2020 – LECTURES POUR DÉCONFINÉS : HOMMAGE À M.E.O. / La chronique de Denis BILLAMBOZ

2020 - LECTURES POUR CONFINÉS : PETITS MAIS TALENTUEUX / La chronique de Denis BILLAMBOZ
Denis BILLAMBOZ

Cette maison d’édition bruxelloise dirigée de main de maître par GÉRARD ADAM mérite bien notre hommage, elle publie régulièrement quelques livres qui sans elle ne verraient pas le jour. Gérard sait, sans laisser un quelconque doute sur la qualité des textes qu’il publie, donner sa chance à des auteurs peu médiatisés et pourtant talentueux. J’ai choisi de vous proposer ci-dessous les trois derniers textes que M.E.O a publiés et que j’ai lus pendant le confinement ou juste avant. Merci Gérard pour ces belles heures de lecture !

 

Le choix de Mia

Jean-Pierre Balfroid

M.E.O.

Le choix de Mia

Lors des obsèques de Mia, Jean, l’ami de la famille, révèle publiquement qu’il avait une relation avec elle provoquant une véritable émeute. Rentré chez lui, il ouvre le paquet que Mia lui a confié à condition de ne pas l’ouvrir avant son décès, il contient son journal intime dans lequel elle raconte sa vie en commençant par les viols qu’elle a subis de la part de son beau-père. Le narrateur raconte la vie de Jean et de Yann, le fils du beau-père maudit devenu l’époux de Mia, et parallèlement Jean lit le journal de Mia.

L’histoire de Mia et de Jean est une histoire d’adultère comme il y en a des millions par le monde, une histoire banale qui prend une dimension tragique. Yann le mari de Mia est le fils de son bourreau, c’est lui qui l’a tiré des griffes de son père avant de l’épouser puis de la délaisser un peu au profit de sa passion. Mia accepte les avances de Jean, un gynécologue réputé, séparé depuis peu de son épouse. Jean fréquente assidûment la famille de Mia sans qu’Arnaud soupçonne son idylle avec son épouse. Cette liaison aurait duré longtemps si la maladie ne s’était pas invitée dans ce ménage à trois.

Jean-Pierre Balfroid
Jean-Pierre BALFROID

Après les obsèques de Mia et un long deuil, Jean renoue les liens avec la famille d’Arnaud et notamment avec Romane sa fille qui part complètement à la dérive. Elle tente de se suicider après avoir été persécutée par ses collègues de classe et connait de nouvelles mésaventures encore plus graves en essayant de trouver une place dans le milieu du spectacle où son charme ne lui vaut pas que l’admiration des spectateurs.

Un véritable catéchisme à l’usage des jolies filles pas assez conscientes des effets que leur charme peut provoquer sur les mâles prédateurs ou tout simplement répugnants. Une histoire d’amour romantique et triste, un roman noir, un plaidoyer pour la défense des femmes agressées, … un peu de tout ça réunit dans un texte à l’hommage de l’amour pur. Mais hélas les cœurs purs ont rarement raison, les mésalliances bien plus pitoyables que les amours adultérins sont bien plus stigmatisées que ceux-ci. Les couples ne sont pas encore constitués à l’aune de l’amour, comme le chante l’auteur dans un texte pessimiste et résigné :

« Et voilà la vie

Comme elle coule

Et voilà la vie

Comme elle roule

Jamais dans le sens que tu veux

Mon frère, fais ce que tu peux ».

Le roman sur le site de M.E.O.

 

Bouton

 

Baie Saint-Paul

Jean-Manuel Saëz

M.E.O.

Baie St-Paul

Etonnante la relation que j’ai eue avec livre j’ai lu en deux jours, l’auteur m’a très vite entraîné vers des contrées qui m’attiraient fortement quand j’étais adolescent : le Grand Nord, le froid, la neige, les trappeurs, les chiens, les loups, les ours, etc… Un monde dans lequel que je m’immergeais oubliant tout ce qui m’entourait.

Récemment, j’ai voulu partager cette émotion avec mes petits-enfants mais le temps et les modes ont changé, je ne parviens pas à leur mettre en main L’Appel de la forêt que je leur ai acheté tout spécialement. J’ai eu aussi l’occasion sur une page Facebook de dire tout mon attrait pour l’œuvre Jack London. Ce livre m’a aussi entraîné à Baie Saint-Paul où je suis passé lors de mon périple canadien en 2018.

Jean-Manuel Saëz
Jean-Manuel SAËZ

Ce roman c’est l’histoire d’une culpabilité jamais digérée, une culpabilité éprouvée à tort peut-être …. Un brillant avocat lyonnais disparaît brusquement sans laisser aucun indice, ses enfants le recherchent en vain pendant de longues années. Sa fille ne croit plus à son existence mais son fils garde un filet d’espoir toujours vivace au fond de lui. Un beau jour, un courrier parvenant d’un coin paumé tout au fond du Yukon canadien leur parvient, il est plus que laconique, il a été adressé par le sheriff de Shortfalls dans le Grand Nord canadien, sa fille hésite longtemps mais finit par répondre à l’invitation de l’expéditeur et part pour le bout du monde. C’est une aventure rocambolesque qui commence, pleine de rebondissements, impossible à évoquer sans prendre le risque de livrer des indices importants. Parallèlement, l’auteur raconte l’histoire d’un trappeur qui s’est lié d’amitié avec un indien qui lui a donné les clés de l’immensité blanche et glaciale. Ces deux récits vont peu à peu converger pour arriver au but qui n’était pas forcément celui qui était prévu.

Cette histoire pleins de rebondissements, située dans un monde dont la magie a baigné mes lectures d’enfance, a ravivé en moi une certaine émotion, m’a rappelé Jack London, a aiguisé ma curiosité. Alors, j’ai jeté un œil sur la Toile pour comprendre comment un Lyonnais né en Afrique du Nord pouvait éprouver une telle attirance pour le Grand Nord. Et à ma grande surprise et avec stupeur, j’ai découvert que cette histoire avait certainement quelque chose à voir avec ce que l’auteur a lui-même vécu. Ce livre m’a décidément pris par la main pour me ramener dans les lignes que je lisais déjà avec passion quand j’étais adolescent et j’ai éprouvé un réelle compassion pour son auteur.

(J’ai lu récemment que Jack London avait séjourné, comme le héros de ce livre, à Dawson dans le Grand Nord canadien.)

Le roman sur le site de M.E.O.

 

Bouton

 

On ne coupe pas les ailes aux anges

Claude Donnay

M.E.O.

On ne coupe pas les ailes aux anges

Avec ce roman Claude Donnay a tenté de mettre en scène toutes les grandes calamités que notre jeunesse doit affronter en ce début de millénaire : homophobie, pédophilie, violences faites aux femmes et aux enfants, émeutes subversives et répression brutale, migration des peuples, radicalisations nationalistes, atteintes à la nature, changements climatiques, … Un vrai catalogue des calamités actuelles.

Arno, jeune garçon qui vit seul à Bruxelles avec sa mère, est amoureux de Bastian le fils de l’épicier, un homme brutal et sanguin qui le rudoie violemment, il n’apprécie pas sa part de féminité qu’il juge un peu trop envahissante. Il ne peut davantage compter sur l’affection de sa mère, une véritable harpie qui n’hésite pas à affronter son mari, sous le nez de l’enfant, dans des bagarres sauvages agrémentées de bordées de jurons et imprécations du plus grand cru. Pour son malheur, la route d’Arno, un soir, croise celle d’une bande de voyous patibulaires, homophobes, qui lui inflige des sévices d’une violence inouïe. Hospitalisé, le jeune souffre atrocement et se referme sur lui-même pour ne pas revivre les traitements qui lui ont été infligés.

Pour oublier sa douleur et ses bourreaux, Arno décide de partir ailleurs avec son ami qui fugue, il ne veut pas affronter ses parents une fois de plus. Et contrairement à ce qu’il a dit à sa mère, il n’emmène pas son ami vers la côte mais vers l’intérieur, vers les Ardennes où ils retrouvent le vrai contact avec la nature et rencontrent une fille étrange qui leur raconte des bobards. Convaincu que leur fugue est vaine, il revienne à la capitale où ils arrivent au moment où les émeutes enflamment la ville…

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Claude DONNAY

Cette fugue leur a révélé la réelle nature de leur relation, la possibilité de retrouver la paix et la quiétude loin de la ville et a provoqué la rencontre avec Mira la jeune femme mystérieuse et attirante. Ce livre qui commence comme un roman d’amour entre deux garçons, vire au roman noir dès qu’Arno est violenté et violé par des loubards. La police entre alors en œuvre comme dans un vrai polar que Claude Donnay a épicé de textes intercalés dans le récit pour raconter une autre histoire enfouie tout au fond de la mémoire du policier chargé de retrouver les loubards sanguinaires.

Un texte dense qui répertorie tout ce qui peut arriver à des jeunes un peu différents, à des femmes ou à n’importe qui dans notre société radicalisée où la force et la violence prennent trop souvent force loi. Mais Claude ne concède pas tout à la violence, il sait que l’amour peut surgir n’importe où, que Cupidon peut piquer quiconque de ses flèches et créer des couples les plus improbables pour faire renaître la vie et l’espoir.

Le roman sur le site de M.E.O.

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RENCONTRE avec GERARD ADAM, Monsieur M.E.O. par Philippe REMY-WILKIN sur KAROO

Adam Gérard - Babelio
Gérard ADAM

 

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