DES LAMES & DES LUMIÈRES, 10 QUESTIONS à Carine-Laure DESGUIN

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Quand, l’an passé, Carine-Laure m’a demandé d’écrire la préface à Des lames & des lumières destiné à être publié, par les soins de Joëlle Aubevert, au Coudrier, je me suis demandé si, au vu de mes connaissances sur le tarot, je serais en mesure de lui répondre favorablement. J’ai alors lu deux ouvrages, l’un d’André Breton, Arcane 17, qu’on ne trouve plus facilement, ainsi que Le Château des destins croisés de Calvino mais surtout La voie du Tarot de Jodorowsky. Pour observer que Carine-Laure a procédé dans l’exercice d’écriture de son recueil à des interprétations libres et évidemment poétiques des cartes. En sorte qu’elle livre à son tour un labyrinthe de mots et d’images cette fois littéraires permettant au lecteur de trouver son propre cheminement et ce, dans l’esprit de Jodorowsky selon lequel les lames offrent au lecteur un miroir intérieur, un instrument de connaissance de soi plus qu’ elles ne constituent un art divinatoire. Il m’a semblé correct de donner alors à ma préface sur les textes de ce recueil le titre suivant: Les poèmes du monde.

Il est à de noter que Catherine Berael a conçu ses illustrations en fonction des poèmes de l’auteure et non des cartes, si bien qu’on peut mesurer les différences entre les lames traditionnelles et les nouveaux dessins après passage dans le prisme des mots accordés en une vision poétique singulière. 

Mais revenons avec elle et en dix questions sur la genèse de ce recueil.  

 

1/ Carine-Laure, comment t’est venu l’idée d’écrire ce recueil basé sur le Tarot de Marseille ?

Tout à fait naturellement, bonjour Eric, pour un peu déjà concentrée sur tes questions, j’oublie de te dire bonjour…Le destin, la destinée, le pourquoi de nos actions, les directions que prend notre vie, tout cela reste pour moi un grand mystère, un questionnement qui s’installe chez moi déjà dans l’enfance. Sommes-nous libres ou pas, tout est-il joué dès notre naissance ? Ces questions m’interpellent. Voici quelques années, je prends quelques cours de Tarot. Je n’achève pas la session, cela demande trop de temps pour moi. Je garde cependant les bouquins et les lames, ces lames colorées sont si belles et à chaque fois qu’on les regarde, on trouve toujours un nouveau détail, une nouvelle couleur. Toute seule, j’étudie tout ça, à mon rythme. Voici deux ou trois ans, je participe à Tournai-la-page, un Salon du livre et, comme à chaque fois, un concours d’écriture est organisé. Je ne me souviens même plus du thème, je griffonne comme ça quelques phrases et puisque le texte est commencé, je l’achève une fois rentrée chez moi. Ce texte ? Oh ça parle d’un gars assez paumé, d’une gitane aux yeux de papesse et aux mains de chariot…Et vers la fin du texte, les lames du Tarot apparaissent…Quelques jours plus tard, je finalise le texte et je commence à écrire en me concentrant sur une lame à la fois, ou sur deux lames. Voilà donc la raison pour laquelle le recueil comprend plus de textes que de lames. Tu me demandes, Eric, comment m’est venue l’idée. Tu sais, l’idée m’est venue inconsciemment. Car en écrivant le premier texte et même le deuxième, j’ignorais que j’allais coller des mots et des phrases sur chaque lame. Le recueil s’est donc écrit comme ça, presque tout seul. En quatre ou cinq semaines, je ne sais plus.

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2/ Comment s’est alors passé l’écriture ?

Les textes s’écrivent assez vite. Chaque soir, je touche les lames, j’ai presque envie de dire que je les caresse, c’est curieux, mais c’est la vérité. J’aime ce moment, rentrer chez moi, attraper les lames et écrire les textes. Les brouillons sont encore là, dans ce cahier, regarde, il n’y a presque pas de ratures, tu vois ? Je me concentre sur les couleurs, je rassemble mes esprits, je dépose des mots et puis des phrases s’articulent. Lorsque j’écris des poésies, j’aime le contact avec le papier, je n’utilise le pc qu’après l’écriture des textes. Ecrire ces textes me demande, on le devine, une très grande concentration, mon esprit a besoin d’une certaine unité et puis je fais un profond plongeon à l’intérieur de moi-même.

Quelle énergie déployée…

3/ Quels critères t’ont conduit à choisir Le Coudrier pour le publier ?

Le Coudrier, une maison d’édition qui n’édite que de la poésie, c’est important ça, quand on aime les mots comme je les aime. Le Coudrier, c’est comme des artisans (artisans, dans le sens noble du mot), de vrais artisans. C’est une maison d’édition qui porte les textes d’auteurs comme Antoine Wauters que nous connaissons tous à présent puisqu’il a remporté le Prix Première 2014 et quelques autres, Tristan Sautier, Pascal Feyarts, et d’autres belles voix de la poésie d’aujourd’hui. Le livre du Coudrier est aussi ce que j’appelle un « beau livre ». Sur un papier de qualité, le texte s’envole, il prend plus de consistance ! Non, je dis ça pour rire …J’ajoute qu’il n’y en a pas des masses, des maisons d’édition qui n’éditent que de la poésie…Et puis, quand on lit la ligne éditoriale de cette maison, on ressent de suite que Joëlle Aubevert prend soin de ses auteurs et de leur texte, il n’y a pas de tricherie. Il faut de l’audace pour éditer uniquement de la poésie…Je me dois d’ajouter que les éditions Chloé des Lys éditent toujours mes texte.

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4/ Quelles sont tes influences poétiques, les poètes dont tu te réclames ou qui ont marqué et continuent de marquer ton travail poétique ?

Comme tous les auteurs, adolescente, je lis Baudelaire, Verlaine, Rimbaud et puis Aragon. Aragon, ah, Aragon, un poète déterminant parce qu’avec cet auteur, je découvre le Surréalisme. J’ai alors 14 ou 15 ans mais j’écris déjà des poèmes depuis un an ou deux. Avec l’envie de publier, oui oui, l’envie de publier, Eric, ça c’est un scoop ! J’ai alors un texte édité dans une revue que des étudiants vendent dans les gares et autres lieux publiques mais je n’ai plus aucun exemplaire…J’ai alors une très grande soif de poésie et de littérature en général, j’aime les mots,

voilà tout. J’aime LE mot. Parfois, je pense à un mot, n’importe lequel, celui qui résonne en moi à cet instant-là et je le triture sur toutes ses coutures, des images s’infiltrent et ça me rend heureuse, tout ce cinéma-là. Malgré que je ressens des brûlures qui m’allument et ne me font pas toujours du bien … Si j’ai des influences, je n’en suis pas consciente et ce serait prétentieux de ma part, non ? De toute façon, j’espère rester moi-même, sans trop d’étiquettes, et si certains auteurs m’influencent, ce sont comment dire, des feux follets, non ? Par exemple, pour le moment, je pense à Antonin Artaud, j’entends sa voix et je vois son visage. Mais sa voix, bordel, quelle voix. Comment ne pas se laisser pénétrer par cette voix-là ?

Je lis beaucoup d’auteurs et si je suis influencée, je n’en ai pas conscience, sauf quand j’écris un texte « à la manière » de tel ou tel auteur. Alors là c’est curieux, je ressens l’œuvre entière de l’auteur qui me traverse et ce sont des sensations très bouleversantes. C’est ce qu’on appelle l’empathie, je pense que c’est ça, l’empathie. Mais lorsque la personne est absente, ressentir de l’empathie, ça remue. Le propos de l’influence ou pas d’un auteur dans les écrits d’un autre, ça demande des pages et des pages d’explications.

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5/ Si, comme les personnages de Fahrenheit 451 de Bradbury, tu devais apprendre par coeur un recueil de poésie et un seul, ce serait lequel ?

Décidément, je te trouve bien cruel avec moi ! Choisir c’est exclure mais là, en plus, tu me demandes d’apprendre par cœur un recueil complet. C’est une question que je me pose parfois. Je m’imagine coincée quelque part, entre des murs hauts et moches ou dans une cave infestée de rats et de chairs humaines pourries. Et je me dis ma fille dans ces instants-là, à quel auteur penserais-tu ? Bien sûr, des noms commencent à défiler, Eric. Desnos, Breton, Césaire, Verlaine, Rimbaud, Prévert, Tzara, Soupault, Supervielle, Cadou, Eluard, Reverdy. Alors, je file dans ma chambre, là, en permanence sont allumés tous mes livres de poésie. Oui, oui, je dis allumés. Je triture, je range. Tout ça rien que pour toi, Eric. Choisir, choisir, quelle merde pour moi qui aime l’unité, les particules qui ne forment qu’un grand tout. Je vais t’étonner, Eric. Je

pense que je choisis un livre de Prévert. Car il y a de la gaieté entre les mots de Prévert. Mon regard se rive sur le recueil Paris est tout petit. Oh, la voix d’Antonin Artaud résonne. Et encore les mots d’Henri Michaux. Tu me demandes de choisir, alors je choisis. Jacques Prévert. Et puis non, je me décide pour Henri Michaux, il ouvre mes horizons et son recueil Moments sera un très bon exercice de mémorisation. Chiche ?

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6/ Pourquoi Des lames ET des lumières ? Est-ce à dire que les lames renseignent, éclairent le lecteur sur son présent, sur son passé, sur sa psychologie, sur son destin ?

Oui, je le pense. Tu prends le Tarot et tu poses ta question. Tu attends une réponse, une lumière. Ce qui me surprend, c’est qu’il m’arrive de poser deux ou trois fois de suite la même question et j’obtiens la même réponse. Peut-être pas avec les mêmes lames, mais la réponse est quasi-identique. Curieux, non ? Ceci dit, je précise que je ne revendique pas connaître tout le Tarot, je suis en apprentissage, toujours. Cependant, certains tarologues peuvent nous révéler des choses extraordinaires. Ils ne sont pas tous comme ça, méfions-nous quand même, mais chacun interprète à sa façon.

7/ Quelques mots sur le travail de Catherine Berael qui a dessiné les illustrations en fonction de tes poèmes et non des cartes dont ils sont librement inspirés…

Figure-toi, Eric, j’ai posé la même question à Catherine. Catherine ne connaît pas le Tarot, elle pioche donc des éléments chez notre ami Google, prend connaissance des lames et du Tarot en général. Ce n’est qu’après qu’elle prend connaissance de mes textes et qu’elle commence à dessiner. C’est du beau travail, n’est-ce pas ? Ah, c’est une artiste, cette Catherine Berael.

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8/ Tu proposes une approche ludique de ton recueil… En quoi consiste-t-elle ?

Les illustrations sont réparties à la fin du livre. On peut imaginer que le lecteur ouvre le livre au hasard, et que lui aussi laisse aller son inconscient…Pourquoi pas ? Il y a mille et une façons d’aborder ce livre. Laissons au lecteur …

9/ Quels sont tes arcanes majeurs préférés, dans lesquels tu te reconnais le plus ?

Chaque lame a son charme. J’aime le Bateleur. Il a tous les outils pour commencer de nouveaux projets et les nouveaux projets, j’aime ça…J’aime aussi la Roue, c’est pour moi une accélération, quelque chose qui bouge et avance.

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10/ Etat présent de ton tarot. Tu tires deux ou trois cartes et tu nous dis, si tu veux bien, ton interprétation…

Voilà, une coupe. Le Sans nom. Le Diable. On rase tout et on profite. Attention, ne pas abuser….

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Mille fois merci, Eric, et à bientôt !

 

UN POÈME EXTRAIT DU RECUEIL…

Un libertin sans numéro
 
La besace sur le dos
Besace enceinte des passés lourd fardeau
Pour les sèves naturelles
Et les espoirs déçus
Un nom de trois lettres
Aucun numéro aucun numéro
Pour ce libertin féru de coups de tête
Ce pèlerin aux grelots musicaux
Ce nomade des mondes aux idées de têtu
 
Saltimbanque des carrosses
Son costume aux grelots musicaux
Colore les douces folies
Et les cruels désordres
Des lames voisines paysannes ou héros
 
Illuminé des chemins mystérieux
Tachés d’improbables rideaux d’argile
Chiffonnés des témoins aux cris ténébreux
Ces chemins d’un tout
Quand les parfums fragiles
Tapissent d’irrationnel
Les racines et les gueux
 
Tu es le mat aux grelots musicaux
L’insolite bouffon aux chaussures aériennes
Dans ta main une feuille et aussi un bâton
De pèlerin qui émigre
Vers des terres lointaines.

 

COURT EXTRAIT DE LA PRÉFACE

« Des tréteaux du bateleur aux pays de lumières, à la recherche de l’étoile ou de l’ordre magique, Carine-Laure Desguin nous entraîne sur un chemin constitué de vingt-huit stations, vingt-huit arrêts sur images d’arcanes majeurs. Vingt-huit, c’est-à-dire que, l’espace de quelques poèmes, la poétesse a pris des libertés avec les lames traitées individu-ellement pour atteindre à un nombre parfait (divisible par la somme de ses diviseurs) de textes bien accordés (…)
On peut parler de poèmes-hologrammes qui débordent même les attributions dévolues à chaque arcane et s’enrichissent de tout le jeu. Chaque lame rend un son propre, livre une brassée de métaphores formant un accord pour donner ce que Desguin nomme les champs de solfège raisonnés, machines à aimanter des lignes mélodiques et à creuser des galeries d’images.  » Éric ALLARD

 

Carine-Laure DESGUIN sera présente à MON’S LIVRE le 22 novembre 2015 sur le stand des éditions Le Coudrier et le 23 sur le stand du cercle littéraire Clair de Luth.

Le samedi 22, entre 15h50 à 16 h20, elle s’exprimera sur l’objet des mots lors d’une table ronde  organisée par Le Coudrier en compagnie de Jean-Michel Aubevert, Isabelle Bieleki, Claude Donnay et Nathalie Wargnies.

Elle sera aussi présente au 4ème Salon du Livre de Marchienne-au-Pont le dimanche 29 novembre 2015 de 11 heures à 18 heures.

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POUR EN SAVOIR PLUS 

Le recueil sur le site de l’éditeur avec un texte de Carine-Laure et un extrait de la préface

Le recueil sur le blog de Carine-Laure Desguin 

Quelques photos de la présentation du recueil à la Bibliothèque M. Yourcenar de Marchienne-au-Pont

Son interview Livres & vous sur Les Belles Phrases

 

 

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Interview Livres & vous: Véronique JANZYK

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Véronique JANZYK est journaliste. Elle est en charge de la communication  à l’Observatoire de la Santé de la Province du Hainaut. Elle a publié trois livres : Auto (éd. La chambre d’échos, 2002), La Maison (éd. Le Fram, 2008) et Trois Poètes Belges – avec Serge Delaive et Antoine Wauters (éd. du Murmure, 2010). Elle vit à Charleroi.


Premier souvenir de lecture. Le livre qui vous a donné envie d’écrire. Votre ou vos auteur(s) fétiche(s).

« Mémoire d’un âne » de la Comtesse de Ségur. C’est mon premier souvenir de lecture. Je dormais avec le livre sous mon oreiller. Une adoration pour Cadichon. Si courageux dans l’adversité.  Je crois que c’est grâce à Cadichon que je me suis mise à écrire, petite. Il avait écrit ses Mémoires, j’y suis allée de mon journal…images?q=tbn:ANd9GcSMMfkic1JvH7lfxQMV6ct_bLgL509L35GgooWlqo-U4AduDQ8ZWg

images?q=tbn:ANd9GcTeepcfspSTWCuNz_cDaXuPMsr5VV7Uh_2zRWfIXgzToC7Uc0oqDes auteurs fétiches ? Il y a bien sûr Christian Bobin. Le seul qui ait un « pouvoir lacrymal » sur moi. Certaines pages m’emportent vraiment par leur beauté. J’éprouve un vrai sentiment de gratitude. Les textes courts de « La Part manquante » me touchent énormément. Il n’y a que lui pour décrire une vache comme un ange…Un animal qu’il croise à l’occasion d’une fugue alors qu’il est enfant. Sinon, j’aime beaucoup Zweig, et intensément « La Confusion des sentiments ». Doubrovsky (celui du « Livre brisé » et de « L’Après-vivre ». J’ai découvert il n’y a pas longtemps Brigitte Giraud, une belle sensibilité. Franz Bartelt me réjouit, par sa politesse, son inconvenance, sa manière de rendre grâce à la vie, et à ses frères humains (qu’il châtie bien aussi).

 

Une trouvaille littéraire, un auteur méconnu à recommander

Je ne sais pas s’il est méconnu, mais j’ai eu la chance de rencontrer les livres de Richardimages?q=tbn:ANd9GcT_xksgVaswGooIMRO-oegujumcnXzAQ93MHNZYEnY9jP9-odKD Morgiève. « Mon petit garçon », « Sex vox dominam », deux livres aux antipodes mais qui happent.
Récemment, Vincent Delecroix, pour son « retour à bruxelles », un récit envoûtant, celui dune rencontre dans un train prolongée à bruxelles, c’est ciselé, ample, très inspiré (et nostalgique, mais avec panache). 

 


Le livre(s) que vous n’auriez jamais dû lire, que vous n’avez jamais pu lire 

Je n’en finis pas de commencer Joyce. Ce n’est pas faute d’essayer. On dit que les tentatives  accroissent les chances de succès alors je garde espoir. J’ai commencé une biographie, ça peut être une porte d’entrée.


L’écrivain que vous avez aimé, auriez aimé (écrivain disparu), ou aimeriez rencontrer.

Oh mais je les rencontre dans leurs livres, c’est le meilleur des points de rendez-vous ! 


Comment lisez-vous?  

Je lis souvent en faisant du step, du vélo à la salle de sport.images?q=tbn:ANd9GcRW5xmWMPtPrbMyc3iva5KAUGlDFrNSL__Et3Nh1HFvkd4POhI

 

Citation préférée.

« Je suis riche de ce qui me manque » de Philippe Léotard

 

Pouvez-nous raconter la genèse de l’un ou l’autre de vos livres.

« Auto » rédigé en voiture sur des post-it


En quelques lignes, votre prochain livre ou travail en cours.

Des nouvelles consacrées à des femmes. Quinze portraits. Une fan, une facebookeuse, une athlète, une démonstratrice, une passionaria des bêtes, une chasseuse…Je me suis bien amusée. Il va de soi que je les connais toutes…


Coup(s) de cœur artistique récent.

images?q=tbn:ANd9GcQZLQvxYzpqaWEChR-dDJ1wpDeTVdPCERorCwagrGovWMh1g9_mNgDeux coups de cœur simultanés, deux lectures en écho : « Les Aimants » de Jean-Marc Parisis et « Royal Romance » de François Weyergans. Ils évoquent admirablement l’un une liaison au long court, l’autre une liaison à éclipse avec chez l’un et l’autre un malaise, une forme de culpabilité ; ça donne deux très beaux portraits de femmes, de couples et d’écrivains.images?q=tbn:ANd9GcSCpCGO2Tr-sCrr7UawxVYuEWjFl8OGrU_a0UAn1hKhVZrLP0EIRg


Un conseil d’écriture à un jeune auteur ?

Con-ti-nu-er (et lire)

 

Quand je lis ou/et j’écris, je…

Me sens vivante, d’un sentiment particulier…


 

Interview Livres & vous (10): Denis BILLAMBOZ

billamboz.jpegDenis BILAMBOZ est un fouineur qui ne fait pas dans l’attendu, qui n’a pas de marottes: il ne joue pas une littérature contre une autre mais pense certainement que ce ne sont pas les frontières ou la langue qui délimitent le talent d’un auteur mais la façon dont il transforme, par le prisme des mots et de la construction narrative, une réalité en une histoire. Il ne se contente pas de caresser dans le sens du poil ras les vaches sacrées de la littérature, il va y voir de près et jauge la bête à l’aune de ce qu’elle produit et non pas en fonction de sa réputation. Sur Critiqueslibres d’abord, dès 2008 puis sur deux autres blogs (voir liens ci-dessous) et sur Les Belles Phrases, il confie ses chroniques qui cartographient les littératures du monde entier. Il livre ici son parcours de grand lecteur, ses coups de cœur et nous parle de la façon dont il rédige ses critiques mais aussi de son premier livre en tant, cette fois, qu’écrivain.

Je n’ai pas d’auteurs fétiches, j’ai surtout une énorme curiosité, une envie incontrôlable de découvrir, de connaître (…) un maximum d’auteurs dans les pays les plus divers. »

Premier(s) souvenir(s) de lecture.

C’est un souvenir très précis, non pas à cause du livre que j’ai lu mais parce qu’à cette occasion on m’avait ouvert les portes de la bibliothèque de l’école communale que je fréquentais et que j’entrais ainsi dans le monde des grands, le monde de ceux qui avaient le droit d’emprunter tous ces livres que je regardais déjà avec envie. Je n’avais que sept ans, le livre était bleu, il parlait d’une petite fille qui cultivait des fleurs sur son balcon, il s’intitulait « Le jardin suspendu ». Je n’oublierai jamais celui-là alors que j’ai oublié la plupart de ceux qui ont suivi à un rythme très régulier. Et, comme j’ai fréquenté la communale jusqu’à quatorze ans, l’instituteur a fini par me concéder le poste de responsable de la bibliothèque que j’assumais de toute façon sans son avis. Je crois que j’étais tombé dans le chaudron même avant de savoir lire.


Le livre qui t’a donné envie d’écrire. Ton ou tes auteurs fétiche(s).

Je ne crois pas qu’un auteur m’ait, un jour, donné envie d’écrire, je me suis toujours senti trop petit à côté de tous ces gens capables de nous proposer de si belles histoire. J’ai attendu 2011 pour oser, pour franchir le pas, pour vaincre une espèce de pudibonderie, pour occulter la peur de mal faire, et enfin écrire quelque chose qui ressemble réellement à un livre qui verra peut-être le jour en 2012 (c’est un scoop, peu sont au courant). De même, je n’ai pas d’auteurs fétiches, j’ai surtout une énorme curiosité, une envie incontrôlable de découvrir, de connaître, de savoir qui m’a incité à aller à la rencontre d’un maximum d’auteurs dans les pays les plus divers. Quand j’étais jeune, je n’avais pas la possibilité de voyager et les livres ont été pour moi un moyen exceptionnel de partir à la découverte du monde.

 

Le(s) livre(s) que tu n’aurais jamais dû lire.

Je ne regrette aucune lecture même les mauvaises affinent le goût et la perspicacité. Par contre, j’ai lu un certain nombre de livres à la réputation surfaite, je pense que beaucoup de lecteurs sont comme moi enthousiasmés par un ou deux romans d’un auteur débutant et puis déçus et même très déçus par les productions qui suivent car il faut bien justifier les avances à valoir perçues et alors, au moment de rendre la copie, on bâcle, on pioche dans les ébauches qui dorment dans les tiroirs, on écrit des banalités. J’ai eu l’occasion de m’exprimer à ce sujet dans la rubrique qu’Eric m’a gentiment confiée sur ce blog. Je ne voudrais citer pas un nom parmi d’autres mais méfiez-vous des livres qui sont entassés en grandes piles dans tous les lieux de vente où il y a des livres. Je ne regrette pas non plus d’avoir lu le livre d’un ami ou d’un débutant quelconque qui cherche une confirmation au talent qu’il n’a pas, je ne dis pas tout ce que je pense mais je ne cache pas non plus toute la vérité en l’incitant à continuer mais en faisant mieux, en travaillant encore et encore.


Une trouvaille littéraire, un auteur méconnu à recommander.

images?q=tbn:ANd9GcT0zETGKdNoZJhDcvR9wt8wYmQlH_byZTevFLjr7vaUQC8CRzptQuestion piège, je ne voudrais pas être celui qui cire les pompes donc je ne parlerai pas de la rencontre avec « Les corbeaux brûlés », je l’ai écrite ailleurs. Je vais plutôt parler des découvertes que j’ai faites en 2011 car remonter plus loin risquerait de m’emmener dans un délire insupportable et illisible. Je voudrais tout d’abord parler de la littérature polynésienne que nous occultons totalement en France métropolitaine et pourtant ces gens écrivent remarquablement, ils sont passés de l’oralité totale à l’écriture littéraire en un temps record et avec une maestria incroyable. Je voudrais surtout parler de deux livres que j’ai achetés l’an dernier au Salon du livre de Paris, sur le stand de l’Océanie, : «L’’île des rêves écrasés » de Chantal T. Spitz qui était sur le stand et qui m’a dédicacé son roman et de « Arioi » de Vairaumati no Ra’iatea, une femme bien mystérieuse qui se cache derrière le nom de l’atoll qu’elle habite (vous les découvrirez bientôt dans ma rubrique sur ce site). Deux vrais petits bijoux qui raviront les amoureux des belles lettres et des romans courts. Et quelques autres noms : Sonya Hartnett, une australienne, Valentine Goby dont j’aime bien l’écriture et j’ai eu l’occasion et le plaisir de le lui dire, Johannes Bobrowski un écrivain allemand à peu près oublié qui pourrait évoquer Arno Schmidt, Stefanno Benni, un nouvelliste italien qui m’a bien amusé, Pierre Jourde dans « La présence » mais moins dans « La cantatrice avariée », Olive Senior qu’il faut déguster dans ses savoureuses nouvelles jamaïcaines, Adolfo Caminha, un auteur brésilien très ancien déjà mais que j’ai découvert l’année passée, qui écrit de véritables tragédies grecques images?q=tbn:ANd9GcTbf6XMdfCTcQlQ5vPTv4mdkL5kIi6GbocfaRkpv9erbrT99yzYAwaux accents carioca, Katrina Kalda une jeune Estonienne qui vit en France et écrit en français et j’ajouterai Leïla Sebbar qui m’a emballé dans une récente lecture. Et un petit clin d’œil à ces auteurs français qui ne défraient pas la chronique et qui, pourtant, ne manquent de talent : Jean Frémon, Jacques Bertin, Jacques Josse et Arnaud Friedmann. Voilà déjà une bien riche moisson pour une seule année.

                  


L’écrivain que vous tu as, aurais aimé, ou aimerais rencontrer.

images?q=tbn:ANd9GcQ6x1dhug2V6exLULtR0QiyYMqO6_Ndbk5leZjtYxuCyDFctWoy3QEric Allard bien sûr, nous avons tant de lectures à évoquer ! Mais aussi Umberto Eco [en photo], Mario Vargas Llosa, Jacques Kerouac, Rohinton Mistry, Amitav Ghosh, Leonora Miano, …, je cite des noms comme ça, ceux qui me viennent à l’esprit mais il y en a tant. J’aurais tellement aimé parler de la guerre avec Hans Fallada, des Balkans avec Ivo Andric ou Anton Dontchev, de l’Afrique avec Ken Saro-Wiwa, Achebe, etc…, etc… Et pourquoi pas une rencontre impossible mais tellement excitante : boire le thé avec les trois sœurs Brontë quel fantasme !

 


Personnage(s) de roman préféré(s) ? Ta scène de roman préférée ?


images?q=tbn:ANd9GcQWZOb45cUwah97Y74v9c695EGtixP7zIMgoSDNduPWBBD-_LjKJe ne retiens pas les personnages que je mélange très rapidement mais je penserais à Quangel (j’ai déjà oublié l’orthographe de ce nom) dans « Seul dans Berlin » de Fallada, Paradise chez Kerouac, les deux pauvres tisseurs dans « L’équilibre du monde » de Mistry, et d’autres bien sûr. La scène qui m’a le plus marqué dans mon enfance c’est celle au cours de laquelle Michel Strogoff recouvre la vue, quel soulagement, quelle délectation, je crois que je ne l’oublierai jamais comme certaines scènes qui évoquent la musique que je crois entendre en lisant : la scène dans « De l’autre côté du paradis » de Dawn Turner Trice quand un pauvre vieux noir chante un vieux blues pour oublier le malheur devant les clients du bistrot réunis dans un silence religieux, celle où Paradise tombe en admiration devant un vieux joueur de trompette dans un trou perdu au cours d’une étape « Sur la route », etc…

 

Où, quand, comment lis-tu?

N’importe comment mais de préférence vautré sur un canapé, sur un lit, mais pas mal dans le train, dans les cafés en attendant le train, assis par terre dans un hall de gare. Je peux lire partout, je peux construire très facilement ma bulle et m’embarquer dans mon livre même s’il y a un bruit infernal autour de moi. La lecture m’emporte, rien ne lui résiste. Quand j’étais plus jeune, je pouvais même lire en regardant un film.

 

Un souvenir de lecture marquant ? Des modes de lecture alternatifs (e-book, livres audio, internet…) ? 

images?q=tbn:ANd9GcQIv-GX_2GZYVzSrscbRTJ_cU6ETAsPYZlzqRZwtM-3fj-zpPVe4g« Les fictions de Borges » dans le hall de la Gare de Lyon, « Histoire d’O » dans un compartiment bien peuplé d’un vieux train à l’époque où ce livre n’encombrait pas les librairies, un roman islandais de Gunnarsson dans l’avion pour la Réunion…

Je n’ai pas encore essayé les moyens de lecture alternatifs, j’ai très vite mal aux yeux quand je lis sur écran, je n’ai jamais testé le livre audio, j’y serai peut-être contraint un jour et je ne suis pas très attiré par les tablettes de lecture mais s’il fallait s’y résoudre ça ne me poserait aucun problème, a priori car j’ai les yeux fragiles et fatigués et je les sollicite beaucoup.

 

Tu as écrit depuis quelques années plus de 300 notes de lecture sur le site Critiqueslibres.com. Sur d’autres blogs (voir liens ci-dessous) et ici même. Qu’est-ce que t’apporte la critique de livres?

La rencontre avec CritiquesLibres a été essentielle pour moi j’y pensais depuis très longtemps, j’ai découvert Internet dans mon travail au début des années quatre-vingt-dix (93/94) : 

         La critique de livres me permet de communiquer avec ceux qui partagent la même passion et éventuellement de les rencontrer autour de cette passion.

         La critique m’oblige à formuler clairement, au moins le plus clairement possible, ce que la lecture m’a apporté, les émotions, impressions, sentiments que j’ai éprouvés.

         La rédaction de critiques m’oblige à soigner ma rédaction pour être compris des autres et ainsi à améliorer mon écriture.

         La rédaction de critiques a amélioré mes lectures, je lis plus attentivement pour percer les intentions de l’auteur afin de ne pas risquer de le trahir.

         Et surtout peut-être la critique de livre m’a fait rencontrer beaucoup d’amis en Belgique, au Québec et un peu partout en France. J’ai notoirement élargi le cercle de mes amis et c’est un plaisir immense, des découvertes enthousiasmantes, des rencontres inoubliables !

         Je confesserai enfin que si je n’avais jamais rédigé une critique, je n’aurais jamais écrit le long texte qui est actuellement chez ma correctrice préférée.

Comme vous pouvez le voir, c’est un élément essentiel de la partie de vie que j’ai entamée avec mon départ à la retraite, ça fait partie de la construction de cette nouvelle vie, c’en est même le pilier central, la poutre maîtresse, l’axe autour duquel tourne beaucoup d’autres choses.

http://www.critiqueslibres.com/i.php/vuser/bbc20573c75a


Ta phrase, ton vers ou ta citation préférée.

images?q=tbn:ANd9GcTk9__OUAZ7op2SEVg1D2qOoUOncmIGdgcamh2Ji89hZ521KcnV9ADans ma jeunesse studieuse, elle a bien existée, j’avais commencé un cahier de citations que j’ai essayé de reprendre quand la lecture a pris une place plus importante dans ma vie mais comme je lisais un peu n’importe où et que je n’avais pas toujours mon cahier avec moi, j’ai laissé tomber. Extraire une phrase du tas livre que j’ai lu est une gageure, je me tournerais plutôt vers le cinéma et certainement vers Michel Audiard [en photo] ou Antoine Blondin. J’adore les raccourcis foudroyants qu’ils sont capables d’inventer l’un et l’autre. Mais pour la circonstance, je me contenterai de cette maxime : « carpe diem », à mon âge ça s’impose et trop l’oublie.

Coup de cœur artistique récent.

Je reviens à la littérature polynésienne car je ne m’attendais vraiment pas à une telle émotion artistique quand j’ai lu ces deux livres.

Tu viens d’écrire un roman. Peux-tu en parler en quelques lignes…

images?q=tbn:ANd9GcRx3gT60K0Q3aSxIDjDh1t9ECoW4asWaF80yelN4NyCosACBY2SaAJe voulais me confronter avec la page blanche depuis très longtemps mais je voulais trouver un sujet assez original pour ne pas tomber dans les « marronniers » de librairie, ni dans la rubrique « vécus-témoignages » des bibliothèques et surtout pas impliquer quiconque de ma connaissance dans un écrit publié, pudeur toujours.

Et un jour cette idée m’est venue comme si je l’avais toujours eue en moi : écrire les rêves d’un homme qui cesse ses activités professionnelles, qui ne croit plus guère en ses contemporains, qui voit le monde partir à vau l’eau mais qui ne veut pas se résigner à finir sa vie dans la morosité et médiocrité ambiantes et qui décide donc de se réfugier dans ses livres qui deviennent le carburant qui alimente ses rêves récurrents. Il s’embarque alors avec les héros de ses lectures, rencontre les auteurs, partage leur vie, les fait se rencontrer, …. Toute une fantasmagorie qu’il vit en parallèle avec une petite vie tranquille qui n’est que le confort matériel de sa vie car sa vie émotionnelle, artistique, … est dans un autre monde, dans d’autres mondes où il s’embarque à la moindre occasion.

Un livre à plusieurs entrées : 

         La sinistrose ambiante n’est pas une fatalité pour ceux qui savent vivre autrement,

         La vie a encore un sens même vers sa fin mais il faut savoir le trouver,

         La lecture est un moyen de transport incomparable pour voyager dans l’espace, le temps, les idées, les émotions, etc…

         Notre monde ne se réduit à la dimension matérielle que nous connaissons, on peut trouver le bonheur ailleurs, il suffit de chercher, dans les livres peut-être ?

         J’ai poussé le bouchon jusqu’à faire faire un tour du monde par les livres à mon héros !

         Certains y trouveraient d’autres choses, je le conçois aisément.

Si un éditeur lit ça …

 

Comment l’as-tu écrit, composé ? Malgré le fait que tu t’inspires en partie de personnages de fiction, as-tu intégré des faits vécus ?

Mon projet devait dès le départ prendre en compte le volume du texte (600 000 caractères avec les blancs à l’arrivée), j’ai donc choisi, pour conserver un rythme soutenu, d’alterner la narration et le dialogue et je crois que j’ai trouvé un équilibre qui n’est pas trop mauvais.

J’ai choisi aussi d’articuler mon récit autour d’allers et retours permanents entre les divers mondes (une bière commander dans le monde réel peut être bue dans un rêve) dans lesquels vit mon héros : le monde pragmatique qui lui permet de manger, de vivre au quotidien, le monde des livres dans lesquels il construit ses rêves et d’autres mondes mis en abyme : voyage dans le voyage, rêve dans le rêve, etc…

J’avais pour guide le Tour du monde littéraire que je publie chez une amie de la toile. Ainsi le héros vit des histoires que j’ai réellement lues, construit des situations en mélangeant les auteurs et les héros des livres que j’ai lus, organise des rencontres absolument improbables entre des auteurs et des héros des livres que j’ai lus et ce toujours en suivant mon tour du monde littéraire.

Tout ça parait bien compliqué mais quand vous l’aurez lu vous comprendrez mieux. Faudrait-il encore qu’un éditeur accepte le manuscrit ce qui n’est guère probable dans la conjoncture actuelle et je ne peux même pas me présenter comme un jeune auteur. Mais l’essentiel était pour moi d’arriver au bout de ce projet, les deux premiers lecteurs, ma cousine et mon frère, ont plutôt bien reçu ce texte. Ma cousine m’a accompagné pendant la deuxième partie de la rédaction donc elle pouvait m’alerter sur mes choix et me glisser quelques avis qui m’ont permis de valider certaines situations que j’avais du mal à évaluer.

 

Quand je lis ou/et j’écris, je…

Suis aux abonnés absents, je suis en général complètement impliqué dans le texte et je vis dedans.

 

Liens vers les chroniques littéraires de Denis Billamboz

Critiques libres.com

http://www.critiqueslibres.com/i.php

Interligne

http://interligne.over-blog.com/categorie-12118992.html

Voir

http://me.voir.ca/membres/denis-billamboz/

Sa page Facebook

http://fr-fr.facebook.com/denis.billamboz

 

Interview Livres & vous (9): Virginie HOLAIND

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29261_1483291084790_1309237974_31292955_2634238_a.jpgSur Facebook, elle délivre des états d’âme par petites touches énigmatiques. Sur le site des éditions Asteline, où elle a œuvré avec Joachim Regout à la conception de plusieurs livres, elle continue à déposer ses notes de lecture. Sur Instants funambules, elle donne ses nouveaux textes et des photos. On y trouve trace de ses attaches nombreuses avec le monde des merveilles de l’enfance et de la nature comme si les deux étaient voués à disparaître. Avec elle, on le voit, la vie se fait littérature et la littérature est en vie. Il n’est pas étonnant que son dernier livre raconte sur le ton de la fable-vérité la nostalgie d’un être déraciné. Pour Virginie, le réel mérite d’être réinventé ; avec ses mots, ses images, elle sert ce projet.     

Premier(s) souvenir(s) de lecture.

Même si ce n’est pas le premier livre que j’ai lu, me vient en tête « Singularité » de William Sleator. Roman jeunesse sur le mystère de lieux où le temps s’écoulerait différemment et sur les relations troubles de la gémellité. Je me souviens me l’être acheté avec mon argent de poche, dans une petite librairie ardennaise (à Houyet, où je passais des vacances avec mes grands-parents), avec, justement, l’envie de me retrouver dans un endroit où le temps passerait différemment…

 

412N12CQA3L._SL500_AA300_.jpgLe livre (s’il y en a un) qui t’a donné envie d’écrire.

Dire qu’il n’y en aurait qu’un… impossible. D’abord mes lectures d’ados qui m’ont poussée à aligner de belles niaiseries sur l’amour et le besoin de différence, de quitter le moule et le nid… Mais peut-être un livre qui m’a fait voir l’écriture autrement et qui a stimulé mes mots dans un élan nouveau. J’avais 17 ans, c’était « Le bruit et la fureur » de Faulkner.

 

Ton ou tes auteurs fétiches.

Plein, pas assez.


Le(s) livre(s) (ou auteurs) que tu n’aurais jamais dû lire (à la réputation surfaite…).

Danielle Steel ! J’ai eu ma période 13-16 ans où je lisais tout ce qui me tombait sous la main… même les livres de la voisine.

 

512FieY-8KL._SL500_AA300_.jpgUne trouvaille littéraire, un auteur méconnu à recommander.

Joey Goebel et son « Torturez l’artiste ! ». Une fiction bien fichue sur la société de consommation et sur la notion d’art aujourd’hui.

 

L’écrivain que vous tu as, aurais aimé, ou aimerais rencontrer.

J’en ai rencontrés… J’en rencontrerai d’autres. C’est le hasard qui compte, ou la « synchronicité », tiens. Et ce qui en naît.

Rencontrer les auteurs qu’on a eu le temps de fantasmer, d’idéaliser, ça peut être décevant. Je préfère la surprise, l’inconnu.

Mais si je devais en choisir un, je ne sais pas, je crois qu’il serait mort depuis longtemps. Poe ? Un peu trop cynique. Dumas ? Il m’aurait sans doute mis la main aux fesses. Hemingway ? Il m’aurait parlé guerre et solitude. Pas rigolo.

Peut-être Charlotte Brontë pour lui dire qu’écrire, ça valait la peine ?

Je sais ! Un mystique spirituel : Gurdjieff !

Mais il n’écrivait pas vraiment de romans…

 

Personnage(s) de roman préféré(s) ?

Virginie qui-aime-la-nature répond : Carla, le chien, dans « De Marquette à Vera Cruz » de Jim Harrison.

Virginie La Mythologique répond : Cassandre !

Virginie La Désespérée répond : Quentin dans « Le Bruit et la Fureur » !

Virginie La Romantique répond : Lord Rochester dans « Jane Eyre » !

Virginie La Fantasyste répond : Samsagace Gamegie (merci Tolkien) !

Virginie qui-s’intrigue-des-penchants-retors répond : le capitaine Langlois dans « Un roi sans divertissement ».

Virginie qui-aime-l’atmosphère : Magina, la ville dans les romans de Munoz Molina.

 

Ta scène de roman préférée ?

Je crois que je vais sortir mon joker pour cette question !  Il y a des moments où on n’aime pas choisir…

 

Quand, où, comment écris-tu (petites manies, sous quelle inspiration, sur papier ou sur écran…).

Je voudrais du papier, des carnets, seulement. Ce contact, ces feuilles qu’on salit volontairement.  Et pourtant, l’écran, ça nous aide à être flexibles et à nous contredire surtout, à nous reformuler.

Osciller entre spontanéité et hésitations.

Mais le sentiment d’écriture est toujours marqué d’une odeur d’encre. Et d’un besoin inexpliqué d’ « être autrement » pendant ces moments où on écrit.

 

Tu es une blogueuse de la première heure. Ton premier article sur Le Grimoire date du 5 mars 2006. Qu’apporte un blog ? Ton blog est-il un livre (inspiré d’une récente déclaration de François Bon)?

Le blog, c’est un engagement avec moi-même, un lieu où se recentrer, que je m’oblige à maintenir, à arroser comme une plante verte. Qui me le rend bien quand j’en prends soin, mais aussi quand je le délaisse (souvent).

Mais, non, mon blog n’est pas un livre. Ce blog, c’est seulement un espace de possibles qui ne sera jamais délimité.

INSTANTS FUNAMBULES, le blog de Virginie: http://instantsfunambules.blogspot.com/

Tu as écrit en 10 ans de présence sur le site Critiqueslibres.com plus de 500 notes de lecture. Qu’est-ce que t’a apporté la rédaction de critiques de livres?

Si pour moi, au début, écrire des notes de lecture visait uniquement à laisser traîner mon avis au creux d’une bande de passionnés, s’y est rapidement ajouté un besoin compulsif de mettre « mes idées au clair » après avoir lu la dernière page. Réaction à chaud ou à froid, courte ou plus longue, c’était aussi une façon de clore ce moment passé avec un livre. Lire c’est « avoir une relation » avec un livre. Ces chroniques, c’est un point final respectueux (même si ça ne s’est pas toujours bien terminé!) à ces relations, sérieuses ou légères, ennuyeuses ou passionnées.
Au fil du temps, ça m’a appris à lire autrement, avec plus d’attention, m’a permis de mieux cerner ce qui me plait, structurer ma pensée, respecter davantage le boulot d’auteur. J’ai aussi l’impression que certaines de mes chroniques ont été influencées par les styles des écrivains que je lisais.
Oui, finalement, c’est le dernier moment d’échange lecteur-livre qui condense en quelques lignes ce que cela a représenté pour moi. Et c’est dans ce dernier moment, à la fois intellectuel et émotionnel, que je laisse se glisser la « sensation » de lecture, subtile sensation qui aura un impact fort ou non sur mon écriture à moi…

Les notes de lecture de Virginie sur Critlib.comhttp://www.critiqueslibres.com/i.php/vuser/1bf7c155e48b

 

Comment lis-tu (où, quand, comment ?)

Partout si je pouvais. Mais souvent dans mon lit ou mon canapé, en espérant ne pas m’endormir trop vite après une journée fatigante.

Entre chien et loup, avec une lumière indirecte – chaude, la lumière, svp.

Ce que je préfère ?

Un café sucré lacté pas loin, de grosses chaussettes que personne ne voit (mais je sens qu’elles sont là), le calme d’un brouhaha où rien ne se distingue. La possibilité de m’interrompre et de regarder passer les gens. Ne pas être pressée. 

 

51FY7F41ZBL._SL500_AA300_.jpgUn souvenir de lecture marquant (par la façon de lire, l’endroit, « la » circonstance plus que par le livre en lui-même) ?

Jim Harrison, « True North »[« De Marquette à Veracruz » pour la traduction française], lu à l’Automne 2010, en même temps que je découvrais la nature du Michigan. Idéal. Simple. Intense.

Des modes de lecture alternatifs (e-book, livres audio, internet…) ?

Je suis souvent sur les routes et les livres audio de toutes sortes me permettent d’échapper aux matraquages « musicaux », aux pubs indésirables et aux infos. Depuis que je les écoute, j’ai une meilleure relation avec l’autoroute, ma voiture et mes 130km quotidiens.

Internet, quand je peux. E-book, je n’ai pas encore été contaminée.

Un épisode de ta vie qui t’a servi de modèle pour l’un ou l’autre de tes textes.

Tous, d’une certaine façon. Même si je n’en fais jamais une vraie retranscription. Mon quotidien vient constamment s’ajouter au grand désordre de ma base de données intérieure. 


242.2.jpgTon texte personnel préféré.

J’ai du mal avec les regards en arrière sur mes propres textes. Mais là, je répondrais d’emblée « La Nostalgie du Carillon », encore tout frais.

Je suis une auteure infidèle à ce qu’elle écrit.

http://www.maelstromreevolution.org/pages/FRA/prodotto.asp?ProdottoID=242&FamigliaID=0

Ta phrase, ton vers ou ta citation préférée (de toi ou d’autrui).

Un bon nombre ! Mais celle-ci me vient spontanément et me plait beaucoup :

 « Tout le monde naît d’un conte », Alejandro Jodorowsky.

 

Coup de cœur artistique (tous genres confondus) récent.

« A lire la nuit », de Seamus Deane.

 Récent pour moi, même s’il existe depuis quelques paires d’années, ce bouquin.

 http://chroniquesdasteline.blogspot.com/2011/10/lire-la-nuit-seamus-deane.html

Ton prochain livre (celui qui paraît ou/et en cours) en quelque lignes…

Des oiseaux sur un fil, des mémoires à rapiécer, des bouches à découdre, des contes à s’inventer pour mieux vivre. Un projet qui me tient à cœur depuis un moment mais qui n’a pas encore appris à courir vite !

Quand je lis ou/et j’écris, je…

Voyage, voyage, comme dirait l’autre…

 

Interview Livres & vous: Carine-Laure DESGUIN

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desguin.jpgCarine-Laure DESGUIN a toujours su qu’elle écrirait. A 7 ans, elle fait sa première expérience d’écriture. A 12 ans, Bonjour Tristesse de Sagan l’entraîne dans la spirale da la lecture.  Après une carrière d’infirmière à domicile (qu’elle poursuit), en 2007, la lecture d’un livre de Michel Cyprien ravive ses anciens « démons » : des personnages la travaillent, à qui elle donnera forme dans Rue Baraka, qui paraîtra  chez Chloé des Lys. Depuis, elle multiplie les nouvelles et les poèmes. Son écriture s’affirme au gré de ses rencontres et de concours où elle glane des prix. Ses héros et héroïnes de fiction ressemblent, attentive qu’elle est à l’âme humaine et en curieuse de la vie, aux gens qu’elle rencontre. On peut lire ses textes principalement  sur le blog, animé par Christine Brunet, des auteurs de chez Chloé des Lys: http://www.aloys.me/  et sur le sien : http://carinelauredesguin.over-blog.com/. Son second livre, un conte fantastique, Les enfants du grand jardin, paraîtra chez le même éditeur.

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Ton premier souvenir de lecture.

Ma maman me lisait chaque soir quelques pages d’un « Martine » …Et dès que j’ai su lire, c’est je pense ces pages que j’ai parcourues …Le tout premier souvenir de lecture reste assez vague. Par contre, mon acharnement à vouloir lire quand je ne savais pas encore, ça, je m’en souviens ! J’écoutais le disque « Le vilain petit canard » et je faisais semblant de lire le texte, en suivant les lignes avec un doigt ! Pauv’petite va…Les tous premiers livres furent des Oui-Oui et puis Quentin Durward, je me souviens …

 

Le livre qui t’a donné envie d’écrire. Ton ou tes auteurs fétiches.

4137mh7gI-L._SL500_AA300_.jpgSans hésiter, ce fut « Bonjour tristesse » de Françoise Sagan. Je devais avoir dix ou douze ans et j’avais piqué le livre dans la biblio de mes parents….Après lecture des premières pages, l’envie d’écrire et surtout la certitude de savoir jeter des mots sur le papier m’a provoqué une grande frénésie ….

Xavier Deutsch. Cet auteur a ouvert chez moi le chemin de la création littéraire. Bien sûr, d’autres auteurs me fascinent …Marguerite Duras, Philippe Besson, Patrick Modiano …

 

Le(s) livre(s) (ou auteurs) que tu n’aurais jamais dû lire.

Hum, hum …

Pfff, pas facile de répondre …Les premiers flashs qui m’arrivent…je dirais des livres de notre compatriote Amélie Nothomb…Mais je ne dis pas que je n’aurais jamais dû lire « biographie de la faim » …parce qu’en fait, je suis une fille tellement positive que je déniche des choses intéressantes dans des bouquins qui me déçoivent …Choses intéressantes ? Des tournures de phrases, des mots que j’avais oubliés …

Une trouvaille littéraire, un auteur méconnu à recommander.

41%2BLoW9ppHL._SL500_AA300_.jpgMichel Cyprien « Vieillir sans toi »…

Ce livre m’a redonné l’envie d’écrire, vers 2007. Et c’est au printemps 2007, juste après la lecture de ce bouquin que j’ai écrit RUE BARAKA …

 

L’écrivain que vous tu as, aurais aimé, ou aimerais rencontrer.

J’aurais voulu rencontrer Françoise Sagan. Cette femme état un personnage, un vrai …

Et aussi, Marguerite Duras. Elle aussi, un personnage …

Ah oui ! Didier Van Caulewaert ! Je parie qu’avec cet auteur, on ne s’ennuie jamais !

 

Personnage(s) de roman préféré(s) ? Ta scène de roman préférée ?

Ma mémoire vacille et comme je veux répondre à ce questionnaire en toute honnêteté, je ne me lève pas de mon fauteuil …

Il s’agit d’un prénommé Pierre ( je pense ), dans le roman « Je l’aimais », d’Anna Gavalda…

Il confie à sa belle-fille qu’il a été infidèle…qu’il n’a pas eu le courage de quitter son épouse et sa petite vie de bourgeois…

Cet homme me plaît. J’ai été attendrie par son histoire, sa façon de raconter les moments partagés avec celle qui était un amour secret.

Une scène de roman ? Dans un livre de Philippe Besson, Un garçon d’Italie, l’instant de la rencontre entre les deux garçons, à la gare.

J’aime l’écriture de Philippe besson, une écriture qui roule doucement…


Quand, où, comment écris-tu?

rue-baraka-carine-laure-desguin-L-1.jpegOh la la, vaste réponse ! Je désire jouer la carte de la vérité et donc on saura tout ! Le mois dernier, septembre 2011, j’ai écrit énormément de poésies …Et j’écrivais partout ! J’ai écrit des poésies bien calée dans mon fauteuil, dans ma voiture ( en regardant la Sambre, un dimanche après-midi), et cerise sur le gâteau….J’ai écrit une poésie Place Pigalle à Paris ! Et place de Brouckère à Bruxelles ! Et tout ça le mois dernier !

Printemps 2011, j’ai écrit un roman policier …Tous les soirs, bien calée dans mon fauteuil…

Quand ? Pfff ! Lorsque je travaille, j’écris le soir. Mais si je suis en congé, je peux écrire dès le matin…

Poésies ou romans ? J’essaie d’être fidèle à mon inspiration, ce qui explique la grande diversité de mes textes …

 « Rue Baraka » fut un roman écrit pour la majorité des pages dans des cafés, à Charleoi.

 

 Comment lis-tu? Un souvenir de lecture marquant ? Des modes de lecture nouveaux (e-book…)?

La plupart du temps, je lis dans ma voiture. Quand celle-ci est arrêtée, je rassure tout le monde ! Ces heures de lecture se situent dans l’après-midi, sur le parking d’une grande surface …Lorsque le livre me passionne, je ne le lâche plus et je continue la lecture le soir, dans mon lit. Mais l’endroit où je me sens la plus concentrée et où mon rendement lecture est le plus au top, c’est dans la voiture !

Un souvenir de lecture ? Heuuu, lorsque j’étais ado et que je préférais la lecture à l’étude ….Je mettais le livre sur mon bureau et dès qu’un des parents passait le nez dans l’encadrement de la porte de ma chambre, je glissais le livre dans le tiroir ! Si, si !

L’e-book n’a pas encore pénétré ma sphère.


Un épisode de ta vie qui t’a servi de modèle pour un de tes textes.

Ben un meurtre que j’ai commis voici quelques années et j’ai pensé qu’étaler tout ça sur le papier, ce serait une espèce de thérapie, une façon de décoller l’hémoglobine de mes semelles.

Non, je blague …

Dans un texte genre fantastique, je glisse des tas de petits détails relatifs à ma vie d’étudiante. Il n’y a pas vraiment un épisode de ma vie que j’aurais retranscris dans un texte, c’est plutôt des bribes de situations, des clins d’œil à l’un ou l’autre. C’est une façon de dire aux gens que j’ai connus que je ne les oublie pas. Le hic c’est que je ne dis rien ! Ces petits détails, je les tais…Pudique que je suis …

 

Ton texte personnel préféré.

C’est un texte écrit pour un concours dont j’attends les résultats vers le mois de décembre. On nous donnait une phrase tirée d’un roman de Marguerite Duras et il s’agissait d’imaginer la suite de l’histoire. J’ai écrit une histoire d’amour….sur les rives du Mékong …


Ta phrase, ton vers ou ta citation préférée.

La vie distribue les cartes et puis chacun s’en arrange… Une phrase de Xavier Deutsch tirée de son roman « Tombé du camion ».

 

Coup de cœur artistique récent.

« Hôtel des Caravelles », la dernière chanson de Julien Clerc. L’album sort le 7 novembre, j’ai hâte d’écouter toutes les nouvelles chansons de ce Julien…Désolée, mon coup de cœur n’est pas un livre ! Un scoop ? J’aimerais écrire les paroles d’une chanson que l’on entendrait le matin, sur la route …

 

Ton prochain livre en quelque lignes…

Je viens aujourd’hui d’avoir la confirmation de ma participation à la prochaine exposition à LA BRAISE ( rue Zénobe Gramme à Charleroi ) ! Certains de mes textes seront exposés ! Une expo sur les mots ! C’est super !

J’aime les routes improbables que prennent mes textes ! Des mots qui bougent, qui vivent, qui s’envolent !

Le prochain livre sera LES ENFANTS DU GRAND JARDIN, un conte surréaliste….

 

Quand je lis ou/et j’écris, je…

Quand je lis, quand j’écris, je sens que je deviens ce que je suis.

 

Le BLOG de Carine-Laure:

http://carinelauredesguin.over-blog.com

 

Interview Livres & vous: Pierre TRÉFOIS

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trefois.jpgPierre Tréfois est l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages. Grand lecteur, poète rare, peintre et, entre autres, animateur de rencontres culturelles, il excelle dans la pensée aphoristique, qu’elle s’exprime en vers ou en prose. Si on ne devait citer qu’une référence, ce serait Chavée pour la gravité et la dérision, la force de frappe et la réserve, auquel il fait directement penser mais ses admirations sont nombreuses, et dans divers domaines artistiques.cover_trefois1.jpg

Son dernier ouvrage, Lents bivouacs des nues vient de paraître chez L’arbre à Paroles et le  prochain, Tropique du Suricate, dont il nous livre quelques extraits en primeur sortira chez Gros Texte.

 

Premier souvenir de lecture

Les « romans » de la comtesse de Ségur, les aventures du Club des Cinq, Toine Culot, etc. Dans les années 50, en Wallonie profonde, rien d’alternatif pour les p’tits jeunes.

Lectures néanmoins enthousiastes.

 

images?q=tbn:ANd9GcSAUtz8UWqBAAP9AZvDvD3XJzZEgmD1yFCgnuX1XL8nJEmTZXAktgAuteurs fétiches

(Je ne cite que des vivants.)

En prose : Pierre Autin-Grenier (en photo), Eric Chevillard, François Emmanuel, Gil Jouanard, Jean

                 Rouaud.

En poésie : André Doms, Jean-Michel Maulpoix, Jean-Louis Rambour.

 

Livres que je n’aurais jamais dû lire

Une grande quantité des envois reçus en tant que recenseur dans diverses revues poétiques/politiques. Ce qui m’a conduit à cesser cette activité, qui m’a par ailleurs valu d’excellentes surprises.

 

Auteurs méconnus à recommander

En France : Michel Pierre.

En Belgique : André Beem.

 

images?q=tbn:ANd9GcR4X3SAagEyArj4ezdUe_qD9QFDdowpuEkwfNFDiPOept1g43w2L’écrivain que j’aurais aimé rencontrer

Emile Ajar  – mais en l’absence de Romain Gary.

 

Personnage de roman préféré

Albertine Simonet (A la recherche du temps perdu).

Je confesse l’avoir trompée, ces dernières années, à plusieurs reprises, avec Lisbeth Salander

(Millenium).

 

Quand, comment, où écrivez-vous ?

Vu les dimensions minuscules de ce que j’essaie d’immortaliser, c’est n’importe où, n’importe comment et n’importe quand. Pour peu que l’on me cède bout de papier & crayon  si, d’aventure, je me balade les poches vides lorsque l’inspiration surgit rageusement, tel l’albatros hurleur dans la suite Sofitel de sa dulcinée, en période de nidification intensive.

 

Un épisode de votre vie qui vous a servi de modèle

L’épisode le plus sombre, transposé dans mon recueil L’ellipsée. Ma discrétion naturelle m’a conduit à être si allusif et crypté que mes proches n’y ont vu que du feu. Et les autres, les cendres de fragments mélancoliques sans mobile apparent.

 

Un conseil à donner à un jeune auteur

Sois, comme Joubert, « tourmenté par la maudite ambition de mettre toujours tout un livre dans une page, toute une page dans une phrase et cette phrase dans un mot ».

 

images?q=tbn:ANd9GcSaQmaLg0zqbiBbXEwnkKDyMjVKyOvb-nvAkE-A5LqaZ5I32lISbgCitation préférée

« Désormais il va falloir travailler sans citations. » Lénine, en 1917

 

Coup de cœur artistique récent

Darbareye Elly (A propos d’Elly), long métrage iranien d’Asghar Farhadi.

 

Lents bivouacs des nues (L’arbre à Paroles):

http://maisondelapoesie.com/index.php?page=lents-bivouacs-de-nues—pierre-trefois