L’ARTICLE de NAUSICAA DEWEZ consacré à AMÉLIE NOTHOMB (Lamiroy) / La lecture de GAËTAN FAUCER


On retrouve dans ce récit, une agréable façon, guidée par Nausicaa Dewez, de nous embarquer à bord d’un vaisseau tout à fait original. Une aventure bien à elle à travers un prisme atypique qui nous fait découvrir autrement l’auteur de « L’hygiène de l’assassin ».

En effet, la vision proposée ici est à l’image des aventures des « Contes des mille et une nuits » : truffées d’histoires invraisemblables, d’aventures rocambolesques et de personnages aux allures tantôt grotesques, tantôt gracieuses… 

Là se situe tout le paradoxe de l’œuvre à la Dame au chapeau.

Le voyage est plaisant, on y découvre de nouvelles pistes, de nouveaux angles jusque-là noyés dans les divers «contes» de notre Shéhérazade moderne. 

Lors de cette excursion, Nausicaa incarne en même temps une excellente capitaine de bord et un guide ; le tout pour honorer une auteure tellement prolifique…

Un Article agréable et intéressant à lire (ou à dévorer). C’est beau quand une femme raconte une femme.


Nausicaa Dewez, Amélie Nothomb : Shéhérazade Père et Fille, Ed. Lamiroy, coll. L’Article, Illustration : Hugues Hausman, 4€ en version papier / 2€ en version numérique

Sur le site de l’éditeur (avec l’Editorial de Maxime Lamiroy)


TANT DE JOURS SONT VENUS SE PLACER DANS LE TEMPS, L’ARTICLE d’Eric LAMIROY consacré à Marcel PROUST, lu par Gaëtan FAUCER


La noble obstination, voire le défi, de l’auteur de cet article, qui n’est autre que l’éditeur de la maison du même nom, Eric Lamiroy, est on ne peut plus incroyable quand ce dernier nous offre à travers ce petit livre, le bonheur de (re) lire quelques passages de la célèbre fresque : « A la recherche du temps perdu », un plaisir auquel il additionne pour notre plus grande joie, l’allégresse immense de nous faire lire, sans aucune incommodité, la plus longue phrase de la littérature (exercice à exécuter à voix haute, calvaire assuré) ; certes compliqué, mais l’univers de Proust est bien représenté dans ce petit bijou de cinq mille mots, merci l’auteur, merci Marcel Proust. 

Gaëtan Faucer


Editorial : Maxime Lamiroy. Illustrations : Hugues Hausman.

Prix : 4€ en version papier / 2€ en version numérique

Pour commander L’Article d’Éric LAMIROY consacré à Marcel PROUST


MAILLE À PARTIR de Mayana LAUREN (Lamiroy) / Une lecture de Gaëtan FAUCER


Dès la première ligne, la narratrice nous annonce directement la tournure des événements. On sait que l’on ne va pas rigoler… Mais on sait aussi que l’on va aimer cette personne.

Pourquoi ? Elle tue ! Heureusement, pour notre plus grand plaisir, la littérature nous permet de le faire. En plus, quand il s’agit d’une dame qui dirige les manœuvres, le bonheur est décuplé.

Et ce n’est pas tout, elle se charge d’occire des enfoirés ! Le Graal ! Elle va même jusqu’à s’en délecter. S’il y a un petit truc qui la chiffonne, hop elle s’en débarrasse illico. Le tout avec une aisance digne d’une professionnelle.

Les femmes ! J’ai toujours dit qu’il fallait s’en méfier !

Je n’en dis pas davantage, l’histoire est prenante, l’auteure s’amuse, le lecteur se marre (jaune)…

Bref, tout le monde est content.

« Maille à partir »

Le titre ne laisse en rien prévoir une telle aventure, c’est là le secret de la narratrice.

Mayana LAUREN, un nom à ne pas oublier. L’auteure a d’autres livres à son actif, s’ils sont aussi efficaces, vous savez ce qu’il vous reste à faire !

Gaëtan FAUCER


« Maille à partir » de Mayana Lauren  Ed. Lamiroy, Col. Opuscules #182, 4 € / 2 € en format numérique.

L‘Opuscule de Mayana LAUREN sur le site de vente en ligne des Editons LAMIROY

POISSON d’AVRIL d’ÉRIC LAMIROY / Une lecture de Gaëtan FAUCER


Ce n’est pas la première fois que l’éditeur Éric Lamiroy passe de l’autre côté du miroir. On se souvient de la scène recréée de « Madame Beulemans« , qui était complètement anachronique et de « Once upon a time in Paris« , parodie d’un certain Quentin T…

On connaît son amusement pour cette fameuse date. L’année dernière, il nous a fait croire (aux auteurs) qu’il avait créé une nouvelle collection au sein même des Opuscules. J’ai marché… pour ne pas dire courir !

Comme quoi, quand c’est bien fait, ça fonctionne…

Ici, dans ce petit opuscule, l’auteur raconte comment il tente de piéger un ami de longue date. Ses sempiternelles espiègleries vont elles, cette fois encore, faire mouche?

À lire !

Outre la blague du jour, on y voit surtout le bel hommage d’une magnifique amitié. 

Le dessin de la couverture est de Hugues Hausman.


Poisson d’avril, Éric Lamiroy, Ed. Lamiroy, coll. Opuscule, 4€ en format papier / 2€ en format numérique.

L’ouvrage sur le site des Editions Lamiroy

LE HASARD ARRIVE TOUJOURS À L’IMPROVISTE de GAËTAN FAUCER (Cactus Inébranlable) / Une lecture d’Éric ALLARD


Le recueil de Gaëtan FAUCER paru au Cactus Inébranlable rassemble une belle floraison (près de 700) de ses aphorismes qui puisent à tous les domaines de la vie publique ou privée car l’auteur est un boulimique de l’existence et des arts. Comme l’éditeur l’indique en quatrième de couverture à propos de sa féconde écriture d’aphorismes : « Ça fuse, ça explose et surtout, comme il vise bien, ça fait mouche. »

Dramaturge, poète, auteur d’aphorismes et de nouvelles, raconteur de personnalités du monde des arts et du spectacle, il fait jeu de toute forme d’écriture pour dispenser ses flèches et saillies comme ses maximes.
Comme je le signalais précédemment, Faucer s’inscrit dans la lignée des moralistes français qui dispensent par la bande des observations sur la nature et le sens de la vie.

S’il y a chez lui un côté moraliste, on trouve aussi de nombreuses traces de l’immoraliste, qui pique, provoque, secoue… En tant que dramaturge, c’est le sens de la réplique qui l’anime et de la mise en saynètes, qui lui fait tirer leçon et matière à rire du spectacle de l’existence.

Dans ce va-et-vient entre sagesse et impertinence se noue un dialogue subtil où l’écrivain se déplace du côté cour au côté jardin en rendant le spectateur complice des sentences dispensées.

Les thèmes le plus souvent évoqués ressortissent de sa pratique du monde théâtral, de son amour du beau sexe, de la bonne chère et de son intérêt pour le monde animal. Il se plaît aussi à détourner des faits de la grande histoire, à croquer les ridicules des hommes et femmes de toutes les époques.. On trouve aussi des brèves d’hôpitaux, sans doute glanées sur son lieu de travail, et des végâneries. Le questionnement sur la façon de raconter, de démêler le vrai du faux, la problématique de la justesse et de la justice comme son attachement aux libertés courent tout le long de ce recueil pétillant d’humour et d’intelligence.

SELECTION d’aphorismes 

Au théâtre, le public aime les pièces à conviction.

Quand le roi n’a plus rien, il a de quoi être déchu.

Les yachts sont des navires de fortune.

Pour renouveler la littérature, faudrait remettre les conteurs à zéro.

Dire que les tragédiens ont connu les premiers souffleurs de vers.

Ne jamais jouer au casino avec un dé faux.

Le chaud lapin court plusieurs lèvres à la fois.

Un seul être ne like pas, et tout est dépeuplé.

Dans mon bureau, je passe tous les jours l’inspirateur.

L’Ukraine…  et sa politique de l’hôte russe.

Je viens faire un vaccin contre l’épithète C. (in Maux d’hôpitaux)

Le comédien est quelquefois un bon menteur en scène.

Au musée, certains tableaux passent inaperçus, ce sont les toiles filantes.

Pour l’artiste, la gratuité est souvent le prix à payer.

Aux USA, après trois heures de route, t’es souvent dans le même état.

Le bon professeur n’est pas forcément un donneur de leçon.


Gaëtan FAUCER, Le hasard arrive toujours à l’improviste, Cactus Inébranlable, coll. P’tit Cactus, 2021, collage de couverture: [A l’arrache], 75 p., 10€.

Le recueil (en savoir plus & commande) sur le site du Cactus Inébranlable

EXCRÉMENTS d’ERJA ISTÄVÄ (Lamiroy) / Une lecture de Gaëtan FAUCER

Excréments C#12

Un délice pour les coprophiles, un état de siège pour les autres ! 
La scène se passe dans un musée, lors d’un pré-vernissage d’une expo de merdes…si si… Premier sens du terme !


Mais ça ne sent pas bon. On a retrouvé un cadavre dans une sale (salle) posture : un étron 
dans la bouche ! Il s’agit du corps d’une critique d’art. La crème fouettée de la profession.
Ses papiers étaient toujours bien écrits…en double, voire en triple épaisseur.

Que s’est-il passé ? Crime ? Vengeance ? Il n’y a pas eu de coup de feu… donc pas de 
chasse tirée. 
Très vite, l’enquête est en marche (on est en Finlande.) On ne tourne pas autour du pot.
Une commission (la grosse) est mise en place pour faire transiter l’affaire ! 
La suite est top secret, on ne peut surtout pas dévoiler la fin, ni en dire davantage. Il est
clair que certains vont devoir se laver les mains… Lunettes baissées, va falloir bien viser.

On retrouve ici le mot de Cambronne à toutes les sauces. L’écriture est drôle et facétieuse, on ne s’ennuie pas une seconde.

Un conte idéal pour les amateurs d’histoires qui restera dans les annales. (à l’inverse de cette critique)   

Excréments d’Erja Yastävä, Lamiroy (coll. Crépuscule), 4€ / 2€ en format numérique
(traduction d’Éric Lamiroy qui parle, comme tout le monde le sait, couramment la belle langue finnoise… )

Gaëtan Faucer

L’ouvrage sur le site de l’éditeur

LA VOIX DU DÉLIT de JULIETTE NOREL (Lamiroy) / La lecture de Gaëtan FAUCER

Une histoire électrique où l’on suit un fil d’un bout à l’autre… une professionnelle du téléphone. Elle parle à ses clients. Elle ne connaît pas les visages de ces personnes. Jamais elle ne rencontre ou n’est censée voir son interlocuteur ! Jamais. C’est dans le contrat …

Jusqu’au jour où les rôles s’inversent. Elle en devient sa propre caricature, elle, une routinière dans son job.

Comment est-elle tombée dans le panneau ?

Tout ça pour l’effet d’une voix !

Incroyable récit rythmé et agréable à lire, de Juliette Norel qui fait son entrée dans la collection des Opuscules. Une jeune auteure à suivre.

« La voix du délit » de Juliette Norel, Editions Lamiroy, collection Opuscule #206 (sur le site de l’éditeur)

Le site de Juliette NOREL

LE QUARTIER DE L’ORANGERIE d’AURÉLIE LAGARDE (Lamiroy) / Une lecture de Gaëtan FAUCER


C’est le premier livre de l’auteure, et sans doute pas le dernier. 

Près de la retraite, le Capitaine de police, Martin Deschamps, procède à un contrôle de routine. Un vol de nains de jardin… Un petit larcin ! Il se rend sur les lieux avec Alice, sa jeune coéquipière, pour prospecter. Évidemment, tout ne tourne pas comme prévu. Des personnages intrigants feront une fantomatique apparition, histoire d’agrémenter le suspens…

Le rythme est rapide, on entre directement dans une histoire de routine toute simple, voire banale. Sous son faux air de récit suranné, Aurélie parvient à captiver son lecteur jusqu’à la fin… 

Pour sa première histoire, l’autrice, grande lectrice de polars, réussit son vœu le plus cher : en écrire à son tour !

Aurélie Lagarde, Le quartier de l’Orangerie, Lamiroy, 4€ en format papier / 2€ en format numérique.

À découvrir sur le site de l’éditeur

LA MORT NE PORTE PAS DE TALONS AIGUILLES de GABRIEL NONCRIS (Cactus Inébranlable) / Une lecture de Gaëtan FAUCER

« J’aime les gens heureux : il reste quelque chose à détruire. » 

Voilà, le ton est lancé. La première phrase du dernier P’tit Cactus est effectivement l’épigraphe parfaite pour débuter ce recueil ! 

Contrairement au prénom de l’auteur, le livre semble avoir été écrit par le cousin de l’antéchrist.

On imagine l’auteur, concentré dans son manuscrit, installé confortablement au milieu du pandémonium. A sa gauche, la muse du sarcasme, à sa droite, le diable en personne !

Ne vous y trompez pas. On s’amuse tout au long du livre. On rit jaune… et même de toutes les couleurs.

Bref, un recueil de citations mortelles et efficaces. 

« Mortellement vivant » : parfait oxymore que l’on pourrait utiliser pour résumer ce bouquin. Un plaisir immense de côtoyer dans le même ouvrage la grande faucheuse et l’éclat de rire. La profondeur de certaines sentences est abyssale. 

La suite est à découvrir. Une délectation sans faille. Gabriel Noncris, un auteur à suivre.

Sans oublier la superbe/horrifique couverture de Frédérique Longrée et la préface de Théophile de Giraud.

L’ouvrage sur le site du Cactus Inébranlable

La chaîne Youtube de Gabriel Noncris

PRENDRE MOT de PHILIPPE LEUCKX (Dancot-Pinchart) / Une lecture de Gaëtan FAUCER

Chaque page est une ode au poème, à la rue, aux gens et à la vie.

Dans ce recueil de poésie, l’auteur nous embarque dans son univers bien à lui.

Une agréable sérénité s’installe au fil d’une lecture douce et apaisante.

On a l’impression que le silence parle.

Poèmes à lire dans le désordre ou dans l’ordre des pages… qu’importe, la furtive musique du silence est constante.

Philippe Leuckx est le premier auteur à être publié aux éditions Dancot-Pinchart. Longue vie à la poésie, hommage aux mots et bonne chance à cette nouvelle maison ! 

Les mots clés du recueil : Ville / Gens/ Poème

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