ADOLPHE NYSENHOLC analyse les 12 MEILLEURS FILMS classés en 1958 – 10/ LA GRANDE ILLUSION de Jean RENOIR

10.

La Grande Illusion (1937)

Jean Renoir

Frères humains

par

Adolphe Nysenholc

La Grande Illusion | Jean renoir, Affiche de film, Jean gabin

Pitch

Evasion réussie de deux officiers français prisonniers des Allemands durant la Première Guerre mondiale.

Script

En pleine Grande Guerre, le capitaine Boeildieu demande au lieutenant Maréchal de l’emmener survoler les lignes allemandes. Leur avion est abattu par le major von Raufenstein qui les invite à sa table en adversaire loyal. Les deux officiers français sont néanmoins internés dans un camp de prisonniers. Dans la chambrée, ils trouvent un ingénieur du cadastre (il donne l’occasion d’un projet d’évasion collective par un tunnel creusé à la Monte Cristo), un acteur, Carette, en Titi de Paris on ne peut plus sémillant (sur lequel se construit un spectacle festif) et un Juif qui avec les colis qu’il reçoit de sa famille offre des repas succulents à ses camarades d’infortune, chacun contribuant selon ses talents à la cohésion du groupe. Mais la veille de leur fuite, ils sont évacués vers d’autres camps, contraints d’abandonner la voie souterraine de leur espoir. Et après plusieurs tentatives de s’échapper de lager successifs, ils sont envoyés dans une forteresse dont le commandant est… von Raufenstein, qui a été à son tour descendu en flammes. De noble extrace, le capitaine français et le major allemand fraternisent. Le sentiment d’appartenance de classe l’emporte sur celui de la nation. Mais, ils restent cependant fidèles à leur engagement militaire. L’un a la mission de surveiller ceux qu’il a sous sa garde pour le Reich, l’autre a le devoir de tout faire pour qu’on puisse rejoindre son escadrille au service de la République. Boieldieu, en soldat fidèle à son pays, ordonne à Maréchal, son inférieur, de s’enfuir avec Rosenthal. Il a un plan, conscient qu’on ne peut réussir à déjouer la vigilance de la garnison qu’à deux. Il organise un charivari pour couvrir la fuite de ses deux subordonnés. Il grimpe sur les remparts en attirant sur lui le projecteur-poursuite. Von Raufenstein le somme de s’arrêter, doit tirer, le blesse à mort. Maréchal et Rosenthal ont eu le temps de prendre du champ. Ils se réfugieront dans une ferme, où vit une veuve de guerre allemande avec qui Maréchal connaît une belle nuit d’amour. Passant la frontière sans le savoir, dans la neige qui recouvre tout le paysage, nos évadés arrivent sains et sauf en Suisse, prêts à s’engager de nouveau dans le combat pour mettre un terme à la guerre, qu’ils espèrent être la dernière.

Genèse

La première séquence du film est d’inspiration autobiographique. Jean Renoir a piloté un Bréguet qui faisait de la reconnaissance sur les positions allemandes en 14-18. Inquiété par un appareil ennemi, il a été sauvé par l’avion de chasse de Pinsard. Celui-ci rencontré par hasard dans le civil, lui a raconté comment, après avoir été abattu, il a réussi 7 évasions. Renoir, par reconnaissance à son sauveur, a voulu témoigner de cet héroïsme. Il demande une collaboration au scénariste Charles Spaak [1] qui lit une vingtaine de livres sur la Grande Guerre. Jean Gabin intéressé a permis de convaincre un producteur. Renoir a pensé lui donner son propre costume d’officier pour jouer le rôle principal.

Jouvet n’était pas libre. Pierre Fresnay incarnera Boeildieu.

Le producteur apprend l’arrivée en France d’Erich von Stroheim, à qui est proposé un rôle. Pour Renoir, qui le considère depuis Foolish Wives comme son maître,c’est un cadeau du ciel. A leur première rencontre, Stroheim, dit : « Pour vous, tout ce que vous voudrez » et fait des propositions, étonné de les voir acceptées. Renoir, très cordial, toujours à l’écoute des autres, recevait volontiers les suggestions bénéfiques à son film.

Thèmes

Stroheim qui jouait, en 14-18 à Hollywood, son rôle mythique d’Allemand dur et pur, « l’homme que vous aimeriez haïr », retourne ici son image puisqu’il fraternise avec un Français. Responsable d’une prison, il enferme l’autre dans ses préjugés de caste, mais incarne l’homme qui manifeste la plus belle et forte amitié de tout le film, une passion tragique, acculé qu’il est à tuer l’ami (en principe ennemi) par devoir. « J’en aurais fait autant », dit l’agonisant compréhensif, à qui le malheureux meurtrier demande « Pardon ! J’ai été maladroit », tendre à son chevet, comme une nounou, le chevalier dont la superbe s’est muée en nostalgie d’un monde qui ne sera plus !

Cette scène est « annoncée » au début par celle où un gardien simple soldat vient humblement consoler Maréchal (Gabin) puni d’un cruel isolement au cachot. C’est le principe énoncé par Renoir de « la balance » que Stroheim a superbement compris. Car, dans le scénario initial, son personnage à la fin était à peine esquissé. Et comme il apparaît dans la première partie (où il abat l’avion de Boeildieu-Maréchal), il fallait équilibrer le récit par sa présence dans la dernière partie (où, après une mise en garde, il touche Boieldieu, cette fois à mort).

Parallèlement, Maréchal (Gabin) dit à Rosenthal (Dalio) : « Tout ce que je vois, c’est que tu as été un bon copain ». Et leur camaraderie se renforce au cours de leur fugue, surtout après la terrible dispute, où, perdus dans la nature, épuisés, ils ont failli se séparer. L’un ingénieur issu du peuple et l’autre couturier né d’immigrés devenus riches d’un château doivent surmonter la division de classe, mais aussi la discrimination culturelle, le second étant d’origine juive. Mais après tout, l’affection la plus profonde a été vécue par les deux représentants de la vieille noblesse, le sentiment de classe l’ayant emporté sur le sentiment national. Et c’était bien le message du film : si l’on aime son prochain, on ne peut se battre. Si les frontières sont abolies, il n’y a plus de raison de faire la guerre.

Mais Renoir ne prône pas un pacifisme bêlant. Car le but des tentatives d’évasion est de rejoindre son unité pour continuer le combat. Et la dernière parole de Maréchal, qui veut retrouver son escadrille, est : « Il faut bien qu’on la finisse cette putain de guerre. »

En somme, la fraternité, qui est de l’égalité appliquée, est un moyen au service de la liberté. Le film est traversé par la devise française, héritée des Lumières, et dont l’humanisme anime le Front populaire de 1936. Renoir s’avère porte-parole de toute cette tradition.

Stroheim admire que Renoir sur le plateau n’élève jamais la voix alors que lui jadis ne pouvait se retenir de jurer. Or, dans son rôle de von Raufenstein, ce Junker prussien est d’une courtoisie exquise avec des « Je vous en prie, prenez place Messieurs » à l’égard de ceux dont il vient d’abattre l’avion dans un combat loyal. Il faut qu’il soit noble de caractère comme d’origine. À l’instar du capitaine Boeildieu, qui, lors d’une fouille sans ménagement par des subalternes, proteste : « On peut faire la guerre, mais avec politesse. » On parle de la courtoisie française. Elle est surtout une qualité de Renoir qui est ainsi présent dans tous ses personnages.

Cette attitude de respect de l’autre est aussi celle du réalisateur vis-à-vis de ses comédiens. C’est au point qu’il en privilégie le plan-séquence [2]. Il veut suivre le jeu de l’acteur dans son développement naturel au prix d’acrobaties de son opérateur. Mais il n’aime pas de couper dans l’inspiration de son interprète, il est à son service et non l’inverse. Certes, cela implique de nombreuses répétitions pour savoir où doit se trouver continuellement la caméra. C’est le montage au moment du tournage. Cela résout les problèmes de raccord, parfois impossibles quand le climat a changé lors de deux prises…

Cette technique de filmer était très cohérente avec le thème de l’évasion. On ne reste pas prisonnier d’un cadre fixe, le héros s’en échappe selon les mouvements de son humeur. Et mutatis mutandis, les personnages brisent tous les carcans : sociaux, nationaux.

Il y aura jusqu’à l’amour entre un Français (Gabin) et une Allemande (Dita Parlo). Au réveillon, les soldats anglais se travestiront en femmes pour un French Cancan. Un homme parlera aimablement à une vache. Et à la fin, dans le no man’s land au bord de la Suisse, on ne sait même plus où est la frontière. « La nature s’en fout », dit Dalio.

Le personnage de l’Israélite n’était pas plus présent dans la première version du scénario que, dans le premier casting, Stroheim, dont on sait que ses parents étaient de religion mosaïque, comme on disait à l’époque en Autriche. Il permet d’y introduire un troisième terme en représentant une nouvelle noblesse, avec un château acquis par le talent et le travail de sa famille. Et c’est grâce à Rosenthal que l’évasion est réalisable : il reçoit des colis dont il met de côté des provisions de sucre et une carte de géographie qui permettra aux fuyards de trouver leur chemin. Dalio, en guide, peut paraître en 1936, – à l’opposé certes d’un Duce, Caudillo ou Führer, – comme un écho en sourdine du leader du Front populaire, Léon Blum, dont le film véhicule les valeurs.

Le film se situe dans l’Histoire du cinéma. Ici, contrairement à Griffith, est montrée en acte la tolérance à l’autre, par l’entente cordiale. Et la fraternité universelle qui l’anime est bel et bien ancrée dans le cri des mutins « Frères ! » du Potemkine, pour qu’on ne tire pas (ni au fusil, ni au canon).

Les films pacifistes en général, – pour faire détester la guerre, – la montrent dans toute son horreur. Mais c’est mettre en scène la haine. Or, le propos de Renoir est l’amour du prochain. Il choisit, non une histoire de combattants qui s’entretuent, mais de prisonniers dont la vie est paradoxalement préservée par les ennemis qui les gardent. Une relation humaine s’installe. Il y a Arthur au casque à pointe et son règlement qui accepte avec le sourire d’être, comme un instituteur, chahuté par les traits que lui décoche Carette, dont il reconnaît le talent comique. Et quand ses pensionnaires seront déplacés dans un autre camp, il leur rend la pareille mais sans rancune avec une pointe d’ironie bonhomme en leur souhaitant : « Bon voyage !» Quant à Von Rauffenstein, il ne veut pas tirer sur l’officier rebelle, « Boeildieu, je vous en prie ! Ne m’obligez pas », et au chevet du mourant, il est touchant, meurtri, « Je suis désolé. » Dégoûté de ce conflit armé qui lui a fait assassiner, dans un ami, sa classe, car l’armistice sonnera la fin de l’aristocratie. 

Si la fraternité est possible dans l’enfer de la guerre, alors la paix peut être un paradis pour tous sur terre. Renoir, en 1937, s’érige en prophète pour prévenir de l’avenir sombre qui menace.

Or, il y avait une quatrième partie [3] prévue dans le scénario. Les deux évadés s’étaient jurés de se revoir. Mais la table chez Maxim’s reste vide. Le film se terminait sur de la grande illusion (en un sens péjoratif).

On voit comment, avec la suppression de cette séquence, on reste au contraire dans l’espoir. Après qu’un soldat de la patrouille allemande ait dit « Ne tire pas », car les fugitifs dans la ligne de mire sont déjà en territoire neutre, on voit dans la dernière image, au bout de la vallée entre les montagnes aux neiges éternelles, les deux compères, sauvés. La Victoire est celle de la fraternité.

Von Raufenstein, aviateur, avait un tableau de chasse dont il pouvait s’enorgueillir. Si le lieutenant Maréchal, qui a dû atterrir en catastrophe à cause de lui, s’en sort avec un bras en écharpe, le major son adversaire se retrouve cloué au sol, les mains brûlées, une rotule en argent, la colonne vertébrale brisée maintenue par un corset de fer et relégué dans un emploi peu glorieux en commandant d’un pénitencier. Or, il ne montre aucune rancune, il reste au-dessus de son malheur. Il fait même bon accueil à ceux qui se sont évadés plusieurs fois, dans des tentatives de reprendre les armes, donc contre lui ! Il est magnanime. Stroheim tient tête avec une superbe ironie à Gabin et Fresnay réunis. C’est lui qui a fait la trouvaille de la minerve dans laquelle il est engoncé : il porte la forteresse sur lui, c’est le geôlier qui est prisonnier. L’homme cassé par Hollywood se raconte de cette façon dans cet épisode.

Le spectacle est un sacrifice. Maréchal connaît le cachot car son annonce de la reprise de Douaumont avait déclenché une vibrante Marseillaise entonnée par tous les prisonniers du camp. La veuve allemande voit la mort dans l’âme son amant français de passage s’en aller vers son destin. Le capitaine Boieldieu meurt en martyr au profit de ses lieutenants, Maréchal et Rosenthal, qu’il envoie en mission et dont il protège la fuite, au détriment de son honneur et du privilège qu’il avait acquis auprès de son alter ego en noblesse.

Construction en chiasmes

A première vue, La Grande Illusion pourrait être perçu comme un documentaire comme le Potemkine semblait reproduire des actualités, or le réalisme de ces films est une illusion.

On voit comment ils sont dramatiquement construits, équilibrés, avec des reprises en crescendo.

Au bras cassé de Maréchal correspondra le pied foulé de Rosenthal. Si l’un a les pieds lavés par l’ingénieur du cadastre, l’autre aura les siens trempés dans l’eau chaude par la fermière allemande.

Si Carette ramené du tunnel où il s’est évanoui par manque d’air est chouchouté par ses camarades, Boeildieu à l’agonie est veillé par Raufenstein avec au moins autant de sympathie.

Au Christ de la Chapelle du château où loge von Raufenstein correspond la crèche de Noël dans la ferme qui héberge les deux fugitifs.

L’harmonica que Maréchal enragé reçoit en consolation de son geôlier allemand qui, comprenant que « la guerre est trop longue », lui permet de souffler un peu, se retrouve en écho dans le fifre de Boeildieu qui siffle si bien qu’il crée la diversion nécessaire au succès de ses candidats à la liberté.

La fête dans le premier camp avec les hommes travestis pour égayer le cabaret du réveillon sera renouvelée lors de la Noël célébrée avec enfin une femme incarnée par une Dita Parlo rayonnante.

Il y a des motifs récurrents : citons le disque sur le gramophone et au-dessus de lui le képi aussi rond sur la tête de Maréchal qui l’écoute ; ou les gants blancs de von Raufenstein qui masquent ses brûlures et ceux de Boeildieu pour être bien visible dans la nuit comme cible ; ou le « Streng Verboten » du règlement d’Arthur répété à la fin gentiment par Dalio dans la ferme à la petite fille qui veut manger le petit Jésus de la crèche.

On peut multiplier les exemples de ces variations sur un même thème qui créent des comparaisons imagées, avec leurs (dis)similarités. Le spectateur est heureux de retrouver ce qu’il connaît, et cela lui permet d’accepter du nouveau dû à des retournements ponctuels de situation, qui font évoluer le récit dans sa montée par paliers jusqu’à son climax. Renoir dit qu’il introduit dans ses plans de la « féérie ». Il ne crée par une fantasmagorie débridée à la Méliès. Mais il amalgame le « réalisme magique » germanique et le « réalisme poétique » français, nourri par des images de nostalgie et d’espérance. En tout cas, il y a de l’imaginaire tous azimuts. Le rêve d’évasion est décliné autrement par chaque personnage. Carette crève l’écran. Rosenthal en route pour défendre la patrie des droits de l’homme boite avec un bâton comme le Juif errant. L’émotion créée par la poétique du film est manifeste jusque dans les gros plans de son héros, Jean Gabin, au regard rêveur.

La décision de Boeildieu est-elle crédible ?

L’aristocratie sera balayée après 14-18, d’où plutôt se sauver en héros que finir déshonoré. Il reste patriote et fraternel, puisqu’il aide deux camarades de combat à survivre. Il se punit d’être par-là déloyal à son frère de classe, von Raufenstein, de lui avoir menti par omission, quand il a donné sa parole qu’il n’y avait rien d’interdit dans la chambre (la corde compromettante étant accrochée à l’extérieur). Il se rachète aux yeux de Maréchal (qui était mis au secret), alors qu’il était prêt à partir sans lui par le tunnel, et avec qui il refuse de se laisser aller à la familiarité comme s’il n’acceptait pas de se commettre avec un plébéien. Mais, il s’excuse de ce mépris apparent : « Je dis vous à ma femme et à ma mère. » Et lui qui « détestait les fifres », quand il avait entendu des Fritz en jouer au drill en rangs serrés dans la cour du premier camp, se venge de ce mauvais goût en en utilisant un par dérision pour flanquer la pagaille. Mais surtout, il paie sa dette. Ayant été la cause de l’enfermement de Maréchal quand il l’a réquisitionné au début avec son Caudron pour une mission périlleuse, il le libère. Finalement il opte contre la fraternelle internationale des aristocrates pour l’union sacrée. Et il prouve l’absurdité de la guerre en se faisant abattre par un « ami », qui la deuxième fois ne le rate pas, demeurant avec cette mort sur la conscience.

La grande illusion

Quand Maréchal dans son adieu espère que ce sera « la der des der », Rosenthal réplique : « Tu te fais des illusions ».

Le titre La grande illusion était celui d’un livre, mais dont le sujet n’est pas celui du film. Il peut faire allusion au rêve d’évasion, à l’espoir illusoire d’une victoire définitive, à l’illusion groupale d’un collectif (la chambrée, la nation), à l’illusion de la fraternité, à l’utopie du bonheur sur terre, à la certitude trompeuse de connaître le réel dont on ne voit jamais qu’un aspect, au rêve éveillé que suscite un film projeté dans la salle obscure, au mystère de l’art.

La grande illusion : c’est une belle définition du cinéma.

« J’avais le désir de montrer que même en temps de guerre des combattants peuvent rester des hommes » (J.R.)

Dans les films propagande de guerre, on ne montre pas le visage de l’ennemi, son regard. Cela le rendrait humain, semblable à soi, impossible à supprimer.

Renoir a peut-être réalisé le seul film vraiment pacifiste.

Le film a connu un grand succès à sa sortie ; pour Roosevelt « Tous les démocrates du monde devraient voir ce film ». Puis chaque année suivante il a été fortement critiqué, censuré, interdit, – par Goebbels (qui l’a proclamé « ennemi cinématographique public n°1 », haïssable pour lui avec un Juif qui incarne un Aryen haut gradé !) ;  par les gouvernements de part et d’autre du Rhin (qui au moment de la plus grande haine craignaient la démobilisation dans les esprits de ceux qui auraient pu voir un Allemand aimer un Français) ; par Vichy (dont l’antisémitisme collaborationniste ne supportait pas la figure de Dalio) ; pour la Résistance d’extrême gauche en 1945 (qui après les atrocités commises trouvait que mettre en avant l’amitié franco-allemande était déjà les oublier, voire les absoudre).

Après l’évasion du bagne dans La Mère qui devient ici une épopée ; après la camaraderie des mutins dans le Potemkine qui est élevée ici en principe universel ; après le manteau chamarré de Der Letze Mann magnifié ici en la tenue d’apparat d’un officier supérieur de l’armée impériale ; après Titine des Temps Modernes qui inspire Carette chantant « Marguerite donne-moi ton coeur », – La Grande Illusion, enraciné dans l’Histoire du cinéma, renouvelle la vision du monde par un formidable souffle d’optimisme.

Ce film a le charisme des chefs-d’œuvre.


[1] Charles Spaak, auteur d’une 100aine de scénarios, frère de Paul-Henri Spaak, homme d’Etat belge et de Claude Spaak, auteur dramatique, beau-frère de Suzanne Spaak, résistante qui a sauvé de nombreux enfants juifs durant la Seconde guerre Mondiale.

[2] Comme Chaplin, mais lui avec une caméra le plus souvent fixe. Il estimait que c’était à lui à se rendre intéressant dans le cadre par son jeu et non à l’appareil à le faire.

[3] Toujours le schéma d’Intolerance.

Lire aussi, dans le cadre de la Cinéthèque idéale, l’échange entre Daniel Mangano, Adolphe Nysenholc et Philippe Remy-Wilkin à propos de ce film

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