NUIT CLOSE, Sizains, de PHILIPPE LEUCKX (Bleu d’Encre) / Une lecture d’Éric ALLARD

Peut être une image de texte qui dit ’Philippe Leuckx Nuit close sizains G blou denore’

Avec ce nouveau grave et beau recueil de Philippe Leuckx, on est toujours dans l’entre-deux du temps de son précédent ouvrage.

Où un homme comme enfermé dans sa nuit, à l’ombre de lui-même, retiré du monde, guette les signes extérieurs de vie et les promesses de l’aube.

Tu marches

dans le désert étoilé

sous les lampes

qui battent

à peine si le cœur

presse cette étrange lumière

Il a pour seul viatique ses mots, son sang, cette couleur du pauvre. Sa palette est pâle, le tableau sombre. Il vit à l’économie, de peu et du rien qui tremble. L’air [est] décontenancé, les jours [sont] longs. (…) La mémoire / pour un peu / est une voix aimante / en recel de visages.

Nuit close

comme un fruit dispensé

par la main

qui a faim de paix

ce lait des meurtris

dans la bouche d’ombre

Touché au plus profond, le poète ne cesse toutefois pas de s’exprimer dans le lent registre du cœur

Au Vienne la nuit sonne l’heure… d’Apollinaire, Leuckx répond : Vienne la suie cette mue / des heures lentes…

La veine de nuit bat si fort qu’on sent l’aube [qui] vient, à telle enseigne qu’on se prend à confondre / joie lumière. Et la lampe toujours éveillée dans la nuit appelle la lumière, l’ouverture des portes du jour.

Voilà

nuit presque dépareillée

on  va recoudre les souffles

se prendre en mains

sans se retourner

le cœur voilé de vie

Philippe Leuckx, Nuit close, sizains, éditions Bleu d’Encre, 2021.

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