PROTECTION RAPPROCHÉE de LORENZO CECCHI (Cactus Inébranlable) / Une lecture de Paul GUIOT

 

LOUVAIN BRISÉ de PAUL G. DULIEU (Editions Traverse) / Une lecture de Paul GUIOT
Paul GUIOT

Le dernier recueil de Lorenzo Cecchi comporte 14 nouvelles qui mettent en scène des personnages d’une banalité toute particulière, d’une normalité unique, des personnes simples, sans grande ambition. L’auteur prend ces êtres vivants tels qu’ils sont : quelques-uns héros d’une minute – parfois moins -, plus sûrement anti-héros de toute une vie… une vie qui vaut ce qu’elle vaut.

Les nouvelles se suivent comme autant de faits divers a priori indignes d’une première page. L’auteur observe des tranches de vie, les approche, les dissèque à la plume-loupe-scalpel pour les rendre, sinon exceptionnelles, à tout le moins dignes d’intérêt.

Il égratigne au passage le système économique, le monde du commerce qu’il a bien connu. Si la vie ne fait pas de cadeau, comme le chantait Brel, le monde des affaires en fait encore moins.

Pour vous faire une idée du travail d’écriture, voici un extrait de la nouvelle « Dirty Dancing », qui décrit en cinq pages un drame sentimental qui a fait basculer toute une vie :

« Leurs pieds glissaient sur le sol. Le plaisir intérieur qu’ils éprouvaient à tournoyer, à gesticuler, ne s’exprimait pas sur leurs visages. En adolescents arrogants, ils s’affichaient impassibles, maîtres d’eux-mêmes, éternels. Ils dansaient avec sérieux, comme si, pour se préserver, pour demeurer l’endroit spécial qu’elle ambitionnait d’être et que tous au demeurant lui reconnaissaient, la piste leur interdisait tout relâchement, toute attitude qui eût pu les laisser voir comme vulgaires, étrangers donc à l’élite que son blond parquet pouvait seul souffrir. » 

Une des dernières nouvelles du recueil, « La veille du jour où tu es né », est comme une perle de plastic rare : l’histoire de cet homme, appelé à la rescousse, en pleine nuit, par la femme de son ami alcoolique, et ce alors que sa compagne est sur le point d’accoucher, m’a remué les tripes.

Lorenzo Cecchi n’en n’est pas à son coup d’essai. Il poursuit avec opiniâtreté dans la ligne de « Blues Social Blues ». Son écriture est rodée à l’exercice et fait mouche à chaque salve. Aucune nouvelle ne laisse indemne tant ses personnages que le lecteur. Comment résister à plonger dans la sauce qu’il nous sert ? Et comment faire pour ne pas penser qu’on en reprendrait bien un peu, tant ses histoires sont prenantes et le livre vite englouti.

Pour commander le livre sur le site de l’éditeur

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