LA SAISON LITTÉRAIRE 2019-2020 : VERS SUR LES FEUILLES D’AUTOMNE / La chronique de Denis BILLAMBOZ

LA SAISON LITTÉRAIRE 2019-2020 : LE GRAND CHOIX / La chronique de Denis BILLAMBOZ
Denis BILLAMBOZ

Dans cette chronique, j’ai réuni deux poètes qui proposent des vers (ou de la prose) bien différents mais qui ont le grand mérite de m’être fidèles depuis plusieurs années. J’ai presque tout lu et commenté l’œuvre de THIERRY RADIÈRE, pour cette fois ce sera un petit recueil de poésie : « Tercets du dimanche » qui évoque ce jour tant attendu, dans la campagne de Thierry comme dans la mienne, et si vite épuisé. Le second recueil est l’œuvre de SALVATORE GUCCIARDO qui propose des vers et de la prose aussi flamboyants que ses tableaux, on y devine les mêmes couleurs enflammant aussi bien les pages que les toiles.

 

Tercets du dimanche

Thierry Radière

Gros Textes

Les courtes poésies en vers libres exprimant souvent la vie quotidienne, les rites familiaux, la campagne de son enfance, la douceur familiale, la vie lente et paisible contrastant avec l’agitation citadine, sont vraiment le domaine de prédilection de Thierry Radière, il y excelle particulièrement. Après « Les samedis sont au marché », il évoque ici les dimanches paisibles qu’il passait, enfant, dans sa campagne ardennaise. Et brusquement, après la lecture de quelques tercets seulement, des tercets comme des images, j’ai été immergé dans ma propre enfance passée elle aussi dans une autre campagne sur les plateaux jurassiens. Et j’ai revu mon père tellement heureux de partager la sacro-sainte partie de carte du dimanche après-midi avec ses enfants et des voisins.

« Le jeu de carte après le café

sur la nappe à fleurs

claquait les poings »

C’est une image très forte, elle fait partie des dernières que j’ai partagées avec mon père, comme les balades dans la campagne que nous avons prolongées quand nous sommes devenus nous-mêmes parents.

« le chemin derrière la maison

dès qu’il n’y a plus rien à faire

nous invite à retrouver les pas de notre enfance ».

Ce recueil, ce sont tous les souvenirs que Thierry a mis en mots harmonieux, en couleurs, en saveurs et en odeurs, tout ce qui a construit notre mémoire familiale, celle que nous avons partagée avec nos parents et que nous avons transmis à nos enfants et petits-enfants. Ces fameux dimanche où il fallait sortir « les habits du dimanche »

« C’est le jour du tergal

au pantalon lors de la messe

des sourires d’anges démangent »

Ces dimanches rythmés par les programmes de la télévision quand il n’y avait que deux ou trois chaînes, selon les époques, et que tout le village vivait au même rythme, celui de la télévision.

« Quand à la télé

à l’heure du goûter

les cow-boys mouraient subitement »

C’est aussi le repas du dimanche élaboré avec les produits de la ferme, un festin comme on n’en mange plus, les produits de nos cultures et de nos élevages n’existent plus. On ne savait pas ce qu’était la diététique mais on connaissait bien la gourmandise.

« La cuisine est un musée

du dimanche olfactif

elle a laissé des traces dans les rides. »

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Thierry RADIÈRE

Le dimanche c’est le jour après le samedi qui souvent laissait les stigmates de la fête dans les têtes embrouillées et le jour avant le lundi générateur du spleen du dimanche soir qui sonnait comme un air de fête qui se termine.

« Et la grasse matinée

dans ses habits du dimanche

sait bien que ce n’est qu’une répétition »

 

« Et enfin le dimanche arriva

dans ses habits du soir

avant même que la journée ne débute »

Ce jour tellement attendu, si vite passé, achevé dans une ambiance empreinte d’une pointe d‘amertume. Je laisserai la conclusion à Thierry avec la question qu’il nous adresse et à laquelle je ne sais pas répondre.

« A-t-on inventé ce jour

Pour donner une pointe d’espoir à la vie

Des travailleurs jamais tranquilles ? »

Le recueil sur le site de GROS TEXTES

Sans botox ni silicone, le blog de Thierry RADIÉRE

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Ombres et lumières

Salvatore Gucciardo

L’Harmattan

Couverture Ombres et lumières

Avant d’avoir lu le premier mot de ce recueil, j’ai été ébloui par sa qualité éditoriale, un vrai livre d’art : le papier est de belle qualité tout comme l’impression, la couverture est illustrée d’une peinture de l’auteur lui-même et les dessins à l’intérieur sont aussi de l’auteur. Salvatore manie les pinceaux et le crayon avec autant de talent que le clavier dont il tire de la poésie, en prose ou en vers, brillante comme les peintures qu’il enflamme de couleurs chaudes, brûlantes, flamboyantes. Des couleurs qui évoque l’astre solaire dispensateur de lumière et de vie.

Ses illustrations représentent presque toujours un cercle, comme un univers clos, comme une planète, qui enserre un visage souvent serein exprimant la vie ou une partie de visage tout aussi sereine ou alors d’autres figures toutes géométriques que j’interprète comme des allégories de la faune ou de la flore qui peuple notre monde. Il ne manque que la couleur flamboyante que Salvatore utilise habituellement pour exprimer la luminosité et l’incandescence solaire qui génèrent la vie sur notre planète.

« La voie lactée exulte en composant la symphonie des courbes. L’espace transcrit sur le livre des étoiles le parcours primitif ».

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Salvatore GUCCIARDO

Sa poésie en prose ou en vers dégage la même lumière, la même flamboyance, la même incandescence que ses peintures. Elle raconte la genèse du monde, la mythologie fondatrice, le passage de l’ombre à la lumière sous l’effet de l’incandescence solaire.

« Je me souviens du grain de lumière sortant de l’obscurité. L’éclat primitif avait rejoint la réalité, l’embrasement gigantesque… ».

Elle dépeint avec un minimum de mots d’un maximum d’intensité l’origine de la vie.

« Tu as embrassé la lumière en poussant un vagissement fougueux en sortant du vagin du néant ».

Et la vie débordant de son cadre natal envahit l’univers.

« On va coloniser les terres sidérales. Atteindre le rêve initial. Créer une nouvelle vision. Tous les bâtisseurs se sont unis pour que le fantasme devienne réalité ».

Et la vie va déborder l’univers sidéral pour coloniser tous les mondes virtuels qui germent dans les systèmes sensitifs, végétatifs, biologiques, intelligents qui peuplent l’univers.

« La spirale m’aspire. Le verbe m’échappe. Tout est émotion ».

Et avec ses mots, ses dessins, ses couleurs, sa foi en la vie, Salvatore nous convainc que « Nous représentons l’histoire de l’humanité ».

Avec ce recueil, il en a écrit le premier chapitre …

Le livre sur le site de L’HARMATTAN 

Le site de Salvatore GUCCIARDO

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