2021 – MES FEUILLES D’AUTOMNE : COMMENT LE MONDE VA MAL… / La chronique de Denis BILLAMBOZ

DENIS BILLAMBOZ

Pour cette chronique, j’ai rassemblé deux essais politiques qui s’efforcent de démontrer comment le monde pourrait aller mieux car il suffit d’ouvrir un journal, un poste de télévision, un réseau social sur Internet pour se convaincre que tout va mal et même très mal. Raoul VANEIGEM nous rappelle que depuis longtemps il a déjà signalé des dysfonctionnements auxquels il propose d’apporter des solutions pragmatiques. Régis DUFFOUR et Philippe GODARD, eux, reviennent sur la crise sanitaire et économique actuelle pour en rappeler les lointaines origines et les erreurs commises par les dirigeants du monde pour essayer de la résoudre en ne laissant pas le monopole de la fortune à quelques-uns.

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Retour à la base

Raoul Vaneigem

Cactus Inébranlable Editions

Comme de nombreuses autres personnes, Raoul Vaneigem a constaté que la pandémie a sérieusement accéléré le processus de dégradation sociale et économique déjà très engagé avant que le virus perturbe le fonctionnement de la société. Le pouvoir n’a bientôt plus que le nom de pouvoir, il semble totalement démuni face aux nouvelles données sanitaires, économiques, sociales et humaines. Les entreprises et les organes économiques sont fortement déstabilisés par l’émergence de nouveaux besoins mais surtout par la perturbation du fonctionnement de l’outil de production. L’administration ne sait pas faire face à une telle situation, elle n’a pas été formée pour ça, pas plus que l’hôpital n’a été conçu pour faire face à cette épidémie. La société explose, elle n’a plus que sa voix pour faire entendre les cris de désespoir qu’elle porte dans ses tripes.

Partant de ce constat, l’auteur cherche à réhabiliter, ou à faire découvrir ou redécouvrir, toutes les bonnes vieilles méthodes et pratiques prônées en d‘autres temps mais jamais réellement testées. J’ai retrouvé dans son propos des solutions issues du bouillonnement soixante-huitard, des idées que j’ai défendues lors de mon engagement dans les organes représentatifs de l’économie sociale et solidaire, d’autres que j’ai connues par d’autres canaux encore ou par mes lectures et même un certain relent des théories imaginées par mes concitoyens utopistes : Charles Fourrier, Joseph Proudhon, …

Dans cet opuscule en forme de manifeste ou même de programme électoral, même si l’auteur n’a aucune prétention en la matière, il se contente de donner des conseils, de rappeler ce qui existe, ce qu’on pourrait faire, tenter, essayer, … pour espérer encore. Raoul Vaneigem rappelle un certain nombre de pistes à explorer : comment sortir de l’écologie dogmatique pour agir concrètement, comment ne pas sombrer sous les coups des manipulations par la peur, comment aborder efficacement l’émancipation de la femme, comment contourner la marchandisation de la santé, et bien d’autres pistes concernant l’alimentation, l’école, la culture, l’énergie, la monnaie, le pouvoir politique…

C’est un cri de ralliement que pousse l’auteur, une invitation à la rébellion contre toutes les formes dictatoriales qui gangrènent la société actuelle. Chacun pourra y puiser ce que bon lui semble, ce qui pourrait apporter des réponses aux questions qu’il se pose devant l’incapacité des divers pouvoirs à résoudre les problèmes actuels de la société.

Le livre sur le site du Cactus Inébranlable

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Tout est pour le mieux dans le pire des mondes

Régis Duffour

Philippe Godard

Cactus Inébranlable Editions

Davos, tout le monde connait désormais ce petit coin des Grisons suisses qui évoquent immédiatement pour chacun la fortune, la puissance, la domination du monde. Davos qui n’était connu, au début du XX° siècle, que pour son sanatorium est désormais la capitale mondiale de la ploutocratie dominante. Duffour et Godard ont associé leur plume pour donner leur version de ce qui se passe dans le secret des fameux échanges qui réunissent les hommes le plus puissants et les personnages le plus riches de la planète afin que ces derniers fassent entendre à ceux qui dirigent leurs exigences pour que rien ne change et que les dirigeants attentifs et studieux restent en place.

Les auteurs analysent, sur la base de publications officielles, pour la période courant de 2013 à 2020, les propos tenus par les intervenants lors des fameux échanges. Ils commencent ces analyses en 2013, l’année où le patron de Google fait une déclaration fracassante annonçant que seul un monde numérique offrira à la planète les moyens de surmonter les défis qui se présentent actuellement. La numérisation des activités humaines permettra de réguler les populations afin d’éviter la surpopulation qui menace la survie de la planète. Pour la période qui commence en 2020, les auteurs se livrent plutôt à des spéculations puisqu’ils n’existent aucune publication officielle. Ces spéculations sont pourtant étayées par des faits et des écrits réels, seule leur interprétation pourrait éventuellement faire l’objet d’une contestation.

Les deux analystes ont retenu que pour limiter la population dont l’essor met en danger la planète, les dominants pourraient avoir recours à la guerre, la famine ou la maladie, les deux premières options présentent trop d’aléas, la maladie semble plus facile à gérer. Comme une sélection de la population à réduire s’impose, la maladie est plus efficace sur les peuples les plus démunis, les moins bien lotis pour s’offrir les moyens de lutte contre les épidémies. Limiter la population c’est aussi réduire l’allongement de la vie, adopter des méthodes de fin de vie volontaire pour inciter les individus à mourir plutôt mais dans la dignité. L’objectif reste de constituer une population active et productive, capable de gagner suffisamment d’argent pour surconsommer.

Seules des politiques volontaristes, pragmatiques, dépourvues de toute sensibilité, peuvent permettre d’atteindre ces objectifs, il est donc nécessaire que le pouvoir soit contrôlé par des structures stables, pérennes, dotées de moyens suffisants pour contrôler ceux qui exercent les pouvoirs étatiques. Il est temps d’en finir avec des démocraties obsolètes qui ont démontré toute l’étendue de leur incapacité à faire face aux enjeux actuels. Ceci implique aussi de rester attentif à la montée des contrepouvoirs qui peuvent bousculer les équilibres actuels (Anonymous, gilets jaunes, terroristes, …).

Pour bien comprendre l’objet de ce pamphlet, un véritable essai sur la concentration des richesses et sur la façon d’agir de ceux qui les possèdent pour qu’ils continuent à jouir de fortunes de plus en plus colossales en dominant le monde à travers des pantins qu’ils manipulent, j’ai pensé qu’il serait plus clair que je leur laisse la parole : « Le rire est notre planche de salut. Ils nous veulent tristes, apeurés et désespérés. Nous leur opposons une lecture jubilatoire. A travers une fiction pamphlétaire, le lecteur est invité à s’en payer une tranche sur les grands de ce monde ». Pour eux tout n’est que manipulation, affolement, pression, …, pour maintenir les peuples sous le joug afin de pérenniser leur domination et leur fortune. Les narguer et leur faire comprendre en les singeant que leurs sales manipulations sont trop évidentes pour ne pas révolter les populations.

Cette fiction pamphlétaire mêlant lectures de documents officiels et créations de personnages fictifs est un véritable essai sur la gestion actuelle de notre monde et sur son avenir possible. Un essai que chacun lira avec ses propres convictions.

Le livre sur le site du Cactus Inébranlable

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