PATERSON de JIM JARMUSCH (USA, 2016) / Un article de Philippe LEUCKX

Admirable « Paterson » de Jim Jarmusch (USA, 2016). Adam Driver, qui tient le rôle de Paterson, chauffeur de bus et poète, est fabuleux. Mise en scène qui joue, comme chez Ozu, de la figure de répétition, et se nourrit de surimpressions étonnantes.

La figure gémellaire inonde le film : réel et rêve, comme tous ces jumeaux qui parsèment le film.

Comme le noir et blanc de Laura, femme de Paterson, qui abonde dans leur intérieur.

Le road movie dans la ville de Paterson n’est pas sans rappeler celui du beau film de Scola « Gente di Roma' » (2003) : le bus qui ethnographie la réalité, à coups de conversations suivies de très près par Paterson.

Le film s’illumine aussi de la beauté de Golshifteh Farahani, dans le rôle de Laura. Elle coud, elle peint, elle cuisine toujours en suivant ses deux coloris, noir et blanc.

Se déroulant en une semaine – du lundi au lundi -, le film, assuré d’une chronologie répétitive, ordonne le réel, mesure le temps, comble de petits faits l’ornière du quotidien. En quoi le film de Jarmusch peut apparaître comme un jalon métaphysique, Sisyphe n’est pas loin.

« Ode à la poésie de W. Carlos Williams » (Léon-Marc Levy), l’oeuvre de Jarmusch place la poésie dans le fil ténu des petits faits dérisoires. Loin de la poésie alambiquée, traditionnelle et creuse.

On n’oubliera pas les déambulations de Paterson, vers la station de bus, dans les rues de la ville, traversant des entrepôts, passant sous des arcades.

Le film est à (re)voir sur Auvio pendant 5 jours

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s