe, vous ne trouverez pas le temps long car vous avez dans votre proche une petite nouvelle à lire comme LAMIROY en édite, pour un peu de monnaie, chaque semaine. J’ai choisi deux opus pour illustrer ce propos et aiguiser votre curiosité, une nouvelle d’Evelyne WILWERTH qui date déjà de l’automne et une toute récente de Carine-Laure DESGUIN.

 

La chambre 3

Evelyne WILWERTH

Lamiroy

#42 La chambre 3

Nadège, un nom qu’elle n’aime pas, pas plus qu’elle ne s’aime elle-même. Elle n’est plus toute jeune, elle a l’âge d’avoir des cheveux poivre et sel, l’âge de souffrir de courbatures quand elle termine le boulot qu’elle n’aime pas, un travail qui la dévalorise, l’humilie. Elle fait le ménage dans un cinéma pornographique pour gagner les quelques sous nécessaires pour payer le loyer de la triste chambre où elle vient d’emménager, mais pas suffisamment pour calmer ses créanciers. Mais depuis la fenêtre de sa chambre, elle peut apercevoir la chambre luxueuse de l’hôtel d’en face où certains se donnent du plaisir sans trop se cacher. Elle comprend qu’il faut qu’elle se donne un objectif pour avoir une raison de vivre encore dans son triste monde, elle décide alors d’économiser pour s’offrir, à l’occasion de son anniversaire, une nuit dans cette belle chambre. Ce projet l’emmène dans un monde nouveau où elle apprend des mots nouveaux qu’elle s’empresse de rechercher dans le dictionnaire qu’elle feuillette à la bibliothèque, encore un monde nouveau à découvrir. C’est toute sa vie qui pourrait changer…

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Evelyne Wilwerth 

Cette courte nouvelle est publiée par Lamiroy dans une collection qui en édite une chaque semaine, c’est l’opus 42, Evelyne Wilwerth y démontre tout son talent de nouvelliste, sa sensibilité, sa délicatesse, son art d’analyser les états d’âmes et de cœur. Et aussi son art de la narration, pour la circonstance, elle utilise avec bonheur deux modes d’écriture : une partie à la troisième personne pour camper l’histoire et une autre partie à la première ou la seconde personne pour décrire comment l’héroïne vit et subit son aventure. C’est une bien jolie histoire qu’elle nous offre, une histoire qui montre qu’il faut toujours croire en ses rêves et tout faire pour qu’ils se réalisent.

L’Opuscule sur le site de l’éditeur 

Le site d’Evelyne WILWERTH

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Putain de pays noir

Carine-Laure DESGUIN

Lamiroy

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Carine-Laure Desguin, la Carolorégienne aux multiples talents littéraires, a encore testé une nouvelle forme d’expression en publiant une nouvelle noire, noire, bien noire, au moins aussi noire que le pays qu’elle évoque, quand il produisait du charbon en abondance et noircissait aussi bien le paysage, que les villes et les cités et même les habitants qui profitaient de sa poussière. Cette fois, elle propose une histoire qui raconte un grand moment de désespoir comme elle en a déjà décrit ailleurs mais celui-ci se déroule dans un contexte particulièrement glauque. Ce désespoir accable une jeunesse fataliste qui n’a rien à faire valoir pour échapper à son irrésistible désescalade.

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Carine-Laure Desguin

Carine-Laure, le désespoir elle connait, elle a déjà écrit sur le sujet, où elle innove réellement, c’est dans le vocabulaire, l’écriture, le ton, elle sait faire parler ses héros comme des zonards, des paumés, des camés qui ne peuvent même plus aligner quelques phrases, voire quelques mots sensés, pour exprimer leur situation, leurs états d’âmes, leur désespoir. Elle taille un texte à la serpe de la zone, un texte imprégné du pinard de la pire qualité et assaisonné avec toutes sortes de drogues, de l’herbe la moins offensive aux produits de synthèses les plus dévastateurs.

Ces héros, ils pourraient nous rebuter mais en fait ils nous émeuvent tant ils sont impuissants devant la situation qu’ils ont créée à grandes rasades psychotropes que ceux qui tirent profit de leur vente leur distribuent abondamment. C’est au moment où la violence la plus brutale sourd de l’innocence de ces pauvres hères que le texte livre toute son émotion, prend aux tripes, révolte…

Encore une livraison hebdomadaire de Lamiroy qui fait mouche avec une nouvelle qui pourrait aisément remplacer le paquet de clopes habituel !

L’Opuscule sur la page de l’éditeur

Putain de Pays noir + Le Tranfert de C-L Desguin, l’article de J.-C. Hérin pour SudPresse

Le blog de Carine-Laure DESGUIN

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