LES PHRASES BELGES (3) – BERNARD ANTOINE, AQUAM (Murmure des Soirs) par Philippe REMY-WILKIN & Jean-Pierre LEGRAND

LES PHRASES BELGES

de Jean-Pierre Legrand et Philippe Remy-Wilkin

Chroniques en duo consacrées aux livres belges.

(3)

Bernard ANTOINE, AQUAM,

un roman de 466 pages publié par MURMURE DES SOIRS, à Esneux, en 2022.


JEAN-PIERRE :

Je me méfie des barques trop chargées que le premier roulis fait chavirer. Dès lors, la lecture de la quatrième de couverture de ce copieux roman m’a autant intrigué qu’inquiété. Il y est question « d’un récit polymorphe aux accents de réalisme magique » qui conjoint deux époques et convoque catastrophes climatiques, psychanalyse, mystique et divination. Il ne me restait plus qu’à me lancer…

PHIL :

Il y a ce moment délicieux du premier contact. Entre appréhension et appétit. La couverture alerte, mélange de menace et d’érotisme… aquatiques.  Le titre (« eau » en latin mais à l’accusatif) interpelle, nimbé de connotations ésotériques, l’épaisseur aussi, digne des page-turners anglo-saxons. En clair ? On perçoit une ambition élevée. Dont l’affirmation, appuyée, renvoie à tes doutes. Mais le premier roman de Bernard Antoine avait rempli son cahier de charges, donc…


Un prologue époustouflant

JEAN-PIERRE :

Le roman s’ouvre sur deux pages qui tiennent de la prouesse stylistique. La réalité la plus triviale – chaque matin, un chien « pisse » sur le monument aux héros de la Grande Guerre – se fissure subrepticement, laissant sourdre le présage d’un événement formidable et le surgissement de forces refoulées. C’est admirablement écrit et suggéré. La page tournée, on entre dans le vif du roman avec un espoir : qu’il tienne les promesses du prologue et ce sera un grand livre.

PHIL :

Oui, le prologue confirme l’élan du premier contact. Ecriture solide, inventive. Récit en mode large, profond, précis, énigmatique et… apocalyptique.

Un récit haletant

JEAN-PIERRE :

Nous sommes en août 1914 aux Rivages, petit village de la vallée mosane. Caché dans la frondaison d’un châtaignier du jardin familial, le jeune Jean-Baptiste est le témoin du massacre de toute sa famille par un détachement du régiment des grenadiers de Saxe de l’armée allemande. Le Rittmeister Krüger dirige les opérations. Juché sur un colossal Oldenbourg d’un noir bitumeux, l’homme possède la beauté d’un archange. Durant la tuerie, la présence du jeune garçon ne lui a pas échappé, leurs regards se sont croisés. Krüger a épargné Jean-Baptiste non par humanité mais par un surcroît de perversité, en lestant toute sa vie à venir du poids de l’horreur et de la haine. « Je te tuerai, murmure l’enfant ».

PHIL :

Un saut dans le temps. Dès le chapitre II, un deuxième roman s’ébroue. Nous voilà en septembre… 2027, dans un village mosan situé à quelques encâblures du premier. Monterreau semble le double édénique des Rivages infernaux. Le décor enchante : la Meuse, une villa bourgeoise du début du XXe siècle, une abbaye. Les personnages séduisent, une poignée d’exilés connectés par l’amitié ou l’amour, aux vécus et aux expertises rares : un psychothérapeute devenu écrivain, une oncologue venue de Nouvelle-Angleterre, un prieur qui a été neuropsychologue, une religieuse titulaire d’un master en histoire médiévale, un Irlandais qui enseigne la physique dans une université, une boulangère trois fois veuve, une mère de famille éthiopienne cachée par les deux précédents…

L’orchestration se déploie. Au côté de Jean-Baptiste, nous découvrons l’après-Guerre et ses destructions, ses victimes et ses profiteurs (des hommes d’affaires sans foi ni loi), les services secrets et leurs tiraillements. Mais deux romans alternent, dont on entrevoit les connexions : en 1919, Jean-Baptiste se rend à Monterreau… qui a vécu l’enfer ; en 2027, le prieur Anselmo accourt chez le psychothérapeute Hugo pour traiter les hallucinations de sœur Cécile… qui semble, telle une voyante, anticiper un déluge à venir, une apocalypse, un chaos.  

Magie du style et réalisme magique

JEAN-PIERRE :

La maestria du prologue n’est pas qu’un feu de paille. La suite du roman témoigne d’une architecture sans faille mais, plus encore, d’un style virtuose et protéiforme. D’une belle rigueur, quasi austère dans le déroulé général du récit, la prose de l’auteur se poétise là où s’entrevoit une trouée dans le réel comme une clairière au milieu d’une forêt. Structure du récit et habileté de l’écriture se conjuguent en un réalisme magique très réussi. Dans la trame du monde réel vibre un autre âge :

« (…) une époque de croyances immémorées et de saisons égarées, une hégire des parfums introuvables, des sorcelleries et des amours de faunes, une ère de glorieux pourrissement et de peurs archaïques, magnifique et dangereuse, un âge qu’on ne pourrait pas ne pas aimer où dansent la mort et la vie en frénésie silencieuse. »

Ce réalisme magique se déploie dans la double temporalité du récit dont les deux volets se répondent en miroir et que prolongent les visions de Cécile, puis son voyage atemporel en surplomb du monde. De la grande césure que produit le chapelet de catastrophes qui frappent alors l’humanité affleure la révélation d’une circularité du temps dans laquelle se confondent dans leur rémanence les vivants et les morts, l’histoire passée et celle en train de se faire :

« Peut-on comprendre la nature de l’océan dans une goutte d’eau ? interroge l’enfant qui parle comme un ange. (…) Les hommes ne savent pas que le temps se plie et se déplie dans cette goutte d’eau et qu’il est inutile d’espérer conquérir l’océan sans avoir questionné la goutte ».

Par où le temps rejoint la thématique omniprésente de l’eau, symbole de vie et de mort.

Des personnages marquants

JEAN-PIERRE :

D’assez nombreux personnages surgissent au gré des pages mais sans jamais sombrer dans une profusion indistincte. Au contraire, chaque caractère est ciselé et ne se confond avec aucun autre.

PHIL :

Même les personnages les plus secondaires ont droit à une existence tridimensionnelle :

« François Brigot était du genre démonstratif, volontiers exubérant, la cinquantaine un peu empâtée, veste boutonnée malgré la chaleur, la moustache en guidon et le canotier conquérant. C’était un autoritaire, il n’y avait guère de doute là-dessus : il parlait fort, occupait l’espace avec aisance et, malgré la bonhommie affectée, on sentait le type calleux, rugueux. »

JEAN-PIERRE :

Le traumatisme psychique de Jean-Baptiste est abordé avec beaucoup de finesse même si parfois, selon mon goût, un surcroît d’explications nuit à la fluidité romanesque : ainsi, à l’une ou l’autre reprise, le détour par les considérations d’un thérapeute me paraissent superflues.

L’un des points centraux du roman est la réflexion qui s’ébauche autour de la haine. Obsédé par son désir de vengeance, Jean-Baptiste est pris dans les rets d’une aliénation diffuse :

« (…) il vivait avec son ressentiment depuis vingt ans et s’était peu à peu attaché à son aspiration à la vengeance. La probabilité d’arriver à ses fins était troublante. De la satisfaction et du soulagement certes ; en même temps, un sentiment d’abandon et d’inutilité. » 

Que faire de la haine ? A cet égard, si Krüger apparaît comme un archétype du Mal, on peut aussi l’entrevoir comme une sorte de négatif de Jean-Baptiste. Il a lui aussi perdu son père lors des premiers combats et, comme lui, en a hérité la haine : celle-ci les engagera sur deux voies radicalement opposées. Il y a une noirceur wagnérienne chez ce Krüger ivre de son pouvoir sur les êtres et qui semble avoir maudit l’amour.

PHIL :

A propos de Krüger, l’incapacité des victimes à se remémorer ses traits (l’image d’un œuf leur apparaît, vide, pour son visage) renvoie à l’idée du Mal incarné… et au talent de Bernard Antoine, qui se révèle inventif dans le détail.

JEAN-PIERRE :

A travers ses personnages, le roman interroge aussi la masculinité. Un point commun relie en effet le héros initial aux autres personnages masculins :

« Mais la grande insuffisance de Jean-Baptiste, sa faiblesse de substance, c’était sa nature même, celle de n’être point femme, d’être né mâle voué aux instincts les moins nobles et les moins sublimes. C’était la fatalité de son sexe qui pèse sur l’humanité depuis les origines, la difficulté à absoudre, à pratiquer l’indulgence, l’inaptitude à percevoir l’expression de l’invisible et à éprouver l’étrangeté de l’impénétrable, l’embarras à découvrir les bienfaits du pardon (…). »

C’est donc plutôt du côté féminin que nous allons trouver les caractères les mieux trempés. En cela, le roman est clairement féministe.

PHIL :

Cette dimension m’a frappé. Ainsi, à la page 252, dans le fil des années 1910-1930 :

« Pourquoi donc, par le mariage, une femme devrait-elle renoncer à son nom ? »

JEAN-PIERRE :

Maggie (l’oncologue), Cécile (la religieuse amie de cœur du prieur), Olga (la boulangère dévouée aux migrants), Sagal (la mère de famille éthiopienne) sont des femmes indépendantes, puissantes, d’une détermination tenace. Solveig et Pauline (les deux belles-sœurs enamourées de Jean-Baptiste) ajoutent à cette force une sensualité libre sans égard pour les convenances de leur époque. Leur énergie est « une invitation impérieuse à assumer la vie pour ce qu’elle est, avec ses feux de Bengale et ses ombres morbides, ses fureurs et ses joies frénétiques, ses outrages et ses délivrances ». Mais, surtout, toutes ces femmes confrontées à l’intolérable expriment une nécessité qu’elles assument sans barguigner : celle du choix. Dans un monde qui s’écroule et non sans péril, elles choisissent leur camp.

Une spiritualité sans dieu ?

JEAN-PIERRE :

La question de la spiritualité est centrale. Elle est cependant abordée sous le signe de l’inversion, du renversement.

Anselmo Taddei est le prieur du monastère Laus Perennis. Neuropsychologue de formation, il travaille sur les états modifiés de la conscience et, en particulier, ceux qui entourent la mort. Il vit en union de chair et de foi avec sœur Cécile et se montre accueillant face aux sagesses orientales. Il est plus proche du Christ philosophe que du crucifié, plus sensible à sa parole qu’à la théologie de la croix.

Le renversement de la symbolique chrétienne est plus sensible encore dès l’apparition des deux incarnations du Mal que sont Krüger (récit 1, guerre et post-guerre) et Blaszak (récit 2, en 2027) : l’un et l’autre ont la beauté d’un archange. Blaszak écume l’Europe suivi de ses « séraphins ». Archanges et séraphins, loués dans la tradition chrétienne, sont ici les vecteurs d’un Mal absolu.

L’inversion se renforce lors d’une transe quasi chamanique qui embarque sœur Cécile dans un voyage aux allures d’épreuve initiatique. Sur les ailes d’une femme-oiseau, elle glisse dans le ciel, par-dessus les villes et forêts. Du centre d’une cité incendiée de soleil lui parvient le tumulte d’une foule mugissante. Des centaines de croix sont brandies, des bannières à couronne d’épines sont frénétiquement agitées. La foule hystérique attend son Athleta Christi juché sur un Oldenbourg noir et suivi de ses séraphins. La scène est une apocalypse. Mais la révélation est d’une nature nouvelle :

« (…) c’est à cet instant que la grâce de l’athéisme toucha sœur Cécile en plein cœur. »

Et l’auteur de citer, en une sorte de généalogie, le patronage de l’abbé Meslier. Cécile, en effet, est écœurée par ce christianisme intégriste qui « est le produit d’une crédulité, la même qui, dénoncée en son temps par l’abbé Meslier, exprime de prétendues vérités (…) au nom desquelles on extermina avec joie ». La référence est intéressante. En effet, vers 1740 circulèrent à Paris une centaine d’exemplaires d’un manuscrit très étrange : le Mémoire des pensées et sentiments de Jean Meslier. Bien noté par sa hiérarchie, cet obscur curé de campagne (mort en 1729) avait secrètement occupé ses longues soirées d’hiver à la rédaction d’un énorme texte, dans lequel, nous dit Raymond Trousson (dans Histoire de la libre pensée, éditions du C.A.L.), « il creusait la tombe de toutes les religions pour édifier une société juste et un radical matérialisme athée ». Voltaire se saisit du manuscrit et en publia des extraits, non sans avoir un tantinet manipulé la pensée de l’auteur qui, sous sa plume, « en mourant demande pardon à Dieu d’avoir enseigné le christianisme » : d’athée convaincu, le bon curé devenait déiste.

C’est plutôt le Meslier athée que celui rhabillé par Voltaire que Cécile rejoint en un évangile d’un nouveau genre :

« (…) la lucidité se fait chair, le discernement se fait sang et le jugement lumière. »

Ne nous laissons cependant pas abuser : si le ciel s’est vidé, partout se devinent encore les chemins sinueux de l’initiation, de la mystique et de la spiritualité. C’est ce qui explique aussi que, loin de désenchanter le monde, cette apocalypse « retournée » peut au contraire contribuer à son réenchantement, comme s’il s’agissait d’accueillir ce que Rilke, cité par l’auteur, nomme « l’Ouvert », un Tout sans au-delà qui « enténèbre la Terre ». Une vision poétique du monde se substitue aux consolations religieuses qui ont dégénéré en fanatismes.

PHIL :

La présence des doubles et des effets-miroirs renvoie à l’idée d’invariants retrouvés à toutes les époques, dans tous les lieux, pour le meilleur ou pour le pire. Il y a un fascinant balancement aussi entre enfer et paradis, dupliqués, multipliés. Une leçon de vie s’en dégage. Comment être au monde. S’engager, se désengager. Au cas par cas. Discriminer le sens, la voie qui mène à la réalisation, au bonheur. Chacun d’entre nous tente d’avancer dans un paysage traversé par les souffles contradictoires de la Haine et de l’Amour, deux forces primordiales, deux axes de positionnement.

Un « éco-thriller politique » aux accents de vérité

JEAN-PIERRE :

Dans le volet contemporain de son livre, l’auteur n’anticipe que de quelques années en nous projetant en 2027. Ce très léger décalage met en relief la prodigieuse accélération de tous nos maux. Ces calamités que nous pensions destinées aux génération futures (si nous ne faisions rien), sont déjà les nôtres. L’effondrement est en marche : c’est juste comme si l’auteur nous faisait feuilleter les bonnes pages d’un journal encore à paraître.

L’univers politique est à l’unisson de ce délabrement généralisé : les thèses nationalistes ont envahi les réseaux sociaux et le libéralisme libertarien triomphe en s’alliant sans état d’âme aux plus nauséabondes de celles-ci. Plus d’une fois, on pense à des Zemmour, Orban ou Musk. On retrouve, transposée à l’échelle de toute la société, la tension amour-haine qui électrisait les personnages de Krüger et Jean-Baptiste (ceux-ci en gagnent, au passage, une dimension allégorique).

Dans ce contexte, le découpage en deux périodes prend un sens nouveau. C’est un peu comme si l’hubris de la Grande Guerre, symboliquement ramenée au massacre d’une famille innocente, donnait le coup d’envoi d’un mouvement entropique qui ne s’est plus arrêté. La mise en miroir des deux époques ouvre également une réflexion sur un trait partagé : l’effondrement moral. Au tournant du XXe siècle, l’Allemagne est le peuple le plus civilisé d’Europe, Berlin est la métropole culturelle des années 20. Pourtant, en un peu plus de dix ans, la barbarie s’installe. En 2027, l’angle dystopique du roman est à peine forcé. De Pologne surgit une horde beuglante résolue à en finir avec l’« Europe des métèques », à refouler les migrants, à « brûler les pédés », à démonter les intellos et tout cela au nom de nos racines chrétiennes…

PHIL :

Il a de nombreux échos des menaces contemporaines : l’attente d’hommes providentiels, la résurgence du fanatisme religieux et de l’intolérance, le choc entre les partisans d’un monde ouvert et d’un monde fermé, le dérèglement climatique et la survenue de catastrophes naturelles, une atmosphère de fin du monde (tremblement de terre en Californie – annoncé ! -, inondations et incendies, etc.). Il y a même une anticipation de l’invasion russe en Ukraine !

Conclusions

JEAN-PIERRE :

Bernard Antoine confirme dans ce deuxième roman tout le bien qu’on avait pensé de lui à la sortie de Pur et nu. Une forme de « démesure maîtrisée » m’a entraîné avec beaucoup de naturel vers des contrées qui, d’ordinaire, peuvent me rebuter. Le réalisme magique et les synchronicités jungiennes courent parfois le risque de se réduire à un procédé, fort commode pour s’abandonner à l’invraisemblable. Je n’ai rien ressenti de tel ici et, pourtant, l’auteur y va fort. Tout est au service d’un propos dont, page après page, on mesure la profondeur. Au surplus, servi par un style très personnel, le plaisir du texte est partout au rendez-vous.

PHIL :

Bernard Antoine est un auteur audacieux, original et talentueux. Peu oseront, comme lui, décrire une catastrophe naturelle ou une scène magique, qui confronte à l’âme du monde, à des forces primordiales. Et il réussit. Mais que dire de sa panoplie d’auteur complet, écrivain et conteur ? Il imprime des scènes (par exemple, la remontée à la surface en 2027 de 27 cercueils ensevelis en 1914) et ancre des personnages dans nos imaginaires, il se permet des envolées du mot ou de la phrase :

« Le ciel s’est couvert d’épais rouleaux, sombres et agités, qui enrobent l’horizon, saturant l’espace de torsades et de bouillonnements, un chaos bitumeux traversé de fulgurances électriques d’autant plus inquiétantes qu’elles sont silencieuses. (…) La voilà, la situation objective de concordance. »

Surtout, il maintient une trame captivante et émouvante sur les rails malgré une luxuriance thématique (la guerre 14-18, l’entre-deux-guerres, les migrants, la maltraitance du Vivant, la nécessité de la complicité et de la solidarité, etc.), une méticulosité documentaire, une dimension fantastique.

Osons l’asséner : Bernard Antoine a écrit un thriller littéraire, soit un roman complet, d’envergure internationale.

Un PS de Phil en guise de bonus intime

Il y a une singulière gémellité entre une partie des contenus de ce roman et l’un des miens, paru en 2012 au Cri, L’œuvre de Caïn. Qui avait été motivé par cette même impression d’une remontée contemporaine des démons libérés dans les années 30. Il y a encore un pont subtil, subliminal, avec le livre qui m’a le plus marqué en 2021, un roman de Maxime Benoît-Jeannin, On dira que j’ai rêvé, publié par Samsa.


Pour en savoir davantage sur la maison d’édition…

JEAN-PIERRE :

La maison Murmures des soirs a été fondée en 2011 par Françoise Salmon qui, pour l’occasion, quittait son métier d’avocate. Cela a sans doute déjà été accompli mais qui étudierait la place des juristes dans la littérature belge serait sans doute surpris par leur nombre.

PHIL :

Et par l’importance de nombreux d’entre eux. Hier (Lemonnier, Verhaeren, Maeterlinck, Rodenbach, Elskamp, Willems, etc.) et aujourd’hui (Alain Berenboom, Michel Claise, etc.).

JEAN-PIERRE :

Cette éditrice de grande qualité s’est spécialisée dans la littérature belge. Son catalogue couvre de nombreux genres : des romans et des nouvelles de littérature générale, des romans policiers et fantastiques, des textes érotiques, mais également des aphorismes, des récits et des chroniques :

https://murmuredessoirs.com/murmure-des-soirs.php

On y retrouve des talents aussi divers que Jean-Marc Rigaux, Martine Rouhart, Ghislain Cotton, Claire Deville ou Nathanaëlle Pirard.

PHIL :

Ah, le Kipjiru de Jean-Marc Rigaux (un avocat !) est l’un de mes romans préférés de ces dix dernières années :

Et n’oublions pas Alexandre Millon, dont j’ai analysé un très beau livre en 2021 :

Et toi de même, d’ailleurs :


Pour en savoir davantage sur l’auteur…

Bernard ANTOINE

JEAN-PIERRE :

S’il y a des enfants prodiges, il existe aussi de prodigieux seniors. Bernard Antoine est de ceux-là. Né en 1956, il publie son premier roman, Pur et nu, en 2018 et décroche d’emblée deux prix : le Saga Café et celui des Bibliothèques de la Ville de Bruxelles.  Avec Aquam, il transforme magistralement l’essai…

PHIL :

Le Saga Café est un prix intéressant qui met en lumière de premiers romans. Il n’est qu’à signaler qu’il succédait au palmarès au formidable Rosa (Marcel Sel, chez Onlit). J’avais pour ma part encensé le livre dans ma mini-revue sur l’édition belge :

Et je l’avais ensuite, sollicité par le Carnet, classé dans mon Top 3 de l’année :

JEAN-PIERRE :

Voir l’article de René Begon aussi, dans ledit Carnet :

PHIL :

Comme quelques autres, Bernard Antoine illustre une vérité troublante : un auteur peut se déployer tardivement et, en un seul livre, en quelques mois donc, rattraper ou laisser sur place des confrères publiant des dizaines d’ouvrages depuis des décennies.

Mais encore…

JEAN-PIERRE :

Notre travail en duo, cette fois encore, se déploiera en deux temps : analyse à quatre mains dans Les phrases belges puis échanges oraux au micro de Guy Stuckens un lundi à venir, dès 19h, dans Les rencontres littéraires de Radio Air-Libre :

http://www.radioairlibre.be/emissions.html

Jean-Pierre Legrand et Philippe Remy-Wilkin.

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