CASSE-TÊTE À COINTE de FRANCIS GROFF (Weyrich) / Une lecture d’Éric ALLARD



La nouvelle passionnante enquête (la cinquième déjà) de Stanislas Barberian, le bouquiniste carolo-parisien, se déroule à Liège, dans le milieu de l’urbex (exploration urbaine) et du trafic d’archives.

Cela débute par la découverte par deux jeunes gens, de retour d’un restau, du corps sans tête d’une femme à l’Observatoire de Cointe qui, bien que désaffecté, demeure, apprend-on, le siège de la Société astronomique de Liège.

Par hasard, il se fait que Stanislas Barberian, bouquiniste à Paris mais natif de Charleroi ayant fait ses études à l’université de Liège, se trouve alors dans la ville mosane dans le cadre de la rédaction d’un texte documenté pour le catalogue d’une vente d’une maison suisse sur le thème de la guillotine, comme il lui arrive d’en rédiger. On apprendra ainsi que l’histoire de la principauté est étroitement liée à celle de la peine de mort par décapitation. Ce dernier terme est à distinguer, nous apprend-on, de la décollation qui consiste à trancher la tête d’un cadavre. Distinction qui aura toute son importance dans cette affaire.

Dans ce but, il commence par rencontrer Bernard Tilkin, historien oeuvrant aux Archives de l’Etat, situé dans le quartier de l’Observatoire. Il est l’auteur entre autres d’un ouvrage qui va intéresser Barberian pour ses recherches. À l’occasion, l’historien aide la PJ dans le cadre des vol et trafics d’archives qui est une nouvelle forme de délinquance peu connue.

De fil en aiguille, Barberian va rencontrer diverses personnes : un enseignant retraité travaillant bénévolement aux Archives de l’état, l’Avocat général, le chroniqueur judiciaire de La Meuse, le commissaire chargé de l’affaire…, qui sont liées peu ou prou à l’enquête en cours pour découvrir, d’abord l’identité de la victime, puis le(s) coupable(s) de l’horrible forfait.

Le bouquiniste apportera des éléments de première importance qui vont contribuer à démêler les divers nœuds de l’affaire, tout en menant à bien le travail pour lequel il se trouve dans la Cité ardente. Partant de la tête de l’affaire, Barberian va réussir à reconstituer, si l’on peut dire, son corps entier, malgré un dommage collatéral final.

Alternant les passages informant sur des points de l’histoire de la ville et l’avancée de l’enquête, qui ménage son lot de surprises et de révélations, le récit maintient le suspense jusqu’à la fin. Fort, il va sans dire de sa carrière de journaliste, Francis Groff s’est documenté sur les domaines investis par son personnage récurrent (voir la liste des remerciements en fin de volume).

Depuis la première enquête, Morts sur la Sambre, en 2019, on prend plaisir à la compagnie de cet enquêteur amateur, fin lettré, volontiers malicieux, aimant la bonne chère et, dans cet épisode, le whisky écossais qui, avec l’ouverture d’esprit et la curiosité propres à son activité de bibliophile, apporte des éclairages inédits sur les affaire auxquelles il est mêlé et fait de plus voir sous un jour neuf les villes, une par enquête (Charleroi, Namur, Binche, Waterloo, Liège), dans lesquelles il est appelé à exercer son talent.

Une nouvelle enquête, donc, qui ravira tant ceux qui découvriront la série que ceux qui feront la connaissance de la méthode de Stanislas Barberian et la façon d’en rendre compte, dans un style clair et un rythme allègre, par Francis Groff.


Francis GROFF, Casse-tête à Cointe, Weyrich, coll. Noir Corbeau, 2022, 258 p., 19 € et 14,99 € en ebook.

Pour commander le livre sur le site de l’éditeur

À voir sur Télésambre, l’interview de Francis Groff dans une belle mise en images du roman


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