ZIZANIE DANS LE MÉTRONOME de PASCAL WEBER (Cactus Inébranlable) / Une lecture d’Éric ALLARD

Pour son premier ouvrage au Cactus Inébranlable, Pascal WEBER propose une riche moisson d’aphorismes, poétiques percutants, pertinents et impertinents, de la plus belle eau. Qui connectent, comme son titre, en référence au roman de Queneau, l’indique, les deux pôles du moteur weberien : le débridement verbal et une rigueur mâtinée d’une bonne dose de fantasque. On comprend que, chez Weber, la règle, comme dans l’Oulipo, est ce qui permet de sortir des sentiers battus pour explorer des voies littéraires neuves tout en bousculant le monde, jusqu’à le changer, selon le précepte majeur du premier manifeste du surréalisme. Mélange heureux qui donne les fruits qu’il nous est donné de goûter au long de l’octantaine de pages denses du présent recueil.

Après une auto-présentation originale, Weber délivre ses apophtegmes qui traitent d’une pluralité de thèmes sur un mode singulier parmi lesquels on trouve, en leitmotiv, la non-pipe de Magritte, l’adresse de l’assassin de Steeman ou l’aphorisme lui-même. Des propos habilement formulés qui égratignent notamment les institutions étatiques et leurs serviteurs ainsi que le non-respect de l’environnement par l’espèce humaine.

La poudre à canon fut inventée bien avant le Big Bang

La vie du grain de café ne tient qu’à un filtre.

Le Surréalisme court encore, il faut lancer un Man Dada Ray.

L’enfer, c’est les auteurs.

L’inventeur va enfiler son bleu de trouvaille.

Le nez coule de source au milieu de la rivière.

La forêt, c’est fatal, va manquer à l’appel.

Les étoiles filantes forment l’éphémère alphabet de la nuit.

Pour percer dans la vie, il faut une baïonnette.

On trouve aussi des phrases plus brèves qui possdent la beauté marmoréenne des vers mallarméens ou perecquiens.

L’art, méduse, est une œuvre d’eau.

Là-bas, laborieuse, bosse une baleine.

La mer en silence redore son écume.

Bref, un recueil qui combat la conformité de pensée et la platitude sous toutes ses formes par le moyen de l’aphorisme pour battre en brèche nos idées reçues, aiguiser notre regard et donner du relief et du goût à la langue.

Le photomontage de couverture est l’oeuvre de Frédérique Longrée.

À commander ici sur le site du Cactus Inébranlable

Une interview de Pascal WEBER à découvrir (sur le site de Vincent PESSAMA)

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