2021 – LECTURES DÉCONFINÉES : NOUVELLES D’ICI ET D’AILLEURS / La chronique de Denis BILLAMBOZ

DENIS BILLAMBOZ

La nouvelle, un genre littéraire difficile à maîtriser mais qui est très agréable à lire quand l’auteur a su raconter une belle histoire en ménageant une chute inattendue, surprenante, étonnante, …, mais surtout pas convenue. Les éditions de l’AUBE ont eu la belle idée de rassembler des grands auteurs classiques dans un recueil qui évoque l’amour de la mère et que je vous présente ci-dessous avec une nouvelle de Claude DONNAY, homme de lettres au talent protéiforme.

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L’amour d’une mère

Recueil de nouvelles choisies par Julie Maillard

Editions de L’Aube

A l’approche de la Fête des Mères, les Editions de l’Aube édite ce très joli recueil de nouvelles sélectionnées avec beaucoup de finesse et de goût par Julie Maillard. « Tendre et doux ou âpre et violent, l’amour d’une mère est une force qui peut tout emporter sur son passage ». Au travers des neuf textes qu’elle a sélectionnés, Julie Maillard nous le démontre. J’ai choisi de nommer les auteurs et leur texte afin que chaque lecteur puisse rechercher l’original et éventuellement le situer dans son contexte éditorial ou dans l’œuvre de l’auteur.

Hans Christian Andersen – Histoire d’une mère – Un conte radieux comme Andersen en a beaucoup écrit, plein de poésie et de romantisme mais du romantisme comme on en écrivait au XIX° siècle. « Comment as-tu pu trouver ta route jusqu’ici ? demanda la Mort, et comment as-tu fait pour t’y être rendue plus vite que moi ? ».

Jules Renard – L’enfant gras et l’enfant maigre – Une très courte nouvelle comme une réplique, une excuse, une politesse qui ne sert qu’à masquer une cruelle réalité. « Chère Madame, je ne dis point cela parce que vous êtes sa mère, mais savez-vous que je le trouve très bien aussi, le vôtre, dans son genre ! ».

Alphonse Daudet – Les mères – Un amour maternel surdimensionné rempli d’une foi inébranlable en son pouvoir qu’une mère éprouve pour son fils soldat. « Quand il parut, la façade du fort en fut toute illuminée ».

Marguerite Audoux – Mère et fille – Quand la mère qui a trop protégé sa fille devient sa rivale, l’affrontement devient inéluctable mais l’amour conduira l’une au sacrifice que seule une mère peut consentir pour son enfant. « Va, maman, épouse monsieur Tardi, afin que de nous deux il y en ait au moins une qui ait nu peu de bonheur ».

Guy de Maupassant – La Mère Sauvage – Une mère même éloignée de son fils ne l’oublie jamais, la Mère Sauvage vengera impitoyablement son fils tué à la guerre. « On trouva la femme assise sur un tronc d’arbre tranquille et satisfaite ».

George Sand – Les mères de famille dans le beau monde – Un texte très corrosif, amer et, en même, temps, acide qui dénonce le ridicule des femmes qui veulent encore paraître quand elle devrait se contenter d’être des modèle pour leur fille. « Jugez donc quelle révolution, quelle fureur chez les femmes, si on les obligeait d’accuser leur âge en prenant à cinquante ans le costume qui conviendrait aux octogénaires ».

Maxime Gorki – La mère du traître – L’histoire d’une mère qui voudrait se revêtir du déshonneur de son fils pour lui épargner la honte et la punition qu’il mérite. « Je suis sa mère, je l’aime et je me considère comme coupable de sa trahison ».

Léon Bloy – Jocaste sur le trottoir – Comme dans une tragédie grecque, un fils est manipulé par des forces supérieures qui l’amène à coucher avec sa mère. « Un jour le terrible drôle, qui savait ce qu’il faisait, me donna l’adresse – … – d’une femme « charmante, quoiqu’un peu mûre », qui me comblerait de délices ».

Charles Dickens – L’histoire de la mère Comme souvent dans les histoires de Dickens, cette mère est affligée par ce qu’on l’a privée de ses enfants qu’elle ne renoncera jamais à retrouver. « … cette femme simple et naïve, mais grande par l’amour et la foi, semblait déjà appartenir au ciel ».

J’ai choisi ces quelques copeaux de textes, à mon sens fort explicites, pour démontrer tous les personnages qu’une mère peut être pour ne pas perdre son ou ses enfant(s). Que les enfants se souviennent de tout ce que leur mère leur a donné et qu’ils n’ont qu’une seule mère aussi immense soit son amour, sa générosité et son abnégation.

J’ai trouvé ces textes admirables, comme il est agréable de lire la belle langue qu’était encore la nôtre au début de ce siècle et au précédent. Merci à l’éditeur et à Julie Maillard de nous avoir offert de si jolies phrases. Je rangerai ce recueil aux côtés de La Mère de Maxime Gorki, de La Mère de Pearl Buck et quelques autres livres qui évoquent la mère dans tout ce qu’elle représente pour nous tous.

Le recueil sur le site des Editions de l’Aube

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Rose, Marie, Madeleine et moi

Claude Donnay

Lamiroy

Rose, Marie, Madeleine et moi #184

Rose c’est la maman du narrateur qui raconte son histoire, comment il devenu muet après le décès brutal de sa mère à un âge où les mamans ne devraient pas mourir. Marie, c’est la Vierge Marie celle qu’on célèbre le 15 août, le jour où Rose a été frappée d’un accident vasculaire cérébral, celle qui n’a pas veillé sur la maman de l’enfant si dévasté qu’il en a perdu la parole. Madeleine, c’est la cliente qui apporte une montre à l’enfant devenu adulte et expert en horlogerie mécanique, pour la réparer, c’est la fille qui a séduit le jeune homme et s’est mise en ménage avec lui.

Cette histoire, c’est une histoire triste mais une histoire pleine de tendresse et d‘émotion, l’histoire d’un enfant qui n’a jamais pu admettre le décès brutal de sa mère et qui, toute sa vie, en a voulu à celle qui devait la protéger de ses pouvoirs divins. La haine qu’il développe alors est si violente qu’elle provoque une véritable fureur iconoclaste l’incitant à détruire toutes les statues de la Vierge qu’’il rencontre et à détester toutes celles qui portent le nom de Marie. Mais, tout le monde n’a pas pour prénom usuel le premier affiché à l’état civil…

Claude c’est un auteur d’une grande sensibilité qui écrit tout aussi bien des vers, des romans que des nouvelles comme celle-ci. C’est aussi un excellent dénicheur de talents littéraires, il découvre régulièrement d’excellentes et excellents poètes, j’en ai déjà lu un certain nombre, je peux en témoigner.

L’ouvrage sur le site des Editions Lamiroy

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