LES DOSSIERS DE REMUE-MÉNINGES (IV) : NICOLE MALINCONI

Extrait du Remue-Méninges #27 d’Hiver 2002

 

NICOLE MALINCONI

catalogue (2)

 

Il faut se hâter si on veut encore voir quelque chose. Tout disparaît.

Cézanne

 

LA PHOTOGRAPHIE DE L’ÉPHÉMERE

Nicole Malinconi se tient dans un espace replié des Lettres belges, discrète, d’où elle peut traquer le réel dans ses aspects les plus éphémères, transcrire ses brèves mais profondes visions.

De temps en temps elle sort en pleine lumière, pour la sortie d’un livre, la réception d’un prix : elle est sur scène éclairée par les feux de la rampe, mais  vite elle regagne sa tanière comme un animal un instant effrayé par une agitation brusque.

Elle a remplacé le Leica mythique des photographes qu’elle aime par un style proche de la parole mais qui n’en est pas moins écrit, âpre parfois, qui bouleverse l’ordre de la phrase pour éclater  en redites, en incises. Un style qui correspond aux manières de parler des gens simples dont elle dresse un portrait juste. Simples, car demeurés  en retrait du  beau langage mais après  s’être créés une langue personnelle, un dialecte individuel, micro-laboratoire de langues parlées souvent plus proche du souterrain des sensations que de l’utopique clairière du bien parler.

Dans l’entretien qu’elle accorde, où les questions posées ont été gommées pour mieux entendre sa parole en continu, elle dit sa découverte des livres de Duras, qui lui permettra d’écrire ce livre-choc,  ce livre-cri que fut en 85 Hôpital silence dans le monde des femmes et de l’avortement, alors interdit sur notre  territoire. Elle confie sa famille littéraire  dans laquelle on ne s’étonne pas de trouver des auteurs comme  Mauvignier ou Rouaud. Elle parle de ses autres livres qu’on peut classer en deux catégories : d’abord ceux du père et de la mère que sont Da solo et Nous deux, dans lesquels elle fait le partage entre la part commune d’amour-haine et ce qui lui revient en propre ; ensuite ces recueils de textes courts que sont Rien ou presque et Jardin Public,  capteurs d’émotions vives et de ces nombreux détails de nos existences qui par manque d’attention sont voués à passer inaperçus, à être oubliés sans pour ainsi dire avoir jamais existé. Mais elle sait aussi parler des exclus que les nouvelles  guerres génèrent de par le monde, des lieux de grande solitude de nos villes. Elle est un de nos grands écrivains de la douleur.

Quand au cours de l’entretien, je lui laisse entendre que cette façon de mêler vie publique et vie privée est une tendance actuelle, elle  précise qu’elle va justement à l’encontre de la propension au spectaculaire. Quand je la questionne sur les champs d’investigation qu’elle semble  s’interdire, par exemple celui de la relation amoureuse à la première personne, elle rappelle à juste titre qu’elle n’a pas fini d’écrire… En effet, Nicole Malinconi n’a pas terminé de nous surprendre et ses mots n’ont pas fini de compter. Pour de bon.

Elle nous offre De la rive, un inédit, ainsi que deux textes extraits de ses derniers livres  parus aux éditions Le Grand Miroir.

Eric Allard

 

PORTRAITS, Le Grand Miroir 2002

Variations sur un thème de Giacometti

Partant d’une déclaration de Giacometti sur sa difficulté à rendre la ressemblance, dans cette apparition-disparition propre à la tentative de fixer par les formes une tête familière, supposée connue, entre existence et néant, Nicole Malinconi compose des variations qui s’intègrent bien dans son univers, de plus en plus hanté par ces images, objet d’une vision fugitive,  qui naissent de leur soudain et fugace dévoilement au regard des autres. Nicole Malinconi scrute ces instants où les têtes se dévoilent derrière un rideau, un regard de côté, par une attitude, une tentative de sortir de la masse des inclassables par des mots, par le cri, toutes choses rivées souffle et sortant par la bouche, ce seul trou du corps par où filtre la parole, l’action de dire, parfois en contradiction avec les  yeux. Pour mentir parfois, raconter, rêver à haute et poétique voix.

Le plus difficile, déclare-t-elle dans un des ses portraits, c’est « être vu voyant ». Ce qui conduit  aux regards de biais « pour mieux voir sans toutefois voir en face, sans faire voir que l’on voit ». Condition à laquelle est tenu le regard  furtif « pour s’éloigner aussitôt de ce qui est vu, pour le tenir à distance. Le tenir à l’œil » Et là elle rejoint  Sartre pour marquer sa différence avec lui qui dans « L’imaginaire » écrivait :

« Poser une image, c’est  constituer un objet en marge de la totalité du réel, c’est donc tenir le réel à distance, s’en affranchir, en un mot le nier .»

Pour Malinconi, l’objet est constitutif du réel et le tenir à l’œil, ce n’est pas l’écarter, c’est approcher le réel autant qu’il est possible de le faire par les moyens  dits artistiques.

Peindre, sculpter, écrire, même combat, semble dire ce recueil de visages en tous genres, ce dîner de têtes multiples à la table du regardeur. Ce combat, cette lutte pour le rétablissement de la singularité dans l’entreprise anonyme d’uniformisation de masse.  E.A.

AU FIL DE LA PAROLE

 

L’usage des mots

Je suis sensible aux mots, aux expressions qui recouvrent plus que ce qu’elles disent, qui en disent long, alors qu’en apparence toutes ces expressions inventées pour fonctionner tout de suite ne disent que ce qu’elles disent : elles sont pauvres.

Peut-être que ma première démarche, avec Hôpital silence, a été de donner corps à des mots qui disent ce qu’on ne dit pas, à des mots « restés à l’intérieur », de rendre compte de ce silence et en même temps de quitter leur trop grand bruit, car il y a un paradoxe dans les mots : on peut  parler pour ne rien dire, faire du bruit, et ne pas dire ce qu’on avait à dire. De toute façon les mots ne disent jamais totalement.  J’ai tenté d’approcher cela, cet indicible de la langue, dans mes autres livres aussi.

Hôpital silence

Hôpital silence est venu du travail d’écoute que j’ai effectué un temps, dans un hôpital, et qui me mettait en confrontation quotidienne avec des femmes, aussi bien les infirmières que les patientes, et en position d’assister à une violence quotidienne des infirmières à l’endroit des patientes, soit à travers leurs paroles, soit à travers leur surdité aux paroles des autres. C’était une situation extrêmement difficile de mots et de silence : j’étais prise entre mon désir d’entendre ce que les femmes venaient me dire de leur vie, de leur corps, de leur impossible maternité, et cette surdité de l’hôpital. Mon désir d’écrire est venu de là, de faire entendre ça. Et parce que la question de l’écriture se posait à moi, à ce moment-là, quand je me suis mise à écrire, ce n’était plus du tout du côté d’un « compte à régler » ou d’un témoignage de type journalistique, parce que cela  s’est installé dans l’écriture.

Il a fallu que je sois mutée de mon travail d’assistante sociale à l’hôpital pour que je commence à écrire. J’étais toujours dans le service social, mais plus à l’hôpital, quand le livre est paru. Le caractère non polémique et non accusateur est ce qui fait que le livre a été reçu ; il a parfois même servi de base de discussion pour des soignants, ou des étudiants.

Marguerite Duras

Je lui avais envoyé le texte d’Hôpital silence juste avant de l’adresser à Minuit. Pourquoi je lui ai envoyé ? Parce que c’est elle, en fait, qui m’a donné le désir d’écrire, c’est la découverte de ses livres, de sa complète mise à la disposition de l’écriture… Moi qui n’avais pas beaucoup lu dans ma jeunesse, je me trouvais tout à coup devant ses textes qui me bouleversaient, qui m’ont fait dire : « Mais c’est ça, l’écriture !… » Au point que mon désir est devenu plus fort que mon hésitation.  J’ai donc risqué de lui soumettre mon texte non encore édité, j’ai espéré son avis…

Je lui ai donc envoyé le texte et, quand Jérôme Lindon a décidé de l’éditer, elle m’a écrit un petit mot pour me dire qu’elle était ravie de cette décision. Et comme la presse française, on ne sait pas pourquoi, n’a pas réagi à ce livre, elle a écrit pour L’autre journal  un commentaire de lecture, et plus tard, c’est cet article qui a servi de préface à la réédition du livre chez Labor.

Nous avons ensuite établi une autre correspondance au sujet de Nous deux. Mais je ne l’ai jamais rencontrée, non.

Oui, on a parfois trouvé qu’il y avait une filiation entre Duras et moi (elle-même l’a dit, d’ailleurs !) et je l’assume entièrement. Je la situe d’abord, comme je vous l’ai dit, du côté du désir d’écrire.

Préférences littéraires

Je vous ai dit que je n’avais pas beaucoup lu, étant jeune. Mes préférences vont aux « anciens », aux auteurs qui font la base de la littérature française. Je n’ai pas fini de lire Proust, ni Flaubert, ni Chateaubriand, ni Mallarmé, ni…. Je viens de découvrir Céline il y a peu.

Avec Duras, il y a Nathalie Sarraute bien sûr… Plus récemment, j’avais beaucoup aimé Marie Redonnet qui a écrit une bouleversante trilogie  avec une écriture d’une force extraordinaire. Je pense aussi, aujourd’hui, à Laurent Mauvignier qui a écrit  Apprendre à finir  et Loin d’eux, surtout.  D’une manière générale, c’est plus l’écriture que l’histoire racontée qui m’importe.

Images arrêtées

Je me souviens de la découverte de Henri Lartigue. Ce qui m’a impressionnée dans son travail, c’est la fugacité : quelqu’un qui saute sur une vague, un ballon lancé, une voiture en pleine course…

Ce sont toujours des actions en mouvement, qui passent, donc, et vont disparaître aussitôt. Il y a d’autres photographes,  bien sûr : Kertész, Cartier-Bresson, Doisneau, Ronis… qui captent les mouvements dans leur vivacité, le hasard des poses, le détail retenu…

Ce rapport à ce qui fuit, à l’instant qui a été mais, déjà, est perdu, c’est ce qui m’intéresse.

Nous deux et Da solo

Parce que sans doute ma faculté d’invention est tout à fait réduite, j’écris à partir d‘événements ou de personnes réels. A partir de ma mère, et de la façon dont on parlait dans sa région, des expressions qu’elle employait, j’ai construit Nous deux, et c’est à partir des paroles de mon père, qui me touchaient beaucoup par leur maladresse, que j’ai retracé toute une vie et que j’ai construit Da solo. En observant cette manière de parler assez maladroite, car il était Italien, il parlait le français à la mode italienne…

J’ai écrit à partir de mes parents comme je peux écrire à partir des gens autour de moi, des situations ou faits divers, pour autant que j’y aie suffisamment baigné pour y trouver matière à écriture.

Mais c’est un peu comme si la personne concrète à partir de laquelle j’écris un texte prenait une place secondaire par rapport au livre : ma mère ou mon père ne sont  plus la mère ou le père de l’auteur… Ma prétention, c‘est que ça devienne suffisamment universel pour que d’autres s’y  retrouvent à cause de la façon dont c’est écrit.

Lieux publics, parole intime

Aujourd’hui, des émissions de télévision exposent l’intimité des gens pour faire spectacle, alors que (ou peut-être parce que), paradoxalement, nous sommes dans l’uniformisation, dans l’aplatissement des existences, des vies. Puisque vous me posez la question de mon rapport à l’intime et au public, je pourrais dire que, à l’inverse, c’est la banalité qui m’intéresse parce qu’elle cache quelque chose de l’existence qu’on ne saisit vraiment jamais. Si on monte la banalité en spectacle, on tue ce qu’elle contient. Mon travail, je le perçois de plus en plus comme  retrouver, retenir dans l’écriture les moments et les mots de l’existence qui passent dans la banalité. Sans doute, Rien ou presque, Jardin public, Portraits, c’est ce travail-là, particulièrement, mais les autres livres aussi, je pense.

Ecrire au plus près…

Je me souviens avoir rencontré avec beaucoup d’émotion Jean Rouaud, lorsqu’il était venu à Bruxelles présenter Les Champs d’honneur. Il m’avait dédicacé  son livre en écrivant :« Ecrire au plus près de ce qu’on est ». Au plus juste, si vous voulez. C’est peut-être ça que je conseillerais à qui voudrait écrire.

 

Propos revus, après transcription, par Nicole Malinconi

 

TEXTES de NICOLE MALINCONI

DE LA RIVE

Le Kid s’avance lentement. Il passe devant la fenêtre. On voit d’abord son nom, KID, inscrit sur son flanc, presque à fleur d’eau. C’est un nom qui lui va bien. A lui seul, le Kid prend presque toute la largeur du canal.

Puis on voit ce qu’il transporte, sa cargaison de ferraille à ciel ouvert. Ferraille, c’est peu dire, vu ce qu’on voit, vu le chargement soigné des barres de métal, des anciennes rambardes, des vieilles balustrades, ordonnées l’une contre l’autre, toutes dans le même sens. Et plus loin, sur l’autre partie du Kid, les espèces de pelotes de métal, énormes, longues lanières enchevêtrées, posées comme des bobines. Tout fer. Tout rouille. Le Kid transporte la couleur rouille et toutes ses nuances qui en disent long sur les balustrades, les rambardes et sur le fer lui-même, sur le grand mérite du fer, lui si sombre, à se laisser atteindre par les intempéries et par le temps, à se laisser couvrir par eux des couleurs des vignes à l’automne.

A la fin, sur le pont, on voit aussi le chien du Kid, le berger. Il va et vient sans arrêt, il aboie. Peut-être à quelqu’un sur la rive, peut-être à un autre que lui ou à tout ce qui défile devant lui, à tout ce qui n’est pas le Kid et sa cargaison rouille. Allez savoir.

Texte inédit

DU CHIFFRE

Moi, je fais du comptage de passants. C’est mon travail. Je compte les gens qui passent dans la rue. Dans toutes les rues commerçantes de toutes les grandes villes on fait ça : aux fêtes, aux soldes, à toutes les périodes faites  pour faire acheter. On est plusieurs, chacun à son poste, chacun près de sa vitrine, à compter tous ceux qui passent devant. Que le passant s’arrête ou pas, qu’il ait l’air de passer là pour flâner ou parce qu’il suit son chemin, tu ne t’en occupes pas : un qui passe, un que tu comptes. Tu ne le vois même pas, on pourrait dire.

A l’heure de fermeture des magasins, on s’arrête, on met tous les résultats ensemble pour ceux de la firme de comptage. Ca en fait des milliers qu’on a comptés sans les voir.

Ceux du comptage comparent avec le chiffre de l’an passé et déclarent si la rue est en hausse ou si c’est une rue en danger. Ils le disent pour l’ensemble de la ville aussi. Quelquefois, c’est toute la ville qui est en danger pour chute de passage. Mauvais pour les affaires. C’est annoncé dans les journaux de temps en temps : attention, telle ville ne tient pas son niveau ; il faut redynamiser la population, ils disent. Ils veulent dire que la population doit circuler, qu’on doit passer et passer encore plus dans les rues, devant les vitrines, être là à regarder les vitrines, à entrer, à se laisser aller à entrer.

Alors on annonce quelque chose d’exceptionnel, la fête d’une rue de la ville, son jumelage avec une autre rue d’une autre ville, n’importe, le marché de quelque chose, de la chaussure, de la bière, de l’artisanat et même du livre, le marché de l’art, la nuit des commerçants, la nuit des jeunes ou d’autres catégories : afin que sortent dans les rues tous les commerçants, tous les jeunes, toutes les catégories, que soient présents ceux qui font le marché de la bière, de l’art, de l’artisanat et du livre. Tous les intervenants, comme ils disent. Ils appellent ça créer un événement. La population aussi aime bien les événements créés ; elle les préfère aux événements ordinaires de la vie ; elle viendra en masse. A cause de tous les intervenants qui seront là avec toutes sortes de rêves sur quoi se jeter. A cause aussi des avantages offerts. Tous les intervenants offrent des avantages dans ces occasions-là. Ils font de vous un gagnant. A tout achat, un plus, comme ils disent. Une bière au café du coin pour toute paire de chaussures ; une entrée au musée de la ville pour tout article de parfumerie, par exemple. Cela fait des rentrées pour toutes sortes d’intervenants. Ca fera remonter le chiffre de tout.

Ces jours-là, je préférerais ne pas devoir compter de passants. J’en aurais le tournis. D’ailleurs, aux événements, tu n’arrives pas à les compter. Ils sont les uns contre les autres, comme au ralenti, comme pressés, presque immobiles. Si l’un d’entre eus voulait s’en aller de là, se faufiler dans l’autre sens, il aurait beau faire. Ils ne vont nulle part, au fond ; ils sont comme des bancs de poissons.

L’autre jour, à la télévision,  j’ai vu un événement aussi. Un pianiste célèbre se préparait à donner un concert dans une salle prestigieuse d’une grande ville. Donner un concert dans cette salle-là, disait la télévision, c’est à la fois un sommet et une épreuve, tant le public est un public averti. Mais pour ce pianiste-là, l’épreuve était terrible à cause du programme qu’il avait choisi et qu’il allait jouer par cœur. Plus de trois mille notes à retenir dans sa mémoire, disait la télévision. Un événement. C’est pourquoi ils allaient faire salle comble, ils le savaient déjà.

A ce moment-là, j’ai pensé à celui qui avait compté les trois mille notes, qui n’a sans doute pas entendu la musique qu’elles donnaient, ni toutes les différences entre elles qui sont comme leur secret, le secret entre celui qui les a écrites et celui qui les joue. Je me suis dit que pour entrer dans ce secret-là, il ne fallait sûrement pas être occupé à les compter. Celui-là, il devait être comme celui qui fait du comptage de passants sans voir les passants, qui ne remarque pas les visages, toutes les sortes de regards, toutes les façons de marcher, qui peut compter dix jours de suite les mêmes passants sans jamais les reconnaître.

Je me suis dit qu’on aura peut-être l’idée un jour de faire venir les pianistes à plus de trois mille notes dans les villes qui sont en chute de passage : ça fera du chiffre. 

Texte extrait de « Jardin Public », Le Grand Miroir

 

LITANIE

Tête bien faite. Tête connue. Tête déjà vue quelque part. Tête sur laquelle on met un nom. Tête à claques. Espèce de tête de… Espèce de sale tête de… Sale tête. Tête vide. Tête brûlée. Tête à tête. Tête à queue. Tête basse. Tête baissée. Tête perdue. Tête à soi. Toute sa tête. Tête-de-nègre. Tête de turc. Belle tête. Bonne tête.  Tête dure. Tête de mule. Tête de cochon. Tête d’oiseau. Petite tête. Tête chavirée. Tête dans la lune. Tête sur les épaules. Tête de mort.  Mauvaise tête. Tête de lard. Tête pensante. Tête complètement ailleurs. Tête en l’air. Tête comme un seau. Tête comme une passoire. Tête suspecte. Tête n’inspirant pas confiance. Tête bien de chez nous. Tête froide. Tête chaude. Tête dans un étau. Drôle de tête. Tête que l’on se paye de quelqu’un. Tête que l’on fait. Tête d’enterrement. Tête mise à prix. Tête à chapeaux. Tête chauve. Tête  lourde. Tête qui tourne. Détournement de tête. Tête haute. Tête de classe. Tête que l’on se tape contre les murs. Tête que l’on ne sait plus où donner. Tête et cœur. Tête à la place du cœur. L’inverse. Tête de femme de tête. Tête de quelqu’un à quoi l’on jette des mots, ou des assiettes. Tête de quelqu’un à quoi l’on se jette soi-même. Tête donnée à couper. Tête que  l’ont dit que l’on a. Tête que l’on se fait faire. Tête de pipe. Tête sans cervelle. Tête par où passe une idée. Tête où l’on se fourre une idée. Tête dans laquelle on cherche. Tête que l’on se casse. Tête que l’on se monte pour pas grand-chose. Tête où l’on se met martel. Tête sur quoi retombe une faute. Pauvre tête.

 

Lien vers le DOSSIER L (pdf) consacré à Nicole MALINCONI par Éric Allard en 2005 pour le Service du Livre Luxembourgeois.

Lien vers l’interview de Nicole MALINCONI par Jacques De Decker en décembre 1985, pour parler de son premier livre, Hôpital silence, paru aux Editions de Minuit, et réédité dans la collection Espace Nord avec une préface de Jean-Marie Klinkenberg.

 

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