PARIS de DOISNEAU (Flammarion) / La lecture de PHILIPPE LEUCKX


Pour moins de vingt euros, un volume épais, constitué de plusieurs centaines de photographies de la Ville Lumière et de ses faubourgs, puisés par les deux soeurs Annette et Francine, dans les réserves quasi inépuisables des clichés de leur père (environ 450000 photographies, dont une toute petite partie a été publiée dans la trentaine d’albums de 1949 à 1994, date de la mort du photographe humaniste).

Paris, marotte, lieu de toutes les inspirations. Le Paris populaire des berges de la scène où viennent se reposer un couple de pêcheur et tricoteuse, des haleurs de barge… Le Paris nocturne des demoiselles de petite vertu, des cafés des Halles (du temps de la carcasse impressionnante de fer de Baltard)… Le Paris des enfants sonneurs de portes, chapardeurs de temps volé par l’école et l’instruction…

Paris, comme l’ont chanté ses chers Hardellet et Prévert, comme l’a chanté avec sa voix de titi le Renaud des débuts…

Le Paris, sous toutes les coutures (et à ce propos, le photographe de quelques années de « Vogue »… a su photographier aussi les artistes, les écrivains : Picasso, Colette, Léautaud…).

Paris d’images inoubliables comme « Les enfants de la Place Hébert » construction étonnante autour du « trois » : trois rues, trois enfants, deux en noir, le blanc de l’espoir pour la plus jeune, trois taches de bâtiments et de trottoirs…

Paris… des rues disparues, à la Perec (ah! ces rues Vilin…), où les traces de temps s’insinuent entêtantes…

Les rues en perspective d’arêtes… étonnantes comme le cliché de 1969 montrant des enfants jouant dans des gravats, une rue en profondeur, un réverbère et la splendeur brumeuse comme un matin du monde…

Je tiens Doisneau avec Sudek le Pragois et l’équipe Evans/Lange comme des artistes indispensables de l’histoire de la photographie.

Ses plus belles photos ? Parmi des centaines : « Les enfants de Salkazanoff » : trois enfants sortis de la tabatière d’un toit…ouverts sur le monde… »Les frères rue Docteur-Lecène« …. »L’horloge« ….

« La monnaie des commissions« , « Vénus de Maillol« , « Les glaneurs de charbon« , « La poterne« , La dernière Valse du 14 Juillet 1949« , « Mariage dans l’intimité », « L’anniversaire de Josette« , « Les Lilas« , « Le muguet du métro« …

I N D I S P E N S A B L E regard sur une ville qui fuit, avec ses lumières, ses pavés, ses rues en enfilade, l’humour léger, l’attente du très bon moment pêché après des heures de guet de l’inattendu, du beau, du grave…

Doisneau, PARIS, Flammarion, 400p., 2009.


Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s