LISEZ-VOUS LE BELGE ? – LA TRACE DES ÉTOILES d’EVA BINAMÉ (Empaj) par Philippe REMY-WILKIN

Les Belles Phrases participent à l’opération Lisez-vous le Belge ?

La campagne de cette deuxième édition court du 1er novembre au 6 décembre 2021.

Rappel des objectifs :

« célébrer la diversité du livre francophone de Belgique (…) faire (re)découvrir au grand public, toutes générations confondues, un panel varié de genres littéraires : du roman à la poésie, de l’essai à la bande dessinée, des albums jeunesse au théâtre ».

Merci à Clara Emmonot (chargée de communication) et à Nicolas Baudoin (chargé de programmation), du PILEn !

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Eva BINAMÉ, La trace des étoiles,

roman, Empaj, Verviers, 2021, 269 pages.

Par Philippe Remy-Wilkin.

Le récit démarre agréablement, bien écrit, bien raconté. Dans le premier chapitre, une femme et son fils (cinq ans), ou l’amie inséparable de celui-ci, nous apparaissent en difficulté, en danger dans un coin perdu village du Pérou, où les conditions de vie sont des plus précaires :

« Ils étaient pauvres. Pauvres, mais heureux. Leurs parents travaillaient tous les quatre à la mine de cuivre, à une heure de marche du village. »

Le deuxième chapitre, a contrario, nous renvoie de l’autre côté de l’Atlantique, en France, dans un décor et une famille de rêve, nous installant dans la foulée de deux jeunes gens, un frère et une sœur très liés.

Les deux fils narratifs vont longtemps alterner, nous rappelant le générique de la célèbre série Amicalement vôtre, son écran divisé en deux, les itinéraires contrastés d’un gamin du Bronx et d’un lord anglais. Le livre en acquiert une indéniable dimension sociologique, d’autant plus intéressante que l’autrice ne cède jamais au binaire. Il n’y a pas de vilains riches et de très gentils pauvres, le meilleur et le pire se retrouvent à tous les échelons de la société.

Eva Binamé conjugue le grand large et l’intimité, les personnages sont attachants et se confrontent à des choix essentiels, le livre semble bien arrimé. Mais, dans un deuxième temps, le gourmet littéraire en moi rechigne à poursuivre. Le récit est agréable, soit, mais il manque de souffle, d’envergure. L’écriture ne présente aucune aspérité mais aucune envolée non plus. Une certaine naïveté s’infiltre.

In fine ? Je reviens sur les rails de l’histoire grâce à un rebondissement qui la redynamise et lui confère un supplément de sens, d’émotion. Chacun devinera que les deux fils narratifs vont se recouper mais il y a quelques surprises, notamment dans la temporalité des événements, qui masque certaines réalités. Il y a aussi une belle leçon de vie qui se faufile derrière les secrets (maladie, suicide, substitution, etc.) : quête identitaire, rédemption, mise en question et volonté d’adéquation en amont ou en aval.

Il y a là quelque chose du conte de Noël.

Pour en savoir davantage sur EMPAJ

Découvrons Emilie KASONGO, la jeune fondatrice de cette nouvelle maison d’édition, grâce à une vidéo de la Fédération Wallonie/Bruxelles :

Philippe Remy-Wilkin

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