LA FABRIQUE DES MÉTIERS – 66. AVERTISSEUR DE SIRÈNE

Ecoles de sirènes : Comment se pratique ce sport ? - Vital

On le sait depuis L’Odyssée, le chant des sirènes casse les oreilles et leur vision fait se lever tous les appétits, déclencher des vagues d’onanisme dans la mer de la frigidité et de la bandaison molle.

Imaginons un instant le débarquement d’un banc de sirènes sur la marina d’une Maison de retraite de la poésie.

Combien de cœurs usés de poètes décatis se fendraient à leur vue, confrontés à la vision d’une fée, luisante du bas du ventre jusqu’à l’extrémité agile de la nageoire caudale, telle qu’ils n’ont jamais pu en concevoir ! Combien de poétesses périraient sous le coup de jalousie à l’image des muses, tour à tout enflammées et trempées, qu’elles ont, au mieux, été avant de décliner en poésie ! Combien de poètes hybrides, entre deux genres, s’ébaudiraient jusqu’à la désintégration devant pareil spectacle de leur aspiration !

Face à une réalité si crue, l’onirisme serait battu en brèche, à leur vue aucun fragment de songe ne résisterait ! Combien d’artistes faisant leur beurre dans la glaise du rêve devraient émarger au CPAS, à l’instar de ces artistes désoeuvrés et déprimant faute des sous et de souffle, secoués d’un orgasme scopique !

Muni d’un porte-voix, l’avertisseur de sirène, fait un boucan d’enfer à côté duquel le son du cor au brame du cerf mêlé paraît un couinement de souris.

Aux grands dangers, des mesures de prévention exceptionnelles : LA FABRIQUE DES MÉTIERS a compris, comme toujours, l’importance de l’avertisseur de sirène qui prévient du danger imminent, même s’il n’en préserve pas à cent pour cent, le risque zéro arête n’existant pas.

L’AVERTISSEUR DE SIRÈNE, fixé à la proue du marinier, permet de voir venir la jouissance, d’en atténuer son explosion, de maintenir l’aorte en état de subir la violence du choc, et les neurones de ne pas s’affoler. De se préparer, bref, au cataclysme en se repliant dans un endroit clos, sec, étanche comme un quelconque désert de l’âme, un caveau de famille, un arbre creux, pour continuer à espérer à petits feux, bien à l’abri dans le foyer éteint de nos poissonneuses espérances.

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