LE BANC de MARIANNE SLUSZNY (Academia) / Une lecture de Jean-Pierre LEGRAND

JEANNE D'ARC AU BÛCHER d'HONEGGER au THÉÂTRE DE LA MONNAIE, vu par Jean-Pierre LEGRAND
Jean-Pierre LEGRAND

Ce n’est pas toujours le cas, mais l’excellente quatrième de couverture de ce beau récit me dispensera de me fendre d’un pitch nécessairement moins convaincant. Donc, le voici :

« Les cendres d’un homme ont été dispersées dans le jardin de sa maison de campagne, sous le banc qui jouxte un imposant noyer. C’est là que le disparu rêve désormais, acteur invisible d’une scène aussi étrange qu’émouvante. Alors qu’il médite sur les épreuves et les joies de son existence, sa compagne s’assied sur le banc et s’ouvre au ressenti de l’inexorable dégradation du malade, un temps où malgré l’amoindrissement, il s’était efforcé, par touches sensibles, de rester l’homme qu’il avait été ».

Cet homme, nous découvrons progressivement qu’il s’agit de Guy Lejeune, réalisateur à la RTBF d’émissions culturelles emblématiques et de plusieurs documentaires.

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J’ai adoré ce livre même si, unique réserve, j’ai trouvé son prologue un peu trop long, son propos n’obéissant pas toujours à la nécessité qui habite les autres parties du récit.  Un autre point est davantage un sujet d’étonnement qu’une critique : mené avec beaucoup de tact, le récit ne laisse aucune place à la sensualité. En occultant cet aspect, l’extrême pudeur de l’auteure, m’a laissé un petit goût de frustration. Mais tout cela est de peu d’importance car, à vrai dire, il m’est arrivé une chose fort rare : j’ai pleuré. Sans doute quelques échos personnels ne sont pas étrangers  à l’émotion si fortement ressentie. Mais il y  a surtout le talent déployé par Marianne Sluszny qui sans détour, mais avec beaucoup de délicatesse se tient constamment à fleur d’émotion.

C’est une très bonne idée d’avoir donné la parole au défunt ; cela permet de suivre de manière très fluide son chemin de vie pour ensuite changer de point de vue et passer au témoignage direct de l’auteure. Avec un accent de vérité parfois déchirant, Marianne Sluszny décrit le désarroi d’un fils qui, très tôt, doute avoir jamais aimé sa mère. Elle prend également l’exacte mesure de la solitude ressentie par un enfant confronté à un contexte de violence psychologique. Passé un certain étiage, la souffrance ressentie au sein d’une famille cesse d’en souder ses membres, de développer entre frères et sœurs une solidarité de résistance : elle les sépare les uns des autres dans un réflexe de survie assorti d’une sourde culpabilité. C’est ce qui semble s’être passé entre Guy Lejeune et son frère aux troubles autistiques : « Je n’étais plus que pitié et sollicitude pour mon cadet. Notre destin de frères était scellé. Il me serait impossible de combler le fossé qui nous séparait. Nous étions des parallèles qui ne se rejoindraient jamais ». Pourtant ce détachement apparent s’accompagnera tout au long de sa vie d’une attention constante pour sa famille d’origine.
En somme amputé d’une part de lui-même, Guy Lejeune va substituer à l’amour qu’il n’a pas reçu une fidélité qu’il portera jusqu’à une forme de souffrance propitiatoire.

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Marianne Sluszny

Dans la seconde partie de son livre, Marianne Sluszny témoigne du combat de son mari, des difficultés quotidiennes, de la déchéance mais aussi des instants de grâce cueillis dans le déroulé des jours qui, bientôt, se mue en tragique compte-à-rebours. L’un des aspects les plus touchants du livre est le regard à la fois lucide et tendre dont Marianne Sluszny caresse le souvenir de son mari dans sa richesse striée de lignes de faille. On devine un homme comme morcelé mais qui, par une esthétique de la vie, parvient à tout tenir ensemble, mêlant souffrance pudique parfois travestie en humeur et satisfaction d’avoir contribué à une certaine beauté du monde, sans être parvenu toutefois à exprimer dans sa totalité, l’essence même de son être.

Se dessine au fil des pages, un combattant entravé par les fantômes du passé ; un homme d’action qui s’impose inconsciemment des limites, et qui jamais ne tournera le film rêvé. J’étais, lui fait dire Marianne Sluszny « conscient que mes justifications tentaient de masquer une dimension fondamentale de ma personnalité. Car les mots par lesquels j’aurais pu imposer mes projets et mes volontés avaient été broyés dans l’œuf familial, cette matrice mâcheuse de désirs et d’appétits interdits. Oui, c’était trop m’accorder à moi-même que de prendre ma place de cinéaste. Il m’a été inconcevable d’en désirer davantage que ce que l’existence m’avait providentiellement accordé. Je ne suis pas parvenu à me décaler si loin de mon point de chute »

Voilà, magnifiquement décrits en quelques phrases tout le ressort intime d’une existence et, sur la personnalité d’un homme, la morsure indélébile de l’acide familial. Un très beau livre.

Le livre sur le site de L’Harmattan

 

JE VERBALISE / AUTOPORTRAÎTRE (en D)

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Je daigne à condescendre

Je daigne comptabiliser les votes des défavorisés pour favoriser mon ascension politique

Je dame la pionne au champion de ces dames

Je dalle la plage de Danel Pascal

Je danse avec les stars de la locale au bal plumé du salon du livre

Je dansote avec les starlettes

Je dare-dare sauce avec une pointe de vitesse

Je darde à piquer l’apicultrice

Je date du milieu du siècle dernier

Je déballe mon radeau d’anniversaire en pleine traversée

Je débarrasse le plan cul après avoir rué dans les rencarts

Je déboise une forêt de couillus en mettant le feu aux burnes

Je déborde du cadre de ma poire Conférence en mettant du jus partout

Je déboucle ma ceinture de chasteté au risque de me prendre le coup du vagin

Je débourre la gueule d’un haut sociétaire de l’Oenologie française

Je débute dans l’art de se faire valoir

Je décerne le Gilet Jaune d’or au détenteur de l’oeil le plus poché

Je décèle les talons rares au seul senti des plantes de pied

Je décède (heureusement) avant d’être oublié de mon vivant

Je décharge au quart de tour

Je déchaîne les pensions en allongeant l’âge de la retraite

Je décoiffe la Société Des Blancs Chevelus en agitant mes dernières mèches rebelles

Je décoince le nerf de la guerre d’un tweet

Je décomplexe un auteur de littérature d’ambiance en lui faisant valoir les bienfaits d’une carrière d’animateur littéraire en maison de repos de la poésie

Je déconseille à l’Ours blanc de partir en pole position lors du Grand Prix de la Banquise

Je décore de la Lésion d’honneur un poète qui s’est saigné aux quatre veines pour décrire la coupure d’un vers

Je découle d’une source de revenus de la dernière pluie

Je découvre la robe de la nuit

Je décrasse les trous d’aube pour laisser passer la lumière

Je décris par le menu une poésie qui ne mange pas de pain

Je dédie toujours mon dernier ouvrage au lecteur du précédent

Je défais mes images dans le lit du miroir

Je défraie la chronique en ne critiquant plus rien

Je défrise les portraits des hommes et femmes politiques en tête d’affiche

Je dégueule à la farce de l’entarteur sa mauvaise plaisanterie

Je délabre tout un système de renvoi d’ascenseurs en rendant l’escalier accessible

Je délaie mes visages de nuit dans le lait du miroir

Je dénombre les décombres sur les rides d’un visage

Je dépasse le problème pour arriver à l’endroit de la solution

Je dépave la plage aux romantiques de 68

Je dépoussière mes T-shirts du Che & de Mélenchon

Je déprécie ce qui me dépasse, à savoir les hommes et femmes de plus d’un mètre septante

Je déprécie tout ce qui me dépèce, à savoir les fourmis rouges et le temps ravageur

Je déroule du papier cul souillé pour lire une histoire de merde

Je désire souvent ce que je n’aime pas

Je détecte à l’oeil nu rasé de près dans le rayonnement fossile issu du Big Bang de 1917 les dernières traces de surréalisme

Je détiens la vérité sur la fable du raconteur de mensonges

Je dévale tous les degrés du possible

Je dévie le cours du soir

Je dilate l’entrée du stade anal pour y faire pénétrer un maximum de trous du cul

Je dilue mon lai dans le sonnet

Je diminue l’ouverture de mon larynx pour économiser de la voix

Je dirige un orchestre flamboyant avec une allumette

Je dis cerne diamètre et corde

Je discipline ma muse

Je dispute aux p-tasses le droit de vendre leur anses

Je disserte des vertus de la propreté privée avec un singe savon

Je dissimule mal mes dégrisements

Je distingue mal à travers mes larmes le chagrin du désespoir

Je divise un demi-dieu par deux pour une obtenir une double paire d’anges

Je divulgue l’image des vulves ouvertes le dimanche

Je documente mes fictions

Je dodeline du chef et de ses subordonnés

Je domine mon églogue

Je donne un ours polaire à ronger aux climato-sceptiques

Je dorémifasolise mes lassitudes

Je dors une partie de l’armée dans la garnison

Je drague les fonds de teint pour découvrir de secrètes beautés

Je drape d’un drapeau noir la Maison blanche

Je dresse la table à ranger verres et couverts

Je dribble un joueur de plumfoot avec un cerf-volant

Je dure mollement

Je durcis mes poings en fistant régulièrement

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À SUIVRE…

LA NUIT PORTE JARRETELLES de BÉATRICE LIBERT (Cactus Inébranlable / Une lecture de Philippe LEUCKX

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Philippe LEUCKX

Distribué en plusieurs sections, le nouveau libre de Béatrice Libert tranche avec sa production antérieure (poèmes éluardiens; essais didactiques consacrés à Joubert, Carême; etc.) comme le précise dans sa préface le poète du signifiant Verheggen, qui prend plaisir aux jongleries verbales de sa consoeur en poésie.


Dommage que le titre du livret ait déjà été donné (« La nuit porte jarretelles« , film de Virginie Thévenet de 1985) car les aphorismes (la maison Cactus inébranlable les promeut) de l’auteur portent sens :

Lisons, entre autres propositions,

« Une ville sans jardin est un visage sans regard »

ou

« Le poème abandonné au bord du pain attend l’oiseau qui en fera sa mie »

ou encore

« Pendu à la ligne le linge »

Les dictons récrits ont de la ressource :« Chez les menuisiers, on dit :
« Simple comme clou »

Des recettes proposent :
« Migraine

Dix minutes de Marie Noël chaque matin après le petit-déjeuner; même posologie le soir avec Jammes ou Carême ».

Truculent, Le petit Izoard illustré :
« Izoardable : se dit de tout prétendant aux Izoard.
Jacques Delmotte est-il izoardable? »

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Béatrice Libert

Le recueil sur les site du Cactus Inébranlable

Le site de Béatrice LIBERT

 

JE VERBALISE / AUTOPORTRAÎTRE (en C)

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Je cabillaude avec les morues Je cache ma raie nature

Je cabosse le carrosse de Cendrillon avec une citrouille

Je calfeutre le Mur des lamentations avec des plinthes

Je cadenasse mes émoticônes

Je cadre mal avec l’autoportrait que je brosse

Je caillerai moins en 2043

Je calcule le nombre d’attaches qui me retiennent encore à mon passé

Je calque mes mains sur la forme de tes seins

Je cale mes calmars au fond de la vase

Je cale JJ dans un coin de mon panthéon

Je calme la tempête dans un verre d’eau avec un comprimé de camomille effervescent

Je calme mes hardeurs pour économiser du sperme

 

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Je camoufle un chant de bataille dans un air d’oiseau

Je camoufle une liaison dangereuse dans un sac de noeuds

Je camoufle une oeil de cyclone dans une lampe-tempête

Je camoufle un piano à queue dans une comète musicale

Je camoufle un serpent à sonnette dans un réveil-matin

 

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Je campe sur mes positons pour effarer le chat de Schrödinger

Je canoë kayake tant qu’à ramer seul

Je capitalise mes métastases pour constituer une réserve de cancer

Je capitalise sur les vertus du communisme

Je capote sur un préservatif géant pris dans la tempête du plaisir

Je capture un écran ayant échappé à la surveillance des images

Je caracole en tête des méventes de livres (avec un certain aplomb)

Je caramélise le goudron noir de ton sexe au fond de ma gorge

Je caresse opiniâtrement une tête de mule

Je carotte pour m’éviter un pois

Je cartographie mes feux de joie pour tourmenter les esprits chagrins

Je casse mes images avec des vers

Je catalogue vite les sortes de crabes

 

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Je cède sur la question poéthique

Je ceinture un Sans-culottes

Je ceinture le pouce d’1 sumo

Je célèbre la diversité menstruelle

Je centralise mes fosses autour d’un point abyssal

Je cerne bien les enjeux du cirque littéraire local

Je cerne un oeil pour qu’il rende les larmes

Je censure la déclaration d’indépendance de la machine à coudre au pays des couturières en tenue d’Eve

 

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Je chambre la pièce vide d’un dramaturge creux

Je change l’aube en clair de lune aux Noces de la lumière

Je change la moue de mon visage quand j’ai l’air crevé

Je chaparde un grain de gros mot à un chapelet d’injures

Je chapeaute bêtement 1 concours de lancer de bonnets d’âne

Je charge la moule sur un huîtrier en partance pour l’Île d’Oléron

Je chatouille dans le noir une étoile riante

Je chevauche une chienne

Je chiffonne une ville de papier pour la jeter à la rue

Je chipe une chope de solitude dans un débit de boissons désert

Je choisis de ne choir qu’à la nuit tombée

Je chuchote à l’oreille des audioguides

 

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Je cible la tête des cuivres avec mon attache-trombone

Je circonscris le lieu savant où creuser un puits de science

Je circule en motoneige dans un cirque d’hiver

Je cire les bombes avec un zeste de napalm

Je cite de mémoire les sources de mes rivières de rêves

 

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Je clarifie mon teint vineux avec du citron grenadine

Je clarinette & clavecine avec Manuel De Falla

Je clignote toujours avant de voter

Je clique par pitié Je commente par compassion

Je clone le clito de ma femme pour doubler son plaisir

Je clôture les inscriptions à ma séance de dédicaces

Je cloue au pilori du communisme la faucille et le marteau

Je cloue mon vieux T-shirt de Mao sur la croix du Che

Je cloute la clôture du cimetière des marteaux

 

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Je coiffe sur le fil d’argent un peloton de cheveux gris

Je coiffe sur le poteau un cheval hirsute

Je collationne les écrits d’hiver pour les lecteurs estivaliers nécessiteux

Je colporte des colonnes de feu d’un temple du soleil à un sanctuaire de lumière

Je combats l’ennui d’une vie de doute avec la pensée d’une mort certaine

Je commente des combats de boxe pour une radio des dents

Je contemple nu comme une pierre une paire de fresques

Je conchie à confesse

Je conclus mon éloge funèbre par un bon mort

Je condamne les maisons de la poésie à recueillir les vers solitaires des romanciers sur le carreau

Je conduis les vaches sacrées de la littérature à l’abattoir de la critique

Je conduis un mandarin borgne à la cécité interdite

Je conduis une voiture de rêve sur une route de nuit

Je confie à mon double mes conflits avec moi-même

Je confie mes centres d’intérêt à un cercle de loisirs

Je confonds neige et congère, sève et conserve

Je consacre primate ministre un singe de la politique

Je consomme cinq bruits de légumes et murmures de fruits par jour

Je conjure mon éditeur de ne pas clamser avant mon dernier opuscule

Je connais l’obscur secret de mon désir

Je converse avec les imbéciles avec un air manifestement niais

Je coédite des couples d’écrivains

Je coordonne mes ébranlements

Je coopère avec les autorités religieuses en vue de retrouver le voleur de mes icônes

Je copie le lien d’un site de shibari

Je corresponds en tout point avec mon portrait tatoué

Je corrige le corset de la soumise avant de la punir

Je courbe l’épine de la rose pour couronner la grâce de son pétale

Je coûte pompon à la société du bonnet

 

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Je couds le couvre-lit du veilleur de nuit à la couette de la dormeuse

Je coule et couche le coupable dans le lit du crime

Je coupe à travers chant pour rejoindre la route de la voix

Je couronne une tête de pipe avec un cercle de feu

Je cours toujours deux de tes lèvres à la fois

Je couve un mauvais roman

Je couvre plusieurs livres à la fois (à la rentrée littéraire)

Je couvre le chef de gamme d’un accent tonique

 

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Je crains pour ma poire de douche

Je crame la carte de l’Australie pour allumer le dernier kangourou

Je crève le coeur d’une crevette rose en tombant raide dingue d’un crabe aux pinces d’or

Je crie pour couvrir le silence

Je crie que je trie pour échapper à la colère des contrôleurs du traitement sélectif des déchets

Je crois bien que je suis athée

Je croise les droites pour le bon développement d’un cône

Je croupis en maison de redressement de la poésie

 

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Je cuirai mieux en 2043

Je cuirasse les cuisses de poulet contre la convoitise des jeunes cuistots

Je culbute les rase-mottes

Je culmine de rien

Je culpabilise le chercheur en poésie pour qu’il facebooke des poèmes grand public

Je cultive l’art solaire de ne pas plaire à toutes les ombres

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À SUIVRE…

 

 

JE VERBALISE – AUTOPORTRAÎTRE (en B)

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Je badine avec l’anamour

Je bafoue les droites de l’homme et les courbes de la femme

Je baisse dans les ombrages l’éclairage de la canopée

Je balade mon chien de fusil dans un champ de tir

Je balaie d’un revers de la nymphe toute la poésie vulvaire

Je balaie du regard des poussières d’étoiles

Je bannis la paille en plastique de mes aspirations

Je baptise de noms de pierres précieuses mes érections les plus dures

Je barbe mon barbier pendant ma conférence sur le poil

Je bascule dans l’innommable quand je perds mes mots

Je bassine ma mer avec des histoires qui coulent de source

Je bâtis une heure éternelle

Je bâtis une oeuvre mémorable qu’on oublie sur l’instant

Je bâtis une oeuvre abyssale : 1 vers de 10 000 pieds de profondeur

Je bats la campagne prévention mal de dos

Je béatifie Greta Barjot

Je becquette en attendant l’oiseau rare

Je bégaye pour avoir à me répéter

Je bêle en belge pour me faire entendre du coq wallon

Je bénéficie d’une remise de penne pour avoir cloué le bec à un martin piqueur

Je berce un bébé panda au son des hymnes de la révolution chinoise

Je besogne comme un malade l’infirmière de l’usine

Je biche en brûlant les bois du cerf-volant

Je bifle les bouches inutiles

Je bifurque à gaufre quand on me coupe la croûte

Je biomasse mes déchets orgasmiques

Je bissecte les angles morts pour voir à moitié

Je bisse le big-bang pour un remake de la première seconde

Je biopique la vie des autres

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Je blâme cet écrivain pédophile pour n’avoir pas oeuvré dans la littérature jeunesse

Je bois pour trouver mon point insubmersible

Je boîte de carottes avec ma jambe de pois

Je bosse dans la carrosserie

Je boucle le tour du monde de la magie en quatre-vingts tours

Je boucle mon tour de crâne puis je frise l’épi culte

Je boude le Bouddha bordant le bonsaï

Je bouleverse la nonne en lui introduisant des boules de geisha

Je bourre d’étoiles la boîte de nuit de mes rêves

Je bouscule le gode de la rousse pour voir friser sa toison

Je bouscule l’ordre du monde littéraire en faisant de la poésie une matière première

Je botte les fesses de la poupée de cire pour entendre le son de sa voix

Je brade mes plis

Je braille comme un Stevie Wonder

Je brame comme un âne à bois brait

Je branche mon braquemart sur une feuille de vigne

Je branle une vieille branche

Je branle du chef pour un tête-bêche réussi

Je Braque un Char de Bataille

Je brasse de l’art

Je brave les interdits d’autobiographier

Je bricole un livre en kit à monter soi-même

Je brigue un poste de farceur au bureau des boutades

Je brise une larme contre un oeil dur

Je brise un silence en mille murmures

Je brosse un autoportrait au poil

Je brûle de mille je ; j’enflamme mon jeu d’ego

Je brumise le bruit sec pour en faire des sons mouillés

Je bûche mes cours de sylviculture

Je bureaucratise l’usage du burin et de la burette

Je buse un étudiant rapace

Je bute dans un magasin de porcelaine sur un chasseur d’éléphants

Je bute le gardien de bulles au moment de l’éclatement

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À la Une

TOUTES LES CHRONIQUES des CHRONIQUEUSES & CHRONIQUEURS

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Jean-Pierre Léaud et Anne Wiazemsky dans La Chinoise de Jean-Luc Godard en 1967

 

CHRONIQUES de DENIS BILLAMBOZ

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2020 – LECTURES POUR COMMENCER L’ANNÉE : CA PIQUE DANS LES CACTUS

Sentences de solitude de Thierry Roquet (Cactus Inébranlable)

Aucun signe d’amélioration d’Isabelle Simon (Cactus Inébranlable)

Des jours comme ça de Pascal Samain (Cactus Inébranlable) 

2020 – LECTURES POUR COMMENCER L’ANNÉE : NOUVELLES BRÈVES 

Vertige de Philippe Remy-Wilkin (Maelström)

Furfur de Patrick Boutin (Lamiroy)

Nuit sorcière d’Evelyne Wilwerth (Lamiroy)

2020 – LECTURES POUR COMMENCER L’ANNÉE : BALADES TOKYOÏTES

L’ombre d’une vie de Jirô Asada (Picquier)

Vague inquiétude d’Alexandre Bergamini (Picquier)

Un sandwich à Ginza de Yokö Hiramitsu (Picquier)

… et autres chroniques depuis 2010

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CHRONIQUES de PHILIPPE LEUCKX

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LES LUNES ROUSSES, un film de DE TÜLIN OZDEMIR 

INTUITION, tome X de MONIQUE THOMASSETTIE (Monéveil)

POÉSIE BRÈVE D’INSPIRATION JAPONAISE de IOCASTA HUPPEN (L’Harmattan)

… et autres chroniques depuis 2010

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CHRONIQUES de PHILIPPE REMYWILKIN

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LES LECTURES d’EDI-PHIL #25 (janvier) : COUP DE PROJO SUR LES LETTRES FRANCOPHONES BELGES

Au sommaire :

deux romans (Michel Torrekens et Myriam Leroy), un bookleg/monologue (Céline de Bo), une DB/doc (Arnaud de la Croix), une BD (Frank et Bonifay), une revue (Traverses) ; les maisons d’édition Zellige et SeuilMaelströmPetit à Petit et DupuisTraversées.

LES LECTURES D’EDI-PHIL #24 (décembre) : COUP DE PROJO SUR LES LETTRES FRANCOPHONES BELGES 

Au sommaire :

deux romans (Adeline Dieudonné et Francis Groff), un récit de vie (Marianne Sluszny), une BD/Doc (Arnaud de la Croix) et une pièce de théâtre (Jacques De Decker) ; les maisons d’édition L’IconoclastePetit à PetitAcademiaWeyrich et L’Ambedui.

LES LECTURES D’EDI-PHIL #23 : SPÉCIAL DENIS BILLAMBOZ

Rencontre avec Denis Billamboz

… et autres chroniques

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CHRONIQUES de JEANPIERRE LEGRAND

Le TOP 5 de JEAN-PIERRE LEGRAND

EUGÈNE ONÉGUINE d’ALEXANDRE POUCHKINE (Actes-Sud)

DICTIONNAIRE DU GRAND SIÈCLE de FRANCOIS BLUCHE (Fayard)

VERTIGE de PHILIPPE REMY-WILKIN (Maelström)

… et autres chroniques.

CHOSES VUES par Jean-Pierre LEGRAND

Ses chroniques de spectacle à propos de LES ATRIDES, JEANNE D’ARC AU BÛCHER, LE ROMAN D’ANTOINE DOISNEL, TRISTAN UND ISOLDE, LES PALMIERS SAUVAGES (dans la mise en scène de Séverine Chavrier), etc.

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CHRONIQUES de NATHALIE DELHAYE

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EN SON ABSENCE de ARMEL JOB (Robert Laffont)

LE CHAGRIN DES VIVANTS de ANNA HOPE (Gallimard)

LE NEUVIÈME ORGASME EST TOUJOURS LE MEILEUR de ANNE-MICHÈLE HAMESSE (Cactus Inébranlable)

… et autres chroniques

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CHRONIQUES de PAUL GUIOT

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DANS L’ARC D’UN DE CARYATIDE de CARMEN PENNARUN (L’Amuse Loutre)

JE VAIS, À LA MESURE DU CIEL de SOPHIE BRASSART (Editions du Cygne)

TROIS CONTES de KRAD KILODNEY (Cormor En Nuptial)

… et autres chroniques

BREVES D’ECOUTE par Paul GUIOT

TOUR DU MONDE d’HÉLÈNE PIRIS 

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CHRONIQUES de LUCIA SANTORO

LISEZ BELGE… : TUTTI CADAVERI d’ERIC BROGNIET (L’Arbre à Paroles) 

GUERRE ET TÉRÉBENTHINE de STEFAN HERTMANS (Gallimard)

VERNON SUBUTEX de VIRGINIE DESPENTES

… et autres chroniques

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CHRONIQUES de DANIEL CHARNEUX

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IN MEMORIAM PAUL DESALMAND 

TANDIS QUE J’AGONISE et ABSALON, ABSALON de WILLIAM FAULKNER (Gallimard)

LES BLANCS PAINS de FRANCOISE LISON-LEROY et DIANE DELAFONTAINE (Esperluette)

… et autres chroniques

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CHRONIQUES de JULIENPAUL REMY

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COUP DE PROJO d’EDI-PHIL #13 : SPECIAL JACQUES DE DECKER ET LE THEÂTRE

DIE STRASSE : FUIR MAIS OÙ ?

FESTIVAL D’AVIGNON : POUR L’AMOUR DE SIMONE 

… et autres chroniques.

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CHRONIQUES de GAËTAN FAUCER

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 Une femme d’extérieur de Caroline Tapernoux (L’Harmattan)

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CHRONIQUE MUSICALE DE JOACHIM HOCK

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CHRONIQUES d’ERIC ALLARD

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MATRIOCHKA de PHILIPPE REMY-WILKIN (Samsa)

LE MENDIANT SANS TAIN de PHILIPPE LEUCKX (Le Coudrier)

VIVRE de JEAN-JACQUES RICHARD (Acrodacrolivres)

… et ses autres chroniques depuis 2009.

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MAIS AUSSI…

DES FAKE NEWS (bien avant l’utilisation du terme) DEPUIS 2009, consultables dans

Les DEPÊCHES DE L’ASSOCIATION FAUSSE PRESSE

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TWIN PEAKS III, VISIONS CROISEES

par Philippe Remy-Wilkin et Vincent Tholomé

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TAXI DRIVER

par Philippe Remy-Wilkin, Krisztina Kovacs et Thierry Van Wayenbergh

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SPIROU ET FANTASIO

par Philippe Remy-Wilkin et Arnaud De La Croix

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des textes courts, des aphorismes, de la poésie & de la musique…

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POUR ACCÉDER à la PAGE FACEBOOK des BELLES PHRASES

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Jean-Pierre Léaud et Claude Jade dans Baisers volés de François Truffaut en 1968

JE VERBALISE – AUTOPORTRAÎTRE (en A)

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J’abandonne la mère patrie après lui avoir fait une république dans le dos

J’abaisse le pantalon Levi’s de la châtelaine

J’abats mes carpes en silence

J’abats mes tartes sur un encrémé

J’aboie à la une d’un magazine animalier

J’abolis l’escalade et je libère tous les alpinistes

J’abomine les mines de rien

J’abonde en bons mondes (en tant qu’utopiste)

J’aborde un tourment de mon inexistence

J’abrège l’ennui des mies de peine dans la pâte du pain quotidien

J’abrite un abricot radioactif échappé d’un noyau de zirconium 95

J’abrite une marche nordique dans ma boîte à chaussures

J’absorbe tous les silences avec un bavard

J’accable de reproches inaudibles les actes du silence

J’accède, déconfit, au paradis des optimistes

J’accélère le mouillement de la phrase

J’accentue la libido du vers lent

J’accepte l’inénarrable dans mes récits de rêve

J’accepte toute intromission

J’acclame Marianne et j’adonise Denise

J’accole la glu de l’instant à la poix du passé

J’accommode mes restes de rêves avec les reliefs du repos

J’accorde le bénéfice du coude à un bras de fer

J’accoste le Soldat inconnu dans une retraite aux flambeaux

J’accouple un volcan sain avec une lave sale

J’accoutre le vengeur masqué d’yeux-revolver

J’accueille toute la chimère du songe

J’accuse de harcèlement psychologique mon surmoi

J’achève bien mes cheveux après ma course chez le coiffeur

J’actionne la manivelle du cerveau pour faire tourner la tête

J’adhère à l’adduction d’eau potable en milieu acide salicylique

J’adjective facilement les adverbes de manière

J’admets péniblement mes horreurs

J’adore adoucir

J’adore Dudule et j’adule Théodore

J’admoneste fragilement

J’adresse mes lettres migraineuses à la tête de l’administration locale

J’affiche la mine déconfite de la cafetière à l’arrivée d’une machine à expresso

J’afflige les coeurs grenadine avec mes vers de vin

J’afflue en ombres à l’ouverture de la lampe

J’affranchis le point noir de la ligne blanche

J’affrète une question bateau pour me rendre à la conférence de Greta sur le climat

J’affronte les éléments de langage dans un débat singulier

J’affronte un nombre monstre dans un combat numérique

 

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J’agis dans l’ombre de l’alphabet

J’agite le drapeau rouge pour affoler les communistes

J’agite les lettres de l’anagramme

J’agglomère les agneaux mystiques en troupeaux agnostiques

J’aggrave mon K, comme disait Franz

J’agrandis la famille des antinatalistes

J’agrémente les heures lentes de temps pressé

J’aide une montre à retrouver l’heure

J’aide un monde à retrouver le silence

J’aiguille une épingle dans une botte de foin

J’allèche une langue avec un verbe cru

J’allège la langue avec des paroles en l’air

J’allège le taux d’albumine dans le blanc de l’oeil

J’aligne deux mille vers et une idée dans mon nouveau recueil

J’allonge la liste des métiers risibles : détecteur de gaz hilarant

J’alphabétise l’aphoriste primaire

J’allonge la sauce pour faire durer le repas

J’allume un feu de pois dans une étuvée de carottes

J’allume le moteur des mots pour démarrer ma phrase

J’altère les poids et mesures de masse populaire

J’améliore mon quotidien avec une promesse de lendemain

J’amasse du poids pour créer ma balance

J’amenuise de plus en plus mes chances de m’élever

J’ameute la foule des anonymes pour garder l’incognito

J’ameute les huiles locales de la sortie de ma nouvelle salade

J’amoche un fétichiste du pied à coups de talon

J’amoncelle puis je trie dans le tas

J’amortis ma chute dans le temps avec le sable du sablier

J’amuse la galerie de ceintures avec ma gaine de folie

J’amuse la galerie de la Reine en faisant rire le prince de Galles

J’amnistie les fouteurs de femmes invisibles

J’amortis sur le long cerne mes yeux fatigués

 

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J’analyse en rêve le sang de mon psychanalyste

J’anime un atelier d’écriture de dédicaces

J’annote à défaut de faire oeuvre inutile

J’antibiographie

J’anticipe le jour du Jugement de valeur en m’annihilant

J’anticonstitutionnellemens longuement

J’antidate la publication de mes livres posthumes

J’apaise l’angoisse des moulins en leur donnant du grain à moudre

J’aperçois l’ombre de l’apiculteur sur l’aile de l’abeille

J’apitoie le choeur des saules pleureurs en allumant mes feux de forêt de détresse

J’appâte un pêcheur d’anecdotes avec mes histoires d’eau

J’applaudis à rompre la communication les numéros de téléphone de mes contacts

J’applique des auvents sur des perrons douloureux

J’applique la politique de la crème brûlée

J’apporte l’addition des frais de port

J’apprivoise la rose de Madame Husson

J’apprends à aimer ce que je vais perdre

J’approche de la sénilité à pas de plus en plus lents

J’approfondis mes creux intérieurs

J’arbitre un match de foutre entre deux éjaculateurs précoces

J’arrache une vilaine croche à une belle ronde

J’arrange une orange bleue avec 1 citron vert

J’arrange les cheveux en bataille sur le front des opérations capillaires

J’arrache un vent à une bouche de métro

J’arrache l’oeil du texte pour lire sans être vu

J’arrête de voir n’importe quoi

J’arrête une balle de golf perdue dans la tête d’un tennisman pour occupation illicite d’espace vide

J’arrête l’arête avec l’os de seiche

J’arme les armoires à glace d’arcs à reflets

J’arrive à bout de patience à force d’arroser les roses

J’arrose les allées et venues des livres de jardinage

J’articule mâle pour me donner un genre

J’aspire à devenir poussière d’étoile dans l’oeil d’une galaxie

J’assaille de questions à choix multiples un répondeur téléphonique

J’assaille de questions-pièges le siège des solutions trompeuses

J’assagis mon démon de midi à la nuit venue

J’assassine les seiches pour leur sépia

J’assassine un son avec un silencieux

J’assigne à résidence d’écriture un auteur mal inspiré

J’assimile le sable au sel marin

J’assortis une machine à écrire avec un paradigme sur une table de conjugaison

J’assouplis tous vos jambages

J’assume vaguement mes états d’âme

J’assume mon double je

J’asticote l’astragale

J’astique un bonze pas très reluisant

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J’atomise le noyau d’hélium avant qu’il s’élève en ballon

J’attaque le teint fantôme du clown blanc

J’atténue les effets du dérèglement priapique en réduisant le nombre de mes érections

J’attire le regard des pommes en faisant des yeux de cidre doux

J’attendris les poulpes

J’attribue le Nobelge de littérature à un noteur de bas de page étranger

J’audioguide les non-voyants vers les salles obscures

J’augmente à l’∞ l’ombre de mon nombre (en ajoutant 1)

J’augmente le salaire de mes nègres pour qu’ils n’appellent pas au boycott de mes livres

J’automate dans le miroir

J’autonnise après m’être gorgé de soleil

J’autorise mes affidés à écrire le sans-maître pages libres

J’avale des couleurs pour camoufler mon caméléon intérieur

J’avale des sabres de verre et le sperme de fakir

J’avance casqué, un stylet-plume entre les dents

J’avance sapé comme une pince dans un palais de pieuvres

J’avalise les propos de mon contradicteur pour qu’il abonde dans mon sens

J’avance cagoulé au milieu des cache-nez

J’avertis l’avare de panne de l’avarie à venir

J’avoue l’averse avant la pluie

J’avive une vieille couleur en y versant une teinte

J’avise mal

J’axe mon système de démence sur mon grain de folie

J’azure mal quand j’ai des bleus au coeur

 

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EUGÈNE ONÉGUINE d’ALEXANDRE POUCHKINE (Actes Sud) / Une lecture de Jean-Pierre LEGRAND

Le TOP 5 de JEAN-PIERRE LEGRAND
Jean-Pierre LEGRAND

Eugène Onéguine est souvent présenté comme le premier roman de langue russe. Sa forme est insolite : c’est en effet un long poème composé de strophes de 14 vers  de huit syllabes. Chacune des strophes obéit à une même structure inventée par Pouchkine et proche du sonnet. Le traducteur André Markowicz qui considère qu’il s’agit là de « son grand œuvre » s’est attaché avec bonheur à transposer dans sa traduction la rythmique poétique du roman.

Il est curieux qu’un auteur fasse entrer la littérature de son pays dans la voie du roman en choisissant la forme du poème, qui plus est selon une structure en apparence très rigide.  Même si la catégorie du poème narratif ne nous est pas inconnue – voir Hugo ou Byron- cela surprend. J’ai moi-même été effrayé en ouvrant ce livre à première vue si déroutant. Mais, dès les premières pages, le texte de Pouchkine étonne par l’impression de légèreté et de totale liberté qu’il dégage. Par moment, on a le sentiment d’un découpage avant la lettre en plans-séquences, le lecteur étant libre d’agencer sa lecture, de modifier son point de vue, de recréer ce qu’il vient de lire. C’est ce que semble avoir fait Tchaïkovski en composant son opéra du même nom. Nouvelle curiosité que cette adaptation à l’opéra d’une œuvre qui déroge à toutes les règles de l’art dramatique : indice à mes yeux de la dynamique de ce roman plein de ressources.

En somme, texte à la forme très stricte, Eugène Onéguinne est un roman tout en détours dans lequel on saute à la manière de Mary Poppins  : nous sommes les invités de l’auteur qui, par ses incises, ses commentaires, son témoignage se trouve lui aussi de plein pied dans son œuvre en train de se faire. Un dialogue original s’instaure entre le lecteur et l’auteur qui n’hésite pas à interrompre son récit pour vous donner son avis, le tout – et c’est un de ses tours de force – sans rompre le moins du monde le charme de votre lecture.Mais sautons dans ce livre.

L’ histoire est finalement assez simple. Jeune Aristocrate désœuvré et las de la vie pétersbourgeoise, Onéguine s’ennuie. Il fuit à la campagne où il vient d’hériter d’un domaine. Isolé dans ce milieu un peu fruste, il y fait la connaissance de Vladimir Lensky, jeune poète lui-même perdu dans cette société qui n’a jamais entendu parler de Goethe ou du jeune Werther. Se noue entre les deux hommes ce que Pouckine appelle une « amitié pour tuer le temps ». Mais laissons Pouchkine nous présenter en une strophe cet irrésistible dandy qu’est Onéguine.

Comme il savait être hypocrite,
Sembler jaloux, cacher l’espoir,
Détromper pour tromper plus vite,
Porter sa croix, le regard noir,
Etre soumis, plein d’arrogance
Prévenant dans l’indifférence,
Savait se taire avec langueur
Faire ardemment parler son cœur
S’épancher au fil de la plume, –
Un seul amour, un seul élan
Comme il s’offrait avec talent
Et ses yeux , tendres de coutume,
Savaient, pudiques et pressants,
Briller d’un pleur obéissant.

Les deux hommes fréquentent la maison Larine et leurs deux filles, Olga et Tatiana.

Olga est une jeune fille très belle, insouciante, vive, gaie mais égocentrique et superficielle comme il y en a tant dans tous les bals qui tournoient dans la littérature russe. Elle ne songe qu’à s’amuser et à plaire. Lenski en tombe éperdument amoureux.

Tatiana est une nature rêveuse , nourrie de lectures romantiques . Elle cherche confusément un idéal et le poursuit avec passion. Elle est éblouie par Onéguine qu’elle identifie aux héros des romans de Richardson qu’elle a beaucoup lus.
Ici encore, en une strophe, Pouchkine décrit le coup de foudre de la jeune fille et son contexte tout romanesque.

Avec quelle attention nouvelle
Elle dévore un doux roman ;
Dieu quelle ivresse trouve-t-elle
A boire au philtre des tourments !
La fantaisie, sa force vive,
Donne présence aux vies fictives.
L’amant de Julie de Wolmar,
Malek-Adhel et de Linar 
Et l’ineffable Grandison
Qui nous endort à l’unisson,
Tout s’est fondu dans une image
Les traits de tous sont réunis
Dans le visage d’Evgueni

Bravant tous les codes de son époque, Tatiana adresse une lettre à Onéguine et lui dévoile son amour passionné. L’incongruité de cette lettre dans le contexte moral de cette époque est soulignée par ses deux premiers vers , au tour merveilleusement elliptique :

Je vous écris – quoi d’autre à dire ?
J’ai tout dit si je vous écris.

Tout le reste de la lettre est écrit dans un jaillissement constant, plein de discontinuités qui trahissent l’émoi de la jeune fille et traduisent sa totale spontanéité. Dans sa composition, Tchaïkovski relève le défi de transposer dans le discontinu de sa  partition le tourment psychologique de son héroïne.

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Alexandre Pouchkine (1799-1837)

Onéguine repousse Tatiana, ému mais peu enclin aux attachements et pour une fois soucieux de ne pas souiller une âme pure. Remarquons que Pouchkine nous dit que cette fameuse lettre fut rédigée en français, ce qui l’a obligé à la traduire pour la facilité de son lecteur. C’est que la haute société de l’époque s’exprime en français. On retrouve ce trait dans Guerre et paix dans lequel plusieurs petits dialogues sont écrits dans cette langue.

Arrivés à un peu plus du tiers du roman, nous avons déjà dépassé son point central qui débouche sur ce qui pourrait sembler une impasse narrative : la désagrégation brutale de l’idylle amoureuse à peine ébauchée.

Pouchkine va relancer la dynamique de manière inattendue. En effet, un peu plus tard, lors d’un bal donné par  les Larine, Onéguine accompagne Lenski toujours plus épris d’Olga. Moitié par jeu moitié par fascination de l’irrémédiable, il fait ouvertement la cour à Olga. Une altercation s’ensuit. Lenski provoque Onéguine en duel. Le jour convenu, Onéguine tire le premier et, à son grand désespoir, tue Lenski. Notons au passage l’aspect prémonitoire de la scène : l’auteur mourra quelques années plus tard dans des circonstances très semblables. Pour l’heure, Pouchkine nous décrit la scène et le scandale de la mort avec des mots très simples mais bouleversants.

Voilà encore une seconde,
Ce cœur était ampli d’un monde,
Rêvant, aimant et haïssant,
Tremblant de vie, bouillant de sang :
C’est comme une maison déserte,
Vouée au vide pour toujours,
Tout y est calme, triste et lourd.
Volets fermés, vitres couvertes
De craie. La maîtresse est loin.
Où çà ? Dieu sait. Plus trace, rien.

L’irrémédiable rend désormais tout impossible : chacun retourne vers son destin : Olga quitte la famille et fait un brillant mariage, Tatiana épouse un vieux général tandis qu’Onéguine poursuit sa route, traînant sa lassitude de vivre.

Des années plus tard, alors que Tatiana est devenue une éblouissante dame de la haute société, Onéguine la retrouve lors d’une réception. Tatiana est maintenant aussi brillante qu’inaccessible ce qui réveille l’intérêt d’Onéguine : il réalise brutalement combien il est amoureux d’elle.
La  réaction de Tatiana est lapidaire : A quoi bon feindre, je vous aime / Mais j’appartiens à mon époux / Et lui serai fidèle en tout. On rencontre ici un archétype que nous retrouverons presque à l’identique dans certains romans d’Henri James : la jeune épouse qui s’accommode d’un mauvais mariage  et s’élève en l’endurant.

Eugène Onéguine est à mes yeux un très beau roman du bonheur impossible dans lequel tous les personnages semblent se manquer : sans doute Tatiana se serait-elle mieux accordée au poète Lenski tandis que la superficielle Olga suffisait au volage Evgeny.  Sans doute, mais c’est sans compter avec le profond pessimisme russe et celui de Pouchkine en particulier. En fauchant notre jeune poète, peut-être la mort lui a-t-elle évité le destin commun .

La vie, écrit Pouchkine avec une ironie mordante, l’aurait changé pas mal.

« Adieu les grands brasiers de l’âme ;
Quittant la muse, il eut pris femme
 Dans sa campagne aurait vécu,
En vieux peignoir, heureux, cocu. »

La relation de Pouchkine avec ses deux principaux personnages masculins,  est toute d’ambiguïtés et souligne la tension que habite l’auteur lui-même:

Cent fois heureux , celui qui croit,
Celui qu’un cœur béat fait vivre
Comme au relais un routier ivre
Ou (soyons tendre) un papillon
Mais pauvre est l’homme sans vertige,
Qui voit demain dès aujourd’hui,
Qui, mots ou gestes, se traduit
Le moindre élan et qui s’afflige,
L’homme qui porte son passé
Toujours conscient, toujours glacé.

Le personnage d’Onéguine double maléfique de Pouchkine est particulièrement troublant. Il semble être le bras armé du destin qui dans son nihilisme détruit tout autour de lui. Il m’a fait remémorer mes lectures passées de Spinoza et sa notion de bonne rencontre. Pour Spinoza une bonne rencontre accroît ma puissance d’être. Dans la mauvaise rencontre, cette puissance d’agir est diminuée. Dans la vie je vois les choses comme une balançoire sur laquelle va et vient un enfant. Si derrière lui je le pousse  au moment où il est au plus haut, juste avant sa descente dans l’autre sens, alors il va être projeté  au maximum de ses possibilités .Si je le pousse à contretemps, je vais le freiner. Onéguine est le type même de la mauvaise rencontre et en ce sens ce roman parsemé d’ironie fine et d’images poétiques est en réalité très noir. C’est une des qualités de l’opéra de Tchaikovsky de s’en être aperçu et de placer dans la bouche d’Onéguine ces mots qui ne se trouvent pas chez Pouchkine et de faire tomber sur eux, le rideau :

Quelle honte, quelle douleur
Quel sort pitoyable est le mien.

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Le livre sur le site d’Actes Sud (collection Babel)

PAUL MAGNETTE PASSERA CARNAVAL AU TEMPLE BOUDDHISTE DE PAIRI DAIZA

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La rumeur courait depuis quelques jours, elle vient d’être confirmée au grand dam des associations carnavalesques de Charleroi : Paul Magnette passera carnaval au temple zen de Pairi Daiza.

Suite à son coup de sang contre la N-VA et Koen Geens d’il y a une semaine qui l’a vu débouler dans les studios de radio de la capitale, Paul Magnette a pris conscience du fait qu’un président de parti se devait à un minimum de retenue. A l’instar de Denis Ducarme, suite au désappointement d’avoir vu un freluquet prendre la tête du MR, les deux grands hommes politiques de la région ont fait appel à un moine zen réputé qui leur a appris à ouvrir leurs chakras. Huit, chez Paul Magnette, qui a tout plus que les autres. Six chez Denis Ducarme, le septième étant resté introuvable sur son corps matériel…

Rencontré la veille de son départ à son bureau opale de l’Hôtel de ville de Charleroi, le président du PS a annoncé qu’il ferait une retraite bienvenue à Pairi Daiza, à l’invitation d’Éric Domb et Jean-Jacques Cloquet, des patrons intègres et innovants tels que le PS en manque, et qu’il en profiterait pour se ressourcer auprès des animaux et du cadre apaisant du parc animalier.

J’en ai assez des grands singes de la politique nationale et régionale ; j’ai besoin d’un lâcher prise total. Je préfère encore prendre conseil auprès des Xing Hui, Hao Hao, Tian Bao et de leurs magnifiques rejetons, Baby boy et Baby Girl.

Il a aussi eu des mots si durs pour le carnaval de sa région qu’il en est devenu tout rouge : Des têtes d’autruche montées sur sabots… Du tapage de tambours doublé d’un gaspillage d’oranges et de papier … Une débauche de paille et de plumes… Un terrain propice aux microbes et au coronavirus…

Puis, là, son conseiller en méditation a approché le bourgmestre par intermittence de Charleroi pour le ramener au calme. On a vu le chef de la gauche (une des dernières) francophone belge s’asseoir en lotus, lever les paumes des mains vers le ciel et joindre les bouts des doigts. Il a fermé les yeux et procédé à quelques respirations profondes sur les paroles apaisantes de son nouveau conseiller en méditation.

Puis il s’est relevé et nous a annoncé tout sourire qu’il s’était mis à l’écriture de haïkus, qu’il publierait au printemps chez un éditeur carolo de haïkus*. En exclusivité pour Les Belles Phrases (n’oublions pas que Paul Magnette est, en outre, un spécialiste de Pasolini**), il nous en a livré cinq.

C’est un homme heureux que nous avons laissé, sur le point de se rendre à Brugelette, l’âme en paix et l’esprit alerte, prêt à de nouvelles aventure spirituelles.

 

CINQ HAÏKUS inédits de Paul Magnette

 

Les mains dans le pétrin

Comme je pétris la pâte

L’esprit allégé

+

Du vitrail cassé 

De mon cabinet de bourgmestre

Je vois Ciara valser

+

Le bon roi Philippe

Comme il ressemble à Delphine

Lui aussi est un artiste

+

Manifestation antifasciste

Aspersion de gaz lacrymo

Et l’affaire est réglée

+

Je m’voyais déjà 

en haut de l’affiche 

L’espérance est trompeuse

______________________

*On a cherché en vain le nom d’une maison d’édition de haïkus carolos. Précisons que Paul Magnette, toujours avant-gardiste et bien informé, nous a dit ne pas respecter la règle du 5/7/5 qui ne vaut, pour lui, que pour les Nippons.

** Régulièrement Paul Magnette organise des cellules d’information culturelle à l’intention de quelques responsables et militants politiques de la région, pour les initier au génial auteur et réalisateur italien. Ils progressent, nous a-t-il confié, lentement mais sûrement et arrivent depuis peu à écrire Pier Paolo Pasolini sans faute d’orthographe et à citer correctement – et sans le confondre avec Marcolini  – au moins trois de ses œuvres.

LES LUNES ROUSSES de TÜLIN OZDEMIR / Une chronique de Philippe LEUCKX

POÉSIE BRÈVE D'INFLUENCE JAPONAISE de IOCASTA HUPPEN (L'Harmattan) / Une lecture de Philippe LEUCKX
Philippe LEUCKX

VU SUR ARTE 

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Consacré à sa tante, à sa mère, à sa famille de Turquie, le film d’Özdemir est traversé de part en part par une blessure – celle que la tante Hafize (prénom qui ne fut pas le sien, mais repris de la carte d’identité de sa soeur morte, elle s’appelait Tuncay, avec une carte d’identité bleue de garçon) ressent d’avoir connu la séparation d’avec sa mère, son père, ses sept frères, pour rejoindre, à six ans, sa soeur aînée, mère de la cinéaste. Et quelle blessure : « mon père, lors de mon départ, ne s’est pas retourné ». La femme mûre n’a pas pu oublier ni dégorger cette peine. Une séquence admirable montre Hafize déposer la dépouille de Tuncay qu’elle fut sur la tombe de son père Mahmet Öglu : elle pleure, elle s’adresse à ce père, le seul auquel elle en a toujours voulu de la laisser à six ans, partir pour l’Europe, l’inconnu.

Avec une douceur orientale, qui n’exclut pas l’âpreté des ressentiments ni le mélancolique retour au pays natal, dans un village où vit encore la grand-mère, Özdemir dénonce aussi et surtout les mariages arrangés, que sa mère, que sa tante ont subis. Hafize, mariée à treize ans, a souffert de ne pas pouvoir choisir en toute liberté. Aujourd’hui, mère et grand-mère, Hafize-Tuncay a franchi le traumatisme, a défié les tabous, est retournée et a avoué sa blessure.

Quelle beauté sourd de ce film, avec ses musiques où les hommes et les femmes , séparés, offrent des rondeaux de danse lors des mariages.

On cueille « pour toute la famille » les beaux abricots.

La cinéaste, souvent à l’image ou en retrait, questionne ses proches avec une amabilité et un désir d’ouvrir et de refermer au mieux les plaies pour que de là sorte la blessure.

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Tülin OZDEMIR

Cette belle femme redonne une beauté à ses congénères : elle leur offre d’expurger la douleur tout en gardant les tissages familiaux.

De longs plans séquences (fixes ou ce fameux travelling arrière sur une route de campagne turque) rappellent Ozu, avec ce même souci des détails porteurs : des mains, le henné, la toilette derrière un rideau de la grand-mère, la pudeur des quelques hommes – les oncles de la cinéaste – qui parlent peu, et disent la même douleur des « mariages arrangés ».

Un très grand documentaire, qui vibre, qui relate, décrit avec un regard ethnographique de première main, un regard souple, fluide, tendre et tout à la fois aigu.

« Les lunes rousses », film de la jeune Tülin Özdemir, Belgique, 2019, 1h30.

À REVOIR sur La Trois le mardi 18 février à 22h45.

Le site de Tülin Ozdemir