MOUVANCES DE PLUMES de MARTINE ROUHART & PATRICK DEVAUX (Le Coudrier) / Une lecture d’Éric ALLARD


Dès l’envol, ce recueil duel – à deux ailes – met en relation les plumes avec les livres. Le lien opéré, on assiste à un « partage d’ailes » et de « plumes […] qui se frôlent ». Car il s’agit ici du fruit d’une connivence « entre deux poètes, Patrick Devaux et Martine Rouhart, dont les mots mêlés reflètent l’amitié qui les unit, comme l’écrit Anne-Marielle Wilwerth dans la préface.

La différence de caractères (italiques et romains) permet de distinguer les deux complices en écriture si on n’a pas reconnu leurs manières.


esquissées

d’encre


les plumes

communes


se plaisent


à parer

de mots


d’autres

ailes


Si les plumes inspirent, elles ne sont pas les seules convoquées, il y a aussi le regard, la lumière, le silence…
Et l’humour n’est pas absent de ces pages lorsque, entre autres, il est question de la cane qui rit de voir son si beau reflet dans le lac ou bien lorsqu’est précisé qu’entre poètes « les noms / d’oiseau / ne sont / jamais / des / prises / de / bec ».

Les poètes prêtent le cœur à ce que le poème ne dit pas, à ce qui doit demeurer « au bord du secret / à la limite du vertige / près de glisser / dans l’ourlet / de nos plumes ». Ils nous disent que la poésie n’a pas vocation à tout exprimer, mais plutôt à mettre en place les conditions pour faire entendre, retentir, ressentir le non-dit, ce qui peuple nos silences.

Autrement et (joliment) dit : « toujours /  l’oiseau/ garde / un peu / de / son chant / sous lui. »


Ce qui crée la connivence

entre les êtres ?

une vibration

un petit chant

venu de loin

quelque chose

qui commence d’arriver


L’oiseau, n’est-ce point l’âme qui s’écrit dans le ciel de la poésie ? Il suffit au « poète fauconnier » d’une plume et de papier.

À la fin du vol, passé la quarantaine de poèmes écrits en résonance, les voix singulières des poètes ont gagné, en profondeur et en complicité : « chacun / dans son nid / a inventé un chant. »

Sur le mode des « oiseaux à vœux » cités dans un poème, cet ouvrage, bellement illustré par Catherine Berael, est un recueil à vœux, écrit à fleur de mots : «  pour un peu de monnaie, on peut l’ouvrir et laisser s’échapper »… de la poésie. N’hésitez pas à la libérer de la sorte !

En savoir plus sur ce recueil sur le site des Editions Le Coudrier


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