LES DOSSIERS DE REMUE-MÉNINGES (VII) : ÉRIC DEJAEGER

Extrait du Remue-Méninges #27 de l’Hiver 2002

ÉRIC DEJAEGER

DE JAEGER Éric - Etonnants Voyageurs

– Vous n’y allez pas par quatre chemins !

– Jamais ! Un seul, c’est plus court.

Alphonse Allais

 

L’accélérateur d’histoires

 

Eric Dejaeger est un accélérateur de fiction, un coupeur d’histoires aux ciseaux de l’imaginaire. Faire fi des entrées en matière, préambules, expositions de thèmes et multiples développements pour entrer dans le vif du sujet et en ressortir aussi vite, indemne de toute complaisance narrative, est un art, sans doute fertile dans notre petite contrée, riche en faiseurs d’aphorismes et de petite proses, en créateurs de propos courts sous phylactères.

« Un pro du raccourci », tel est notre auteur, comme l’a souligné justement Jacques Sternberg qui sait de ce dont il parle, en soulignant la spécificité du premier opus de contes brefs, et souvent cruels parus, chez Memor en 2001.

Il remet ça chez le même éditeur dans « Jivarosseries » avec encore plus de verve cette fois, en élargissant ses domaines d’investigation et sans perdre sa virulence à l’égard de la coquetterie sous toutes ses formes.

Ses petites proses sont l’occasion pour lui d’égratigner (comme de rendre hommage) avec le tranchant de la plume le marbre des monuments de la « Culture générale » : Dieu et sa descendance, Ulysse et Le Roi Soleil, Rimbaud et Verlaine, Neil Armstrong ou Bill Gates… Faire court, ce n’est pas donné, ou, si ça l’a été un jour, l’expérience du temps nous a appris à nous allonger sans mesure sur nos petites misères et l’inaccomplissement de nos rêves. On en fait des tonnes alors qu’il s’agit surtout de passer, d’enchaîner, de parier sur l’avenir qui regorge de temps en réserve, donc d’occasions de se refaire, de s’écrire autrement.

Revuiste impénitent, par passion de la littérature comme il le déclare, il est traducteur de textes inédits de Brautigan  (aux Carnets du Dessert du Lune) ou d’écrivains encore mal connus de ce côté-ci de l’Atlantique comme McDaris, Locklin,… Collaborateur prisé de la mythique revue Fluide glacial, grand amateur de Chimay bleue et de cigarillos (pour le plaisir), il a su mêler dans sa dernière et minuscule  (uniquement par le format !) revue, qu’il anime avec son pote Paul Guiot, textes d’auteurs francophones et anglo-saxons sous la bannière jamais démentie depuis le début de « concision sans concession, d’intellisibilité (mais pas trop), humour et plus si affinité.»

Sprinter donc plutôt que coureur de fond, mais sachant mener son corps, son action en évitant contraintes et obstacles – il garde un bonus malus (voir interview) vierge depuis 20 ans – on ne s’étonnerait pas qu’un jour

Dejaeger nous donne un roman-fleuve, accumulation sans nul doute d’un nombre infini de petits segments coulant comme de l’eau de roche. Comme une rivière de mots qui n’en finirait pas de se ressourcer en ses points de gisements nombreux à la nappe frénétique d’un fluide nommé réel.

Il nous livre des textes encore inédits et d’autres tirés de ses deux  ouvrages aux éditions Memor.

Eric Allard

 

JIVAROSSERIES, Memor 2003

couverture

Punch verbal

Petites machines à couper les têtes, celles du récit, celles qui gonflent à cause d’une enflement du cou(rt), ces « Jivarosseries », forcément féroces, s’en prennent à tout le monde avec un mordant, une  jubilation heureuse. Le temps n’existe pas pour Dejaeger ; il est une pure fiction qu’on peut enjamber au gré de son bon vouloir pour aller corriger un point d’histoire devenu tache, briser une icône, redessiner un profil dont l’ombre trop grande nuit à la liberté d’action et de pensée des contemporains.

Toute la culture d’une époque, plus virtuelle que factuelle, plus communicationnelle qu’expressive, qui s’appuie sur le GSM ou les avatars de l’ordinateur-roi pour transmettre ses manques de savoir et se gausser de son évidente ignorance des siècles passés est tournée en ridicule, mais par l’entremise du trait d’esprit cinglant comme une gifle, de même que les tares politiciennes, les manquements de la « pédagogie moderne » qu’en tant qu’enseignant des langues modernes  il éprouve en première ligne.

Dejaeger est un virulent qui a trouvé son moyen de frapper sans être (trop) inquiété : le texte court  qui tranche (sur les longueurs avoisinantes), la prose (ou par ailleurs la poésie) brève qui cogne, et qu’on doit alors lire l’estomac protégé, pour retenir les coups au plexus et les crises de rire intempestives. Une littérature frappante et poilante. Hautement salutaire en ces périodes glabres et molles comme des montres dénaturées de Dali.

E.A. 

 

 PAROLES

 

E.A – Faut-il être souvent tombé pour être devenu un virtuose de la chute, comme le souligne Jacques Sternberg dans la préface d’Élagage max… 

E.D. – Non, je pense qu’il vaut mieux conserver son équilibre face aux bourrasques de la connerie humaine.

Quels sont les auteurs qui t’ont conduit sur cette voie glissante ?

Essentiellement Jacques Sternberg mais aussi Ambrose Bierce, Norge, Richard Brautigan, Marcel Mariën, qui ont également écrit des textes brefs.

Comment écrit-on un conte bref ?

Très vite.

La réputation que tu es en train de te forger de spécialiste de la forme courte présente-t-elle à terme d’autres inconvénients que le fait de te lever la nuit pour noter des idées de contes brefs ?

Je n’ai pas connaissance de cette réputation. Quant à me lever la nuit, j’ai un bloc-notes et un crayon sur ma table de nuit.

Excepté les livres, tes goûts artistiques te portent vers quelles disciplines, quels créateurs ?

Il y a encore tellement de livres que j’aimerais lire que je n’ai pas vraiment le temps de me passionner pour autre chose. Disons que la musique a une certaine importance dans mon environnement.

Quel(s) genre(s) ?

J’ai des goûts assez vastes, du chant grégorien à Indochine, de Satie à David Bowie, de Pink Floyd à Renaud, du Velvet Underground à Chet Baker… Mais rien qui sorte vraiment des sentiers battus.

Même si la littérature n’est effectivement pas une question de territoire, quelle différence fondamentale vois-tu entre les écrivains anglo-saxons et les écrivains français ?

L’imagination chez les anglo-saxons opposée à l’art de tirer une nouvelle de 20 pages en un roman de 200 pages très stylé et très barbant chez de nombreux français établis.

Cioran disait avoir trouvé plus de gens intelligents chez les traducteurs que chez les écrivains. Quelle pourrait en être la raison ?

Un traducteur qui traduit des choses intéressantes rend probablement plus service qu’un écrivain qui se contente de pondre du subjonctif passé.

Qu’est-ce que la traduction t’apporte ?

Quand quelqu’un me dit qu’il a apprécié ce que j’ai traduit, j’ai l’impression d’avoir servi un peu à quelque chose.

Qu’est-ce qui pousse à créer une revue (Écrits Vains de 1991 à 1999) puis une autre (Microbe depuis 2000, avec Paul Guiot), à laquelle s’adjoint chaque fois une petite entreprise d’édition ?

Uniquement la passion de la littérature.

Que rencontre-t-on dans la petite presse qu’on ne rencontre pas chez les « gros » tirages ?

Beaucoup de variété sur peu de pages. Des auteurs de talent inconnus, qui risquent malheureusement de le rester car ce qu’ils écrivent ne correspond pas souvent à ce que les éditeurs pros veulent vendre. De la spontanéité. Beaucoup de naïveté aussi, celle-ci étant pour moi une qualité.

Qu’est-ce qui te guide dans le choix des textes, quelle qualité principale fait un bon texte ?

Pour Microbe, le premier critère de sélection est la brièveté : en dire beaucoup en peu de mots. Puis l’humour, du rose pâle au noir foncé. Mais ce sont des critères personnels et un choix revuistique. Cela ne m’empêche pas d’apprécier les romans de John Irving qui sont aux antipodes des genres courts.

Tu publies chez Memor. Quels sont les rapports d’un auteur avec son éditeur ?

John Ellyton a eu un genre de coup de cœur pour « Elagage max… » et a décidé de remettre le couvert avec « Jivarosseries ». Nos rapports sont très bons pour l’instant. Je touche du bois !

Tu es aussi publié dans une petite maison d’édition, Les Carnets du dessert de lune, dirigée par Jean-Louis Massot. Peux-tu nous en dire quelques mots, pointer sa spécificité… ?

Jean-Louis ne publie que la poésie qu’il aime, dans une présentation qui sort du livre habituel. En général, il publie des choses lisibles, pas du laboratoire d’avant-garde. J’ai la chance qu’il apprécie ce que j’écris dans le genre, même si je n’ai pas la moindre prétention poétique.

Si tu devais te téléporter dans le temps, ce serait pour assister à quel événement, rectifier quel point d’histoire ?

Deux heures avant d’avoir méchamment planté mon pécé, sans plus.

 

INTERVIEW Thé ou Café

Thé ou café : quelle boisson pour quels bénéfices ? - Biba Magazine

Thé ou café ? Chimé.

Bain ou douche ? Lire mon « Fantasme avant l’aube » sur le site d’Ombrages et dans ces pages.

Lettre ou mail ? Les deux, avec du retard.

Stones ou Beatles ? Ni les uns ni les autres.

Blonde ou brune ? Entre une Duvel et une Chimay bleue, aucune hésitation !

Science ou fiction ? Fiction. Et beaucoup de S-F entre 1985 et 1995.

Londres ou Amsterdam ? Je déteste les grandes villes.

Reading ou roading ? Reading, of course!

Brautigan ou Kerouac ? Richard!!

Dard ou Tournier ? Plutôt San-A.

Verheggen ou Verhofstadt ? Geen!

Hara Kiri ou Charlie Hebdo ? Sepuku (ma prochaine revue).

+ ou – ? Ça dépend des jours.

 

INTERVIEW DE TOUS LES EXCÈS

Site le plus visité ? Pas le mien.

Disque le plus écouté ? Sans conteste et sans complexe, Slade Alive! entre 1972 et 1975.

Film le plus souvent vu ? La guerre des étoiles 4-5-6 à la queue leu leu.

Auteur le plus traduit ? Actuellement, Catfish McDaris.

Livre le plus lu ? Les fleurs du mal.

Livre le plus détesté ? ?

Geste le plus répété de la journée ? Allumer un cigarillo.

Ta plus chouette leçon (elle portait sur quoi) ? J’espère qu’elle est encore à venir.

L’action la plus nulle de l’Histoire ? Armstrong sur la Lune.

Ce qui te met le plus en colère ? L’intolérance.

L’excès qui te caractérise le mieux ? La tolérance.

Ton conte le plus bref ? Ex aequo : Lendemain de fin du monde (Élagage max…) et Le Q.I. du F.N. (Jivarosseries).

Ton pire calembour, donc le meilleur ? La solide aridité sociale du M.R.

 

PROUST SENS DESSUS DESSOUS

De 153 beste afbeeldingen van Marcel Proust | Schrijver, Marcel ...

 Ton objet préféré ? Mon marsupilami en plastique qui doit avoir dans les 35 ans.

Ton parfum préféré chez une femme ? Celui qu’elle porte.

La qualité que tu détestes chez une femme ? La féminismité.

Le défaut que tu préfères chez une femme ? La féminité.

Ta qualité préférée chez une boisson ? La fidélité.

La partie de ton corps que tu aimerais voir reproduite en série ?  Je n’aime pas être grossier…

Le rêve que tu n’aimerais pas réaliser ? Réaliser un rêve.

La qualité, le don qu’on ne t’a jamais reconnu ? Un bonus malus à 0 depuis 20 ans.

Le microbe, virus ou autre micro-organisme dans lequel tu aimerais te réincarner ? Le néant.

Comment aimerais-tu jouir ? Comme d’habitude : sans voyeur.

État présent de ton futur ? Relax ? Zen ? Cool ?

 

TEXTES d’ERIC DEJAEGER

 

L’INFLUENCE  DE  MARCEL PROUST

 Il ne vivait que pour les heures oubliées, les instants disparus, les souvenirs envolés et les grains de sable concassés au marteau-piqueur du sablier temporel. Il fut tellement  absorbé par sa recherche du temps perdu qu’il ne pensa jamais à mourir. Chaque semaine, une femme de ménage venait prendre les poussières et les toiles d’araignée de son avenir.

 

LA GRANDE SAGA DE LA SCIENCE FICTION
Les confins de l’univers

D’après les indications des instruments de bord, le vaisseau approchait des limites supposées de l’univers. Le pilote, un astronaute chevronné, s’attendait à tout. A tout à sauf ce qu’il aperçut un peu trop tard. Il ne put empêcher son engin spatial d’aller s’écraser contre le mur de briques.

 

LE MEILLEUR AMI

Il avait décidé de se suicider. Très sérieusement. Il savait par expérience que ceux qui parlaient de leur suicide ne passaient jamais à l’acte. Il se jura donc de ne rien révéler à personne. Il choisirait le moyen  et la date et se contenterait  de prévenir, juste avant l’instant fatidique, son meilleur ami  afin que les gens sachent  qu’il avait été quelqu’un en qui on eût pu avoir confiance.

Juste avant l’instant choisi, il se rendit compte qu’il n’avait pas d’ami.

 

L’IMITATEUR

Son idole ? Richard Brautigan. Son rêve ? Egaler son maître en littérature. Son problème ? Un manque évident d’imagination et de style. Des pages, des dizaines de pages, des centaines de pages refusées par il ne savait plus combien d’éditeurs.

N’y arrivant pas par l’écriture, il s’essaya au mimétisme sur le plan physique. Il se laissa  pousser les cheveux et la moustache, se mit des lunettes sur le nez alors que sa vue n’en nécessitait pas le port, s’habilla à la mode de la fin des années 60, début 70 – la grande période de son idole – et se coiffa d’un chapeau style Montana. Le résultat n’était pas trop mal mais il lui manquait une bonne dizaine de centimètres pour prendre la mesure de celui qu’il rêvait d’égaler.

Arrivé à l’âge de quarante-neuf ans et ayant ainsi atteint la longévité du grand écrivain sans avoir réussi à faire publier la moindre ligne, il décida qu’il était temps d’en finir pour lui aussi.

Il se procura un fusil de chasse et se rendit à Bolline (code postal 5310 et plus facile d’accès que Bolinas) où il s’enferma dans une chambre d’hôte avec l’intention de se suicider. Il réussit simplement à se faire éclater trois orteils du pied  droit et se consola  en pensant que personne n’arrivait à la cheville du grand Brautigan.

Extraits de « Elagage max… »,  Memor

 

RETOUR DE FLAMME

Grand spécialiste de la petite phrase assassine, il n’eut pas le temps de coucher sur papier celle qui tuait vraiment.

 

LA FÉBRILITÉ

Désireux d’écrire des contes brefs, il questionna un spécialiste du genre : «Comment faites-vous pour faire aussi court ?»

«Je compose mentalement, je couche sur papier puis j’enlève tout ce qui est superflu

Il travailla dans sa tête, recopia le texte sur une feuille et barra ce qui lui paraissait superflu. L’opération terminée, il ne resta rien. Même pas le titre.

 

L’ENTRAÎNEMENT

Deux fois par mois, à l’aide d’une petite râpe, il aplanit les cals de ses pieds. Il récupère soigneusement la poussière de peau dans une boîte en fer blanc qu’il range sur sa cheminée. Il se fait ainsi une petite idée de ce que sera sa vie après incinération.

 

L’INCOMPRÉHENSION

Quand les Palestiniens remplacèrent les pierres par des bulles de savon, le premier ministre israélien obtint l’absolution de l’ONU en défendant la thèse de la diabolique attaque au gaz.

 

CULTURE G.S.M. (IX)

« ePÓpz^dÅ©aíXf²╣δ╫4″ lui avait permis de remporter le G d’Or au premier championnat du monde de S.M.S. Le jury était exclusivement composé de spécialistes.

 

L’ORPHELIN

À sa naissance, il était relié à sa mère par un fil. Quelqu’un coupa ce fil. Et jamais il ne retrouva sa mère. Pas du tout évident, d’être un bébé araignée…

 

CULTURE G.S.M. (XIII)

Privé de portable par ses parents suite à de catastrophiques résultats scolaires, il s’étrangla avec le fil du vieux fixe.

 

L’AVENTURIÈRE

Elle n’avait jamais mis les pieds sur une plage. Elle s’avança, tranquille, vers les flots. Personne alentour. A mi-chemin, elle se dévêtit. Encore quelques pas et, nue, elle se laissa tomber de tout son long, bras écartés. L’impact fut terrible. Son corps de sable doux se désintégra au contact de la plage de chair bronzée.

Extraits de « Jivarosseries », Memor

 

LE CENTENAIRE

Á Jacques Sternberg

Les additions, ça pouvait encore aller, mais les multiplications ! Il avait toujours été incapable d’effectuer le moindre produit. Aussi, arrivé au bout de sa soixante-dix-neuvième année, vécut-il deux décennies supplémentaires sans prendre la moindre ride.

 

JUSTE RETOUR DES CHOSES

En écrivain prétentieux qui pétait sans cesse plus haut que le trou de son cul, il finit par se pendre au sérieux.

 

UNE BÊTE SENSÉE

Ce chien, doué d’une intelligence phénoménale qui lui avait permis d’apprendre à lire et à écrire, refusa catégoriquement de tenir la rubrique, pourtant copieuse, des hommes écrasés pour le plus grand quotidien du pays.

 

LA TRONÇONNEUSE

Après des années de recherche — et la perte de trois doigts — il avait mis au point sa tronçonneuse cautérisante. Elle permettait de débiter un être humain vivant en quelques instants sans la moindre effusion de sang.

 

LA VICTOIRE

Petit à petit, le genre littéraire appelé « conte bref » connut un succès de plus en plus marquant, à tel point que les romanciers établis en arrivèrent à limiter leurs nouvelles créations à vingt pages.

 

UN SUPER JOB

Il était si pauvre qu’il ne possédait même pas une sébile pour mendier.

 

LE LABYRINTHE EN CUL-DE-SAC

Perdu dans ses pensées, il n’en trouva jamais la sortie et n’eut d’autre solution que celle de devenir philosophe.

 

LE RÊVE

Il s’éveilla en gardant clairement à l’esprit le sujet de son rêve : il venait de rêver qu’il rêvait. Et les dernières années de sa vie lui parurent très bizarres car il ne réussit jamais à s’éveiller une seconde fois.

Extraits de « Court toujours! », recueil en préparation

 

FANTASME AVANT L’AUBE

Sous la douche

plein de  flocons

remplis

de produits divers

Normal

avec une épouse

&

3 filles

des shampooings

au chose

des bain-douche

au bazar

des trucs

au bidule

Le plus génial :

un gel

au lait

de pêche

En me savonnant

je pense à une jolie fermière

occupée

à traire

une pêche

Je sors de la douche

&

me sèche

La jolie fermière

a disparu

mais

j’aurai peut-être

la pêche

Extrait paru ensuite dans « Ouvrez le gaz trente minutes  avant de craquer l’allumette », chez Gros Textes

 

QUELQUES LIENS

Une interview de septembre 2004 d’Éric DEJAEGER par Eric Allard sur Critiques Libres

24 ouvrages d’Eric DEJAEGER sur Critiques Libres chroniqués (notamment par Denis Billamboz (Debezed) et E. Allard (Kinbote)

COURT TOUJOURS, le blog d’Eric DEJAEGER

À paraître en août 2020 au Cactus Inébranlable : DE TOUTES MES FARCES d’Eric DEJAEGER

 

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