DIERF DUMÈNE

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Dierf Dumène est né à l’Arcahaie le 2 décembre 1995,ville ayant une grande portée historique pour avoir organisé le congrès de 1803 qui allait donner naissance à la création du bicolore haïtien.

Poète,écrivain,nouvelliste,il est aussi secrétaire général d’une association ayant pour but d’accompagner les enfants démunis d’Haïti.

Auteur de plusieurs recueils de nouvelles inédits.

 

 +++

 

L’écho du silence

 

Tant de souffrances et de malheurs
Tant de douleurs et de haines
Et surtout tant de plaisirs
Que me rappelle la sveltesse de ton corps
Plaisirs immortellement mortels
Plaisirs moraux sans scrupule
Qui s’érigent en maître-point-final
Dans une boîte Nietzschéenne

Le soleil en un seul pas
Va se noyer au fin fond
De la mer des Caraïbes
Ainsi la musique continue
Sa randonnée sous la voix lancinante
Des oiseaux migrateurs perchés
Aux branches mortes du bougainvillier
En ivresse

Mais ma muse n’est que cette voix lointaine
Qui ne se lasse de se métamorphoser
En une mélodie 
Pour chanter ma Mort
Me réveiller de mon sommeil 
Avec les cordes d’une guitare sinistre

Des voix-jumelles dans l’écho 
Du silence
J’écris ma vie à l’encre rouge
Au regard d’un passé qui me hante
Alors que je caresse le présent

 

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Matin cadavérique

 

Matin cadavérique
Le soleil se dissimule
Entre les jambes 
D’une masse de nuages
Les arbres ne dansent
Ni ne bavardent plus
Le vent s’immobilise
Regardant le temps
Qui s’en va tristement
Le flirt dure des éternités

Des larmes coulent
Goutte à goutte
Et se métamorphosent
En un vaste torrent 
Qui inonde
Dévaste
Le champ de mes espoirs

Dans le silence
Qui habite le nécropole
Je la vois défiler 
En compagnie de mille et une âmes
Exprimant ses regrets
Sa mélancolie
Son ras-le-bol

La nature m’a trahi
Demain
Dès l’aube
Je prends mon envol

 

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Poème à ma bien-aimée

 

Mille fois j’ai hélé ton nom
Depuis ma fenêtre mi-close
Au faîte du mont Sinaï
Et cette brise 
Encore cette brise d’hiver
Me pinça de ces droits d’acier

Mille fois j’ai suivi tes pas 
Dans le désert aride 
De mes nuits fantasmagoriques
Ma chambre n’en finit pas de te tendre la main

Mille fois je t’ai fait l’amour
Devant l’autre face cachée de la mer
Et une lune sans pudeur
Était jalouse de ta peau d’ébène

Et depuis,j’ai du mal à me débarrasser 
De mon humble avarice
Tant ce corps frêle a grand faim
De tes étreintes charnelles

Si un jour j’aurais franchi
La grande porte bien avant toi
Sache que j’ai la passion 
Du petit prince mal-pensant
Au royaume des mages d’orient

 

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Cataclysme

 

Ma ville s’écroule sur un tas de pierres brûlées
Que je porte en moi
Elle me consume et je l’aime
D’un coeur d’enfer

Ô terre pourquoi t’énerves-tu
Ô terre pourquoi bois-tu le sang
De ma chair d’un seul trait

Et puis de la poussière sur le boulevard
Un tourbillonnement de poussière
Voile la face du midi
Dans l’intersection où les baraques 
S’évertuent à marquer
Le dernier pas d’une danse funeste

Comme pour enlever les cicatrices 
Du jour de l’an sur les visages 
Masqués des gosses du bitume
Des mains se rejoignent 
À l’angle des rues Pavé 
Tandis que la terre dans sa course affolée
Va et vient sous ma couche de béton

Ma vie est faite de l’ombre d’espoir
Je rêve les yeux grands ouverts
Des rêves de singeries
Des rêves de conneries
Des rêves qui semblent être réels
Je ne rêve plus sinon je meurs
Eh bien je me rêve car je ne suis rien
Qu’un fragment de rien du tout
Si je vis c’est pour pleurer les autres

 

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La lueur du jour

 

Si je dois partir
Je partirai avant minuit
Telle une âme meurtrie
Vagabondant bras dessus
Dessous
En quête d’autre contrée
D’autre source
Où s’abreuver à satiété

Si je dois partir
J’irai demander aux Tout-Puissants
Pourquoi défèquent-ils 
Dans les lits de nos enfants
Endeuillés
Pourquoi égorgent-ils nos femmes
Pour se les offrir en holocauste
Comme s’ils n’en ont pas assez
De nos malheurs
De nos cris inlassables

Si je dois partir
J’irai aux tréfonds de l’abîme
M’armer de toutes les armes
De la cruauté 
Pour devenir
Aussi cruel que les Ange-Charbons
Privés d’émancipation et de gloire

Enfin,si je dois partir
J’irai nulle part 
Seul,je resterai 
Des heures durant 
Les yeux rivés 
Sur les montagnes 
En attendant point à l’horizon
Le soleil de l’aube
Quitte à me perdre dans sa lueur jaunâtre

 

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LE BEST HIER de GAËTAN FAUCER

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Aux douze coups de minou, les chats sont grisés.

 

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La reine niée fait peur.

 

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La jument est à cheval sur les principes.

 

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Même la fine mouche aime les grosses merdes.

 

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Dans l’œuvre de Colette, il y avait beaucoup de chats pitres.

 

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Il fait des bêtises, le lion sot.

 

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A une certaine époque, le cynisme avait du chien.

 

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Cette vielle panthère joue les cougars !

 

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Dire que tous les coqs n’aiment pas la poule dance.

 

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Un certain chat d’Iran retombait toujours sur ses pattes… en plus d’avoir le regard perçant!

 

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Le ragout n’a pas le goût du rat !

 

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Le boucher expose ses viandes par hordes.

 

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Si le faucon est un oiseau, le vrai con, lui, n’en est pas un !

 

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Marcher sur un tas de merles, même du pied gauche, ne porte pas bonheur…

 

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Aux îles Canaries, les chats sont rois.

 

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Le boeuf tourne le dos aux abattoirs.

 

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Le poisson classé cas bio est labellisé.

 

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Au restaurant, le poisson de mer a une légère note de salé.

 

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Dire que le crapaud tombe en quenouille.

 

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Les éléphants de mer aussi portent des cornes…

 

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Le fermier et son cheval de trop.

 

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Forcement, les cerfs en hardes sont féroces !

 

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Che Guevara était des fois Che lou…

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Pour s’amuser, le rat va au bal musqué.

 

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Dans certains cas, le grizzli est un peu ours.

 

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La maman éléphante couche son éléphant tôt.

 

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L’histoire d’O n’est pas un conte de poule d’eau.

 

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C’est très beau quand les cerfs volants prennent de l’élan…

 

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La palourde est le plus léger des coquillages.

 

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Souvent les grues se mélangent au panier de crabes.

 

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Le cafard retombe toujours sur ses blattes.

 

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Le coq galant paie un ver à sa poule.

 

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Ce rongeur est un véritable bricoleur, il lapin tout seul !

 

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Dire que le kiwi ne mange même pas de kiwi !

 

 

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Le rat sourit.

 

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Certains lieux sont en voie de disparition.

 

Gaëtan FAUCER est l’auteur d’un recueil d’aphorismes, LE NOIR ME VA SI BIEN, paru aux Éditions NOVELAS

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AVT_Gaetan-Faucer_1900.jpeg« La Fille devant soi »

de Gaëtan Faucer pièce jouée par les élèves du
Fulmar, les 3 et 4 juin 2016 à 20h30

Mise en scène: Gwenn Feron
Avec Anne-Lies Van den Eynde, Elena Penalva, Enora Senofante, Eloïse Senofante, Mariam Arnous, Sarah Roblain, Florent Kehr, Mike Rasowski et Will Bens
Création lumières et régie Hassan Ghannan 

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VINGT « JE ME SOUVIENS » DES BEATLES par DANIEL CHARNEUX

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1) Je me souviens qu’Éric Allard m’avait demandé quelques « Je me souviens » sur la chanson « sans fraises » mais qu’il a accepté tout de suite l’idée d’un texte sur les Beatles, et que je me suis dit : « Ce ne sera pas sur la chanson sans fraises, mais il sera tout de même question de champs de fraises ».

 

2) Je me souviens que les « champs de fraises » (Strawberry Fields), c’était le nom d’un orphelinat de Liverpool (où John avait été placé ?), et que la chanson Strawberry Fields forever était couplée à Penny Lane sur le 45 tours.

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3) Je me souviens que Penny Lane était une avenue de Liverpool et non une femme devenue vieille comme le prétend la stupide rengaine de Marie Laforêt, Il a neigé sur Yesterday, une bluette qui évoque la séparation des « Fab Four ».

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4) Je me souviens que j’ai appris la séparation dans une prairie de mon village, d’un garçon qui s’appelait Philippe – j’ai d’abord cru qu’il me faisait une blague – et que j’en ai pleuré, peut-être.

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5) Je me souviens qu’un jour de l’été 1970, je me suis égaré dans les bois au cours d’une promenade solitaire dans les Ardennes, et que mes parents ont pris ma disparition très au sérieux parce que je n’étais pas rentré au camping pour l’heure de la rétrospective que je n’aurais manquée à aucun prix.

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6) Je me souviens que mes parents m’avaient offert pour mon quatorzième anniversaire le dernier album enregistré, Abbey Road, et que je l’écoutais longuement dans le noir complet, assis dans l’un des fauteuils en skaï blanc du salon, sur l’électrophone stéréo que mes sœurs avaient reçu, un an plus tôt, en cadeau de communion.

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7) Je me souviens que, sur la couverture d’Abbey road, les pieds nus de Paul furent la source de multiples divagations concernant sa mort et son remplacement par un sosie.

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8) Je me souviens que j’ai entendu un jour à la radio, dans la salle de bains bricolée à l’emplacement de la pièce que nous appelions le « fournil », que l’album le plus vendu de l’histoire du rock était Sergent Pepper’s lonely hearts club band.

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9) Je me souviens que j’ai commandé Sergent Pepper’s chez le disquaire de Dour, « Techni Disques », et que j’ai découvert trois ans après tout le monde, avec un plaisir encore enfantin, les accessoires joints à l’album – moustaches et galons du Sergent Poivre, notamment – la photo géante sur les pages centrales, les mille détails de la pochette, les textes imprimés sur la quatrième, et la musique…

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10) Je me souviens que je préférais With a little help from my friends dans l’interprétation de Joe Cocker à Woodstock plutôt que dans celle des Beatles, mais que je ne voulais pas me l’avouer.

 

11) Je me souviens que j’essayais de plaquer sur mon piano l’accord final de A day in the life. 


 

12) Je me souviens que le frère d’une amie de mes sœurs, Frédéric D., m’avait prêté le « double blanc » et que je ne le lui ai jamais rendu, sans jamais oser avouer ce forfait à mes amis de l’époque à qui je prétendais qu’il m’avait été offert par ma grand-mère.

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13) Je me souviens de l’affiche qui accompagnait le « double blanc », avec d’un côté toutes les paroles (que j’ai rapidement connues pratiquement par cœur) et, de l’autre, une série de photos sur lesquelles je m’usais les yeux.

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14) Je me souviens qu’au cours d’un voyage de rhéto à l’ULB, quelques copains et moi sommes revenus au car avec pas mal de retard, légèrement imbibés de bière blonde, en braillant Rocky Racoon (« Now somewhere in the black mountain hills of Dakota there lived a young boy named Rocky Racoon… »)

 

 

15) Je me souviens que j’avais commandé en Allemagne le double 45 tours Magical Mystery Tour, un disque méconnu que j’étais le seul à posséder, et dont mon titre préféré était I am the walrus, pour ses paroles surréalistes comme « Semolina pilchard / Climbing up the Eiffel tower » ou encore le refrain « I am the eggman / They are the eggmen / I am the walrus / Goo goo goo joob ! »

 

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16) Je me souviens de la toute petite voix de Yoko Ono dans Who has seen the wind, la deuxième face d’Instant Karma, le premier 45 tours solo de John.


 

17) Je me souviens des « bed-in » de John et Yoko.

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18) Je me souviens que je me découvrais des ressemblances alternativement avec John, Paul et Georges (j’ai longtemps eu les cheveux séparés par une raie au milieu), mais jamais avec Ringo, que je trouvais commun.

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19) Je me souviens de l’assassinat de John (mais pas du nom de son meurtrier), et de la mort de George.

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20) Je me souviens qu’Éric m’avait dit « trois pages A5 maximum », et qu’il ne plaisante pas…

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Texte initialement paru dans un numéro de 2006 de la revue Remue-Méninges

 

charneuxpatrimoineportraitpar_stephen_vincke.jpgDaniel Charneux vient de publier aux Editions M.E.O. MORE, un essai- variations sur l’auteur de L’Utopie.

 

Le site de Daniel CHARNEUX

PENSÉES COMPOSÉES de Gaëtan FAUCER

Les fossoyeurs sont des techniciens de profondeur.

 

 

Mieux vaut un bon demi qu’un demi bon.

 

 

On ne se souvient pas de son avenir.

 

 

Au musée de la chaise, il n’y avait plus une place pour s’asseoir.

 

 

Notre planète terre est aussi notre planète mère…

 

 

Oser le roser dosé !

 

 

Elle fait des bêtises…la reine des connes.

 

 

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Je préfère l’indifférence à la pitié.

 

 

L’achat n’est pas la femelle du chat.

 

 

Rose est là ?

 

 

La pendule n’est pas la femme du pendu.

 

 

Tous les maux ne s’écrivent pas.

 

 

Mozart a eu très tôt de bonnes notes.

 

 

Il y a souvent un truc qui cloche dans les églises…

 

 

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Le ceinturon est rarement carré.

 

 

C’est bien de jeter un pavé dans la mare…tant qu’on ne vise pas un canard !

 

 

La gastronomie, c’est l’étude de l’univers culinaire.

 

 

Les petites coupures provoquent parfois de grands saignements.

 

 

Le chien est le meilleur ami de l’homme… et l’homme, qui l’aime ?

 

 

Soupe et vin.

 

 

La planète des songes.

 

 

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«La roue tourne.», disait le bourreau à Cartouche.

 

 

Après le nettoyage à sec, il y a les banques à sec.

 

 

Nous les hommes savon pas assez…

 

 

Les pompes à eau ne sont pas toujours des chaussures aquatiques.

 

 

Après avoir écrit le Banquet, Platon eut une indigestion.

 

 

Je préfère le bas tissé…au baptisé.

 

 

Je crois, je crois, je crois…après on s’étonne qu’il termine sur une croix !

 

 

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Vierge Marie…au moins, on connaissait son signe astrologique.

 

 

«La profession de foi.»…Je ne connais pas ce métier.

 

 

La télé est l’autel de la pensée unique.

 

 

Je rêve de voir un arc en ciel gris.

 

 

L’univers est si vaste que même Dieu s’y perd.

 

 

L’actrice narcissique à son réalisateur : «Film et moi.»

 

Mozart prenait pas mal de notes.

 

 

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 Gaëtan FAUCER est dramaturge, poète et nouvelliste. C’est surtout le théâtre qui l’inspire sous toutes ses formes. Plusieurs de ses pièces ont été jouées dans divers lieux théâtraux de Bruxelles.

Sa pièce, Sous le pont, dans une mise en scène d’Amandine Carlier sera jouée à la Péniche Fulmar du jeudi 11 au samedi 13 décembre 2014.

Sa page sur le site de l’AREAW (copier/copier le lien):

http://areaw.org/gaetan-faucer/

VERS LE BORD DE LA NUIT… et autres textes de Philippe LEUCKX

Vers le bord de la nuit, quand la ville dort à peine, le long du fleuve, quand les rumeurs dernières flottent dans l’air chaud, quand le cœur n’est qu’un bond au travers des rues et que le calme apaise les voix éteintes, les ramène au vif des sens. La nuit peut commencer avec les ombres grasses et l’effeuillement des choses, vers les confins.

 

*

 

Une gare désaffectée, quelque part entre un village perdu et un bois oublié. Peut-être sommes-nous venu là, il y a longtemps, en fin d’été, lorsque la lumière et l’air sentent déjà la chute. Nous avons la mémoire d’un banc contre un mur vide. Un enfant s’oubliait le long d’une voie rouillée. Et au loin, la vie semblait si étrangère. Parfois le cœur renoue avec les franges du temps.

 

*

 

On sent venir imperceptiblement la fin de l’été, à la qualité de l’air, à son humide fraîcheur, à cette lumière qui n’est plus celle d’août, à ce rien d’inquiétant quand le soleil est moins chaud contre le mur.
On se sent fléchir mais vers quoi?
On sent quelque chose d’autre advenir, sans notre consentement ni notre approche.
Peut-être, un rien de solitude ou d’effroi, puisque le temps presse sur les joues.

 

*

 

Que ferez-vous des rumeurs de l’été et des longs partages de lumière sur le port?
Que serez-vous sans ces paroles d’êtres frôlés le soir quand l’air unifie et apaise?

 

*

 

On ne sait pas toujours où la lumière pose ses chagrins ni composer avec la nuit. 
On est là appauvri, le corps fondu dans l’ombre.
On vit, à demi confiné dans l’incertitude des heures.

 

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PARTAGE et autres poèmes de Salvatore GUCCIARDO

Ouverture

 

J’ouvrirai tes yeux

Avec délicatesse

Et douceur

  

Afin que tu regardes éclore

Le bourgeon solaire

Dans le jardin d’éden

  

J’ouvrirai ta bouche

Avec ferveur

Et amour

Pour qu’une myriade de colombes

S’envolent vers des lieux agités

  

J’ouvrirai avec emphase

Tes bras inertes

Pour que tu accueilles

Toutes ces âmes

Qui cherchent dans la nuit

Une lueur salvatrice

 

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Partage

 

Le soleil

Buvait l’eau

De la mer

Pour inonder

L’homme

De sa lumière

 

Lorsque la ligne d’horizon

S’élève

Vers le ciel

L’être s’illumine

Et s’envole

Vers les cimes

 

Vivre dans l’attrait solaire

Pour s’enivrer

De son rayonnement

 

Tout est dans

La luminescence

De la géographie

Dessinée

Par l’écume

Effervescente

 

S’enivrer

De l’astre scintillant

Pour se noyer

Dans la mer

Des délices

 

Filiation azurée

Le reflet maritime

Enivre l’âme

D’une étincelle

Divine

 

Frissons d’émotions

Le miroir lumineux

Sur ma terre

Natale

 

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Parcours

  

Ornement noir

Sur fond de neige

Le doute

La liberté

L’élan utopique

De l’artiste

  

Exaltation d’idées

Engagement de l’être

Le récit d’un homme

Voué au combat

 

Vie ébranlée par une passion

Cendre et fumée

Cheminement solitaire

Gestation souterraine

La voix du gouffre

Sur la fresque sublime

  

Roulement de tambour

Les yeux écarquillés

Du combattant

Sombre geôle

Narrations épiques

 

L’ombre et le serf

Aux sources

Abyssales

On structure

Le rêve

Dans la lumière

Salvatrice

 

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Secrets d’âme

  

La voûte du monde

Domine

Les jardins secrets

De l’âme

  

L’être flamboyant

S’expose

Aux tourbillons

Dévastateurs

Du temps

  

Des abîmes

Émergent

De la profondeur

Des eaux

Une armée

De poulpes

  

Une multitude

De corbeaux

Étalent

Leurs lourdes ailes

Au-dessus

Des gorges escarpées

 

En se dirigeant

Vers une lueur

Scintillante

 

Afin d’honorer

La luminiscence

Des noces célestes

 

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Rêve doré

  

Oscillation émotive

Jaillissement lumineux

La paix dépose

Sur la mousse de la vie

Un frémissement doux

  

Éblouissement instantané

On illumine la chambre

De ses sombres pensées

  

Friselis féerique

Musicalité corporelle

L’oriflamme

Sur la mer des délices

  

Éclat solaire

On se laisse emporter

Par la dérive des eaux

  

Extase du rêve

Boulimie paradisiaque

Le vent du sud

Caresse les rizières

De l’âme

  

On dépose

Sur les fougères

De l’inconscient

Une fine couche

De poussière dorée

Pour égayer

Notre cheminement terrestre

 

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Les huiles reproduites sont de Salvatore Gucciardo:

http://www.salvatoregucciardo.be/ 

Salvatore Gucciardo sur le site de l’AREAW

http://areaw.org/gucciardo-salvatore/

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RIEN DE MOI, de Véronique JANZYK

images?q=tbn:ANd9GcQjwAjNHjJv5D8mKhZxDWWHSomqRX7xw7Q-bMifBubPlootTSWiAprès, je sais que je ne pense qu’à ça. Et que ça est tellement fort que toutes mes pensées et mes actes simultanément se catalysent sur autre chose. C’est une coexistence parfaite. Une superposition où l’un n’efface pas l’autre. Le premier a permis au second d’advenir. Le problème survient quand le premier perd de sa force. Il entraîne à sa suite, vers l’effacement, tout ce qui découle de lui. Je dois recommencer, un cran plus fort. Ça a commencé par une chaîne de vélo. Et un chien. Il a fallu la conjonction des deux. J’ai beau expliquer au gamin d’y aller mollo avec les vitesses, il n’anticipe pas l’effort à venir. Et pour mouliner, ça oui il se retrouve à mouliner. Il est tombé quelquefois. J’étais seul dans la cour de l’immeuble accroupi aux pieds de la bécane quand il s’est approché. Curieux de ma présence, de mes gestes. Confiant. J’ai tendu la main. Il a cru à une caresse future. J’ai fermé le poing et j’ai frappé. Ça m’est venu ainsi. Je suis resté le bras ballant, à côté de la mécanique tout aussi relâchée. Tout s’est ensuite passé assez vite. J’ai encastré la chaîne dans le dérailleur, actionné les pédales de la main. Marthe a passé la tête par la fenêtre. Elle a lancé l’infinitif du soir, « mangeerrr », son sourire habituel aux lèvres. A la réponse habituelle de mon corps, j’ai ajouté un petit signe qu’elle n’a pas pu voir, happée par l’appartement. A table, j’ai réexpliqué le principe de la chaîne à Paul, patiemment. Nous avons décidé de descendre faire une simulation une fois le repas terminé. « Quoi de neuf au boulot ? » j’ai demandé à Marthe. Elle embraie aussitôt Marthe. Elle évolue dans un réservoir inépuisable d’anecdotes on dirait. On est descendu avec Paul. Sans mal, il a remis le vélo en selle. Mes explications avaient sans doute été plus claires, ou mes gestes plus assurés. La nuit est descendue sur la cour. Là-haut, des fenêtres se sont éclairées dont la nôtre. La cour m’est apparue bien vide. J’ai pensé au chien. Je me suis demandé s’il avait retrouvé sa démarche confiante. Combien de temps il a pu se souvenir de mon geste. L’avait-il déjà oublié alors que moi je le voyais encore se dirigeant vers la sortie. Encore maintenant j’y pensais au chien. Les enfants et Marthe couchés, j’ai traîné devant la télé. Dimanche soir est un moment définitivement particulier. Un sentiment de fin et la promesse d’un recommencement auquel je ne m’habitue pas. Le dimanche, les possibilités déclinent c’est un fait, mais on précipite soi-même la fin en renonçant à la promenade, au livre, au bricolage, à l’amour l’après-midi. On mise sur le week-end prochain. On est pétri de déréliction et de projets. Lundi, je me suis levé en grande forme, comme si j’avais dormi un tour d’horloge. La faim au ventre, j’ai préparé des pancakes. J’ai pris le temps. Il était cinq heures trente quand j’ai quitté l’appartement parfumé, et j’avais l’impression d’avoir déjà vécu. Une vie de farine, de sucre, de lait, d’œufs, de blancs en neige. J’ai laissé un mot « à ce soir », peut-être parce que justement ça n’allait pas de soi de rentrer le soir. Que rien ne va de soi. Qu’un jour on peut décocher un coup de poing à une bête qui va comme ça. Tout est possible. Les possibilités de nos vies nous guettent. Je ne sais si c’est menace ou libération. Cette radio, je pourrais ne pas l’allumer. Mais je mets le son. Comme chaque matin. Sauf que ce matin j’ai l’impression de n’en rien savoir de l’actualité, de n’avoir rien suivi de ce qui se trame sur la surface du globe. Ce matin m’explose ce que je pressens, ce que je combats à coup de journaux, de visites sur le net, de lectures diverses : je ne sais rien. Ni sur l’Irak, ni sur Israël ni sur rien. Rien ni personne. Rien sur moi. A la station essence, j’ai été tenté, ça ne m’était plus arrivé depuis longtemps, d’allumer des voix. J’écoute les voix comme des oracles. J’ai entendu overdose et pénurie. Ça n’augurait rien de bon. Le soir, au moment où je traversais la cour, j’ai aperçu deux hommes sur la plateforme de l’immeuble. Drôle de moment pour faire une inspection. Une urgence peut-être. Rien de suspect dans leur attitude. Ils parlaient haut. L’un d’eux a ramassé une balle de tennis. Que faisait-elle là ? Qui avait pu la lancer si haut ? L’homme a lancé la balle vers moi. Je ne l’ai pas saisie. De si haut, j’aurais pu me blesser. J’ai tourné les talons. J’ai quitté la cour. Elle était là devant moi. Ses petits talons faisaient un bruit particulier sur les pavés. Elle a essayé d’accélérer. Pas facile ainsi chaussée. Sa cheville a flanché. Je l’ai rattrapée sans mal.

 

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2da04596-96ee-11e3-b064-b3bba553e1d5_original.jpg.h380.jpgVéronique JANZYK est chargée de communication pour la Province de Hainaut. Elle est aussi journaliste indépendante. Elle a publié plusieurs livres à ce jour : Auto (éditions La Chambre d’Échos, France), La Maison (au Fram, Belgique) ainsi qu’un recueil de textes, Cardiofight, intégré dans Trois poètes belges, avec Antoine Wauters et Serge Delaive aux éditions du Murmure, en France. Elle est aussi l’auteur de Les fées penchées et de On est encore aujourd’hui, paru en numérique chez ONLIT Éditions (2013).

LIENS UTILES (copier/coller les liens)

Véronique Janzyk sur ONLIT Editions :

http://www.onlit.net/collections/veronique-janzyk

Le lit, un texte de Véronique Janzyk

http://www.onlit.net/blogs/revue/13989257-veronique-janzyk-le-lit

Véronique Janzyk interviewée par Jacques Dedecker dans l’émission Mille-Feuilles:

http://video.lesoir.be/video/x13p2or

Les fées penchéesla lecture de Denis Billamboz sur Benzine.mag

http://www.benzinemag.net/2014/02/27/les-fees-penchees-veronique-janzyk/