CE SOIR, ON DORT DANS LES ARBRES (Esperluette)+ DES LILAS DES ORAGES (Samsa) / Une chronique de Philippe LEUCKX

Philippe Leuckx (auteur de D'Enfances) - Babelio
Philippe LEUCKX

L’UNE CHANTE, L’AUTRE PAS

« Ce soir, on dort dans les arbres » de Violaine Lison, dont c’est le premier livre, à L’esperluète, est une belle réussite poétique, rehaussée des dessins de Valérie Rouillier.

L'Estran : Ce soir on dort dans les arbres

Le thème n’en est pas simple ni facile puisqu’il s’agit d’évoquer en poèmes l’ancêtre qui a cent ans et l’ignore. Grand-mère aimée que les mots de Violaine bercent dans son grand âge. La poète la fait parler, elle qui ne parle presque plus, lui fait dire, comme au théâtre, quelques répliques. Beaucoup de délicatesse traverse ce livre qui multiplie les clins d’oeil humanistes et la générosité.

Entre ces murs, ton passé tient dans une valise.

(p.23)

Tu n’es qu’une longue plainte ce soir.

(p.41)

Le « tu » que consigne chaque texte prend le statut d’un personnage intime, devenu mythique, tant la charge affective colore chaque mot, chaque respiration :

Tu perds les jours, les gestes, les visages.

Tu perds les mots, les mondes, les armures.

Tu oublies, tu sèmes, tu disperses.

(p.9)

Dans le grand âge, ils redeviennent enfants et font bêtise sur bêtise. La merveille poétique est de les entourer des plus beaux mots.

L’ouvrage sur le site d’Esperluette Editions

+

« des lilas des orages » de Pascale Toussaint, chez Samsa, ne m’a pas convaincu : il est vrai que je n’aime guère ces poèmes qui fleurent la rose ou l’arbre et oublient qu’on a déjà évoqué la chose cent fois. La symbolique des roses, taratata !

Ce sont des textes qui enfilent les images éculées, les saisons, qui voient « tomber » les arbres, les roses ; en fait d’orages (du titre), des textes sages qui ne révolutionnent pas le genre :

Une rose est tombée

Bouton à peine éclos

Qui laissait deviner

Sa blancheur à venir

Le parfum délicat

Des choses les plus belles…

(p.17)

Vagues les terrains vagues (p.13) : cent fois écrit sans doute. Le souvenir de Carné malheureusement n’est pas au rendez-vous.

Prévert avait compris, tout compris, de la simplicité royale à insuffler.

Ici, on peine à y voir de la poésie.

L’ouvrage sur le site des Editions Samsa

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