UN LOURD LIVRE DE POCHE POUR UN PROJET UNIQUE : DES LETTRES À SES PETITS-ENFANTS PAR UN GRAND-PÈRE ÉCRIVAIN / Une chronique de Philippe LEUCKX

LES FANTÔMES DE THÉODORE de MARTINE ROUHART (Murmure des Soirs) / Une lecture de Philippe LEUCKX
Philippe LEUCKX 

 

UN LOURD LIVRE DE POCHE POUR UN PROJET UNIQUE : DES LETTRES A SES PETITS-ENFANTS PAR UN GRAND-PERE ECRIVAIN

Didier Giroud-Piffoz a relevé le défi d’offrir dix-neuf années de correspondance à ses sept petits-enfants, nés de 2000 à 2015.

 

Un livre de poche de près de neuf cents pages (c’est vous dire l’épaisseur du volume, 6 bons centimètres sur beau papier polonais).

Faut-il être fervent à l’adresse de ses petits-enfants pour tenter et réussir pareille réalisation.

On connaît déjà l’engouement de Didier à servir, socialement et littérairement parlant, de nobles causes : celle entre autres d’évoquer l’Inde, ses habitants, ses protecteurs bénévoles (Sœur Yvonne, récemment).

Ce livre est unique. Pas d’exemple de cette ampleur à citer, quand je pioche dans cette correspondance, où le poète nomme ses chéri(e)s d’appellations et sobriquets poétiques et tendres : « Mon buveur de temps » ou « Mon petit cabri à son père »…

Préfacé par des personnalités, Jacques Salomé et le grand poète Jean Joubert, « ce livre d’amour pur » (comme le présente l’éditeur « vent-des-lettres ») est au fond un exemple pur aussi d’ethnographie familiale, si le mot n’est pas trop intellectualisé, qui vise à décrire par le menu la vie de petits-enfants du nouveau siècle. L’auteur ne parle pas que d’elles et d’eux, mais songe à nous annoncer la mort de Georges Lautner, à nous évoquer « les jeux olympiques de Londres », dans le désordre forcé des temps présents et passés.

Il est vrai que la littérature traverse cette correspondance copieuse, y passent le Victor Hugo , grand-père courage, Didier Pobel, poète de talent, Pierre Dhainaut, autre poète renommé, tant d’autres (auteurs de chansons comme Revault…). Et le cinéma n’est pas oublié. Détour par le beau « Postino » avec Noiret, d’après l’œuvre de Skarmeta.

Pour toutes ces raisons, le livre déborde de la sphère familiale, sentimentale, avec ses nombreuses ouvertures sur la société et la culture du temps. N’évoque-t-il pas l’élection du dernier pape, François, et la polémique qui s’ensuivit à propos de ses interventions lors de la dictature argentine?

Didier Giroud-Piffoz

Ecrites à Darvault, puis au château de Firbeix (dont il nous donne la généalogie des anciens résidents, les de Rastignac), ces lettres rappellent l’attachement de Didier à l’Inde et à ses chantres (Mahatma Gandhi et son fameux « Nous ne pouvons changer le monde que si nous changeons nous-mêmes »).

« Une infinie nostalgie » dit Salomé à propos de ces missives d’amour, oui, une infinie nostalgie des bons moments vécus traverse ce livre de ferveur, sous la plume experte d’un poète, voyageur inouï des terres lointaines, indiennes ou autres, et du terreau affectif tout proche.

Didier Giroud-Piffoz, Lettres d’amour d’un grand-père à ses petits-enfants, Vent des Lettres, 2020, 848p., 22€.

Le livre et l’auteur sur le site de l’éditeur 

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s