LA FABRIQUE DES MÉTIERS – 115. ETREIGNEUR DE LUMIÈRE


En fin de journée, les lumières baissent avant de virer au rouge, elles peinent à la tâche et ressentir un besoin pressant de soutien. Les étreindre alors leur donne un supplément d’âme pour rallier la nuit tombante et se répandre dans la mer de l’obscurité.

L’étreigneur de lumière se placera en amont de l’estuaire, là où la barque de lumière ralentit, perd des candelas et qu’on ne sait si elle atteindra le ponton.

Etreindre la lumière nécessite une bonne dose d’empathie pour ce qui provient en droite ligne du soleil. Aucun a priori sur les zones de vide traversées et les particules ombreuses croisées ne doit venir chatouiller l’esprit du jobiste !

Seul le sentiment de la lumière naissante, étincelante, aurorale doit guider la lampe de l’étreigneur !

Il écarte les bras en pensant à l’infinité du cosmos, il prend une grande bouffée d’oxygène, il a une pensée pour la chaîne de clartés éteintes et, dans son geste d’offrande, vient s’insérer la paquet déclinant qui, au contact de la chaleur manuelle, retrouve l’énergie nécessaire pour gagner l’orée des rêves.

Avant d’entrer dans la nuit, l’étreigneur de lumière veillera à bien fermer la porte du jour.


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