AU FESTIVAL DU FILM D’AMOUR DE MONS, « NOCES » de Stephan STREKER

leuckx-photo.jpgpar Philippe LEUCKX

 

 

 

 

film.noces.f.jpgGlaçant portrait – d’après des faits réels – d’une jeune Pakistanaise qui tente d’échapper aux traditions de son pays. Intelligente, belle, rebelle, sensible. Ses tentatives d’émancipation seront vaines face au bloc familial qui la force au mariage. Selon sa famille, il est impensable que Zahira épouse un Belge. La tragédie se noue et impose sa violence. Comme toujours, la femme est sacrifiée et le poids de la tradition (mari imposé par Skype…) une insulte à la liberté. Le crime d’honneur enfin souille le beau visage d’une jeune femme écartelée entre l’amour des siens et la poursuite autonome de sa vie. L’arriération impose régression et repli.

La mise en scène, très attentive aux ambiances nocturnes, dose et accélère la tension et jette le spectateur dans une nasse d’effroi et d’impuissance.

La distribution est éblouissante : Lina El Arabi (Zahira), Zacharie Chassériaud, Sébastien Houbani (Amir) , Olivier Gourmet.

Présenté à Toronto, Angoulême, le film de Streker a remporté diverses récompenses. 

Le Festival du Film d’Amour de Mons (jusqu’au 17 février)

SHAME de STEVE McQUEEN

19841064.jpgL’histoire d’un sex addict dans la solitude new yorkaise qui baise comme on tue… des parties de soi. Pendant le temps où il héberge sa soeur, il va régler sur un plan symbolique son problème d’addiction. 

Rien n’est expliqué dans le film mais tout est suggéré par la disposition des plans, le traitement des images, Steve McQueen étant un ancien plasticien passé à la réalisation. Les dialogues ne sont pas explicatifs. Ainsi la scène où Brandon fait l’amour à une de ses collègues, celle où il invective sa soeur et la pousse au suicide. On comprend que la seule liaison affective, quoique problématique, qu’il ait jamais entretenue, c’est avec à cette soeur qui le relie à une enfance qu’on devine difficile.

Avec les remarquables Michaël Fassbender (acteur fétiche du réalisateur qui a d’ailleurs obtenu pour ce rôle un prix d’interprétation) et Carey Mulligan qui donne une version saisissante de la chanson New York, New York, interprétation qui constitue aussi une scène-clé formidable de non-dit expressif. E.A.

Un film à revoir sur Arte+7 via ce lien

Un bel article de Thomas Satinel sur le site du journal Le Monde: SHAME, Steve Mc Queen trouve la grâce derrière l’abjection.

 

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DEMAIN, un film de Cyril DION & Mélanie LAURENT

par Philippe LEUCKXleuckx-photo.jpg

 

 

 

 

 

 

404473.jpgEn cinq chapitres thématiques (alimentation – énergie – économie – démocratie – éducation), le film de Cyril Dion et Mélanie Laurent fait un état des lieux assez réjouissant sur les initiatives prises çà et là pour réfréner la chute inexorable de notre planète en matière d’écologie et de développement.

Les constats d’aujourd’hui, assez lourds, sur le réchauffement, ses conséquences (du Pôle à la montée des mers et océans, la raréfaction des ressources – eau…), sont ainsi, non minimisés par le film, mais affinés par une vision qui ne soit pas seulement catastrophiste. En effet, les réalisateurs et leur équipe ont pris le chemin des quatre coins de la planète pour établir, sur le terrain, le catalogue des productions, des réalisations, des projets concrétisés, qui montrent que l’inéluctable peut être renversé.

De Détroit à la Finlande, en passant par l’Inde, le sud de l’Angleterre, la France …, l’œuvre illustre ce qui est entrepris pour redonner élan, vitalité et enthousiasme à des populations qui se sont prises en mains pour affronter l’avenir, sur d’autres bases que la grisaille et la sinistrose ambiantes.

Cultures locales et urbaines, remises à l’honneur dans une ville comme Détroit, complètement ravagée par la crise ; liens soudés entre des castes que rien ne prédisposait à travailler ensemble, dans nombre de villages indiens, à l’initiative de maires ; « permaculture » (en coût réduit d’énergie, eau…) bien plus productive que les rendements traditionnels ; groupements locaux efficaces pour rendre à la collectivité les moyens de gestion ; éducation à d’autres sources d’énergie, à d’autres formes d’enseignement…

On pourrait multiplier les exemples, illustrés par le film, pour démontrer que les initiatives ne manquent pas, que, dans nombre de pays, les choses changent et bougent, et qu’il y a crédit à donner à toutes ces actions.

En outre, le film est ponctué d’interventions de spécialistes, qui offrent un autre angle de vision : Pierre Rabhi, Olivier De Schutter…

Au-delà de sa démarche positive à l’égard d’une terre pas tout à fait perdue, souvent égarée, le film donne à comprendre les enjeux communautaires, culturels et écologiques auxquels les citoyens du monde sont confrontés en ce début de XXIe siècle.

Les images fécondes, les regards, les commentaires, l’entrain des séquences, les explications légèrement didactiques offrent d’autres atouts à la vision.

Un film humaniste, au meilleur sens du terme.



JACQUES RIVETTE (1928-2016)

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De nombreux livres et films dispensables sortent et des films et des livres qui resteront passent momentanément inaperçus…

Ce fut le cas de L’AMOUR FOU et peut-être de OUT 1 de Jacques RIVETTE, le plus méconnu des cinéastes de La Nouvelle Vague qui s’est éteint à l’âge de 87 ans.

 

Son parcours retracé dans cet article du Monde signé Isabelle Régnier

Des témoignages d’amis et de gens ayant travaillé avec lui: Bonitzer, Ogier, Glenn, Comolli, Téchiné

Le témoignage de Jeanne Balibar, comédienne de deux des derniers films de Rivette

L’AMOUR FOU lentement…

L’AMOUR FOU en (Gérard) Courant…

 

L’histoire d’OUT 1, le film colossal de Jacques Rivette par Jean-Marc Lalanne

 

 

Une interview de Jacques RIVETTE aux INROCKS en 2007 à l’occasion de la sortie de NE TOUCHEZ PAS LA HACHE avec Jeanne Balibar et Guillaume Depardieu

 

10 FILMS EMBLÉMATIQUES de Jacques RIVETTE

 

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MICHEL PICCOLI A 90 ANS !

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Michel PICCOLI est né le 27 décembre 1925 à Paris. Sa carrière de comédien débute en 1945 dans la compagnie Renaud-Barrault. Le Mépris de Godard le révèle au cinéma en 1963. Il a été comédien dans une cinquantaine de pièces et a tourné dans plus de 150 films en compagnie des plus grands réalisateurs: Godard, Resnais, Bunuel, Renoir, Demy, Chabrol, Malle, Rivette, Carax, Sautet, Ferreri, Costa-Gavras, Hitchcock, Chahine, Ruiz, Iosseliani, Angelopoulos, de Oliveira, Moretti… Il a aussi réalisé quelques films.

Michel Piccoli par Jacques Drillon pour la sortie de J’ai vécu dans mes rêves, écrit avec Gilles Jacob (chez Grasset)

Michel Piccoli, c’est quoi? 

Scène d’ouverture du Mépris de Jean-Luc Godard (1963)

Avec Romy Schneider pour la chanson du film Les choses de la vie de Claude Sautet (1970)

Un extrait de La Belle Noiseuse de Rivette (1991)


 
Michel Piccoli après la réalisation de son premier long métrage, Alors voilà (1997)


  
En 2011 dans le rôle du cardinal Melville pour le film de Nanni Moretti 

Michel Piccoli en 2013 à Cannes parle de La Grande bouffe de Ferreri sorti 40 ans plus tôt

Avec Jane Birkin et Hervé Pierre pour Gainsbourg, poète majeur (représentation complète) au Théâtre du Rond-Point en décembre 2015

Piccoli lit Baudelaire (la muse malade)


Quelques autres films… 

(Max et les ferrailleurs, Le Journal d’une femme de chambre, Belle de Jour, Benjamin ou les mémoires d’un puceau, Vincent François Paul et les autres…)

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DEUX HOMMES ET UNE ARMOIRE de ROMAN POLANSKI

Deux hommes et une armoire est sans doute le plus connu et récompensé des courts-métrages que Roman Polanski a réalisés avant de tourner son premier long métrage, Le couteau dans l’eau, en 1962, le seul long d’ailleurs à avoir été tourné dans sa langue natale.

Le film est tourné en trois semaines à Sopot, une station balnéaire près de Gdansk et Polanski vise un prix au festival du court-métrage expérimental de l’exposition universelle de Bruxelles en 1958 (Roman a 25 ans) où il obtiendra la Médaille de Bronze.
Ce film sera le premier d’une collaboration artistique avec le pianiste et compositeur de jazz polonais, Krzysztof Komeda. 

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Lire l’analyse du film par Alexandre Tylski sur le site concacré à Polanski

LE FILM 

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Les génériques des films de POLANSKI

(dont une collaboration avec Jean-Michel Folon pour le méconnu Quoi? en 1972)

La chanson du Couteau dans l’eau 

Le film de Polanski / Yves Simon

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ROMAN POLANSKI, Le SITE