MES PRESCRIPTIONS de GAËTAN SORTET (Cactus Inébranlable)/ Une lecture d’Éric ALLARD

Gaëtan SORTET fait feu de tout bois pour alimenter le feu de la poésie, au centre de ses prescriptions. Dictons, expressions, titres de livre ou de chanson détournés, nom de poètes (Char, Chavée, Mansour, Thoreau…), calembours sont jetés dans le brasier, et des lueurs jaillissent, produisant un feu d’artifice de sens. Car la poésie est énergie, dont la mèche est à (r)allumer sans cesse, et force, à communiquer, à entretenir.

Il pousse plus de choses dans un poème que n’en sème le poète (prescription #292)

La prescription #294 nous prévient: Êtes-vous prêt pour autant de poésie?

Pas d’ennui toutefois à craindre car les prescriptions jouent sur tous les registres de l’aphorisme. Pas de gavage non plus à redouter car chacune s’inscrit dans une suite de 777, numérotée, rythmée par des multiples de 7.

Outre le dispositif numéral, dans plus d’une prescription, Sortet use des chiffres comme de sons, pour former des phrases. Les chiffres sont sonores ; ils sonnent dans les mots-nombres.  

Si Gaëtan Sortet joue avec un set de piques & de coeurs sur les mots-dits, qui sont le tout de la chose (Les choses sont sans image, prescription #31), il ne parle jamais de lui, sauf par la bande (Je fais ce que cheveux, prescription #90), car le je n’en vaut pas la chandelle (prescription #185). Paradoxe de l’homme de scène, il n’affiche pas son moi et ne se sert pas de l’écriture pour s’épancher sur son sort.

Si l’on n’a pas vu Gaëtan Sortet, artiste protéiforme, en spectacle (ou sur une vidéo) en compagnie de musien(ne)s, clamant ses mots & vers, mi-sérieux, mi-amusé, l’œil malicieux, on perd une dimension de ces prescriptions ayant vocation à être dites à la suite, comme si on épuisait une liste de lots à retirer, comme si on égrenait un chapelet de perles verbales, où la répétition, le changement de ton s’imposent.

Comme toute suite, ce recueil de prescriptions joue sur l’idée d’infini, de périodicité et le fait que chaque terme ordinal, s’il résonne avec les autres, n’en est pas moins cardinal dans l’ensemble. La poésie est une et indivisible.

En guise de conclusion : sept à lire, avec ou sans , et jusqu’au bout !

Une sélection de 14 prescriptions de Gaëtan Sortet

Les petits pois sont rouges.

Les étoiles sont l’acné de l’univers.

A fond la forme ! Pour le sportif… Comme pour le poète.

Je me 120.

L’hymen à la joie.

 On parle très peu de la Marie-Madeleine de Proust.

Tout au fond du puits, il y a mais encore.

Le vase attend la goutte qui le fera déborder.

Si ta vie était un poème, quel serait le titre ?

Tout ce qui brille n’est pas Dior.

Toute salade vit aux dépens de celui qui l’égoutte.

Les petits chanteurs à la croix de bois ton picon-bière avant de parler.

Les rats de marée sont des rongeurs qui apparaissent par l’effet conjugué des forces de gravitation dues à la lune, au soleil et à la rotation de la Terre. Tantôt haut… De forme, tantôt bas… Les pattes.

Dans la vie, tout est poéssible.

Le recueil sur le site du Cactus Inébranlable

Le site de Gaëtan SORTET

CI-dessous, Gaëtan Sortet dans 7 de ses prescriptions.

Plus de vidéos sur la chaîne Gaëtan Sortet-Art

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