DOUZE CHRONIQUES TOUTES FAITES EN TROIS LIGNES et même moins


1.

Un récit pas moins brillant (ni plus terne) que les précédents de cet auteur qui sait si bien parler de sa vie en faisant croire qu’il a réinventé le roman !

2.

Un nouveau recueil (le quatorzième cette semaine) de ce poète tranchant comme un croissant de plume qui sait où couper ses phrases comètes pour qu’elles ressemblent à des vers lunaires !

3.

La biographie apocryphe d’un obscur prix Nobel de littérature qui écrivait des apophtegmes grand public pour plastronner sur les réseaux sociaux !

4.

Un recueil d’aphorismes au verbe libre mais avec (pas moins d’)un jeu de mots par lettre et dix lipogrammes par syntagme nominal !

5.

La première chronique littéraire réussie de ce primo-romancier qu’il a publiée à compte d’auteur pour la faire figurer dans sa chiche bibliographie et se faire ainsi passer pour critique.

6.

La nouvelle pièce sans conviction de ce poète devenu auteur de théâtre après avoir dramatisé son premier alexandrin à succès, précédé d’un avant-propos de sa plume où il rapporte comment il a viré de genre littéraire tout en devenant préfacier !

7.

Un roman miroir tout tacheté dans lequel l’auteur se voit bien en écrivain dalmatien !

8.

Une nouvelle tirée du premier chapitre d’un roman méchamment charcuté et qui s’achève en queue de boudin (mon boucher qui a écrit un traité poétique sur les rognons prétend que c’est l’inverse) !

9.
Un pamphlet manuscrit qui fait la nique aux autopubliés & aux gallimardés, aux capitalistes & aux Gilets jaunes, aux chaveziens & aux maoïstes, à la vaseline & aux vaccinés, aux usagers des réseaux sociaux & aux utilisateurs de télécopieurs, aux Beatles & aux Insus, et qui pour l’instant (avis aux éditeurs amateurs) n’a pas encore trouvé d’éditeur indépendant !

10.
Le premier recueil de poésie noire oulipienne dans lequel tous les caractères sont en blanc (façon Opalka) et où il faut deviner entre les lignes quel crime contre la littérature a été commis (alors que ça saute aux yeux).

11.
Un carnet de notes de bas de gamme hors de portée du commun des lecteurs même s’il a un frère musicien (dans la fanfare du roman wellness) ou une sœur à l’orteil musical (dans la bouche édentée d’un vernisseur d’ongles de pied tatoué) !

12.

Un recueil de contes si fins qu’on voit à travers les squelettes de la fée anémique et de l’ogre mort de faim !



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