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SACRÉ SAINT-PIERRE de PASCAL FEYAERTS

Saint-Pierre

   

   Jean arriva au paradis au terme d’une vie de débauche et trouva Saint-Pierre bien mal en point : un car de nudistes venait d’être gravement accidenté. Le pauvre avec toutes ces femmes nues qui lui arrivaient ne savait plus à quels seins se vouer et songeait très sérieusement à remettre son auréole à Dieu. Le paradis, jadis si bien fréquenté, ressemblait aujourd’hui à un gigantesque bordel. Jean voyant cela se frisa les moustaches et ne put s’empêcher de penser : « Chouette, la vie continue »…

 

*

 

    Saint-Pierre comptait ses ouailles et était fort mécontent : il n’avait pas son content de nuages, l’un d’entre eux s’était déguisé en brouillard pour égarer les humains…

 

*

 

    Le moral de Saint-Pierre était plus bas que terre, il en était devenu muet comme une tombe et avait même rangé ses ailes au placard tandis que quantité d’âmes se disputaient l’entrée au portique. Dieu en personne dut intervenir auprès de son premier serviteur pour qu’il daigne ouvrir la porte à ces pauvres hères en quête de lumière. Saint-Pierre obtempéra mais fit promettre à Dieu auparavant de résoudre au plus tôt ce bruit de grincement de porte qui ponctuait les arrivées depuis maintenant trop de siècles. Comme quoi le repos éternel c’est simple comme une goutte d’huile

 

*

 

    À Eric Dejaeger

    Un poète bien connu dit à Saint-Pierre que le paradis pour lui devait avoir le goût d’une Chimay bleue et le galbe d’une bouteille… Saint-Pierre crut sa parole d’évangile et depuis le paradis a bien changé…

 

*

 

    Saint-Pierre n’a pas froid aux yeux lorsqu’il s’agit de jouer à la belotte céleste avec Dieu : le Pape prend l’Archange et une tierce au prêtre ne vaut pas un carré de nonnes…

 

*

 

Saint-Pierre me l’a dit

Dieu écoute aux portes

Et s’invite aux fenêtres

Il ne nous pardonne pas

De l’avoir abandonné

De l’avoir obligé

À croire seul en lui-même

Et il nous entend nous plaindre

De l’obscurité et du non-sens

 

Alors prêt à changer

De métier il se dit

Que lorsqu’il ne sera plus Dieu

Il pourra toujours

Nous servir de lampe

 

*

 

PASCAL FEYAERTS vit dans le Hainaut où il exerce le métier de bibliothécaire. Il participe ou a participé à diverses revues littéraires (le SpantoleTraverséesla Pensée wallonneles Élytres du hannetonMicrobe) et est l’auteur de plusieurs recueils de poèmes : Claustrophobie ou les Rues de pandémonium (L’Acanthe, 2001), Nouvelles en quête d(H)auteur (Chloé des Lys, 2012), l’Amour en lettre capitale (Le Coudrier, 2012) et D’ils et d’ailes (Le Coudrier, 2014), Le Miroir aux allumettes (Le Coudrier, 2016), QuintessenCiel (Le Coudrier, 2018). En 2010, il a mis au point un spectacle musico-poétique avec la violoniste et compositrice Marielle Vancamp. Pascal Feyaerts est membre d’AcGart, groupement artistique, et expose parfois ses dessins, essentiellement au fusain.

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Les recueils de Pascal Feyaerts au Coudrier

Pascal Feyaerts sur le site de l’AEB

Entre ombre et lumière, le blog de Pascal Feyaerts 

LA FABRIQUE DES MÉTIERS – 19. TAILLEUR DE PIERRE, PAUL, JACQUES… et JEAN

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Les Pierre ont leur tailleur, et des bons, réputés pour leurs coupes au carré et leurs complets sculpturaux. Dans la foulée, les Paul et Jacques sont bien fringués aussi. Enfin, ils sont très correctement mis. On n’a jamais entendu médire des Paul et des Jacques. Par contre, le bât blesse chez les Jean, foutus comme des as de pique. Avec en guise de falzars des jeans, comme il se doit. Pour le haut, il faut repasser.

D’ailleurs ne dit-on pas pis que pendre des Jean : Les Jean sont bêtes, les Jean sont méchants, les Jean sont fous, les Jean sont égoïstes, les Jean sont durs, les Jean sont lâches, les Jean sont radins…. Vous aussi, un jour ou l’autre, vous l’avez dit ou pensé, reconnaissez-le ! Normal quand on n’a pas de quoi se vêtir convenablement, avec des tissus de qualité! On déprime, on jalouse les habits des célébrités, on se démode, on se recentre sur son nombril, on se replie sur les soldes, les achats de deuxième main… et, à force de ruminer, on disjoncte ; on devient bête et méchant.

Les tailleurs de Jean ont une voie toute tracée, cousue de fils d’or. Précisons qu’ils taillent aussi des costards aux prénoms composés de Jean : les Jean-Pierre, Jean-Paul, Jean-Jacques, Jean-Éric…
Et ça vaut pour les Jeanne aussi, même si, par ailleurs, les bons tailleurs de Pierrette ou de Pierrine courent moins les rues que les tailleurs de Pierre.

 

LA FABRIQUE DES MÉTIERS ‐ 18. GARDIEN DE PARASOLS

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L’été, le parasol est nomade. L’hiver, comme la marmotte et le plagiste, il hiberne.

Durant la saison touristique, si on n’y prend garde, on le plante ici et on le retrouve là, à quelques kilomètres de son précédent campement. Il a suivi un inconnu ou le mouvement, après possiblement un différend avec un ami parasol sur un réseau connecté au soleil.

Le bon gardien a toujours l’œil, il veille à ce que le parasol ne s’affaisse ou ne se déploie pas parfaitement pour faire front au soleil. Qu’il ombrage sans obscurcir, qu’il protège sans abrutir.

Il entretient la forme physique du parasol en lui faisant faire, chaque matin, quelques exercices d’ouverture-fermeture.

Il nous faut aussi rappeler ce truisme : Un parasol, un plagiste. Voilà un isomorphisme à faire respecter. Même si, évidemment, le plagiste peut changer, migrer d’aire de repos, en cours de journée.

ATTENTION, il n’est pas rare qu’on trouve sous un même parasol plusieurs quidams, pas forcément en vacances : des albinos, des anorexiques, des migrants, toutes sortes de SPF, des Sans Parasol Fixe sans le sou qui squattent volontiers l’espace sous un parasol donné, avant de traverser la mer ou de vendre leurs breloques aux plagistes excédés, on les comprend, par tant de misère sur leur lieu de villégiature.

Bref, l’été, le gardien de parasols garde la meute des parasols au même endroit, il veille à leur bon usage et à leur transhumance. L’hiver, il se contente de surveiller la mise au repos des parapluies dans les porte‐parapluies municipaux pendant les périodes d’éclaircie.

 

 

YANN MOIX REVERSERA LES DROITS D’AUTEUR D’«ORLÉANS» À SON FRÈRE ALEXANDRE

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Mes parents et mon frère sont des gens ignobles, des ratés notoires qui n’ont pas arrêté de faire des courbettes devant les puissants pour arriver à leurs fins. Mais il y a une justice…  J’ai un coeur de frère, un coeur de fils. J’ai donc décidé, en accord avec BHL, cet être plus lumineux que dix mille Nabe* , de leur reverser l’intégralité des droits d’auteurs d’Orléans paru chez Grasset. A fortiori si j’ai le Goncourt.

Le réalisateur de Podium et de Cinéman, visiblement ébranlé par la polémique autour de la sortie du livre, a décidé de stopper la promo de son faux roman et de reprendre l’album de BD commencé à l’âge de 22 ans sous le titre Ushoahia mon amour.

 

–––––––––––––––––––––––––––––––––––

* Nabe: unité de monnaie littéraire dans le milieu germanopratin. Cela dit, chaque région, catégorie d’édition et genre littéraire possèdent sa propre unité de valeur littéraire.

 

LA VIE DU POÈTE (16-30)

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16.

 

Pendant la messe, le poète prie pour avoir toujours la foi en l’édition subventionnée, des réponses favorables de ses éditeurs, un illustrateur connu, du papier qui ne jaunit pas avec le temps. Il a pris soin avant de se confesser de ses nombreux crimes envers les formes conventionnelles, du non-respect de la césure à l’hémistiche, de l’absence de rimes à ses sonnets, d’un acrostiche mal orthographié ou d’un usage transgressif du vers libre.

Puis il communie en tendant la langue au maximum.

 

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17.

 

Pendant la coupure d’électricité, le poète allume une chandelle, aiguise sa plus belle plume et écrit à sa muse un poème éclairé, brillant, tout en radieux alexandrins.

Puis, quand la lumière revient, il doit se résoudre à l’évidence : il a écrit de la merde.

 

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18.

 

Pendant le kidnapping, le poète note les moindres détails, tout fait farine au moulin de son projet de fiction : d’abord les cris angoissés et crises de larmes de la victime, ensuite ses supplications ; enfin sa promesse de verser en guise de rançon l’équivalent de dix années de droits d’auteur d’un Christian Bobin.

Puis il libère son vieil éditeur de poésie et envoie son nouveau texte à un pétulant éditeur de récits de vie.

 

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19.

 

Pendant le pic d’épidémie romanesque, le poète rembourre ses poèmes, il protège ses sonnets des pires calembours, il ignifuge ses pantoums contre les répétitions de phrases, les anaphores et les phonèmes transgenres.

Puis, d’une plume affûtée, il assène un vers incompréhensible du plus subtil aphoristologue.

 

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20. 

 

Pendant la séance de BDSM côté sado, le poète marque de rouges zébrures l’avers et l’envers de sa muse au son inspirant de ses cris déchirants (La Badinter est offusquée et Robert ne pipe mot).

Puis, les yeux injectés de visions salaces, le poète lacère la peau inspiratrice de vers batailleurs, obscènes et beaux.

 

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21.

 

Pendant la séance de BDSM côté maso, le poète se fait percer les tétons, piquer la bite, étirer les couilles et enfiler le fion.

Puis il écrit sur les souffrances de l’humanité des calligrammes tire-larmes en forme de coeur.

 

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22.

 

Pendant la canicule, le poète suce les glaçons de son whisky et souffre de n’être pas à Helsinski, il regarde en face (avec des verres solaires) le soleil un peu junkie, son husky affalé sur le pavement tiède et les gens dans la rue se déplacer comme des acteurs de théâtre kabuki. Il pense à l’Ubik de Philip K. Dick, aux chaleurs atteintes à Nagasaki, aux sables de Kennedy Jackie dans les bras d’Aristote O(n)asis et se demande ce qu’aurait écrit sous pareilles températures Malcolm Lowry ou bien Charles Bukowski.

Puis il se dit que l’amour est un chien de l’enfer au-dessous du volcan, comme en n’importe quel endroit conquis.

 

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23.

 

Pendant la montée des prix, le poète s’accroche aux fils portant les ballons de ses livres gonflés à l’hélium ; il s’élève vers la stratosphère.

Puis, perdu, sans attache éditoriale, oublié de tous, il disparaît à jamais dans le vide intersidéral de la littérature.

 

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24.

 

Pendant la fonte des glaces, le poète se couvre d’une peau d’ours pour attirer la pitié du monde sur la chaleur de sa poésie, il mange des croquettes de poisson, il croque les arêtes, il organise des colloques sur le climat, il inonde son whisky de glaçons, il marche sur place pour économiser de l’espace.

Puis, pas si bête, il abandonne sa défroque pour ne pas finir sous les balles du dernier chasseur d’ours littéraires.

 

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25.

 

Pendant le Tour de France, le poète précède à bord d’un véhicule électrique jaune les poids lourds de la rentrée littéraire avec ses plaquettes, qu’il lance, comme de vulgaires savonnettes, aux lecteurs amassés sur la route ; il se prend pour le Cannibale de la littérature battant à plates lectures ses suivant(e)s.

Puis, sur la ligne d’arrivée, il adresse le V de la victoire (de Pynchon & Pingeon) aux commentateurs littéraires chargés de rendre compte de l’événement.

 

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26.

 

Pendant l’attaque des indiens, le poète fait diligence, il ménage le chef et le grand manitou, il enfume la paix avec son calumet, il écrit des vers pour une squaw aux cheveux luisants et à la belle plume et dit pis que pendre des Cowboys Fringants.

Puis il se laisse emplumer tel un dindon de western au poteau de torture d’une petite Maison de la Poésie dans la prairie.

 

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27.

 

Pendant la Saint-Valentin, le poète déclare sa flamme à son lecteur, à sa lectrice, à la planète, il adresse des bisous au monde littéraire, il pratique l’écriture inclusive, il milite pour le climat, il n’a pas assez d’un coeur pour tout l’amour du monde.

Puis, le reste de l’année, il déteste tout.

 

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28.

 

Pendant qu’il se prend pour un exploité, le poète est en phase avec son ressenti prolétaire (pour rien au monde il ne voudrait changer de classe), sa cote est au plus haut dans le monde de l’édition subventionnée :  il peut prétendre au statut de Poète révolutionnaire.

Puis, réalisant qu’il n’a jamais mis un pied en usine, qu’il ne sait pas planter un clou, il se résout à n’être qu’un poète ordinaire, sans statue ni effigie sur les places publiques, jamais porté au fronton d’aucune Maison du Peuple.

 

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29.

 

Pendant l’avalement du sabre, le poète se fait fine lame, épée plate, langue fourchue, cutter coupant, couteau suisse, stylet corse, scramasaxe franc, poignard omanais, cimeterre afghan, faucille soviétique, croissant turc, fleuret moucheté, flèche verbale, talon aiguille Louboutin et pied de vers affûté.

Puis il digère avec des élancements dans le style, du sang dans les sonnets et des larmes blanches.

 

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30.

 

Pendant le feu d’artifice, le poète est en pétard car il n’est pas le roi de la fête. Personne ne se soucie de ses vers bleus, rouges, verts, de ses plaquettes en gerbes ou en étoiles. Tout le monde a les yeux tournés vers le ciel et il est dans l’ombre.

Puis il s’explose la gueule en avalant des cocktails de toutes les couleurs pleins de pics en forme de parapluie.

 

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LA VIE DU POÈTE (1-15)

 

 

 

LA FABRIQUE DES MÉTIERS – 17. MARCHAND DE BÂILLONS

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Devant les prisons, maisons de redressement, dojos et autres centres fermés (ou les matons et bourreaux de jadis ont été remplacés par de gentils éducateurs), les marchands de baillons ont droit de citer Sade, Bataille, Klossowski sous le bandeau.

Soit, le marchand de baillons n’a pas besoin d’être lettré, comme dans nombre de métiers de bouche ou de couche, de coupe et de découpe. S’il a lu comme tout le monde E.L. James, Réage ou Bukowski, cela fera l’affaire.

Le marchand de baillons évite les gémissements et plaintes en tout genre dont l’époque est friande. Il bâillonne les supplications tapageuses, les appels à l’aide larmoyants, les pétitions à répétition et promeut les cris étouffés, les plaintes ravalées, les jérémiades muselées.

Le corps martyrisé dans le silence enregistre mieux les sensations, qu’il pourra rendre, si, entre-temps, il a lu les moralistes français et les philosophes allemands, les stoïques romains et les tragédiens grecs, les spinozistes et les cartésiens, en une prose acceptable et traduisible dans tous les sabirs, et qui s’attirera les éloges des éditeurs.trices et les louanges des lecteurs.trices brûlant de compassion.