LECTURE DE RECONFINEMENT : EN AVANT LA MUSIQUE ! / La chronique de Denis BILLAMBOZ

DENIS BILLAMBOZ

Depuis quelques années, les livres CD à l’intention des petits ont conquis un bel espace dans les rayons des disquaires et libraires. J’ai donc décidé de réserver cette chronique à l’intention des plus jeunes dont les parents voudraient leur faire découvrir les belles histoires et la musique. Ainsi, j’ai réuni trois albums dans cette chronique : un livre-CD de Jérôme Attal, une belle histoire du rock de Cyril Maguy et un album de chansons de Raphaëlle Garnier.

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Duncan et la petite tour Eiffel

Jérôme Attal (chant, récit et paroles)

Théo Aboukrat (chant, musique)

Juliette Bossé (chant, parole sur une chanson)

Sylvie Serprix (illustrations)

La label dans la forêt

Le Label dans la Foret - Duncan et la Petite Tour Eiffel

« Duncan est un petit garçon rêveur. Quand il est ici, il est toujours ailleurs ». Comme tous les petits garçons de son âge, Duncan rentre à l’école pour la première fois, il s’évade par la fenêtre, « Une fenêtre fermée n’a jamais empêché un garçon rêveur de s’envoler ». L’école organise un voyage en bus à Paris pour voir la Tour Eiffel, Jérôme Attal raconte cette incroyable aventure en une histoire illustrée et onze chansons avec la complicité de Théo Aboukrat et Juliette Bossé pour la musique et de Sylvie Serprix pour les chatoyantes illustrations. Un très bel album que j’ai regardé comme si j’avais huit ans en écoutant les aventures de Duncan et les chansons comme si j’en avais six…

Duncan prend le bus avec les enfants chahuteurs et surtout avec Lucie qui lui a réservé une place dans le bus, peut-être ont-ils tous les deux rêvé qu’ils l’avaient promis à l’autre ? On ne saura jamais mais on sait bien que Duncan aime bien Lucie. Le voyage passe très vite à côté de Lucie et il faut déjà grimper sur la Tour Eiffel et redescendre tout aussi vite. Duncan a un peu d’argent mais pas assez pour acheter des bonbons à manger avec Lucie et un petit souvenir pour les parents, il hésite, c’est un rêveur, il n’a pas l’habitude de décider rapidement, pendant qu’il hésite encore le bus part et il ne peut pas le rattraper… Heureusement, il rencontre un écureuil qui connait un rat, un rat râleur, du quartier de Bonne Poubelle, qui pourrait peut-être arrêter le bus en criant très, très, fort. Mais, il y a trop de bruit dans le bus, alors le rat à une idée, il faut appeler l’homme le plus de Paris, il saura certainement comment arrêter le bus…

C’est une histoire charmante où apparaissent des animaux bien sympathiques toujours prêts pour donner un coup de main à Duncan afin qu’il puisse revenir près de ses parents. Les enfants apprécieront l’histoire et les chansons et les parents et grands-parents reconnaîtront peut-être des rythmes qui ressemblent à ceux qui les faisaient danser quand ils étaient plus jeunes. Et, à coup sûr, toute la famille se penchera sur les magnifiques dessins de Sylvie Serprix. C’est un bien joli cadeau à offrir à nos bambins qui quittent leurs parents pour la première fois pour affronter un monde inconnu où ils seront peut-être des chahuteurs ou peut-être des rêveurs, on ne sait pas encore. En attendant, ils ont bien mérité d’écouter des belles histoires, comme celle de Duncan, en rentrant le soir à la maison après une longue journée de séparation.

Extraits à découvrir le site du Label dans la forêt

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Rock the Cavern

Cyril Maguy

Bertrand Lanche (illustrations)

Le Label dans la forêt

Le Label dans la Foret - Rock the Cavern - Cyril Maguy - Bertrand Lanche

Après avoir raconté l’histoire de Charley Patton l’un des pères du Delta Blues, le blues du delta du Mississipi dans « Les bedaines de Coton », Cyril Maguy, toujours avec son complice Bertrand Lanche pour les illustrations, remonte cette fois aux origines du rock n’roll à travers une émission qu’il confie au célèbre archéologue « Copince ». Celui-ci découvre les premiers indices de la présence de cette musique en Angleterre dans la grotte de Glastonbury, là où, désormais, s’installe chaque année l’un de plus grands festivals de musique du monde. L’archéologue a mis au jour les premières traces de la présence sur terre du groupe Rock the Cavern, le groupe fondateur du rock n’roll.

Cyril Maguy et ses complices ont traduit les recherches de « Copince » en douze textes et onze chansons enregistrés sur un CD et écrits dans un album joliment illustré par Bertrand Lanche. Les chansons sont mises en musique sur des airs de rock n’roll qui évoquent aussi bien le bon vieux rock à Billy de mon adolescence que les « grosses guitares » de la fin du millénaire et même des musiques évoquant celles servant aux rappeurs et aux « slameurs » pour déclamer leurs textes.

Dans ces musiques le plus petits trouveront des airs qui leur feront découvrir des rythmes qu’ils ne connaissent certainement pas encore mais qui les inciteront probablement à balancer les hanches en des danses primitives. Ceux qui ont déjà rangé quelques morceaux de savoir au fond de leur sac à dos, trouveront certainement dans cette histoire des allusions à ce que leurs enseignants essaient de leur apprendre. En effet, tout ce texte n’est qu’un parodie de l’évolution de l’humanité, de l’invention et de l’invasion du rock n’roll sur la planète.

« On passe des nuits dans des grottes, à composer et à chanter

On fait même des graffitis, sur les parois quand on s’ennuie

Le rock n’grotte est né, ça y est, la mode est lancée

… »

Et les parents, papis et mamies, envahis par un courant de nostalgie, lèveront l’oreille en se souvenant de ces bons vieux rocks endiablés qui les faisaient danser quand ils avaient encore toute leur énergie. Je n’ai pas échappé au coup de blues quand j’ai entendu qu’une chanson évoquait Lucy, j’ai cru entendre Little Richard chanter « Lucille », un vieux rock surgi du fond de ma mémoire. Clin d’œil de l’auteur, peut-être, ce livre-disque en comporte dans chaque texte et dans chaque chanson. Ces clins d’œil sont aussi l’occasion pour les adultes de transmettre dans cette école de la musique, quelques connaissances à leurs héritiers. Et ils pourront chanter comme l’un des interprètes : « Qui a eu cette idée cool d’inventer la préhischool ? ».

Le rock est donc né dans cette grotte en Angleterre et, en s’enrichissant, il aurait migré en Amérique. « Une fois célèbres, ils ont troqué beaucoup de choses grâce au succès, notamment une grotte à Miami et une autre en Californie ». Ainsi, le rock a accompli son premier grand pas pour la conquête de la planète :

« Silex, grotte and rock n’roll

On sera des milliards sur terre

On sera les rois de l’univers ».

À découvrir sur le site du Label dans la forêt

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Masques & tuba

Raphaëlle Garnier

Jean-Marc Le Coq

Label Production Nid de coucou

Masques & tuba (livre cd): Amazon.fr: Nid de coucou: Livres

A eux deux ils constituent le groupe Nid de coucou éponyme du label qui a créé la tétralogie des saisons dont ce livre CD évoquant l’été est le troisième volet mais le dernier à avoir été enregistré et publié. Eux, ce sont Raphaëlle Garnier « auteure-compositrice-interprète, chanteuse et trompettiste / illustratrice » pour les dessins, et Jean-Marc Le Coq « compositeur, interprète / accordéon chromatique ». Un duo très éclectique qui a reçu le concours de Stéphanie Duvivier et Claudius Dupont pour la musique et le chant et de quelques invités pour la musique et les voix d’enfants notamment. Je n’oublierai pas la participation du photographe Serge Picard pour la réalisation de l’album, ces photos sont de véritables créations artistiques, elles montrent des personnages au visage très sérieux, comme des parents ou des enseignants, installés dans un décor un peu décalé évoquant la mer : tenue de plage ou de bain, suroît ou marinière… Avant de mettre le CD sur la platine, on se délecte déjà des illustrations de Serge et de Raphaëlle.

Masques & tuba, c’est donc le troisième volet, l’été, de la tétralogie des saisons présentée sur scène par Nid de coucou, il se compose de quatorze chansons écrites et interprétées par les deux membres du groupe avec les participations évoquées ci-dessus. Des chansons parfois enjouées et même endiablées, parfois douces et tendres, évoquent le monde des enfants, un monde souvent idéalisé par la douceur de la vie estivale.

« Tous les jours dans ma cabane

On danse on est heureux

Les yeux au fond des yeux »

Même si parfois certains un peu grognons préfèrent les frimas hivernaux :

« Adieu feu de cheminée !

Adieu couverture chauffée !

On va tous mourir d’ennui à ne rien faire de l’après-midi… »

Mais la plupart préfère l’été et toutes les attractions qu’elle offre et que les auteurs ont mises en chansons : balade à vélo, l’eau qui rafraichit, les ciels étoilés, les masques et les tubas pour les explorations sous-marines, les histoires d’amour au soleil, les facéties des adultes libérés de leurs contraintes. La joie pour tous sauf les grognons et les animaux qui mènent souvent une vie de chien. Ces chansons composent l’histoire de belles vacances au soleil agrémentées par la musique dansante de l’accordéon, celle douce et grave de la contrebasse, celle des cuivres qui brille comme le soleil estival et de quelques autres instruments encore. Un moment de joie, de gaieté, de bonne humeur, … pour les petits et les déjà un peu plus grands. Un récit de vacances qu’ils pourront voir en vrai sur scène, car ces quatorze chansons sont aussi mises en scènes et interprétées par la troupe du Nid de coucou.

Et, pour conclure, avec le gros chien on pourrait chanter :

« …

J’adore allumer les étoiles

J’aime quand la liberté

M’irise un peu comme un été

… »

À découvrir sur le site de Nid de Coucou

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