LA PRIMA NOTTE DI QUIETE de VARLERIO ZURLINI / Une chronique de Philippe LEUCKX

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Philippe LEUCKX

L’inoubliable auteur de « Cronaca familiare » (1962), né en 1926, décédé en 1982, propose avec cette oeuvre de 1972 une plongée dans un Rimini méconnaissable, brumeux et mélancolique, sous la pluie et la grisaille, avec des personnages en partie perdus pour la vie, égarés ou chancelant dans les dérives. Daniele Dominici, campé par un Delon dégraissé de tous ses tics, perdant au regard intense de détresse, arrive ici pour professer dans un lycée de la ville. il s’éprend de Vanina, vingt ans, elle-même en déperdition d’elle-même. Le professeur est à l’occasion poète (son recueil donne le titre au film).

valerio zurlini - Alain Delon | Movie sound, Movie poster art, Alain delon

Les amis de l’antihéros se fourvoient dans des fêtes nocturnes au fond de villas flétries. La compagne du héros (un rôle tout en finesse pour Léa Massari) tente de raccrocher à leur couple le professeur, qui se sait déjà parti pour ailleurs.

Une distribution étonnante pour des personnages de perdants (la mère de Vanina, Alida Valli), les amis (Giancarlo Giannini, Renato Salvatori, très justes).

La mise en scène fouille la ville, les appartements, la crasse, les faubourgs, les bords de mer avec une attentive acuité de tous les plans. On admire ce travail d’orfèvre : chaque scène a son unité, son décor, sa profondeur. On ne peut oublier la scène de lit d’une violence inouïe de Delon et Massari ni la visite de la villa abandonnée, où la famille de Daniele a vécu.

Disponibile su RaiPlay La prima notte di quiete di Valerio Zurlini, con  Alain Delon — Mondospettacolo

Le cinéaste incise la psychologie traditionnelle pour offrir des portraits crus, réalistes, sans voyeurisme ni complaisance.

Les couleurs volontairement adoucies et délavées donnent de la ville une vision désabusée, avec l’intérieur de café au petit matin ou les voitures battues de pluie.

Delon n’a jamais été aussi bon que là, pleutre, égaré, sachant à peine ouvrir les bras pour recueillir un baiser. Sa silhouette au paletot jaune restera comme l’image même de la déchéance.

Un très grand film.

La prima notte di quiete. La recensione del fil di Valerio Zurlini

VALERIO ZURLINI, La prima notte di quiete, 1972 (ITA)

Un commentaire sur “LA PRIMA NOTTE DI QUIETE de VARLERIO ZURLINI / Une chronique de Philippe LEUCKX

  1. Oui, un tout grand film avec des grands qui « jouent » la vérité. Je le regarderai encore tant qu’il est disponible. Rimini a des accents d’hiver fellinien…. C’est l’Italie de la vera vita…

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