POÈTES & POÉTESSES (IV)

Si le poète ne peut pas se reposer sur ses lecteurs, il dort sur ses plaquettes.

 

D’une plaquette à l’autre, le poète vainc sa maladie du sens.

 

Désormais on parlera de poète mot-dit, murmuré, crié, crashé, performé.

 

À la chute (de vente) des recueils, le pilon n’est pas loin.


Les seuls amis du poète : le livre et le lit. Autrement dit, la couverture.


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Il faut souvent attendre (longtemps- les poètes ont la vie dure) la mort du poète pour qu’il arrête d’écrire.


Le poète en panne sur la route ne trouve souvent qu’un cric à lancer.

 

Attention, casser du poète (officiel) ne vous rapportera pas l’Académie!


Ce poète voyant est un peu tarot.


Si vous n’avez pas vu un poète sur un marché de la poésie, vous ne connaissez rien à la misère de la poésie.

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Certaines poétesses sont plus belles à voir qu’à lire.


Déclamer un sonnet à une poétesse, c’est comme donner du feu à un briquet, une pelle à un pelletier, un râteau à une ratière, des dents à un peigne…


N’allez pas chercher sur les lèvres de la poétesse les mots qu’elle réserve à ses lecteurs, les baisers qu’elle donnera à ses plaquettes, les compliments qu’elle lancera à son éditeur… 


Si le vent de la prose souffle, la poétesse peut tomber dans vos bras et même se détacher de la poésie, le temps d’un roman.


Crier son nom au passage de la poétesse vous attirera certes sa sympathie mais pas sa considération. Pour cela, il vous faudra acheter ses plaquettes. Quant à ses faveurs…


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Rue de la poésie, la poétesse racole.


La poétesse ment comme les autres… sur le prix de vente de ses recueils. 


La poétesse fait très bien la moue, on n’a jamais dit le contraire.


Ne vendez pas la peau de la poétesse avant de l’avoir lue nue !


Quand le poète rencontre la poétesse, ils se racontent des histoires… de publication où l’éditeur a tour à tour le bon et le mauvais rôle.


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Poètes et poétesses, c’est le printemps!

Le poète n’a pas sa langue dans la poche du parler commun.


Si le poète est fructivore, c’est uniquement par goût des vers (dans le fruit).


Le poète luciole n’arrive pas à la chenille du poète voyant.


Le poète mal voyant ne fait pas un bon poète maudit.


Le poète martyr n’explose pas les ventes de son vivant.


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Quand le poète a atteint le sonnet, il ne peut qu’alexandrin plus mal.


Le poète post moderne joue à cache-mots avec son lecteur. Il essaime ses mots sur toute la page et parfois même en dehors.


Le peigne du poème a les dents de moins en moins longues. (à Aragon)


Le poète en herbe animera toujours bien un atelier d’écriture pour les brins.


Chaque printemps des poètes, le ministre des Arts & des Lettres dépose une gerbe de recueils aux pieds du Poète Inconnu.

 

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Le poète nu n’est pas Rimbaud à voir.

La poétesse nue n’est pas si Verlaine.


La poitrine de la poétesse ne pèse pas (forcément) deux livres.


On ne mord pas les livres de la poétesse en sa présence. Ses lèvres, à la rigueur.


Entre deux livres, le poète mécrit-il?


Le poète finit toujours par dormir dans ses livres.


 

Romancier(e)s et poétes(ses) II

L’écrivain en résidence d’écriture à la Mer se lève avec les poulpes.


L’écrivain qui brûle ses livres pour se chauffer épargne de l’énergie en même temps qu’il économise des lecteurs.


 

Chaque jour, cet écrivain au chômage va pointer à la Maison de la poésie.

 

 

Pour arrondir son chiffre d’affaire, cet éditeur met chaque fin d’année en vente un calendrier de ses auteurs nus dont le sexe est caché par un de leurs livres. Les plus exhibitionnistes d’entre eux déclarent leurs ouvrages épuisés.

 

Pour arrondir ses fins de mots, cet écrivain fait des ménages dans les super marchés de la poésie.


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Aux éditions du Spleen, on a obsevé une vague de suicides d’auteurs sans précédent dans l’histoire de la littérature rasoir.


Cet éditeur ne nourrit ses auteurs que de restes baudelairiens ou faulkneriens alors qu’ils n’aspirent qu’à des festins lévyesques et des banquets beigbederiens.


Cette écrivaine qui rêve d’être toute entière (de la bouche au pubis) transformée en mots me rend livre de ses lèvres et de sa peau page.


Par contre, je peine à relire cette vieille écrivaine transformée en incunable.


Les poètes qui restent à quai prennent souvent le train du roman en marche (et réciproquement).

 

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Le lecteur averti passe (heureusement) toujours à côté des panneaux « Attention, grands écrivains! » postés régulièrement par les éditeurs et la critique.

 

Dans les foires du livre, les auteurs qui vendent le mieux sont ceux situés près des toilettes.


À « Un livre presque parfait », les auteurs n’avaient pas bien dressé la phrase.

 

La poétesse ne se dévêt jamais totalement. Elle garde toujours un ou deux vers sous le manteau.

 

Certains écrivains qui travaillent sans filet n’écrivent pas de bien haut.

 

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Poétesses & romancières

Au concours de Miss Poésie, les romancières font le pied de grue.

 

 

La femme de maison de la poésie ne fait pas que laver les vers.



La poétesse est muse sous son poème.



Siffler une poétesse dans un salon du livre peut vous coûter cher : l’achat de tous ses recueils. Réjouissez-vous à l’idée que vous auriez pu siffler une romancière.



La femme de plume pèse son poids de mots.


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Les Mots Pelés (13)

Pour faire un bon mot doux, il alla jusqu’à aimer une femme.

 

L’écrivain fait texte de tout moi.

 

Le poète qui prend la prose s’expose à la tentation romanesque.


A l’enterrement d’un point mort, des virgules dansaient.


C’est le roi de la petite phrase: les mots sont ses sujets.


On ne tue pas un écrivain dans l’œuf, on attend qu’il ait pris le melon.


Les paroles rotent, les écrits empestent.


Demande à la poussière qu’elle recompose la phrase du vent.


Château-mot du rêve, quelle architecture de phrases encombre tes nuits ?

Les mots pelés (12)

Je me fais du mot rond pour le roulé-boulé de mes phrases.


Cet écrivain très plat n’écrivait que des histoires raies.


Tous les écrivains ont dans leur bibliographie un livre houspillé.


L’écrivain suspecté de négritude doit montrer page blanche.


Les plus belles rencontres entre écrivain et éditeur se terminent dans un livre. 


Les mots pelés (11)

 

Le plus long mot de la terre ne fera jamais le tour de tes hanches.

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Conte-traction, histoire née.

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Les textes pondus trop vite contiennent des coquilles.

* * *

Le mot tarde me monte au nez.

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                                                 – Combien pèse cet auteur ?

  – À peine trois livres. Je vous l’emballe ?