DES MAUX DE MIDI de GAËTAN FAUCER (Lamiroy)/Une lecture d’Éric ALLARD

D’entrée de jeu, arrêtons-nous un instant sur le titre, Des maux de midi, du nouveau recueil d’aphorismes de Gaëtan Faucer qui, loin d’être anodin, signale que les mots naissent des maux dans le même temps où ils y portent remède.

Quand je lis un bon livre, j’en perds mes maux, lit-on sous sa plume.

D’autres aphorismes pointent l’écriture comme un mensonge programmé ou comme un mensonge sincère mais raisonné ou « vrai », selon le mot d’Aragon. On peut aussi penser qu’en fin observateur des noms, Gaëtan s’est interrogé sur la façon dont sonne son patronyme qui doit être partie prenante de sa vocation littéraire.

Le titre fait aussi signe vers ce qui tente (le fameux démon) l’homme entamant la seconde partie de sa vie quand il demeure sensible à l’amour, des femmes, en l’occurrence, comme de la littérature. Il laisse de même entendre que l’écrivain (re)joue sa vie à tout moment de son existence. Un goût du risque et du je qui anime l’écriture de Gaëtan.

La lecture du recueil laisse aussi observer qu’en plus d’être, justement, un jongleur et un joueur de mots qui ne laisse aux vocables aucun répit, les traquant sous toutes leurs acceptions pour leur découvrir des sens cachés, Faucer s’inscrit dans la lignée des moralistes français (La Rochefoucauld, Chamfort, La Bruyère…) qui dispensent par la bande des observations sur la nature humaine et le sens de la vie.

Le moraliste opère par le fait du discontinu, du fragment, de l’apophtegme donc, laissant au lecteur le soin de se faire son jugement. Il ne délivre pas des vérités toutes faites mais des propositions à valider, ou non, par son lecteur.

On trouve dans cette veine faucerienne des saillies contre les cons et la connerie de même qu’à l’endroit de la médiocrité quand elle s’affiche comme on peut lire d’autres aphorismes encourageant la persévérance et l’audace qui ne peuvent amener l’homme qu’à s’améliorer dans le but d’être moins envieux et plus en accord avec eux-mêmes. 

C’est sur cette ligne, entre égotisme de bon aloi et impersonnalité, que s’inscrivent les citations à paraître que sont les aphorismes, selon la belle formule de Gaëtan.  

Que ce soit par le fait des bons mots, de la trouvaille langagière qui fait sens ou de la délivrance d’ordonnances existentielles qui font du bien à la tête et au coeur, Gaëtan Faucer ne vise qu’au bonheur de son lecteur sans omettre l’inquiétude existentielle et les doutes propres à tout travail artistique qui se respecte.

Quelques aphorismes tirés du recueil

Un aphorisme est le témoin d’une citation à paraître.

L’idéal, c’est quand l’avenir s’est sur passé.

Dans la vie, il faut fermer les yeux sur beaucoup de choses, surtout quand on se mouche.

Le pyromane amoureux : La flamme est l’avenir de l’homme.

Je lègue mon corps à la sieste.

Il est bon d’avoir constance en soi.

A force de se planter, on s’enracine.

La femme, ce condensé de détails sensuels.

Est-ce que la nage papillon est un sport éphémère ?

On reconnaît l’artiste inconnu à son désir de notoriété.

On partage tellement d’un faux.

Et plein d’autres…

L’ouvrage sur les site des Editions Lamiroy

La page sur Facebook de Gaëtan Faucer

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