LA SAISON LITTÉRAIRE 2019-2020 : MA VIE / Une chronique de Denis BILLAMBOZ

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Denis BILLAMBOZ

Deux ouvrages autobiographiques, deux façon de raconter sa vie à travers des textes destinés à exprimer autre chose. ISABELLE FABLE a raconté sa vie en écrivant les quatre décès qui l’ont déchirée. Une façon de trouver une raison de vivre encore et de redonner un sens à son existence avec toute la douleur accumulée au cours de ces deuils douloureux. Mon amie québécoise ANITA VAILLANCOURT, elle, écrit un courrier à chacun de ceux qui ont compté dans sa vie, qui ont contribué à sa construction. Un recueil de courriers qui dévoile ce que fut, et ce qu’est encore, la vie d’Anita à travers ses relations avec sa famille, ses amis, ses relations, son entourage…

 

Ces trous dans ma vie

Isabelle FABLE

préface de Gabriel Ringlet

M.E.O.

Ces trous dans ma vie

Quand elle a écrit ce livre, Isabelle Fable était certainement encore dans la période la plus douloureuse de son dernier deuil. Son fils aîné est en effet décédé 9 février 2018 (date estimée) et son livre est paru pour cette rentrée littéraire (août 2019), il lui a fallu le temps de l’écriture, de la relecture, de l’impression et de la diffusion avant qu’il arrive sur mon bureau où il a encore séjourné quelques semaines. On peut donc estimer qu’elle l’a écrit très vite après l’accomplissement de tous les rites et formalités qui accompagnent un décès. Ce dernier décès, c’est le dernier trou en forme de tombe où elle voit descendre un de ces proches, un de ceux qui ont fortement contribué à la construire telle qu’elle a vécu, telle qu’elle est encore.

Son papa foudroyé brutalement, sa maman se décomposant bien trop lentement dans une fin sinistre, son mari victime du crabe sournois et enfin Olivier, son fils aîné, la chair de sa chair, son enfant de malheur qui a vécu une longue désescalade en forme de déchéance de plus en plus inéluctable. Isabelle Fable a construit ce roman autour de ces quatre personnages, principalement autour de leur décès. Une façon de raconter leur vie, une façon de raconter sa vie à elle marquée à travers ces douloureuses disparitions. Mais aussi une façon d’affronter le deuil qu’elle doit construire à la suite du décès de son enfant en racontant le long combat qu’elle a mené avec sa famille pour le tirer du long désespoir et de la terrible déchéance dans laquelle il s’enlisait de plus en plus. Un récit qui résonne comme une justification tant elle culpabilise, se reprochant de n’en avoir pas fait assez alors qu’elle semble n’avoir vécu que pour ce fils en équilibre instable sur le fil de la vie.

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Isabelle Fable

Isabelle refuse la fatalité, elle ne peut pas accepter que son fils meure avant elle. Je me souviens avoir étudié un texte de Tibulle, je crois, les latinistes rectifieront si je me suis trompé, qui disait quelque chose comme : « quand les enfants succèdent aux pères » pour évoquer une période où la paix et la sérénité régnaient, où les générations se succédaient sans accroc. Isabelle ne comprend pas que son fils la précède dans la tombe. « Est-ce par hasard, tout ça ! Ou est-ce écrit quelque part ? Est-ce que celui que nous appelons Dieu croise ainsi nos chemins et lance des ponts entre espace, temps et destinées pour tramer nos vie selon des desseins secrets ? ».

Dans son récit, elle souligne les très nombreuses coïncidences qui ont marqué sa vie et celle des membres de son entourage. Elle ne croit pas au hasard, elle pense qu’une certaine forme de prédestination guide notre existence. Je pourrais ajouter, une coïncidence à la longue liste qu’elle énumère : j’ai lu Fable, Isabelle Fable, juste après Les Fables de La Fontaine illustrées par des maîtres de l’estampe japonaise, Fable après les fables, autre coïncidence ? Nul ne sait ! Alors que la vie ne soit que pur hasard ou le fruit d’une réelle prédestination, il faut continuer à vivre, ne pas se laisser accabler, lutter pour se redresser. « Il faut pouvoir ressusciter de son chagrin ».

Alors dans l’urgence et la douleur, Isabelle a repris la plume interprétant la mort de son fils comme un signal, comme une invitation. « Ta mort magnifique étincelle, qui a fait lever la nouvelle Isabelle. Après la tragique éruption qui a ravagé notre vie, la terre volcanique que je suis devenue, noire mais chaude et fertile, est pleine de toutes les promesses. Je les tiendrai ».

« Ecrire pour évacuer la douleur. 

Ecrire pour conjurer la mort.

Ecrire pour continuer à vivre. »

Ecrire ce bouleversant témoignage qui serrera plus d’un cœur même si tout un chacun est amené à perdre ses parents un jour ou l’autre et éventuellement son conjoint, moins nombreux seront ceux qui devront affronter le départ d’un enfant. C’est tellement injuste !

Le livre sur le site de M.E.O.

Le site d’Isabelle FABLE

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Courrier prioritaire

Anita VAILLANCOURT

Livre édité à compte d’auteur

Anita c’est une Québécoise dont quelques dizaines de printemps ont déjà enchanté la vie mais dont quelques hivers ont aussi terni certaines périodes, laissant des stigmates cicatrisant bien difficilement. Elle a enseigné le français avec passion et, depuis qu’elle est à la retraite, l’aquarelle qu’elle pratique avec talent, elle est reconnue et cotée et elle expose régulièrement. A l’heure où certains pensent à rédiger leur testament, Anita a, elle, écrit ce qu’on pourrait considérer comme son testament affectif en rédigeant une lettre à l’attention de tous ceux qui ont compté dans sa vie, qui ont contribué à en faire ce qu’elle a été, est toujours et sera encore pour de nombreuses autres années. Ainsi, elle écrit pour commencer à ceux à qui elle doit la vie, sa pauvre mère décédée en lui donnant la vie, sa vie, son mauvais père, brutal et alcoolique, qui l’a confiée dès sa naissance à sa belle-sœur, une mère de substitution chargée d’une famille de substitution aussi. Elle écrit à ceux qui sont encore comme à ceux qui ne sont plus, elle s’adresse à sa famille, celle qu’elle a pu connaître, à ses amis, réels ou virtuels, les réseaux sociaux lui fournissent de la compagnie pour meubler sa solitude, elle y rencontre de vrais amis et je suis heureux d’en être. Elle écrit aussi à tous ceux qui peuplent son quotidien : sa femme de ménage, qui est plutôt une compagne qui se charge du ménage, tous les personnels de santé qu’elle fréquente pour conserver sa belle santé et celle de ses compagnons, les commerçants qu’elle rencontre régulièrement et tous ceux qui ont fait partie de sa vie à un moment donné. Anita a aussi des amis qu’elle chérit particulièrement : ses colibris et ses chiens, alors elle écrit à ceux qui lui tiennent compagnie comme à ceux qui sont partis au paradis des fidèles compagnons des humains. Et elle écrit à d’autres encore, je ne peux tous les citer, elle se souvient de tous ceux qui ont mis de l’amitié et de l’amour dans son cœur mais aussi de ceux qu’elle n’a pas aimé, ils ne sont pas nombreux, il n’y en a que deux, il me semble, mais elle ne les oublie pas.

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Anita Vaillancourt

Anita c’est un puits d’amour et d’amitié qui déborde sans cesse, en écrivant ces lettres elle sait qu’elle apportera de l’amour et de l’amitié à tous ceux qu’elle a aimés, chéris, appréciés comme Félix Leclerc, le violoniste virtuose David Garrett… pour l’éternité. Elle s’assure que ce qui devait-être dit est bien dit ; elle a dit son amour, son amitié, son admiration, sa reconnaissance, elle a dit aussi ce qu’elle pensait à ce père indigne qui l’a abandonné après avoir fait souffrir sa mère, et à une mère supérieure qui l’a humiliée. Anita c’est une grande sentimentale mais quand les événements l’exige elle sait faire preuve d’une grande fermeté et d’une réelle autorité. Elle n’aime pas ceux qui n’aime pas !

Anita, je me permets de te tutoyer, nous nous connaissons virtuellement depuis bientôt une dizaine d’années et sur les réseaux sociaux nous nous tutoyons depuis bien longtemps, je ne vais donc pas faire l’hypocrite, je vais t’avouer très honnêtement qu’après la lecture des trois premières lettres, j’ai failli arrêter ma lecture tant l’émotion me submergeait. Mes yeux étaient mouillés, j’ai dû marquer une pause. Tu as su en relatant les temps forts de ta vie mettre une telle intensité dans ton propos qu’il peut bouleverser le lecteur, l’émouvoir aux larmes. Mais ce qui restera de ce recueil épistolaire c’est une biographie, le récit d’une vie bien mal engagée que tu as su, avec le concours de tous ceux qui t’ont entourée un jour ou l’autre, rendre belle et précieuse pour tous ceux à qui tu as apporté ton amour, ton amitié, ta compassion, ton savoir et ta grande humanité. Nul n’oubliera ton immense générosité et ta si profonde sympathie.

Et comme tu l’écris partout VIVE LA VIE !

À lire aussi :

LE PETIT CAFÉ QUI COURT d’ANITA VAILLANCOURT par Denis BILLAMBOZ

 

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