PASTICHE D’ADOLPHE de BENJAMIN CONSTANT par JULIEN-PAUL REMY

41WKQD9FREL.jpgExtrait imaginaire à insérer à la page 111 d’Adolphe (Garnier-Flammarion, 1965, Paris).

Incipit : « Nous nous quittâmes après une scène de trois heures ; et, pour la première fois de la vie, nous nous quittâmes sans explication, sans réparation. »

Excipit : « Á peine fus-je éloigné d’Ellénore qu’une douleur profonde remplaça ma colère. »

 

Aigri par ce nouvel échec, d’autant plus sévère que j’avais déployé tout mon zèle pour la combler d’attentions et dissiper le moindre nuage d’une humeur orageuse, je m’en allai errer au dehors. Encore une fois, il fallait me résigner au triste constat de la douleur sans fin d’Ellénore, qui me poursuivrait où que j’allasse. N’ayant pas assez de courage pour revenir sur mes pas, voler à son chevet et rallumer une flamme que seul l’amour eût pu attiser, ni assez de force de caractère pour faire fi d’une situation aussi déchirante, je laissai le vent guider mollement mon corps que toute vigueur avait délaissé.

La simple vue de la souffrance de l’être que l’on veut protéger des vicissitudes du monde suffit à éteindre toute prétention à la joie dans l’âme, comme si une force irrésistible nous privait de ce droit. Il n’était dès lors pas surprenant que je choisisse généralement sa douleur à la mienne, quitte à endosser sur mes épaules fragiles les affres de deux existences réunies. Voir ses traits se déformer sous les assauts simultanés de la tristesse, du remords et de la honte me procurait un vertige sans nom, car j’étais impuissant à ramener sur son visage d’ordinaire si noble et éclatant la rosée d’un beau matin d’automne. Que l’on me privât de tous mes biens, même les plus chers, que l’on me fît endurer toutes les souffrances de l’existence, des blessures de guerre aux aspirations brisées par une société impitoyable, peu m’importait, si du moins Ellénore fût saine et sauve, hors des éclaboussures de mon sang par trop épargné. Il y a dans les douleurs qui nous pénètrent sans heurter ceux qui nous sont chers une certaine vertu selon laquelle l’ennemi est identifiable, tangible et surmontable, alors que l’on se trouve rapidement démuni face à la douleur d’un autre, comme si nous devions redoubler d’efforts pour l’aider à affronter un péril que notre âme seule aurait défait sans peine.

Ce même mélange d’abnégation et de présomption me conduisait également à penser que ma vie ne pouvait commencer que si Ellénore se trouvait dans la bonne disposition pour vivre. Ainsi, son malheur une fois déclaré, il s’immisçait immédiatement dans mon esprit, parfois avant même de naître en elle, mes prémonitions angoissées  anticipant alors la funeste réalité. Ma joie ne pouvait s’exprimer que si la gaieté peignait déjà le visage d’Ellénore, la tranquillité ne pouvait trouver son chemin dans mon être que si elle était déjà passée par son cœur, et le bonheur ne pouvait frapper à ma porte sans qu’il eût déjà ouvert celle de son âme. Malgré ce jeu de miroir évoquant une certaine égalité dans nos humeurs réciproques, les émotions pleines et dénuées de tout calcul ne se manifestaient en moi que rarement, en empruntant des sentiers tortueux, comme les rayons du soleil traversent avec difficulté un amas de buissons broussailleux.

Ma duplicité était pour beaucoup dans cet enchevêtrement de pensées ne tolérant presque jamais l’idée de bonheur. J’étais sans cesse tiraillé entre l’envie d’une joie partagée et la crainte de nouveaux liens de dépendance qu’une telle joie laissait présager ; tantôt ma raison empêchait mon cœur de se laisser emporter par le fleuve naturel des transports d’Ellénore, tantôt mon cœur entravait le bonheur que ma raison avait validé, ayant perdu l’habitude d’une félicité spontanée et insouciante. Je ne me sentais plus digne d’être aimé, ni d’être heureux, car que vaut un bonheur qui, pour s’épancher, fermerait les yeux sur le visage de la souffrance et ferait la sourde oreille aux cris désespérés d’un cœur pur ? 

LES TANKAS DU CAFÉ de CRYSTÈLE GONCALVES

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J’aime le café

sans rien, sans sucre, sans lait

un reste de nuit

juste le zeste de lune

et un nuage de brume

 

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Noire et embaumante

fleur de café vénéneuse

au pistil fatal

jusqu’aux sucs caféinés

elle s’effeuille et se lape

 

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Les pommettes roses

collées au bol de café

chauffent et se dilatent

briochettes défroissées

des pétrissages nocturnes

 

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Ramasseur de rêves

il capture mon sommeil

café épuisette

il m’attrape d’une gorgée

toute entière dans ses filets

 

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Claquant son parfum

en vagues aromatiques

mon café fulmine

il tempête en s’écoulant

en grosses gouttes frappées

 

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Un piratage âcre

café à tribord des lèvres

en marée d’ébène

il envahit mon palais

saborde mes dents de nacre

 

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Chaises canissées

dans l’arôme café crème

une aube au comptoir

tabouret haut, pieds sur barre

v’là c’qu’elle veut la p’tit’ dame

 

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Tu m’étalonnes

à l’aune de ta force brute

mon café corsé

me happent de leur ardeur fauve

tes noires effluves en lasso

 

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Le café fumant

et l’aube brumeuse

suspendent le bruit du monde

seules les effluves dansent

au bruissement de sa mousse

 

 

D8AGGMi0.jpg:largeChrystèle Goncalves est enseignante à l’Université de Nantes. Passionnée par la poésie minimaliste (haikus et tankas), en préparation d’un recueil sur les tankas sensuels et érotiques, elle publie chaque jour sur Twitter ses nouvelles compositions via ce compte: https://twitter.com/Chrystaux?lang=fr 

 

BOUQUET DE TANKAS de CRISTÈLE GONCALVES

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Mes lunes diaphanes

à l’aune de tes baisers

charnues coccinelles

je n’ose guère m’asseoir

par peur de les écraser

 

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Sous mes doigts agiles

ses cordes vocales vibrent

mon âme enjouée

ma féminité s’accorde

à la sienne en cet instant

 

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Bouquets de cristaux

sur les doigts et les lèvres

mielleux butinage

à la source originelle

pistil de ta fleur de sel

  

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Ta jupe crépon

en corolle grenadine

frémit dans le vent

découvrant ton pistil noir

une odeur musquée s’élève

——— Coquelicot

 

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J’ouvre le volet

Baisers de lumière dans un

Ballet de poussières

Mon visage est constellé

De plis d’oreillers, de rides

 

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Debout sur tes paupières

voilées et veinées

transparait l’azur

de tes pupilles opales

lorsque j’appuie légèrement

de mon talon aiguille

  

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Les pieds enfoncés

dans le froid sable poisseux

les orteils léchés

frissons jusqu’à mes pointes

tendues sous le haut trop léger

 

 

D8AGGMi0.jpg:largeChrystèle Goncalves est enseignante à l’Université de Nantes. Passionnée par la poésie minimaliste (haikus et tankas), en préparation d’un recueil sur les tankas sensuels et érotiques, elle publie chaque jour sur Twitter ses ses nouvelles compositions via ce compte: https://twitter.com/Chrystaux?lang=fr 

 

 Les photos de fleurs sont de Robert Mapplethorpe

 

ONZE POÈMES de SANDRA LILLO

 

Se lever dans l’obscurité vierge

 

premier pas au bout de la nuit

 

allumer les lumières sur la peau du

silence entrer dans la zone

 

les gyrophares bleus écartent les rues

 

Prendre le jour brisé derrière les plis bleu foncé

 

le chant des oiseaux qui sifflent pour la première fois sur les branches de l’autre côté de la fenêtre

 

de l’autre côté du monde

 

 

***

 

 

L’ennui t’enfonce au milieu des ronces Il te raconte une autre histoire que la veille

 

Tu perds

 

Les rues sont engorgées du bois mort

des radeaux échoués

 

Que faire dans la nuit qui vient

 

dans quel sens te tourner pour ne pas entendre

que tu te trompes

 

Les rêves qui couvent sous ton front sont-ils autre chose que des lieux de mémoire

 

 

***

 

 

Il pleut depuis longtemps

 

le temps manque pour tout

 

la nuit coule le long des quais

des gouttières

 

comme une blessure du jour

 

Continuer sur la route de toute façon brisée

jusqu’à se détourner de ce qui ne dure pas

 

Ne pas perdre l’instant où la lumière se lève

les étoiles ne tombent pas

 

Il suffit de peu pour tenir au rang

de ce qui s’anime faiblit attire

 

  

***

 

  

De temps en temps la lumière éclot dans

l’obscurité

 

Les jours se suivent jusque n’ être plus que

l’oiseau en cage

 

le mot oublié

 

L’âme penche dans le creux établi des jours

partis sans qu’on en ait rien saisi

 

ou est- ce le temps de la jeunesse qui résiste

avec son lot de caprices

 

 

***

 

 

Exaspérée par le bruit et le silence

 

tourner autour du taillis des questions sans réponse

 

En rester là à l’heure qui précède le soir sous la lumière allumée au- dessus du bureau

 

L’angoisse traîne de ne pas être à la hauteur

d’un baiser prolongé

d’un acte de résistance 

 

 

***

 

 

L’ombre de l’automne passe devant

les doubles fenêtres

 

la température a baissé à l’aube

 

le chien est étendu sur le parquet

 

le chat dort sur le pavé mou des coussins

sa paupière semi- ouverte sur son œil

citron vert

 

Que faites-vous vous qui ne faites pas

de bruit

 

La journée semble n’appartenir qu’à ceux

qui se donnent rendez- vous

 

après minuit

 

 

***

 

Dans l’antre uniforme de l’ennui

tu forces le langage

 

Tu veux quitter les eaux opaques de la mémoire

 

Tu attends quelque chose d’intense

 

être debout intact sous les breloques du mimosa

  

 

***

 

La rue

 

les chambres fermées

 

les fenêtres ouvertes sur

d’autres fenêtres

 

Le ciel se cueille

 

 

***

 

La perte grippe les rouages du mouvement

 

de l’indéfini à hier tous les retours étaient possibles

 

ce soir il n’y a que des départs

 

  

*** 

 

Je ne sais plus finir mes phrases

 

mon territoire se résume à l’ouverture de la fenêtre sur les draps renversés d’insomnie

 

paraplégique de l’autre partie du monde

 

L’heure juste frappe aux portes par des cyclones après lesquels

 

on rebattit beau triste et maladroit

 

ramené sans cesse au milieu de la mer des feuilles mortes

 

Tout le bruit de l’automne tombe dans le silence des nuits

 

qui crient la peur de vivre

  

 

***

 

 

Il y a derrière les masques les mesures d’une musique impossible

 

l’urgence de toucher un visage

une envie d’absolu

 

rien qui ne soit inventé qui roule comme l’ eau

 

du ventre au cœur

échoue dans une chambre vide

que l’ on ose plus regarder

 

 

sandra_lillo.jpgSandra Lillo est originaire de Nantes. Elle écrit de la poésie et a contribué à plusieurs revues telles Le Capital des mots, Lichen , L’Ardent Pays, Nouveaux délits...

Son recueil Les bancs des parcs sont vides en mars, illustré par Valérie Ghévart, vient de paraître aux Éditions la Centaurée.

DIERF DUMÈNE

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Dierf Dumène est né à l’Arcahaie le 2 décembre 1995,ville ayant une grande portée historique pour avoir organisé le congrès de 1803 qui allait donner naissance à la création du bicolore haïtien.

Poète,écrivain,nouvelliste,il est aussi secrétaire général d’une association ayant pour but d’accompagner les enfants démunis d’Haïti.

Auteur de plusieurs recueils de nouvelles inédits.

 

 +++

 

L’écho du silence

 

Tant de souffrances et de malheurs
Tant de douleurs et de haines
Et surtout tant de plaisirs
Que me rappelle la sveltesse de ton corps
Plaisirs immortellement mortels
Plaisirs moraux sans scrupule
Qui s’érigent en maître-point-final
Dans une boîte Nietzschéenne

Le soleil en un seul pas
Va se noyer au fin fond
De la mer des Caraïbes
Ainsi la musique continue
Sa randonnée sous la voix lancinante
Des oiseaux migrateurs perchés
Aux branches mortes du bougainvillier
En ivresse

Mais ma muse n’est que cette voix lointaine
Qui ne se lasse de se métamorphoser
En une mélodie 
Pour chanter ma Mort
Me réveiller de mon sommeil 
Avec les cordes d’une guitare sinistre

Des voix-jumelles dans l’écho 
Du silence
J’écris ma vie à l’encre rouge
Au regard d’un passé qui me hante
Alors que je caresse le présent

 

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Matin cadavérique

 

Matin cadavérique
Le soleil se dissimule
Entre les jambes 
D’une masse de nuages
Les arbres ne dansent
Ni ne bavardent plus
Le vent s’immobilise
Regardant le temps
Qui s’en va tristement
Le flirt dure des éternités

Des larmes coulent
Goutte à goutte
Et se métamorphosent
En un vaste torrent 
Qui inonde
Dévaste
Le champ de mes espoirs

Dans le silence
Qui habite le nécropole
Je la vois défiler 
En compagnie de mille et une âmes
Exprimant ses regrets
Sa mélancolie
Son ras-le-bol

La nature m’a trahi
Demain
Dès l’aube
Je prends mon envol

 

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Poème à ma bien-aimée

 

Mille fois j’ai hélé ton nom
Depuis ma fenêtre mi-close
Au faîte du mont Sinaï
Et cette brise 
Encore cette brise d’hiver
Me pinça de ces droits d’acier

Mille fois j’ai suivi tes pas 
Dans le désert aride 
De mes nuits fantasmagoriques
Ma chambre n’en finit pas de te tendre la main

Mille fois je t’ai fait l’amour
Devant l’autre face cachée de la mer
Et une lune sans pudeur
Était jalouse de ta peau d’ébène

Et depuis,j’ai du mal à me débarrasser 
De mon humble avarice
Tant ce corps frêle a grand faim
De tes étreintes charnelles

Si un jour j’aurais franchi
La grande porte bien avant toi
Sache que j’ai la passion 
Du petit prince mal-pensant
Au royaume des mages d’orient

 

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Cataclysme

 

Ma ville s’écroule sur un tas de pierres brûlées
Que je porte en moi
Elle me consume et je l’aime
D’un coeur d’enfer

Ô terre pourquoi t’énerves-tu
Ô terre pourquoi bois-tu le sang
De ma chair d’un seul trait

Et puis de la poussière sur le boulevard
Un tourbillonnement de poussière
Voile la face du midi
Dans l’intersection où les baraques 
S’évertuent à marquer
Le dernier pas d’une danse funeste

Comme pour enlever les cicatrices 
Du jour de l’an sur les visages 
Masqués des gosses du bitume
Des mains se rejoignent 
À l’angle des rues Pavé 
Tandis que la terre dans sa course affolée
Va et vient sous ma couche de béton

Ma vie est faite de l’ombre d’espoir
Je rêve les yeux grands ouverts
Des rêves de singeries
Des rêves de conneries
Des rêves qui semblent être réels
Je ne rêve plus sinon je meurs
Eh bien je me rêve car je ne suis rien
Qu’un fragment de rien du tout
Si je vis c’est pour pleurer les autres

 

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La lueur du jour

 

Si je dois partir
Je partirai avant minuit
Telle une âme meurtrie
Vagabondant bras dessus
Dessous
En quête d’autre contrée
D’autre source
Où s’abreuver à satiété

Si je dois partir
J’irai demander aux Tout-Puissants
Pourquoi défèquent-ils 
Dans les lits de nos enfants
Endeuillés
Pourquoi égorgent-ils nos femmes
Pour se les offrir en holocauste
Comme s’ils n’en ont pas assez
De nos malheurs
De nos cris inlassables

Si je dois partir
J’irai aux tréfonds de l’abîme
M’armer de toutes les armes
De la cruauté 
Pour devenir
Aussi cruel que les Ange-Charbons
Privés d’émancipation et de gloire

Enfin,si je dois partir
J’irai nulle part 
Seul,je resterai 
Des heures durant 
Les yeux rivés 
Sur les montagnes 
En attendant point à l’horizon
Le soleil de l’aube
Quitte à me perdre dans sa lueur jaunâtre

 

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LE BEST HIER de GAËTAN FAUCER

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Aux douze coups de minou, les chats sont grisés.

 

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La reine niée fait peur.

 

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La jument est à cheval sur les principes.

 

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Même la fine mouche aime les grosses merdes.

 

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Dans l’œuvre de Colette, il y avait beaucoup de chats pitres.

 

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Il fait des bêtises, le lion sot.

 

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A une certaine époque, le cynisme avait du chien.

 

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Cette vielle panthère joue les cougars !

 

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Dire que tous les coqs n’aiment pas la poule dance.

 

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Un certain chat d’Iran retombait toujours sur ses pattes… en plus d’avoir le regard perçant!

 

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Le ragout n’a pas le goût du rat !

 

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Le boucher expose ses viandes par hordes.

 

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Si le faucon est un oiseau, le vrai con, lui, n’en est pas un !

 

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Marcher sur un tas de merles, même du pied gauche, ne porte pas bonheur…

 

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Aux îles Canaries, les chats sont rois.

 

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Le boeuf tourne le dos aux abattoirs.

 

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Le poisson classé cas bio est labellisé.

 

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Au restaurant, le poisson de mer a une légère note de salé.

 

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Dire que le crapaud tombe en quenouille.

 

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Les éléphants de mer aussi portent des cornes…

 

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Le fermier et son cheval de trop.

 

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Forcement, les cerfs en hardes sont féroces !

 

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Che Guevara était des fois Che lou…

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Pour s’amuser, le rat va au bal musqué.

 

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Dans certains cas, le grizzli est un peu ours.

 

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La maman éléphante couche son éléphant tôt.

 

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L’histoire d’O n’est pas un conte de poule d’eau.

 

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C’est très beau quand les cerfs volants prennent de l’élan…

 

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La palourde est le plus léger des coquillages.

 

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Souvent les grues se mélangent au panier de crabes.

 

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Le cafard retombe toujours sur ses blattes.

 

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Le coq galant paie un ver à sa poule.

 

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Ce rongeur est un véritable bricoleur, il lapin tout seul !

 

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Dire que le kiwi ne mange même pas de kiwi !

 

 

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Le rat sourit.

 

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Certains lieux sont en voie de disparition.

 

Gaëtan FAUCER est l’auteur d’un recueil d’aphorismes, LE NOIR ME VA SI BIEN, paru aux Éditions NOVELAS

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AVT_Gaetan-Faucer_1900.jpeg« La Fille devant soi »

de Gaëtan Faucer pièce jouée par les élèves du
Fulmar, les 3 et 4 juin 2016 à 20h30

Mise en scène: Gwenn Feron
Avec Anne-Lies Van den Eynde, Elena Penalva, Enora Senofante, Eloïse Senofante, Mariam Arnous, Sarah Roblain, Florent Kehr, Mike Rasowski et Will Bens
Création lumières et régie Hassan Ghannan 

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VINGT « JE ME SOUVIENS » DES BEATLES par DANIEL CHARNEUX

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1) Je me souviens qu’Éric Allard m’avait demandé quelques « Je me souviens » sur la chanson « sans fraises » mais qu’il a accepté tout de suite l’idée d’un texte sur les Beatles, et que je me suis dit : « Ce ne sera pas sur la chanson sans fraises, mais il sera tout de même question de champs de fraises ».

 

2) Je me souviens que les « champs de fraises » (Strawberry Fields), c’était le nom d’un orphelinat de Liverpool (où John avait été placé ?), et que la chanson Strawberry Fields forever était couplée à Penny Lane sur le 45 tours.

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3) Je me souviens que Penny Lane était une avenue de Liverpool et non une femme devenue vieille comme le prétend la stupide rengaine de Marie Laforêt, Il a neigé sur Yesterday, une bluette qui évoque la séparation des « Fab Four ».

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4) Je me souviens que j’ai appris la séparation dans une prairie de mon village, d’un garçon qui s’appelait Philippe – j’ai d’abord cru qu’il me faisait une blague – et que j’en ai pleuré, peut-être.

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5) Je me souviens qu’un jour de l’été 1970, je me suis égaré dans les bois au cours d’une promenade solitaire dans les Ardennes, et que mes parents ont pris ma disparition très au sérieux parce que je n’étais pas rentré au camping pour l’heure de la rétrospective que je n’aurais manquée à aucun prix.

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6) Je me souviens que mes parents m’avaient offert pour mon quatorzième anniversaire le dernier album enregistré, Abbey Road, et que je l’écoutais longuement dans le noir complet, assis dans l’un des fauteuils en skaï blanc du salon, sur l’électrophone stéréo que mes sœurs avaient reçu, un an plus tôt, en cadeau de communion.

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7) Je me souviens que, sur la couverture d’Abbey road, les pieds nus de Paul furent la source de multiples divagations concernant sa mort et son remplacement par un sosie.

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8) Je me souviens que j’ai entendu un jour à la radio, dans la salle de bains bricolée à l’emplacement de la pièce que nous appelions le « fournil », que l’album le plus vendu de l’histoire du rock était Sergent Pepper’s lonely hearts club band.

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9) Je me souviens que j’ai commandé Sergent Pepper’s chez le disquaire de Dour, « Techni Disques », et que j’ai découvert trois ans après tout le monde, avec un plaisir encore enfantin, les accessoires joints à l’album – moustaches et galons du Sergent Poivre, notamment – la photo géante sur les pages centrales, les mille détails de la pochette, les textes imprimés sur la quatrième, et la musique…

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10) Je me souviens que je préférais With a little help from my friends dans l’interprétation de Joe Cocker à Woodstock plutôt que dans celle des Beatles, mais que je ne voulais pas me l’avouer.

 

11) Je me souviens que j’essayais de plaquer sur mon piano l’accord final de A day in the life. 


 

12) Je me souviens que le frère d’une amie de mes sœurs, Frédéric D., m’avait prêté le « double blanc » et que je ne le lui ai jamais rendu, sans jamais oser avouer ce forfait à mes amis de l’époque à qui je prétendais qu’il m’avait été offert par ma grand-mère.

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13) Je me souviens de l’affiche qui accompagnait le « double blanc », avec d’un côté toutes les paroles (que j’ai rapidement connues pratiquement par cœur) et, de l’autre, une série de photos sur lesquelles je m’usais les yeux.

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14) Je me souviens qu’au cours d’un voyage de rhéto à l’ULB, quelques copains et moi sommes revenus au car avec pas mal de retard, légèrement imbibés de bière blonde, en braillant Rocky Racoon (« Now somewhere in the black mountain hills of Dakota there lived a young boy named Rocky Racoon… »)

 

 

15) Je me souviens que j’avais commandé en Allemagne le double 45 tours Magical Mystery Tour, un disque méconnu que j’étais le seul à posséder, et dont mon titre préféré était I am the walrus, pour ses paroles surréalistes comme « Semolina pilchard / Climbing up the Eiffel tower » ou encore le refrain « I am the eggman / They are the eggmen / I am the walrus / Goo goo goo joob ! »

 

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16) Je me souviens de la toute petite voix de Yoko Ono dans Who has seen the wind, la deuxième face d’Instant Karma, le premier 45 tours solo de John.


 

17) Je me souviens des « bed-in » de John et Yoko.

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18) Je me souviens que je me découvrais des ressemblances alternativement avec John, Paul et Georges (j’ai longtemps eu les cheveux séparés par une raie au milieu), mais jamais avec Ringo, que je trouvais commun.

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19) Je me souviens de l’assassinat de John (mais pas du nom de son meurtrier), et de la mort de George.

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20) Je me souviens qu’Éric m’avait dit « trois pages A5 maximum », et qu’il ne plaisante pas…

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Texte initialement paru dans un numéro de 2006 de la revue Remue-Méninges

 

charneuxpatrimoineportraitpar_stephen_vincke.jpgDaniel Charneux vient de publier aux Editions M.E.O. MORE, un essai- variations sur l’auteur de L’Utopie.

 

Le site de Daniel CHARNEUX