LES DOUZE MEILLEURS FILMS DE TOUS LES TEMPS… en 1958, par ADOLPHE NYSENHOLC (0)

Les « 12 meilleurs films de tous les temps »… en 1958 !

un feuilleton en 12 étapes d’Adolphe NYSENHOLC

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Présentation de Ciné-Phil RW – Introduction d’Adolphe Nysenholc

Présentation

Ayant proposé à mon ami Adolphe Nysenholc de participer au feuilleton choral Vers une cinéthèque idéale après avoir noté son enthousiasme devant nos premiers dossiers, j’ai eu le plaisir et l’honneur de recevoir son acquiescement. Mais, dans un deuxième temps, ce qui soulève une nouvelle salve de plaisir et d’honneur, il s’est tellement pris au jeu qu’il a été relire et retravailler des notes accumulées au fil d’une immense carrière de cinéphile et d’expert mondial ès Chaplin, Delvaux, etc.

Il en est advenu une redécouverte fascinante et édifiante : une liste des meilleurs films de tous les temps avait été élaborée en Belgique, à Bruxelles, lors de la si fameuse Expo 58. Et Adolphe s’est lancé dans une analyse des dits films, qui m’a bientôt paru mériter une vie à la fois autonome par rapport à la Cinéthèque mais tout en entretenant un lien intime avec celle-ci (via des interconnexions). C’est que… Adolphe partait des années 1910 et nous étions déjà dans la décennie 1930.

La liste de 1958 m’a fortement intrigué. Etait-elle la première ? En sus, son ancrage belge rappelait à quel point Bruxelles avait été une pierre angulaire de la cinéphilie durant des décennies, comme rappelé par Truffaut et d’autres. J’ai mené quelques recherches et réalisé deux découvertes :

  1. Depuis 1952, le magazine de cinéma britannique Sight and Sound publie tous les dix ans LE plus grand film de tous les temps. En 1952, le jury (international, un comité de critiques) a élu Le voleur de bicyclette (De Sica, 1948). Dès 1962, Citizen Kane (Orson Welles, 1941) devient la référence ultime et se voit confirmé en 1972, 1982, 1992 et 2002. Sueurs froides (Hitchcock, 1958) émerge en 2012 pour les critiques, Voyage à Tokyo (Ozu, 1953) pour les réalisateurs (qui votent depuis 1992).
  2. . En 1951, Le cuirassier Potemkine (Eisenstein, 1925) est choisi comme numéro 1 lors du Festival mondial du Film et des Beaux-Arts… de Belgique !

Le palmarès de 1958 semble donc bien le premier à citer plus qu’un film, à livrer une liste. Il sera le grand ancêtre de notre Cinéthèque idéale, tout en ayant lui-même les deux références citées supra (1952 et 1951) comme ancêtres.

Pour en savoir davantage sur Adolphe,, une figure majeure de notre paysage culturel :

. une interview organisée par l’AEB (l’Association des Ecrivains belges francophones), parue dans la revue Nos lettres (pages 10-18) : 

http://www.ecrivainsbelges.be/noslettres/Nos%20lettres%20-%20decembre%202020.pdf ;

. un article paru dans Le carnet :

https://le-carnet-et-les-instants.net/2020/03/03/nysenholc-charlie-chaplin-le-reve-devillez/ ;

Introduction

Notes sur les 12 meilleurs films classés en 1958

par Adolphe NYSENHOLC

L’idée d’une liste d’excellence a commencé, sauf erreur, avec 12 films en 1958. Certes, ces lauréats ont laissé dans l’ombre d’innombrables chefs-d’œuvre et la sélection ignorait l’éclosion de génies du cinéma qui ont suivi. Aussi une mise à jour s’est imposée avec une filmographie d’au moins 100 films.

Toujours est-il que 12 films furent classés « les meilleurs » en 1958, lors de l’Exposition universelle de Bruxelles. La Cinémathèque royale de Belgique, dirigée par son conservateur Jacques Ledoux, lança l’idée d’un palmarès, en interrogeant 117 critiques dans le monde.

Un des critères pour l’établir fut l’apport de chacun dans la construction du langage cinématographique au service d’un scénario original : les modalités de montage alterné dans Intolérance, du montage plastique dans Potemkine, de la caméra indépendante dans Le dernier homme, du gros plan dans Jeanne d’Arc, du décor et du jeu dans Le cabinet du docteur Caligari, de la profondeur de champ de Citizen Kane

Interpellant ! Griffith et von Stroheim ont été dévorés par leur chef-d’œuvre. Orson Welles, comme von Stroheim, a été banni d’Hollywood après le sien, Citizen Kane, comme Jean Renoir, de France, avec La grande illusion. Chaplin perfectionniste a frôlé la catastrophe.

Le palmarès de 1958 leur a rendu hommage. Mais que d’oublis ! « 12 » est un chiffre magique, mais arbitraire. Et l’on comprend que Philippe, avec la Cinéthèque idéale, ait voulu étendre l’excellence à dix fois plus d’œuvres… tout en en citant d’autres, des centaines, aidé par une équipe de contre-pointeurs.

Voici la liste :

1. Le cuirassé Potemkine/Bronenosetz Potemkin (S.M. Eisenstein, U.R.S.S., 1925)
2. La ruée vers l’or/Gold Rush (Charlie Chaplin, États-Unis, 1925)
3. Le voleur de bicyclette/Ladri di biciclette (Vittorio De Sica, Italie, 1948)
4. La passion de Jeanne d’Arc (Carl Dreyer, France, 1928)
5. La grande illusion (Jean Renoir, France, 1938)
6. Les rapaces/Greed (Erich von Stroheim, États-Unis, 1923)
7. Intolérance (David W. Griffith, États-Unis, 1916)
8. La mère/Mat (Vsevolod Poudovkine, U.R.S.S., 1926)
9. Citizen Kane (Orson Welles, États-Unis, 1941)
10. La terre/Zemlja (Aleksandr Dovjenko, U.R.S.S., 1930)
11. Le dernier des hommes/Der Letzte Mann (F.W. Murnau, Allemagne, 1924)
12. Ex aequo avec le précédent : Le cabinet du docteur Caligari/Das Kabinett des Doktor Caligari (Robert Wiene, Allemagne, 1919)

Pour le feuilleton à suivre, je proposerai quelques notes sur chacun de ces 12 films (un épisode par film) mais les classerai par ordre chronologique :

Intolerance (1916)

Das Cabinet des Dr Caligari (1919)

Greed (1923)

Der Letze Mann (1924)

The Gold Rush (1925)

Bronenosets Potemkin (1925)

Mat (1926)

Jeanne d’Arc (1929)

Zemlja (1930)

La grande illusion (1938)

Citizen Kane (1942)

Ladri di biciclette (1948)

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